La mère blogue

La mère blogue - Auteur
  • Louise Leduc


    La Mère blogue s’adresse à tous ceux qui s'intéressent aux enfants et aux adolescents, et qui cherchent toujours le mode d'emploi. C'est le cas de La Mère blogue, qui se pose tous les jours plus de questions que la veille sur l'éducation de sa fille et qui s'emploiera donc à chercher quelques réponses avec vous.
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    Vendredi 28 mai 2010 | Mise en ligne à 9h38 | Commenter Commentaires (12)

    L’art de concilier sport et paternité

    Aujourd’hui, notre père invité est  Martin Chamberland, photographe à La Presse depuis 13 ans, père d’une fillette de deux ans, et grand amateur de vélo de route depuis … 23 ans.

    Courir pour courir
    MARTIN CHAMBERLAND

    Isabelle m’a demandé de parler de mon expérience en tant que jeune père et en tant que grand passionné pour les sports et l’entraînement en général. Cette chronique n’a pour but d’apporter des trucs d’entraînement, il y a tous ces magazines et sites web pour cela, sans oublier les “coachs” personnels et les gyms. J’aime bien l’idée de partager une portion de mon expérience et d’apprendre de l’expérience des autres, soit pour le simple but de comprendre comment les autres font et peut-être en bout de ligne aider ne serait-ce qu’au moins une personne en ce bas monde. J’ai souvent parlé à mes amis du manque de temps d’entraînement lorsque l’on devient parent et j’ai compris que je n’étais pas seul.

    Je pratique plusieurs sports depuis un très jeune âge. Le sport fait partie de ma vie…  je suis comme les modèles d’auto 2010 versus l’air climatisé, avec moi, les sports ça vient “avec”, c’est inclus dans le prix. Lorsque j’ai décidé de finalement faire le grand saut et d’avoir un enfant, je savais très bien que la pratique de la plupart de ces sports allait diminuer grandement pour une certaine période. Cette période dépend de tellement de facteurs que la chose varie d’une famille à l’autre. Puis ce n’est que petit à petit qu’il est possible de retourner à un volume d’entraînement intéressant. Dans mon cas, ce fut environ de 5 à 6 mois. Mais ce volume reste encore à ce jour qu’une fraction de ce que jadis je pouvais me permettre de faire. En ce qui me concerne, il est primordial de pouvoir me remettre à l’entraînement car le sport fait partie de ma vie. Quitte à m’entraîner dans un état de fatigue relatif, c’est une question pour moi de respecter qui je suis. Mais je dois dire que tout n’est pas rose, j’ai même souvent mijoté sur la question; devrais-je tout arrêter, car je sens que je vais virer fou.

    Je m’explique. Après une journée de travail, j’arrive à la maison et comme tout le monde je dois: faire le souper, faire manger la petite, laver la vaisselle, donner le bain à la petite, plier la pile de linge qui ne cesse de grossir, raconter une histoire à la petite, endormir la petite, faire encore du ménage, faire un lavage, préparer mes choses pour le lendemain, etc. Bien entendu moi et ma copine partageons ces tâches, mais il n’en reste pas moins que même à deux, nos soirées sont remplies à pleine capacité. Puis c’est généralement à la fin de toutes ces belles choses palpitantes que s’offre à moi l’incroyable opportunité d’aller m’entraîner… l’horloge indique qu’il est 20h42 et j’ai juste assez d’énergie, watt pour watt (faut pas sous-estimer les 13 marches jusqu’à la chambre à coucher tout de même!), pour aller poser ma fichue carcasse contre cette surface molle qu’est mon lit.

    Inévitablement, il y a une certaine frustration qui s’installe. De cette situation j’ai longtemps cherché et j’ai fini par trouver certaines solutions. J’ai trouvé un autre moment pour m’entraîner, soit le matin. Puis j’ai même entrepris un nouveau sport, le sport des papas pressés, la course à pied. Après avoir déposé la petite à la garderie, je me précipite au gym durant les mois d’hiver sinon le reste de l’année je me précipite à l’extérieur pour aller courir, car je ne dispose généralement pas plus d’une heure pour compléter un entraînement incluant la douche et le changement de vêtements. Puis je me précipite au travail, presque bien peigné. J’ai souvent dû bâcler mes entraînements, faute de temps, parfois à cause de la météo, certains matins le trafic m’empêchait carrément d’aller au gym. Il m’est même arrivé de devoir rebrousser chemin après avoir enfourché le vélo stationnaire du gym car ce matin-là, le patron a décidé de m’appeler une heure plus tôt, puis une autre fois ce fut les douches du gym qui avaient décidé de flancher. Bref, toutes des situations qui font accumuler la frustration. Puis au milieu de toute cette course folle, lorsque je cherche en panique la paire de chaussettes au fond du foutu tiroir, la bouteille dans le lave-vaisselle, les shorts, le t-shirt qui est encore dans la sécheuse tandis que la petite m’attend au bas de l’escalier en scandant un paaaaappppppaaaaaaaaaaa bien senti, à ce moment précis se pointe en moi cette incertitude qui me fait douter du bien-fondé de toute cette course insensée. Je me demande souvent pourquoi je fais tout cela, puis si j’ai le goût de continuer ce cirque encore longtemps.

