La mère blogue

Vendredi 2 décembre 2016 | Mise en ligne à 10h00 | Commenter Commentaires (123)

La religion. Oui. Non. Peut-être.

Amusée, j’écoutais hier une amie me raconter quelques-unes des questions qui surgissent dans son couple biculturel.

Elle et son conjoint envisagent d’avoir un enfant. Avant même qu’ils se mettent à l’ouvrage, la question du prénom a surgi.

Ça, trouver un prénom à un enfant quand on vient de deux cultures différentes, c’est du sport.

La question de la religion a suivi. «L’enfant sera hindou », a lancé le futur papa.

« - Hindou? Hindou comment ? Hindou comme toi ?

-Que sous-entends-tu par là ?

-Que tu n’es pas très, très hindou mon chéri. À part de ne pas manger de bœuf…

Le chéri n’a pas aimé que son manque de ferveur religieuse soit ainsi souligné à grands traits.

-Tu voudrais que l’enfant soit catholique, comme toi ?

- Qu’est-ce que tu racontes ? Tu sais bien que je suis agnostique !

- Toi, agnostique ? Veux-tu bien me dire, alors, pourquoi t’es allée allumer des lampions, l’autre jour, pour demander à Dieu de nous envoyer un enfant ? »

On a beau ne plus aller à la messe, clamer bien haut qu’on ne croit pas en Dieu, ni en la résurrection d’entre les morts, ni à la rémission des péchés, ni en rien, notre ambiguïté religieuse a tôt fait de nous rattraper quand il est question d’élever un enfant.

Le fait-on baptiser ? L’amène-t-on à la messe de Noël ? Lui parle-t-on de Jésus ? Si oui, en lui disant quoi ? Qu’il a ressuscité d’entre les morts, qu’il est né de la Vierge Marie ou en s’en remettant à ce que l’histoire nous dit de lui ?

Et quand grand-maman meurt ? Finit-elle dans un trou, au cimetière, mangée par des vers ou s’en va-t-elle rejoindre grand-papa au paradis, d’où ils veillent sur nous pour l’éternité ?

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Jeudi 1 décembre 2016 | Mise en ligne à 10h13 | Commenter Commentaires (36)

L’excellence, un vilain mot ?

Il y a quelques jours, avec une Sud-Coréenne, Myunghee Kim, je faisais un brin de causette. Nous évoquions cet examen d’entrée à l’université, l’examen d’une vie, pour lequel le pays est alors mis en veilleuse pendant une journée, en novembre.

Ce jour-là, chaque année, la Corée du Sud s’arrête. Pendant l’épreuve de langue, par exemple, les avions ne décollent pas et n’atterrissent pas pendant une demi-heure. L’ouverture des bureaux – de la Bourse, même ! – est reportée pour laisser la voie libre aux étudiants et leur éviter tout retard qui serait lié aux bouchons.

C’est que l’admission dans une des plus prestigieuses universités du pays fait foi de tout, m’expliquait Mme Kim, qui habite aujourd’hui à Montréal. En décrochant l’une des rares places disponibles, le jeune aura accès aux meilleurs emplois et aux meilleures conjointes (et aux meilleurs conjoints).

On se marie entre élites, expliquait Mme Kim.

Je l’écoutais parler, amusée qu’en 2016, les mots «bons partis» soient encore utilisés.

Et Mme Kim était étonnée que je sois étonnée. Je ne suis pourtant pas certaine que ce soit si différent en Amérique du Nord, me disait-elle.

À bien y penser, peut-être pas.

Mais ce qui l’est, cependant, c’est manifestement l’importance accordée à l’éducation. En Corée, racontait Mme Kim, les enfants commencent l’école tôt le matin et en sortent vers 17h30. Dès la préadolescence, ils sont très nombreux à suivre après l’école des cours particuliers. Ils soupent donc hors de la maison et ne rentrent au bercail que vers 21h30.

C’est trop, disait Mme Kim, qui a elle-même subi ce régime, dans son enfance. De fait, la Corée du Sud ne décroche pas que les meilleures places dans les examens internationaux de mathématiques et de sciences : le pays décroche aussi les premiers rangs, d’année en année, au triste palmarès des suicides.

À l’autre extrême…nous, les Québécois.

Je lisais une lettre dans nos pages Débats, dans La Presse +. Le lecteur déplorait que son enfant, qui avait raté une question d’examen et qui demandait à son enseignant de lui expliquer la notion mal comprise, soit taxé de souffrir d’anxiété de performance. Pourquoi s’attarder à la petite question ratée ? N’était-il pas content d’avoir eu 85 % ?

C’est sans doute là anecdotique. La plupart des enseignants visent assurément l’excellence dans la mesure du possible, même s’ils ont dans leur classe des élèves de niveau très variable.

N’empêche, le fait est que les écoles sont de plus en plus nombreuses à bannir les devoirs, sous prétexte que trop de parents sont incapables ou n’ont pas le temps d’aider les enfants à les faire (ou alors, que les parents les font à la place de leurs enfants).

Si une minorité de parents verse dans l’autre excès et met une pression indue sur ses rejetons dès la petite enfance, l’air du temps me semble être de ne surtout pas trop exiger des petits, de ne pas trop les pousser, comme si le bonheur de l’enfant et la recherche de l’excellence étaient antinomiques.

Dans ces conditions, qu’espérer de la commission sur la réussite scolaire mise en place par le gouvernement du Québec ?

En plus des coupes, qui ont privé quantité d’élèves de l’aide spécialisée dont ils avaient besoin, y a-t-il à votre avis autre chose qui empêche les enfants de développer leur plein potentiel, quel qu’il soit ?

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Lundi 28 novembre 2016 | Mise en ligne à 11h59 | Commenter Commentaires (14)

Voyager léger

La barboteuse à motifs de pingouins, portée à la sortie de l’hôpital. Le(s) test (s) de grossesse. La première (et la deuxième et la troisième…) carte de fête des Mères. Le panier dans lequel Petite a passé ses premières semaines, dans le salon.

C’est quand on déménage qu’on réalise à quel point les souvenirs finissent par peser lourd. Ceux de notre propre enfance qu’on n’arrive pas à jeter (ces quelques médailles durement gagnées, les cartes de souhaits d’une grand-mère adorée, etc., etc., etc.!) et ceux, surtout, qui nous rappellent ces si doux moments de la petite enfance de nos rejetons.

Alors, on se débarrasse de nos trésors, lentement, difficilement, discrètement, en s’assurant que l’artiste de la maison ne tombe pas sur ses bricolages jetés dans le bac à recyclage.

Donner ce qui peut être donné, jeter ce qui peut l’être est clairement une responsabilité parentale, à ne surtout pas refiler à la descendance.

Je commençais à voir la fin du déménagement quand je suis tombée chez le dentiste sur une entrevue (qui date peut-être! ) avec la violoniste Angèle Dubeau qui venait justement de « réduire sa vie » pour la contenir dans un condo.

Elle avait donné, jeté et elle avait été libérée.

Mais est-ce un trait typiquement féminin que d’avoir du mal à se séparer de ce qui nous rappelle les jeunes années de nos enfants ?

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