La mère blogue

La mère blogue - Auteur
  • Louise Leduc


    La Mère blogue s’adresse à tous ceux qui s'intéressent aux enfants et aux adolescents, et qui cherchent toujours le mode d'emploi. C'est le cas de La Mère blogue, qui se pose tous les jours plus de questions que la veille sur l'éducation de sa fille et qui s'emploiera donc à chercher quelques réponses avec vous.
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    Mardi 21 février 2017 | Mise en ligne à 12h10 | Commenter Commentaires (12)

    Relâcher au bon moment

    Le réveille-matin sonne, vous ne bougez pas. La deuxième alarme s’active, vous ne vous levez pas. L’alarme du téléphone intelligent s’y met. Vous éteignez le téléphone intelligent.

    Pas de doute : vous avez besoin de vacances et vous n’êtes pas seul.

    Ce n’est pas le fruit du hasard si la semaine de relâche tombe à la fin février ou au début de mars, comme l’expliquait l’an dernier un article du Devoir.

    La semaine de relâche, apprenait-on, on la doit à un certain Fernand Paradis.

    Enseignant de formation, il fait dès les années 50 des courbes d’absences des élèves et des enseignants pour constater « qu’il y avait une pointe très forte à la fin du mois de février, et une pointe atténuée au début du mois de novembre».

    Quelques années plus tard, en 1968,  la Commission scolaire de Québec lui paie un stage d’observation en France, de février à avril.

    S’il a pu visiter plus d’une centaine de classes en début de séjour, ça n’a plus été possible à partir de la fin février en raison des «vacances printanières», a-t-il raconté au Devoir.

    Quand il dirigera lui-même la commission scolaire en 1977, il décidera d’importer l’idée, après négociation avec les syndicats.

    Depuis lors, la semaine de relâche a fait boule de neige – hé ! hé ! – et a fait l’objet de maintes négociations.

    Au fil des ans, les centres de ski et l’industrie touristique ont plaidé pour que la semaine de relâche soit judicieusement placée au calendrier.

    La Commission scolaire de Montréal, de concert avec le syndicat des enseignants (l’Alliance des professeurs) a pour sa part fait valoir que la semaine de relâche doit tomber au début mars et non à la fin du mois de février. Des vacances à la maison en fin de mois, quand les frigos sont souvent vides dans les quartiers pauvres, ce n’est pas idéal.

    Les autres commissions francophones de l’île de Montréal ont aussi opté pour une relâche la première semaine de mars, tandis que d’autres commissions scolaires dans la couronne nord et sur la Rive-Sud ont préféré, elles, la dernière semaine de février.

    Si elle chamboule les habitudes de bon nombre de parents, la semaine de relâche fait en tout cas partie des mœurs au point qu’il y a eu sérieuse levée de boucliers quand elle a été annulée en 2016 à la Commission scolaire des Hautes-Rivières, en Montérégie, à la suite de moyens de pression syndicaux.

    Cette année, dans deux commissions scolaires de la région de Québec, une deuxième semaine de relâche (à la fin octobre) est même à l’étude. Une deuxième semaine de répit ne serait-elle pas favorable aux apprentissages ? se demande-t-on.

    L’école commencerait alors plus tôt en août, à un moment où les divers camps sont de toute façon déjà terminés, écrivait en janvier ma consoeur Daphnée Dion-Viens du Journal de Québec.

    Le problème, c’est que d’une façon ou d’une autre, les vacances des parents, elles, ne sont pas élastiques. S’ils ne sont pas au camp, les enfants se retrouvent souvent au service de garde de l’école, non ?

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    Vendredi 17 février 2017 | Mise en ligne à 12h39 | Commenter Commentaires (13)

    Avoir eu un roc pour mère

    Il est souvent question de cette compétition entre femmes et entre mères, de ces jugements qui prennent la forme de pseudo-conseils non demandés et de fausse sollicitude.

    Ce que l’on dit moins, c’est à quel point la vraie comparaison, la comparaison ultime est tout intérieure et sans fin. Dans chaque mère, n’y a-t-il pas un étalon qui nous fait nous mesurer sans cesse à ce que nous avons nous-mêmes reçu, enfants, de notre propre mère ?

