
Silvia Galipeau
On dit souvent que les enfants ne jouent plus comme avant. Qu’ils ne s’amusent plus aussi simplement, avec les jouets d’antan. Les jouets de «grands» s’adressent de plus en plus aux «petits». Du coup, à huit ans, la poupée, c’est bébé. Quelle gamine de 13 ans oserait aujourd’hui avouer qu’elle joue encore aux Barbies? Pas une seule.
Je me suis souvent demandé pourquoi. Il y a certainement une tonne d’explications (les modes, la télé, les enfants qui effectivement, mûrissent plus vite). Or hier, une réplique d’une voisine m’a drôlement fait réfléchir.
Je m’explique: la petite voisine de dix ans débarque à la maison avec un jouet pour mes filles, plus jeunes. Un genre de bateau Polly Pocket, avec piscine intégrée. Assez sympa. J’ai d’ailleurs souvent vu la voisine jouer avec dans les dernières années.
«Tu ne joue plus avec les Polly Pocket? lui ai-je demandé.
- Non, a répondu la cocotte. Maintenant, j’ai beaucoup de devoirs, je n’ai plus vraiment le temps de jouer.»
Plus le temps de jouer? À 10 ans? Et si c’était, aussi, notre vie de fou, qui faisait vieillir prématurément nos enfants?