La mère blogue

Vendredi 23 septembre 2016 | Mise en ligne à 13h26 | Commenter Commentaires (10)

Portrait de famille

Il y a quelques années, le comédien Luc Picard montait aux barricades pour dénoncer l’image stéréotypée de l’homme à la télévision, trop souvent dépeint comme un être mou et sans envergure.

Qu’en est-il de l’image du père, de la mère et même de la famille en général dans le cinéma québécois ?

Pour le savoir, la sociologue Andrée Fortin, professeure émérite à l’Université Laval, a analysé 150 films de fiction québécois de la période 1966-2013. Ses conclusions viennent d’être publiées dans la publication spécialisée Recherches sociographiques.

D’entrée de jeu, Andrée Fortin prend soin de rappeler que comme les gens heureux n’ont pas d’histoire, les récits racontés au cinéma évoquent fatalement plus de conflits familiaux que dans la vraie vie (pensez ici à Xavier Dolan).

Cela étant dit, contrairement à ce qui a été décrié en télévision pendant longtemps, au grand écran, «on n’est pas en présence du “père absent” et de la “mère poule” envahissante», précise Mme Fortin qui démontre que les modèles sont autres.

«Les relations entre les pères et les enfants y sont marquées par le conflit, lequel trouve une résolution souvent précaire», écrit Mme Fortin, relevant que dans plusieurs films (Les invasions barbares, Un zoo la nuit), la réconciliation survient sur le lit de mort du père.

Même quand elles se caractérisent par un amour fusionnel, les relations entre les mères et leurs enfants, elles, «restent dans le non-dit, le silence et l’irrésolu», écrit Mme Fortin.

Entre frères et sœurs, les relations ne sont pas non plus au beau fixe, «mais cela n’exclut pas l’entraide, la solidarité».

«La rupture finale dans une fratrie [au cinéma] est assez rare», note-t-elle encore, soulignant que s’il existe souvent une tension de départ entre des frères et des sœurs, elle tend à se résorber à ou à s’atténuer.

Vue par la lorgnette des réalisateurs, la famille est certes dans tous ses états et son équilibre, très précaire.

«À travers tous ces récits de filiation, conclut Mme Fortin, il appert que devenir adulte, c’est accepter l’autre (tant chaque parent que chaque frère ou sœur) comme il est, et établir avec lui une relation affective, forte et élective.»

Dans certaines familles, devenir adulte est un plus gros défi que dans d’autres !

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Mercredi 21 septembre 2016 | Mise en ligne à 11h21 | Commenter Commentaires (24)

Les détestables n’ont pas d’âge

Ils ont donné un prénom de chien à mon petit-fils ! Ma belle-mère offre trop de cadeaux à ma fille ! Mon père donne des biscuits à mon garçon  !

La fin de semaine dernière a été publié dans La Presse mon reportage (ici, ici et ici) sur les grands-parents qui interpellent les tribunaux pour obtenir des droits d’accès à leurs petits-enfants contre la volonté de leurs parents.

La loi, du moins en théorie, est du côté des grands-parents : à moins d’un motif grave, dit l’article 611 du Code civil, les parents ne peuvent pas s’opposer à la relation entre des grands-parents et leurs petits-enfants.

Cependant, comme le législateur n’a pas dressé la liste des motifs graves que peuvent soulever les parents, chaque juge interprète l’article 611 à sa façon.

Aux fins du reportage, j’ai parcouru la jurisprudence. Mes constats : les emmerdeurs ne sont pas tous du même côté – parfois, ce sont les parents, parfois, ce sont les grands-parents et souvent, c’est tout le monde –  et ils ont souvent une imagination sans borne pour créer une guerre nucléaire dans la famille.

Il y a de ces parents vraiment radicaux qui n’en dorment pas la nuit si leurs parents ou leurs beaux-parents offrent quelques sucreries à leurs enfants. Il y a aussi de ces grands-parents envahissants au possible qui se mettent à considérer leurs petits-enfants comme leurs propres enfants, voire leur possession.

C’est là qu’entrent en scène les juges qui, contrairement à ce qui se voit dans les causes de divorce, sont en quelque sorte appelés à trouver un coupable en raison de cette histoire de motifs graves à prouver.

Les conflits sont souvent si pathétiques et les décisions des magistrats si souvent teintées d’un paternalisme primaire qu’il est impossible de ne pas esquisser un petit sourire en lisant certains jugements.

Au bout du compte, parfois, les grands-parents n’obtiennent qu’une petite photo de leurs petits-enfants deux fois par an. D’autres obtiennent de véritables droits d’accès (un dimanche par mois, quelques jours pendant les vacances scolaires, par exemple) auxquels les parents sont tenus de se plier.

Après la publication du reportage, des lecteurs qui ont le malheur de se retrouver dans de tels litiges m’ont offert d’autres témoignages. Le plus poignant: celui d’un homme dont la femme est morte et qui doit maintenant composer avec le chichi de ses beaux-parents divorcés qui revendiquent haut et fort que les petits-enfants soient avec eux au Réveillon ou à Pâques et surtout pas chez leur ex.

Comme si un veuf qui se retrouve à élever seul ses enfants avait le temps de gérer les conflits non résolus entre ses beaux-parents…

Tant de haine, tant de souffrance, tant de gens insupportables…

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Lundi 19 septembre 2016 | Mise en ligne à 11h42 | Commenter Commentaires (37)

Et les allergies ?

À la rentrée scolaire – la première pour Petite –, ç’a été ma grande surprise.

Dans la documentation remise par l’école, il y avait le calendrier scolaire, le code de vie, toute l’information sur le service de garde, tout ce qu’il faut savoir sur les poux et tutti quanti.  Sur les aliments proscrits à l’école ? Rien.

On ne nous a même rien dit sur le beurre d’arachide, que j’ai remplacé par du beurre de tournesol (eh oui, le sandwich a été mangé ce midi-là). Alors, ça va, le beurre de tournesol ? Ça va, les œufs ?

Au moment même où je m’étonnais de ce silence, ma collègue Sara Champagne se penchait sur cette question. Ainsi, s’il semble que les arachides et les noix sont interdites dans les écoles (du moins théoriquement, faut-il croire), le Québec serait très en retard en matière de prévention sur l’Ontario.

Une dizaine d’écoles privées du Québec ont cependant actuellement un projet-pilote pour prévenir les allergies mortelles et pour mettre en place un plan d’intervention individualisé pour chaque élève souffrant d’allergies comme c’est le cas en Ontario.

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