    Certaines n’ont pas eu une mère très top. Celles-là ont à tout le moins la consolation de pouvoir faire mieux, tellement mieux. Mais pour elles aussi, il y a comparaison, obsession, même : celle de ne surtout pas répéter les mêmes erreurs.

    Pour toutes les autres qui ont eu un roc pour mère, la lettre d’une femme publiée dans le Washington Post aura une résonnance certaine.

    Dans le souvenir de cette femme, sa mère était la perfection incarnée. Jamais impatiente, toujours aimante, toujours pleine d’énergie.

    En vieillissant, écrit-elle, sa mère est toujours aussi parfaite. Les deux femmes sont très proches.  «Je peux tout te dire, sauf une chose : comme mère, je n’arriverai pas à être aussi bien que toi.»

    «Quand j’étais toute petite, je me souviens que je m’assoyais sur toi après le bain. Tu me fredonnais des chansons que tu inventais. J’étais enveloppée dans ma serviette, enveloppée de ton amour. Moi, quand je sors mes petits du bain, c’est la bataille, la bataille pour les sécher, pour les habiller, pour leur faire brosser leurs dents pendant qu’ils sont tout frétillants et hurlants.»

    «Je suis fatiguée, tellement, tellement fatiguée, tout le temps. […] Je perds patience avec mes enfants qui ont une énergie sans fin et qui ne m’écoutent pas. Quand je m’en plains, tu me dis que j’étais exactement comme cela.»

    À tous ceux qui se préparent à se précipiter sur le clavier pour dire que c’est cela qui arrive quand les mères infââââmes ne se consacrent pas à leur progéniture et travaillent à l’extérieur, stop : la mère parfaite dont il est question avait elle-même un boulot exigeant et des responsabilités à l’extérieur de la maison.

    Peut-être l’auteure de la lettre devrait-elle dire à sa mère à quel point elle se sent tellement moins à la hauteur qu’elle.

    Sans doute apprendra-t-elle que sa mère a elle aussi eu ses mouvements d’impatience et de découragement que sa fille a oubliés.

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    Mercredi 15 février 2017 | Mise en ligne à 11h49 | Commenter Commentaires (89)

    Bouter les enfants hors des villes

    Il y a quelques années, au retour de vacances à la mer, nous nous sommes arrêtés à Washington. Nos provisions étant à sec, nous avions besoin de petits pots de bébé. Déjà, il n’a pas été facile de trouver une épicerie. Une épicerie vendant des produits de bébé ? Après avoir marché, marché et marché, nous n’avons jamais trouvé.

    Normal. Des bébés, au cœur de Washington, ça n’existe pas. On aurait dû savoir cela…

    C’est à cela que je pensais en lisant dans The Gazette l’article de ma consoeur Allison Hanes sur le boom immobilier au centre-ville de Montréal.

    En la lisant, on constate à quel point le cœur de la métropole n’est pas davantage ouvert aux enfants et aux familles.

    Par exemple, illustre-t-elle, le Shaughn , une grande tour de condos qui vient de faire son apparition dans le ciel de la métropole, compte 20 studios, 214 appartements à une seule chambre et 59 autres avec deux chambres. Un seul appartement compte trois chambres.

    Il n’y a pas d’école de quartier et 300 enfants qui habitent au centre-ville prennent tous les jours l’autobus scolaire qui les amène à l’école Saint-Léon-de-Westmount. Avec les bouchons, souvent, ils mettent une heure à faire le trajet.

    Les élus savent bien qu’il faudrait impérativement une école publique dans le quartier où habitent au total environ 3000 enfants, mais c’est compliqué et c’est loin d’être fait.

    Des 15 services de garde subventionnés du quartier, un seul ouvre ses portes aux résidents de l’endroit. «Tous les autres sont réservés aux employés de diverses entreprises et institution», écrit Mme Hanes.

    Si le Plateau et Villeray comptent de beaux parcs, le centre-ville de Montréal, dense et bétonné, ne donne pas envie d’y élever ses enfants autrement que de façon très temporaire.

    Est-il trop tard pour Montréal ? Dans la mesure où il n’y a à peu près pas d’espaces verts au centre-ville, faut-il renoncer à voir davantage de familles s’établir au cœur de la métropole ?

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