Ma grande fille d’amour,
Ce matin, tu n’es pas à la maison. C’est drôle, je me surprends à écouter les chansons et les sketchs de Toc, Toc, Toc et Arthur l’Aventurier au Téléthon Opération Enfant Soleil alors que je pourrais en profiter pour écouter un film, les infos, ou dormir, même!
Mais non. J’écoute le Téléthon comme je le fais chaque année et je pense à toi. À toi qui, tous les matins, me réveille avec ta petite voix et me demande si c’est encore la nuit, si on peut se lever.
Je pense à ton sourire, ton petit air espiègle, tes petites mains qui flattent mon gros ventre en attendant ta soeur que tu aimes déjà. À la fois où, dans l’auto, tu m’as dit «Tu es la meilleure maman du monde».
Je pense aussi à tes dessins que tu me ramènes de la garderie, tes bricolages, tes chansons que tu répètes sans cesse et les spectacles que tu me présentes avec un grand plaisir.
Et je regarde les enfants à la télévision… J’essaie de me mettre à la place des parents qui doivent vivre avec la douleur immense de voir leur enfant affaibli par la maladie. Je vois aussi leur force de caractère, leur volonté de vaincre tous les maux. Au-delà des dons, j’espère que toutes les pensées du Québec qui sont dirigées vers eux ce matin peuvent les aider à continuer le combat.
Et je repense à toi, encore et toujours. À tes colères, tes dégâts et tes mauvais coups. Aux consignes que tu n’écoutes pas toujours, aux nombreuses fois où je dois te dire de rester dans ton lit, le soir. Aux nombreuses fois où, en voulant m’aider à cuisiner ou faire la vaisselle, tu m’as plutôt retardée. Aux vêtements que tu plies et que je replie comme il faut quand tu ne me regardes pas. Aux repas que tu ne veux pas manger, aux jouets qui traînent un peu partout dans la maison. Aux toutous et aux doudous que je ramasse plusieurs fois par jour et aux bonbons que tu me demandes pour déjeuner.
Je me dis que oui, tu peux continuer à être malcommode. Ta santé, ta joie de vivre et tous les bisous que tu me donnes me rappellent à quel point un peu de discipline n’est rien à côté de la maladie.
Aujourd’hui, je pense à toutes les familles qui doivent vivre avec un enfant malade et je leur souhaite le meilleur dénouement du monde. Car il n’y a rien de plus injuste qu’un enfant qui doit se battre alors qu’il n’a pas encore eu le temps de s’amuser et de profiter de la vie.

L'utilisation de Facebook sert uniquement à simplifier votre inscription. 









