La mère blogue

La mère blogue - Auteur
  • Louise Leduc


    La Mère blogue s’adresse à tous ceux qui s'intéressent aux enfants et aux adolescents, et qui cherchent toujours le mode d'emploi. C'est le cas de La Mère blogue, qui se pose tous les jours plus de questions que la veille sur l'éducation de sa fille et qui s'emploiera donc à chercher quelques réponses avec vous.
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    Jeudi 22 juin 2017 | Mise en ligne à 16h59 | Commenter Commentaires (35)

    Revendication adolescente nouveau genre

    « Mon père a hurlé et ma mère voulait m’emmener chez le psy.»

    Voilà un titre du journal Le Monde, en France, qui a piqué ma curiosité.

    Qu’a fait la jeune fille de l’article ? Entrepris un processus de changement de sexe ? Abandonné ses études ? Sombré dans la drogue ?

    Rien de cela. À 17 ans,  elle a demandé à être baptisée. Elle voulait aussi se faire tatouer «Jésus», dans un petit cœur, mais ses parents ont dit non.

    Ses deux parents, tous deux athées, n’étaient pas du tout, du tout d’accord.

    « Je leur ai annoncé que je voulais être baptisée en pleurant, comme si c’était une énorme bêtise», raconte l’adolescente au Monde.

    Finalement, la grand-mère est intervenue, un compromis a été trouvé. «Le baptême, comme les tatouages, ce ne sera pas avant sa majorité. »

    J’ai rigolé en lisant cela. Une famille intense que celle-là !

    Dans « mon temps», si on attendait la majorité, c’était pour autre chose que le baptême, que, de toute façon, nous avions reçu d’office, enfant.

    Ça se passe en France, mais au Québec, où l’on n’est pas plus pratiquant qu’en France, ce genre de revendications qui sort de la bouche d’un adolescent ne manque sûrement pas, dans certains foyers, de susciter, sinon une visite chez le psy, du moins, un petit saisissement.

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    Mardi 20 juin 2017 | Mise en ligne à 13h29 | Commenter Commentaires (24)

    Maternité, mythes et réalité

    «À un moment ou un autre, 43 % des parents canadiens ont regretté d’avoir eu des enfants.»

    Il faut croire que cette donnée, rapportée sans aucune forme d’explication dans Today’s Parent, a été obtenue par un sondeur qui a téléphoné à l’heure du souper, au moment précis où le plus jeune refusait de manger ses petits pois ou alors un mercredi de février après la course folle du matin.

    C’est Lola Augustine Brown qui lance ce chiffre dans un texte très personnel dans lequel elle dit à quel point, par moments, elle jalouse ses amies qui n’ont pas eu d’enfant, qui sont aussi minces qu’à la sortie de l’école et qui ne passent pas leurs matinées de fin de semaine à courir d’un cours de natation à un cours de ballet.

    Elle adore ses enfants, note-t-elle, mais elle avoue que de n’avoir pour seul moment à elle que ces quelques minutes dans le bain ou lors de la promenade quotidienne du chien, c’est parfois essoufflant.

    Ça donne un peu envie, parfois, d’avoir un petit voyage d’affaires qui vous tombe dessus de manière impromptue (et qui vous fera vous ennuyer des enfants à peine arrivée à destination).

    « Je sais bien que je ne suis pas toute seule, mais de dire tout haut qu’il est difficile d’être parent, c’est un peu tabou. »

    Et c’est encore plus tabou pour quiconque a dû passer par la procréation assistée, lui dira l’une de ses amies. Là, vraiment, si t’as poussé la note aussi loin pour avoir un enfant, interdit de chiâler. Tu l’as voulu, tu l’as eu, fait-on comprendre aux gens qui sont passés par ce processus.

    On a tous nos petits moments de fatigue et d’exaspération, bien sûr (où ai-je lu qu’il nous faut au moins 1h30 rien qu’à soi par jour pour rester sain d’esprit ?).

    Mais on ne naît pas mère, on le devient, pour paraphraser une certaine Simone !

    Là où c’est plus compliqué, c’est quand l’instinct maternel n’est carrément pas au rendez-vous dès le départ.

    «Aimer son enfant peut parfois prendre du temps. C’est la longue découverte d’un étranger », note la psychologue et blogueuse Élisabeth Brami, auteure, aussi, de la très rigolote « Déclaration des droits des mamans ».