    Puis en bout de ligne je me résigne. Je sais que de toute façon je n’ai pas le choix. Je suis un “addict” du feeling post entraînement, ce feeling de relaxation, de bien-être. Puis lorsque je regarde la “colonne des pour” contre la “colonne des contre”, la preuve est là, je dois donc continuer. Continuer à courir pour courir.


    • Toujours rafraîchissant de lire une perspective de papa !
      Mon chum est aussi un addict de l’entraînement, sa solution à lui fut l’achat d’une poussette de jogging. Chaque matin, c’était la course (littéralement) vers la garderie, et nos enfants ont adoré.

    • Il s’agit ici d’une réalité dès plus marquante. Pas juste pour les accros à l’entrainement!!!

      J’ai sacrifié 2 ans suite à ma deuxième. J’ai pas vraiment de solution miracle. Peut-être ajouter un peu d’égoïsme dans notre comportement. À un moment donné, tu réalises que le fait que tes enfants te voient partir à courrir avec ta casquette dans la rue est un aussi bon exemple que de rammasser la cuisine ou lire une histoire.

      Sinon un meilleur exemple dans la société actuelle……..

      Il y a chariot aussi qui fait un bel engin pour la course. Ça ajoute au défi dans une montée. VIVE LE JOGGING!!!!

    • Pauvre papa! Hahahahaha! J’ai bien ri!

      Je ne comprendrai jamais, jamais, jamais comment les jeunes parents se débrouillent pour courir comme des poules pas de tête, encore moins quand ils sont deux pour se partager la tâche! On a des machines qui font tout à notre place et on court quand même. J’ai élevé deux enfants toute seule et j’ai toujours trouvé le temps d’aller grimper aux arbres avec eux. Et je vous prie de croire que je ne vivais pas dans une porcherie et qu’on ne mangeait pas du congelé.

      Des suggestions? Un PEU de schnoutte dans les coins ne tuera personne. Deux salaires? Une femme de ménage pour faire le plus gros.

      Il faut absolument aller au gym pour s’entrainer? Un vélo stationnaire et quelques haltères au sous-sol, ça ne fait pas pareil? Sortir son vélo et faire le tour du quartier en pédalant à fond, c’est pas bon? Courir sur la rue? Passer la tondeuse en courant? Ça c’est pour le cardio.

      La musculation? Mon père se servait de moi comme “poids” : je me mettais sur son dos quand il faisait des pompes, il se couchait sur le dos, je me mettais à plat ventre sur ses pieds et il pliait et dépliait les jambes, pareil sur ses bras. Il pouvait faire des “curls” en m’étendant sur ses avant-bras ou en me tenant par les mains et le reste, je pense que vous pouvez avoir assez d’imagination pour improviser. Et moi, j’adorais ce qui était un jeu avec papa pour moi.

      Pas besoin de sortir, la douche n’est jamais loin. Facile quand on a un peu d’imagination.

    • =) … comme je me retrouve …
      Running for my sanity … je suis une ancienne nageuse, ancienne, puisque maman d’une fille de 3 ans et d’un garçon de 5 ans, je n’ai tout simplement plus le temps de me rendre à la piscine, m’entraînner, de revenir …
      Je me suis donc mise à la course ! Mon dieu que j’ai détesté au début ! Mais j’avais besoin de ce feeling post-training !
      Ça fait maintenant 3 ans que je cours, 4 fois par semaine (2 x 35min, 1 x 1h et une longue run !) , matin, soir, sur l’heure du dîner, pendant les cours de karaté, gym, natation …. le dimanche matin avant le lever de toute la famille !
      Oui continuer de courir pour courir … pour ma santé mental !
      Il y a même des jours ou mon plus vieux me dit … Maman va faire une titte run, ça va te faire du bien !

    • Merci papa sportif d’avoir mis en lumière la vie de tous les parents sportifs. je suis une maman sportive et je vis pas mal les mêmes frustrations que vous. Sauf que moi, je vais courir à 5h00 du mat pour avoir le temps de le faire. Pas toujours facile de se lever avant tout le monde mais, j’ai besoin de ma dose!

