La mère blogue

La mère blogue - Auteur
  • Louise Leduc


    La Mère blogue s’adresse à tous ceux qui s'intéressent aux enfants et aux adolescents, et qui cherchent toujours le mode d'emploi. C'est le cas de La Mère blogue, qui se pose tous les jours plus de questions que la veille sur l'éducation de sa fille et qui s'emploiera donc à chercher quelques réponses avec vous.
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    Mardi 21 novembre 2017 | Mise en ligne à 13h08 | Commenter Aucun commentaire

    Jamais sans mon apps

    Une marraine d’allaitement ? J’ai préféré un parrain d’allaitement, mon homme.

    Disponible, très intéressé par la nutrition de la chair de sa chair (c’est avant qu’il serve des hot-dogs à Petite, mais de ça, on en a déjà parlé), il est au surplus doté d’un excellent gros bon sens pour tout ce qui est mécanique et pratico-pratique.

    J’ai fourni la matière première et le temps, l’homme a fourni l’expertise. Acquise où ? Si c’est comme pour tout le reste, sans doute a-t-il tapé : «youtube» et «comment faire?»

    Il est déjà dépassé. La génération après nous, elle, ne jure que par les applications, nous apprend cet article du New York Times sur les particularités des parents milléniaux.

    Insatisfaite des applications sur l’allaitement, l’une des personnes interviewées raconte avoir décidé d’en créer une elle-même.

    Une autre jeune femme interviewée explique sa dépendance à «Wonder Weeks. «Je viens juste de réaliser que l’application ne couvre que la période avant un an. Je ne sais pas encore si je devrais m’en sentir soulagée ou si ça devrait me faire peur.»

    Ainsi donc, ces parents milléniaux sont «full apps » et  très (trop ?) informés.

    On apprend aussi qu’ils ne parlent plus d’eux en termes de «père» et «mères», mais qu’ils se disent «coparent».Coparent comme dans «partageons les tâches, chéri».

    Si les milléniaux sont souvent dépeints comme des bébés  gâtés très baba cool qu’il faut chouchouter et à qui il faut parler doucement (lire les commentaires du billet précédent, ouf !), l’article les dépeint comme étant pas mal plus nerveux que ça, tout en étant moins rigides que la génération précédente. Plus aptes à changer d’emploi sans paniquer, à ne pas craindre autant les changements de cap, la vie qui bat et qui ne bat pas toujours comme prévu.

    PS : Pour revenir à l’allaitement, sachez, milléniaux, qu’il y a deux petites choses qu’on disait trop peu dans les livres et qu’on ne dit peut-être pas non plus assez dans les applications. Allaiter, ça peut faire mal, au début. Il ne faut se rendre ni aux gerçures, ni aux crevasses, mais si ça fait un petit peu mal, les premiers jours, ne vous découragez pas. Normalement, ça passe.

    Aussi, sachez que si l’allaitement ne fonctionne pas, c’est souvent parce que le bébé a des problèmes de succion et n’arrive pas à prendre le sein, parce qu’il est prématuré ou parce qu’il a un frein de langue trop court. Bref, ne culpabilisez pas.

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    Jeudi 16 novembre 2017 | Mise en ligne à 11h59 | Commenter Commentaires (46)

    Huit minutes pour rudesse

    Après avoir vu ce reportage de huit minutes à Radio-Canada sur ce grand acteur aussi professeur de théâtre qui aurait donné dans le harcèlement psychologique selon d’anciens étudiants, mon collègue Patrick Lagacé a été outré.

    Tout ça pour ça ? Jouer, ça s’apprend à la dure, lit-on. «Le malentendu, écrit Patrick, c’est de penser que cette brutalité n’est pas inhérente au métier – et à la formation – d’acteur.»

    J’ai regardé le reportage, j’ai lu la chronique de mon collègue et j’ai tout de suite pensé à ma grande amie.

    Elle n’est pas comédienne, elle n’a pas étudié au Conservatoire d’art dramatique.

    Elle est médecin. Il y a une vingtaine d’années, elle a été choisie parmi la crème de la crème. Grâce à un parcours exceptionnel, portée par des notes qui témoignaient de son intelligence hors du commun, elle a été admise en médecine.

    Mais en médecine, comme au Conservatoire, un professeur a pensé que pour la former, il fallait la casser.

    «Il m’humiliait devant toute la classe, il riait de moi et dès que je posais une question, il la trouvait ridicule et le disait haut et fort.»

    Le prof a super bien réussi son travail de démolition. À force d’être insultée, ridiculisée, tournée en dérision devant ses pairs, à force de se faire dire qu’elle posait des questions ridicules, mon amie a été cassée et elle a même eu besoin de faire une pause dans ses études.

    Elle est néanmoins devenue médecin, une médecin comme on rêverait tous d’en avoir une. Une médecin à l’écoute, humaine, ultra-compétente.

    Mais cela, elle ne le sait pas. Assister à un congrès de médecine, risquer d’y croiser tant de médecins tellement plus compétents qu’elle à ses yeux, c’est pour elle la pire des épreuves.

    À ce jour, dit-elle, cet épisode a un impact sur sa vie professionnelle et sur sa vie tout court, au gré de postes qu’elle a refusés de peur de ne pas être à la hauteur ou de se retrouver de nouveau à travailler aux côtés de grands docteurs comme celui qui a croisé son chemin, jadis. Une crainte légitime, dit-elle, «dans la mesure où ça joue dur, dans notre milieu ».

