La mère blogue

Vendredi 23 janvier 2015 | Mise en ligne à 11h34 | Commenter Commentaires (43)

Le danger, partout, partout

Laisser ses enfants glisser? Beaucoup trop dangereux. Permettre à ses deux enfants, l’un de 10 ans et l’autre de 6 ans,  d’aller seuls au parc situé à 1,5 km de la maison ? Vite, la DPJ!
En début d’année, les journaux du Canada anglais rapportaient que la liste des villes américaines interdisant la glissade sur les petites buttes, dans les parcs, s’allonge de plus en plus.

Au Canada, Hamilton impose des amendes salées aux parents qui laissent les enfants glisser dans ses parcs. Des résidants ont réagi par une pétition intitulée «Let us toboggan», qui a recueilli un millier de noms jusqu’ici.

Pourquoi tout cela? Pour prévenir les accidents (et les poursuites, surtout…)

La semaine dernière, le Washington Post donnait la parole à une famille qui a vu un policier, puis les services sociaux débarquer à la maison et les menacer d’emmener les enfants avec eux.

Le crime des parents (dénoncés par un passant) : avoir osé laisser leurs enfants rentrer du parc à pied.

Les services sociaux ont vite mis en place « un plan d’intervention » que les parents devaient signer, sans quoi leurs enfants leur seraient retirés.

Ce plan prévoyait que les parents ne devaient jamais, jamais laisser leurs enfants sans surveillance.

À voir la vidéo, on constate que la circulation est quand même assez dense, dans le quartier, mais quand même, fallait-il vraiment sortir l’artillerie lourde?

Et moi qui pensais que de donner de la corde, à ses enfants, en temps et lieu, faisait partie des responsabilités parentales…

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Mercredi 21 janvier 2015 | Mise en ligne à 13h49 | Commenter Commentaires (108)

Vie et mort de Makayla

Vie et mort de Makayla

Il y a un an, Makayla Sault, une Ojibwé du Manitoba, apprenait qu’elle souffrait de leucémie. Après trois mois de chimiothérapie, elle écrivait un mot à ses médecins, leur disant que son corps ne supportait plus les traitements, qu’elle avait eu une vision de Jésus à l’hôpital et qu’elle préférait s’en remettre désormais exclusivement à la médecine traditionnelle autochtone.

Appelés à statuer sur la question, les tribunaux ontariens concluaient qu’un hôpital ne pouvait pas la forcer à recevoir des soins médicaux et que la constitution canadienne protégeait le droit de ses parents à recourir en lieu et place à la médecine traditionnelle autochtone.

Sa famille a publié hier un communiqué annonçant son décès, à l’âge de 11 ans.

«Entourée de l’amour et de l’appui de sa famille, de sa communauté et de sa nation (…), Makayla a terminé son séjour sur terre. Elle est maintenant en sécurité, dans les bras de Jésus.»

Impossible de savoir si la chimiothérapie aurait pu sauver Kayla, bien qu’un oncologue, appelé à se prononcer il y a un an sur l’arrêt de soins, s’est dit convaincu que sans chimiothérapie, elle n’avait aucune chance de s’en sortir.

Comment réconcilier le fait que la Cour suprême ait déjà pris en compte le degré de maturité d’une Manitobaine de 14 ans témoin de Jéhovah dans une cause similaire mais que les tribunaux ontariens n’en aient pas tenu compte dans le cas de la petite Makayla?

C’est la question qu’a posée hier Le Devoir au professeur de droit de l’Université d’Ottawa, Sébastien Grammond.  «Moi aussi, c’est ce que j’essaie de voir, répond-il. Le jugement évoque l’existence d’un droit ancestral à la médecine traditionnelle. Je ne veux pas nier qu’il puisse exister un tel droit, ça se peut. Mais quand on conclut à l’existence d’un droit, il faut ensuite déterminer si l’atteinte à ce droit par l’État est justifiée dans une société libre et démocratique. Et c’est cette analyse qui est totalement absente du jugement de l’automne dernier» (concernant Makayla Sault).

Jusqu’à quel point les tribunaux peuvent-ils protéger des enfants d’eux-mêmes et de leurs parents? Le destin de Makayla aurait-il été tout autre si le juge avait pris une autre voie?

Il s’agit ici d’autochtones, mais s’agit-il vraiment de médecine traditionnelle?

La question se pose quand on lit que les parents de Makayla l’ont envoyée en Floride, à West Palm Beach, pour qu’elle y suive à grands frais un programme de « transformation de la vie», qui ne semble avoir rien à voir avec les traditions autochtones et qui n’est pas dispensé par des autochtones.

Manifestement, ici, il n’y a pas que la foi qui entre en ligne de compte, mais les convictions et les certitudes de tous ordres.

On se rappellera que quand Steve Jobs, l’illustre fondateur d’Apple, a appris qu’il avait un cancer du pancréas et qu’il avait la chance immense d’être atteint d’un de ces très rares cancers du pancréas qui sont opérables, il a d’abord refusé net de passer sous le bistouri, mettant toutes ses billes dans un régime à base de carottes crues et se faisant conseiller par un médium…

Eh oui, Steve Jobs…

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Mardi 20 janvier 2015 | Mise en ligne à 10h15 | Commenter Commentaires (53)

Tu restes à l’école ou tu viens glisser avec nous?

Pédagogiques et injustes?

C’est la question que posait hier ma collègue Marie Allard dans La Presse + au sujet de ces sorties, souvent assez dispendieuses, qui sont proposées aux enfants lors des 20 journées pédagogiques que compte annuellement le calendrier scolaire.

Pendant que des enfants partent faire des glissades ou de l’escalade ou vont se régaler à la cabane à sucre, certains de leurs camarades, dont les parents sont moins nantis, restent entre les murs de leur école, peut-on lire.

On peut bien proposer des sorties moins chères, multiplier les collectes de fonds, mais comme on le constate en lisant l’article, ces solutions demeurent imparfaites.

Injuste, l’école, injuste, la vie et puis c’est tout ?

Ou est-ce carrément «détestable», comme le croit Camil Bouchard, auteur du rapport Un Québec fou de ses enfants?

«Ce qui est le plus choquant, le plus frustrant, dit-il, c’est que ce sont les enfants qui auraient le plus besoin de ces activités qui n’y ont pas droit.»

Il y a là matière à réflexion…

PS: Une mère a écrit à Marie après la parution de son article, lui disant qu’à son école, pas le choix: le service de garde n’est pas offert quand il y a une sortie. C’est donc l’activité à grands frais ou la maison. Comme elle est une femme monoparentale, dit-elle, les journées pédagogiques constituent tout un casse-tête.

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