      La petite grandira et profitera de votre exemple. Peut-être courra-t’elle avec vous un jour?

      En attendant, je suis de tout coeur avec vous (pour ce que ça vaut).

    • Ouais ! j’ai eu la même situation, mais en double lors de la naissance de mon deuxième enfant. Mais Martin soit courageux, mon dernier à maintenant 11 ans et les deux font du sport, moi aussi, avec eux.

    • Excellent texte! Un beau résumé de la vie de parent qui n’a pas l’organisation idéale (comme moi).
      Ça prend beaucoup de discipline…

      Nous on a essayé d’optimiser le temps passé à faire les tâches ménagères: menus préparés d’avance, utilisation compulsive de la mijoteuse, du micro-ondes (légumes et réchauffer le riz ou le couscous)et du BBQ (viandes marinées d’avance et scellées sous vide). On gagne du temps la semaine au moins 30 minutes.

      Pour le ménage on a laissé un peu aller, pour vu que ça soit propre, on ne vise pas la photo décor-mag. On fait le ménage 1 fois semaine (à part la vaisselle évidemment). Le lavage, je n’ai pas trouvé de solution à la multiplication du linge, je commence à songer à imposer un uniforme ;-)

      Ensuite, je crois que la meilleure chose pour le sport c’est d’intégrer le plus possible votre enfant à votre pratique du sport. Bicyclette avec la petite sur un siège, course à pied ou roller avec la poussette (à 2 ans ça marche encore), ski de fond avec traineau (j’en vois beaucoup qui font ça). En plus l’avantage c’est que ça donne l’exemple à l’enfant et lorsqu’elle sera plus grande elle fera du sport avec vous…

    • Sans être un “addict”, j’ai trouvé la solution suivante que je tente d’utiliser au moins 1-2 fois par semaine… J’ai décidé de déménager mon vélo stationnaire dans la salle de bain. Au début ça n’a pas vraiment fait l’affaire de ma conjointe… par contre les enfants ont vite réalisé qu’ils ont plus de temps pour jouer dans le bain lorsque je suis sur le vélo… Mon plus vieux (5 ans) s’amuse à en faire quelques minutes aussi…

    • En effet, excellent texte!
      Je suis un papa monoparentale à temps partagé. Ma fille a 6 ans et elle me fait suer ! Courir derrière ma fille en vélo, jouer au soccer avec elle, la laisser pratiquer ses coups au buts pendant que je cours autour du terrain de soccer, l’utiliser comme haltère et même courir avec elle, même si ce n’est pas long, voilà ma façon. C’est fou comme elles (ou ils) veulent faire comme nous. Je vous suggère de donner l’exemple. Elle sera votre partenaire d’entrainement bientôt et c’est magique !

    • Et ben… cet article ne me fera sûrment pas pleurer… Je suis maman de 2 garçon de 4 1/2 et 6 ans. Je fais de la course de vélo depuis 15 ans. L’an passé mon conjoint qui est militaire est parti en Afrique pour un an. Je me suis achetée un Tacx Fortius et me suis entraîmner dans ma cave à 5h00 le matin. J’ai ainsi remporté 5 médailles sur le circuits provinciales. Comme Loubia dit, tu prends une femme de ménages et tu t’habilles direct dans sécheuse. Ceux qui disent qui n’ont plus le temps de s’entraîner depuis qu’ils ont des enfants faut peut-être juste revoir les priorités… Vaut mieux des parents heureux et du linge un peu frippés que des parents malheureux et à la course avec des enfants top notch pour aller… à la garderie.

    • Comme quoi être en forme n’est pas incompatible avec être parents !

    • je me reconnais bcp ici. Ma solution? je cours entre mon lieu de travail et la maison, et ce les 4 saisons! bon en bas de moins 15 degres je ne le fais pas pcq sinon je tombe malade. vu que j’habite assez pres, je me fais un détour supplémentaire, ce qui fait environ 8km, au moins 3 fois par semaine. aussi pour diminuer la charge sur mon dos (pcq j’ai un sac a dos) ben je me promene en souliers de course les jours d’entrainement, tant pis si c’est laid et que je ne suis pas aussi jolie que d’habitude. aussi un autre truc c’est se lever tres tot!!! pas toujours motivant surtout l’hiver. mon conjoint lui son truc c’est qu’il a un gym a son travail, le chanceux! le gym coute cher pour ce qu’il offre, mais sinon mon conjoint ne pourrait pas s’entrainer.

      mon truc quand j’etais a la maison avec bébé? cardio poussette! incroyable ce cours, ca m’a permis de renouer avec la nature et avec mon cours post bébé! bon OK mes enfants pleuraient pcq ca n’allait pas assez vite, donc je courais autour du groupe en plus!

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