Isabelle Audet
La ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, et son collègue Tony Tomassi, ministre de la Famille, ont présenté hier un plan contre le décrochage scolaire. Un plan ambitieux qui repose sur «13 voies de réussite».
J’y étais, en compagnie de mes collègues Marie Allard et Michèle Ouimet. Le dossier complet sur cette annonce est ici.
Dans la salle, des dizaines de professeurs, directeurs, ainsi que des présidents de syndicats et de regroupement professionnels étaient là pour connaître les outils dont ils disposeront pour les garder à l’école, ces jeunes qui lâchent en cours de route. Car à ce chapitre, le bulletin de note du Québec n’est pas reluisant: le taux d’obtention de diplôme chez les moins de 20 ans n’était que de 72,2% en 2007-2008.
Plus d’activités parascolaires, 200 nouveaux professeurs pour venir en aide aux élèves en difficulté au secondaire, ratio enseignant réduit au primaire, meilleur suivi entre les CPE et les écoles… les chantiers ne manquent pas.
Dans la salle, il y avait aussi le Dr Gilles Julien, le père de la pédiatrie sociale au Québec. Dans Côte-des-Neiges et dans Hochelaga-Maisonneuve, il côtoie chaque jour des enfants pour qui l’école, c’est un fardeau. Le concret, il connaît, donc.
Je lui ai demandé ce qu’il pensait de ce plan. Il s’est d’abord dit “globalement très content”, surtout de savoir que le dépistage des enfants en difficulté se fera avant même l’entrée à la maternelle.
Cependant, au-delà de toute la bonne volonté gouvernementale, le Dr Julien croit que les grandes mesures trop précises et trop universelles ne fonctionneront pas. “Il faut vraiment imaginer les idées par quartier, a-t-il dit. De haut en bas (du gouvernement vers les écoles), ça fait des flammèches. Les profs se sentent dévalorisés, et les écoles ont peu de flexibilité. Ce qu’il faut, c’est laisser la place aux petits projets. C’est ça qui fonctionne.”
Des perles de projets, il y en a. Et, bonne nouvelle, on trouvera bientôt sur le site du ministère toute une liste de petits projets faits par des gens passionnés. Et ça, ça promet.