La mère blogue

La mère blogue - Auteur
  • Louise Leduc


    La Mère blogue s’adresse à tous ceux qui s'intéressent aux enfants et aux adolescents, et qui cherchent toujours le mode d'emploi. C'est le cas de La Mère blogue, qui se pose tous les jours plus de questions que la veille sur l'éducation de sa fille et qui s'emploiera donc à chercher quelques réponses avec vous.
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    Dimanche 16 mai 2010 | Mise en ligne à 21h41 | Commenter Commentaires (10)

    Journaux intimes relus 20 ans plus tard

    Isabelle Audet

    «Voici les raisons qui expliquent pourquoi je déteste ma vie.

    À la maison

    - Je ne peux pas utiliser le téléphone de la semaine

    - Mes parents m’enchaînent presque dans ma chambre

    - On a toujours des disputes

    - Tout le monde me dérange tout le temps

    - Pas de liberté

    - Pas d’harmonie

    - Tout le monde se déteste

    - Je ne peux pas sortir tard

    - Je ne peux pas utiliser le téléphone après 21h. (…) »

    Ça vous dit quelque chose? On est presque tous passés par là. La douleur de vivre, les injustices, les querelles… le tout écrit noir sur blanc (sans tons de gris) dans un journal intime. Le Guardian a eu une idée géniale. Le journal anglais a demandé à des adultes de commenter un extrait de leur journal intime d’adolescence, question de savoir ce qu’ils en pensaient des décennies plus tard.

    Alice Green avait 15 ans quand elle a écrit les mots écrits ci-dessus. Aujourd’hui, elle en a 35. «Oh, quel mélodrame!» s’exclame-t-elle. C’est aussi ce que plusieurs autres ados-devenus-grands croient en relisant des extraits savoureux.

    N’empêche, l’exercice est excellent. Un regard derrière pour comprendre les ados d’aujourd’hui. La technologie change, mais les frustrations demeurent. Nécessaires, mais ô combien péniiiibles.

    Dans quatre ou cinq ans, je ressortirai le mien, question de me relire que, moi non plus, je ne pouvais pas utiliser le téléphone passé 21h.


    • Je l’ai déjà fait cet exercice ! J’ai tenu un journal intime de 11 à 16 ans. J’en ai 30 maintenant. Je les relis parfois…quelle teinte de mélodrame qu’on peut ajouter parfois quand on est ado!

      Par contre, certains passages étaient émouvants…le premier amour déçu, le sentiment de solitude, les questionnements et parfois la haine qu’on peut ressentir à l’égard des autres. Instructif.

    • L’ennui, c’est que cela ne recense que ceux (celles) qui tenaient un journal intime…

    • Je n’avais pas de journal intime. Ça m’oblige aujourd’hui à avoir une mémoire d’éléphant… pour ne pas oublier ces plus belles années de ma vie.

      Je rentrais à l’heure que je voulais (sauf si école le lendemain), je n’avais pas besoin du téléphone, j’adorais être dans ma chambre, mon frère ne me faisait pas du tout chier, et j’avais plein d’amis qui n’étaient qu’à quelques minutes de marche de chez moi.

      Ma foi ! c’est encore comme ça aujourd’hui (sauf qu’il n’y a pas d’école le lendemain – donc c’est encore mieux !) ! Tiens, tiens, tiens.

      La vie est belle.

    • J’ai mon journal intime -en plusieurs cahiers- depuis le milieu des années 80.

      C’est écrit dans un style “télégramme” genre: “Alain téléphone. Tendresse, amour en prévision.” Il y a des astérisques quand on a fait “la chose”, etc. Je sais quel film je suis allée voir le 10 septembre 2001 en après-midi et avec qui. Mes billets de spectacles sont scotchés dans ces cahiers, celui des Stones en décembre 90 comme celui de Pavarotti qui n’est pas venu pour cause de maladie suivie de son décès.

      J’ai relu ma “petite vie” à 2 reprises. Maintenant, je pense tout jeter pour faire de la place à autre chose. En fait, mes 25 dernières années rentrent dans un petit tiroir de commode.

      Et je finirai dans une urne. Ouache.

    • On parle de journaux intimes de filles là ? Le mien (15 ans plus tard) est rempli de référence aux jeux vidéos et au hockey, et de quelques disputes avec mes copains.

    • “Quel mélodrame”

      Quel commentaire triste… C’est une de mes grandes déceptions de l ‘adulte cointemporain. Il a oublié et trahi son ado intérieur. Et il recommence au quart de tour la petite répression absurde sur la génération suivante… Du gros sur-place…
      Paul Laurendeau

    • J’ai tous mes journaux de 12 à 16 ans. L’amour, la révolte, les injustices en sont le coeur.
      Je n’ai pas l’impression d’avoir trahit l’adolescente que je fut. J’ai eu mon grand amour (depuis 22 ans), des enfants et suis devenue travailleuse sociale…Je suis impliquée dans ma communauté et je me révolte encore régulièrement! Un peu moins idéaliste, un peu moins fleur bleue mais quand même…pas encore cynique et désabusée!

    • Réflexion d’un petit gamin de 11 ans la semaine dernière (je “bénévole” de temps en temps) :

      “Pourquoi tu penses comme nous toi, t’es vieux pourtant ?”

      Réponse : Sans doute parce que j’ai déjà eu ton âge et je m’en souviens !

      Bonne journée !

    • J’ai tenu un journal très longtemps… de mes 13 ans jusqu’au milieu de la vingtaine. L’été dernier j’ai tout relu avant de m’en débarasser pour, comme le dit plus haut montréalaise, faire de la place pour autre chose. Dans ces journaux, beaucoup, en effet, de mélodrames! Plusieurs pages, entre autre, au sujet d’une très mauvaise coupe de cheveux qui avait complètement ruiné ma vie à un certain moment. Plusieurs “amours secrets” pour des garçons dont j’avais depuis complètement oublié l’existance. L’injustice totale de mes parents (”c’est toujours moi” ou “c’est jamais moi”…). Les cours trops plates, les profs trops cons…

      Mais au travers de tout ça, beaucoup de moment vrais aussi. J’ai perdu mon père à 16 ans d’un cancer. Quelques mois plus tard, le père de ma meilleure amie se suicidait. Ces pages-là étaient remplies de larmes, mais aussi de questionnements sur la vie, la mort, la douleur, et notre place dans tout ça. D’autres passages aussi étaient émouvants; le premier vrai amour, bien sûr, mais aussi sur un certain prof qui m’a beaucoup influencé, sur mes amies, sur mes rêves.

      J’étais heureuse de relire tout ça, mais je suis aussi heureuse d’avoir tout brûlé; les moments importants je n’ai pas besoin de ces écrits pour m’en rappeler. Les moments insignifiants, j’aime autant ne pas avoir des écrits pour me les rappeler! ;)

    • J’ai relu le cahier noir, qui fut mon premier journal. 40 ans plus tard, j,ai les mêmes questionnements sauf qu’il ne me reste moins de temps pour réagir.

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