La mère blogue

Mercredi 25 mai 2016 | Mise en ligne à 9h48 | Commenter Commentaires (64)

Se faire mordre par le chien d’un autre

Il y a deux ans, la question des chiens mal contenus par leur maître avait enflammé ce blogue.

J’évoquais alors cette manchette de tabloïd anglais qui, de façon plutôt crue, titrait : « Le chien a mangé la tête de mon bébé ».

Un bébé, en Angleterre, était mort comme cela. Mangé par un malamute d’Alaska. Je racontais aussi à quel point j’étais soufflée de voir des gens de mon voisinage inviter Petite à flatter leur si gentil pitbull.

(Ça ne s’est pas arrangé depuis. À quelques mètres de la piste cyclable, l’autre jour, un homme jouait à la balle avec son berger allemand dans mon quartier. Quand je lui ai fait remarquer que son chien devrait être attaché, il m’a regardée, l’air ahuri. « Mais il est inoffensif ! Ne vois-tu pas qu’il joue avec mon fils ?)

Le blogue de l’an dernier avait suscité une avalanche de réactions, les uns pestant contre les propriétaires irresponsables de chien, les autres défendant notamment les pauvres pitbulls, ostracisés bien à tort, à leur avis.

Ma collègue Marie-Claude Malboeuf a décidé d’y voir clair. Elle s’est mise à fouiller la question pour découvrir qu’à Montréal, ce sont de fait les pitbulls qui reviennent le plus dans les dossiers de morsures. Dans Hochelaga-Maisonneuve, ces chiens ont commis 48 % des attaques de 2011 à 2015. À Rivière-des-Prairies, les pitbulls  étaient en cause dans 32 % et à Rosemont, dans 69 % des cas.

Les pitbulls se trouvent maintenant au 9e rang des chiens les plus enregistrés à Montréal, mais dans certains arrondissements, ce sont les plus populaires.

Le dossier de Marie-Claude Malboeuf, qui a révélé qu’une vingtaine d’enfants montréalais avaient été défigurés par des chiens, l’été dernier, n’avait rien de rigolo, si ce n’est ce passage sur les vétérinaires qui disaient « se sentir muselés lorsqu’il s’agit de discuter du cas des pitbulls. ”Ils ont un gros lobby de défenseurs. Dès que tu hausses un sourcil, ces gens te rentrent dedans”».

Des vétérinaires muselés par un lobby de pitbulls. Ça, ça fait très, très, très 2016.

Ne reculant devant rien, la Ville de Montréal a assuré qu’elle entendait bien donner plus de mordant (excusez-la) à sa réglementation d’ici un an et demi, déployer plus d’inspecteurs sur le terrain et adopter des politiques plus uniformes d’un arrondissement à l’autre.

De quelle façon espérez-vous que Montréal et les autres villes s’attaquent à la question ? Qu’observez-vous dans vos parcs, dans vos rues et sur vos trottoirs ?

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Mercredi 18 mai 2016 | Mise en ligne à 11h28 | Commenter Commentaires (75)

L’art de communiquer avec un enseignant

«Au début de chaque année scolaire, j’écris un message à l’enseignante de ma fille pour lui faire savoir que notre famille privilégie l’équilibre entre le travail et la vie personnelle et qu’en conséquence, nous ne nous plierons pas au dogme des devoirs. […] Alors, quand ma fille rentre à la maison avec des feuilles d’exercices à faire, elle les rapporte à l’école sans qu’ils aient été faits, avec une note de ma part à l’enseignant. ‘Nous avons déjà parlé de cela, n’est-ce pas ?’ »

À ce témoignage d’une mère publié dans le Globe and Mail, j’ai bondi : mais pour qui se prend-elle, celle-là ?

Encore que ce ton condescendant, ce n’est rien en comparaison avec ce que vivent les enseignants au jour le jour, à en croire une étude dont a rendu compte mon collègue Philippe Mercure, la semaine dernière.

Selon cette enquête réalisée par le chercheur Stéphane Villeneuve auprès de 742 enseignants québécois, les parents ne se gênent pas pour intimider les profs. Si ce sont encore les élèves qui intimident le plus les enseignants (49% des cas), les parents viennent bons deuxièmes (29% des cas).

Au total, 5,6 % des enseignants québécois disent avoir vécu du cyberharcèlement : rumeurs, diffamation, tout y passe.

