
Isabelle Audet
Pour un tout autre sujet de reportage que celui de l’existence du père Noël, je lis ces jours-ci le livre Vérité ou conséquences, du psychologue et médiateur Marc Pistorio. Par hasard, je suis tombée sur un passage abordant la question du père Noël.
Le psychologue s’interroge sur les débordements autour du vieux bonhomme. Du besoin des parents de convaincre les enfants de son existence lorsque le doute s’installe. Les passages qui suivent portent à réflexion, je trouve:
«Il est tout à fait sain que l’enfant croit, pour un temps, au père Noël. Pour un temps, cela signifie que l’enfant est dans sa jeune enfance, ne se pose pas la question de la véracité du conte et baigne dans un imaginaire qui le nourrit et le rend heureux. Le merveilleux du moment lui est transmis par le caractère festif de cette tradition. (…)
Les parents se sentent particulièrement désarmés face à l’angoisse soudaine que suscite l’enfant qui pose candidement: “Il existe vraiment, le père Noël?” La encore, on assiste à des réponses absolument farfelues qui sont loin d’aller dans le sens du respect de l’enfant.»
Et ce respect, c’est à la fois d’attendre qu’il soit prêt à entendre la vérité avant d’aborder la question, et de lui accorder le droit de savoir lorsqu’il le demande. Ainsi, plaide M. Pistorio, la légende du père Noël est tout à fait correcte. Mais pour un temps. Et, avance-t-il, être trop prompt à convaincre un enfant de l’existence du père Noël (l’amener au centre commercial, déguiser un membre de la famille, se lancer dans des explications pseudo-scientifiques…) cache peut-être une toute autre vérité qui n’a rien à voir avec le pôle nord: il est difficile, à l’occasion, de voir un enfant grandir.
Mais ne perdons pas de vue que le père Noël, c’est pour eux. Pas pour nous.
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