    « Il faut cesser avec la culpabilisation qui découle souvent de cette notion d’instinct maternel, poursuit-elle dans un entretien à L’Express. Non, toutes les mères n’éprouvent pas cette bouffée d’amour au premier regard. Ce bébé fantasmé renvoie souvent à des choses qui nous échappent. La femme délivre un cadeau qui ne lui appartient plus (…) »

    Portée aux nues dans toutes les religions, la maternité ouvre la porte à tous les stéréotypes, écrit pour sa part Angela Saini dans The Guardian, en Angleterre.

    Quand la première ministre britannique, Theresa May, a décidé de mettre la pédale douce sur l’idée d’interdire les publicités de fast-food, certains ont dit que ce n’était évidemment pas sa priorité parce que n’étant pas mère elle-même, l’obésité infantile ne pouvait la préoccuper comme une femme qui aurait procréé. Comme si «la maternité nous amenait automatiquement à nous préoccuper de nos enfants, mais aussi des enfants de la terre entière», « comme si celles qui ne sont pas mères étaient incapables de vouloir elles aussi le bien des générations futures».

    La réalité, c’est sans doute que la parentalité ne nous apporte pas de supplément d’âme, ne nous met sur aucun piédestal autre que celui que l’on se plaît à se construire.

    Indulgence envers soi, patience, modestie : telle ne devrait-il pas être la devise de tout parent ? Quelle est la vôtre ?

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    Vendredi 16 juin 2017 | Mise en ligne à 11h17 | Commenter Commentaires (51)

    Votre père

    La fête des Pères est là, à nos portes. Oui, oui, c’est une invention commerciale, oui, oui, c’est fait pour doper la vente de cravates. Mais quand même, me disais-je, il faut marquer le coup et écrire un petit quelque chose.

    C’est là que je suis tombée sur le texte de Gérard Bouchard dans La Presse + intitulé «Mon père».

    Un texte émouvant superbement écrit, d’une humanité qui fait du bien à une époque où les mots servent plus à assassiner qu’à rendre hommage.

    À travers ce père Bouchard, c’est l’évolution du Québec qui se trouve résumée.

    Permettez-moi d’en citer un long passage. Quand c’est beau, pourquoi se priver ?

    «Au moment de son mariage, écrit-il, sa famille réalisa qu’il ne restait plus de terre à défricher. Sans métier, sans héritage et avec très peu d’instruction (à quoi aurait-elle servi aux défricheurs ?), il alla s’établir à Jonquière avec ma mère et un enfant de 2 ans (Lucien). Mais là, deuxième surprise : le chômage sévissait, la misère était grande, c’était l’époque de la « crise ». Il parvint néanmoins à s’employer comme charretier et plus tard comme camionneur.

    «Les ouvriers qui appartenaient à la génération de mon père, ce sont eux, au fond, qui ont préparé la Révolution tranquille.

    «À cause de la misère qu’ils ont vécue, ils ont reporté leur rêve sur leurs enfants ; eux, au moins, connaîtraient un meilleur sort.

    «Comment s’y prendraient-ils ? En travaillant pour les faire instruire.»

    C’est comme cela que ce père analphabète et cette mère elle aussi issue d’un milieu modeste ont donné au Québec un premier ministre,  un intellectuel et trois autres enfants dont on sait moins de choses.

    Bien sûr, on peut avoir ses réserves sur Lucien. On peut aussi avoir ses réserves sur Gérard, sur ses idées (c’est lui, le Bouchard du rapport Bouchard-Taylor) et sur son ton pontifiant, par moments. Je sais, je sais, mais on n’est pas là-dedans ici.

    Bien sûr, aussi, tout ne se passe pas non plus toujours comme dans la famille Bouchard. La plupart du temps, la pauvreté engendre la pauvreté et de génération en génération, ce que l’on se refile dans plusieurs familles, c’est la misère, la grosse misère noire. Et dans le quartier d’à côté, les fils d’avocats, eux ont tendance à devenir eux-mêmes avocats (ou notaires ou médecins ou ingénieurs) et à vivre à leur tour dans de belles grosses maisons.

    Mais dans plusieurs familles, des pères et des mères qui ont «de faibles moyens» parviennent effectivement à faire de leurs enfants des hommes et des femmes qui vont loin et, avec un peu de chance, qui n’oublient pas à qui ils le doivent.

    «Aujourd’hui, conclut Gérard Bouchard au sujet de son père, nous éprouvons à son endroit une reconnaissance infinie et une profonde affection, une sorte de culte discret, sans rituel.»

    À vous la parole. Et c’est là que vos pseudos peuvent être utiles !

    Que devez-vous à votre père ? Quel héritage vous a-t-il laissé ? Si vous avez vous-même des enfants, quel souvenir voudrez-vous qu’ils gardent de vous ?

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