D’autres prennent des moyens détournés et éprouvés.  « Dans les courriels, on voit souvent les parents utiliser leur signature professionnelle, avec le titre d’avocat, par exemple. C’est un moyen subtil de mettre de la pression sur l’enseignant», relève le chercheur.

(Et moi qui pensais que ce genre de billet doux était l’apanage des journalistes !)

Bref, tout cela me paraît illustrer parfaitement l’ère du parent-roi.

Cela étant dit, en lisant que le harcèlement prend le plus souvent la forme de la ridiculisation, j’ai l’intuition que cela doit avoir souvent pour origine les petites notes souvent bourrées de fautes écrites par les enseignants et destinées aux parents.

Mais j’ai un secret pour vous : les enseignants qui ne savent pas écrire sont souvent au courant de leur gros, gros problème.

J’en veux pour preuve cette autre étude de la chercheuse Geneviève Carpentier qui, en 2014,  a révélé à quel point les enseignants sont souvent angoissés par leur piètre maîtrise du français.

À deux reprises, disait l’une des enseignantes interviewées, «un parent a encerclé au crayon des fautes contenues dans le petit message» transmis la veille.

«Les deux fois, j’ai tellement pleuré, je me sentais mal et j’avais peur que les parents fassent une plainte à la direction. […] Chaque fois que le directeur veut me voir, je me demande si c’est ça.»

Non sans raison, on s’attend à ce que les enseignants maîtrisent parfaitement la langue. Mais si ce n’est pas le cas, s’ils ont malencontreusement réussi à passer entre les mailles du filet, est-il vraiment utile de jouer au prof avec eux, même si la tentation est grande ?

Au minimum, n’y a-t-il pas une nécessaire courtoisie à installer dans les relations avec l’enseignant de son enfant ?

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Jeudi 12 mai 2016 | Mise en ligne à 10h05 | Commenter Commentaires (49)

Alcool, tabac et gros tabou

Jusqu’où ne pas aller trop loin ?

La juxtaposition de deux petites nouvelles passées sous le radar nous amène à nous poser la question : jusqu’où ne pas aller trop loin ?

Selon l’Associated Press,  la Commission des droits de la personne de la ville de New York a décrété il y a  quelques jours qu’il n’est pas permis de refuser l’entrée à des bars et à des restaurants à des femmes enceintes, pas plus qu’il n’est autorisé de refuser de leur servir de l’alcool.

Il n’est certes pas recommandé de boire de l’alcool pendant la grossesse, selon les dernières études et recommandations des autorités publiques, mais «les stéréotypes sur les façons dont une femme enceinte doit se comporter […] ne doivent pas servir de prétexte à des mesures discriminatoires et illégales»,  a tranché la Commission.

Pendant ce temps, en France, Le Parisien nous apprenait que 16 maternités commençaient à offrir des bons d’achat à des futures mères pour les inciter à arrêter de fumer. Si elles acceptent de participer à cette initiative qui s’inscrit dans le cadre d’une étude,  les femmes recrutées seront suivies de près et pourraient recevoir en échange jusqu’à 300 euros en bons d’achat.

Voilà pour les prises de décision institutionnelles. Mais au point de vue personnel, comment réagir ? Une copine me disait se sentir tout à fait à l’aise de voir une mère se permettre un demi-verre de vin de temps en temps. En voir une autre fumer ? Malaise.

Et pourtant, en 2015, un avis publié dans la revue médicale Pediatrics était catégorique : les femmes ne devraient boire aucune goutte d’alcool depuis le moment où elles tentent de concevoir jusqu’à leur accouchement.

Le texte de neuf pages était assorti de plusieurs photos pas rassurantes de traits physiques caractéristiques d’enfants souffrant de troubles du spectre de l’alcoolisation fœtale.

«On ne sait pas quelle quantité d’alcool est dangereuse ou pas», expliquait en entrevue la Dre Anne-Marie Goyette, pédiatre du développement et de comportement à l’Hôpital de Montréal pour enfants.

Ce que l’on sait, en revanche, c’est que si on ose un commentaire sur la consommation d’alcool ou de tabac d’une amie ou d’une parente enceinte, il  y a de très fortes chances de ne pas être invité à son shower de bébé (yé ?!).

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