    Tout est-il de la faute du prof d’il y a 25 ans ? Sûrement pas. Sans doute mon amie n’avait-elle pas la plus grosse confiance en elle. Mais ce petit capital de confiance en elle qu’elle avait et qui l’avait déjà mené loin dans la vie a été anéanti par ce prof. «Il faut protéger l’égo des gens parce qu’on ne sait pas dans quel territoire on s’aventure», dit-elle aujourd’hui.

    Ainsi donc, à Radio-Canada, hier soir, on a passé 8 minutes à décortiquer «la brusquerie ordinaire» d’un acteur.

    C’est beaucoup, en effet, pour des agissements si communs à tant de milieux de travail, si commun au milieu des arts où il est normalement bien vu de faire de grands sparages et d’être théâtral.

    Vrai, si l’on faisait un reportage sur tous les gens qui agissent comme l’acteur en question, il n’y aura pas assez de bulletins de nouvelles ou même de chaînes de télévision pour raconter tout cela.

    La violence verbale est-elle acceptable pour autant ? Faut-il la banaliser pour autant ?

    Est-il vraiment nécessaire d’humilier des gens, notamment des  jeunes qui sont nombreux à ne pas avoir encore développé suffisamment de défenses ?

    Les professeurs de grandes écoles ont déjà tout ce qu’il faut pour ne pas avoir dans les pattes de mauvais élèves. Ils ont le pouvoir de les noter, le pouvoir de les faire renvoyer, de changer le cours de leur vie.

    Souvent avec raison, parce qu’incompétence ou paresse il y a.

    Mais est-il nécessaire d’humilier quelqu’un devant ses pairs ? Est-il nécessaire de lui crier par la tête ?

    N’est-il pas possible, sur un ton normal, de dire à quelqu’un, privément, que son rendement, ça ne va pas ?

    PS : Le rapport avec La Mère blogue ? Lointain, j’en conviens.  Pardonnez cet écart par rapport au mandat, mais comme il est question de jeunesse et de vulnérabilité, comme il est question d’intimidation pour laquelle il y a théoriquement tolérance zéro dans les cours d’école, c’est sorti tout seul !

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    Lundi 13 novembre 2017 | Mise en ligne à 13h47 | Commenter Commentaires (42)

    Jet-set à deux ans

    Avant la naissance du premier bébé et pendant sa petite enfance, nombreux sont les parents à se promettre de ne rien sacrifier.

    Avec quelques ajustements, ils sont convaincus qu’ils pourront continuer de travailler comme avant, de voir leurs amis comme avant, de voyager comme avant tout en étant très à jour dans la filmographie des frères Coen et d’être fin prêts pour le prochain marathon de Montréal.

    Ne rien sacrifier. C’est ce que se sont promis les deux charmants parents interviewés dans La Presse +, la semaine dernière. Ainsi, pendant ses trois premières semaines de vie, Bébé est allé partout avec ses parents, y compris à un match de l’Impact.

    Il ne faut pas le leur dire, mais bientôt, ça va se compliquer.  Bébé ne dormira plus comme un chat toute la journée. En auto, ça ira toujours, il s’endormira au premier ronron de moteur, mais à l’épicerie, au centre commercial et dans l’avion (si les parents demeurent globe-trotters comme ils se le promettent), Bébé va rechigner.

    J’ai repensé à eux en lisant les chroniques (ici et ici) de mon collègue Marc Cassivi à propos de cette mère qui, dans l’avion, s’est fait assez violemment apostropher par sa vieille voisine d’en avant qui n’en pouvait plus que le bébé joue avec la tablette du siège devant lui.

    Mon collègue a été surpris de recevoir un courrier abondant qui penchait largement en faveur de la vieille dame exaspérée.

    Que la mère le contrôle, son enfant !

    Dans le cas qui nous occupe, il s’agissait d’un vol entre Londres et Lisbonne et la mère, qui parlait les deux langues à son enfant, voyageait peut-être par nécessité familiale, pour aller faire un saut chez les grands-parents, qui sait ?

    De façon générale, il serait cependant intéressant de comparer les passeports des enfants de la classe moyenne de trois ou quatre ans avec les mêmes enfants, il y a 30 ans. Il y a trente ans, ce n’était déjà plus l’âge de pierre. Les avions, ça existait, mais il y a fort à parier que rares étaient les jeunes enfants à avoir un passeport. L’horizon de la majorité, c’était Ogunquit, les Laurentides ou Boston.

    Certes, aujourd’hui, l’Italie ou le Brésil, en avion, ça prend moins de temps que d’aller en Gaspésie. Mais en avion, impossible de diviser la route en quelques escales et quelques arrêts pipi à des endroits bucoliques.

    Et le «môman, quand est-ce qu’on arrive ?», ce n’est plus seulement la famille qui l’entend, mais quelques rangées d’avion.

    Mon collègue avait raison : l’enfant de deux ans en question n’était pas mal élevé. Il agissait simplement comme un petit enfant de 2 ans.

    Les lecteurs n’avaient pas tort non plus : comme passager adulte, il y a une limite à la patience.

    Mais ce qui n’a pas été souligné, c’est l’exaspération légitime de l’enfant qui se trouve confiné dans un endroit clos beaucoup trop longtemps à son goût.

    Et la question qui n’a pas été posée, c’est la suivante : voyage-t-on trop ?

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