
Laura Dekker, 14 ans. Photo AP.
Silvia Galipeau
Je ne sais pas du tout quoi penser de cette nouvelle: une jeune Néerlandaise de 14 ans partira sous peu faire le tour du monde en solitaire à la voile, devenant du coup la plus jeune navigatrice du genre au monde.
Elle n’a pas l’âge de conduire, ni de boire un verre de vin. Mais la loi lui permet finalement d’ entreprendre son périple. Rappelons que la justice, saisie par les services de protection de l’enfance, a suspendu son départ pendant près de douze mois. La cour a finalement mis fin à cette suspension, hier.
D’un côté: les parents, très fiers de la passion de leur fille, qui la soutiennent dans le projet (elle vit sur une péniche avec son père).
De l’autre, la protection de la jeunesse: «elle a 14 ans, c’est une enfant», rappelle-t-on.
Il semble que de plus en plus de jeunes (par ailleurs de plus en plus jeunes) soient ainsi tentés par des aventures extrêmes : une Américaine de 16 ans a dû être secourue le mois dernier, alors qu’elle dérivait, en solitaire, dans l’océan indien (son blogue est ici). Une autre, Australienne de 16 ans, a quant à elle complété un tour du monde en solo, sans assistance, en mai dernier.
Sur terre maintenant, on se souvient qu’un jeune de 13 ans a fait l’ascension de l’Everest, en mai.
Chaque fois, on peut lire dans les témoignages les mêmes commentaires: c’était son rêve, sa passion.
Chaque fois, ces exploits suscitent aussi la controverse: jusqu’où encourager une telle passion? À quel point est-ce vraiment le rêve de l’enfant (une chronique d’Yves Boisvert sur la question ici)? 16 ans, 13 ans, et puis quoi, 9 ans? How young is too young?
On encourage tous nos enfants dans le sport, le dépassement de soi (une mère félicite justement ce matin dans les pages Forum de La Presse sa fille, qualifiée pour les Jeux de Québec, qui va ainsi au bout d’elle-même) . Mais quand est-ce qu’on va juste trop loin?