Jean-Sébastien Massicotte

Archive de la catégorie ‘Survie’

Mercredi 1 mai 2013 | Mise en ligne à 14h31 | Commenter Commentaires (3)

Bagarre à l’Everest: un traité de paix sans conviction

Le traité de paix rédigé à la main (première page seulement) a été signé au camp de base de l'Everest par les différents acteurs et témoins de la désormais célèbre bagarre sur les pentes du toit du monde. Photo www.alanarnette.com

Le traité de paix rédigé à la main (première page seulement) a été signé au camp de base de l'Everest par les différents acteurs et témoins de la désormais célèbre bagarre sur les pentes du toit du monde. Photo www.alanarnette.com

Difficile de ne pas revenir sur les suites de la bagarre inusitée qui est survenue à l’Everest samedi dernier. La situation est un peu moins trouble au fur et à mesure que les témoignages en provenance du camp de base nous arrivent.

Des efforts ont été faits en début de semaine pour calmer le jeu et tenter de rétablir les ponts entre les partis impliqués. Sur son blogue, le grimpeur américain Alan Arnette offre une fenêtre sur les derniers événements, fort de son expérience (quatre fois le sommets depuis 2002) et de ses contacts dans le milieu.

Il partage des images du traité de paix entre les grimpeurs et les sherpas, incluant le texte qu’une multitude d’acteurs et de témoins des incidents ont signé, dont Ueli Steck, Simone Moro et Jonathan Griffith, les Occidentaux au coeur de l’incident.

Un extrait traduit:

«Tous ceux qui sont présents sont d’accord et s’engagent que de tels gestes ne doivent jamais être répétés par quiconque dans les domaines de l’alpinisme ou du tourisme. Si un parti est insatisfait des actions d’un autre parti, tous s’engagent à ne pas entrer en conflit ou utiliser la violence contre l’autre.»

Arnette a aussi mis en évidence une version qui n’a pas encore trouvé écho dans les médias, celle des sherpas. Dans un courriel, Garrett Madison, chef d’expédition sur la montagne pour Alpine Ascents, résume la situation du point de vue des travailleurs Népalais.

Essentiellement, l’histoire est la même que celle rapportée jusqu’ici par Steck, Moro et Griffith. Sauf que le rôle de Moro dans l’affaire est un peu plus clair dans le récit que fait Madison. L’Italien aurait notamment été passablement agressif verbalement durant les événements. En particulier sur les ondes radios, où il aurait annoncé aux sherpas qui avaient un problème avec la façon de faire de sa cordée — ils étaient 16, représentant 8 compagnies commerciales —, qu’il allait redescendre au camp 2 «pour se battre» s’il le fallait. Des paroles qui auraient enflammé la situation…

Quoi qu’il en soit, le traité de paix signée lundi ne semble pas avoir changé grand-chose à la situation, si ce n’est que les apparences. C’est en tout cas ce qu’on comprend en lisant l’entrevue que Steck a accordé à l’agence Swissinfo.

«Ma confiance est envolée. Je ne pourrai plus revenir à cette montagne», a commenté le Suisse avant son départ du camp de base. «Je ne pourrai revenir. Qui peut m’assurer qu’une foule hostile ne viendra pas couper ma corde ou brûler ma tente?»

Dans toute cette triste affaire qui n’a pas fini de faire couler de l’encre, une héroïne ressort. En effet, divers récits, dont celui de Steck donné à Swissinfo, met en évidence le rôle important de l’Américaine Melissa Arnot, 29 ans. Celle qui détient le record du monde chez les femmes pour le plus grand nombre d’ascensions de l’Everest (quatre) était au camp deux quand la pagaille a pris.

Elle n’aurait pas hésité à s’interposer entre les sherpas enragés et Steck. Arnot aurait ainsi réussi à donner l’espace nécessaire au Suisse, blessé, pour qu’il puisse se réfugier dans sa tente avant de négocier sa fuite. Les Népalais ne voulaient pas frapper une femme.

Aujourd’hui, Steck n’hésite pas à dire qu’elle lui a véritablement sauvé la vie.

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Lundi 29 avril 2013 | Mise en ligne à 12h28 | Commenter Commentaires (9)

Attaques et menaces de mort à plus de 7200 mètres

L’intense saison de grimpe sur le toit du monde vient à peine de commencer que déjà des problèmes surviennent. Et pas les moindres…

Cette fois, ce n’est pas pas l’achalandage croissant sur les pentes de l’Everest (8848 mètres) qui fait jaser, mais plutôt un rare et étrange épisode de violence à plus de 7200 mètres entre des sherpas et des grimpeurs occidentaux.

Beaucoup reste encore à éclaircir et une enquête de la police est en cours, mais d’après les informations disponibles, les réputés grimpeurs Ueli Steck, Simone Moro et Jonathan Griffith, de l’expédition NO2, ont littéralement été chassés de la montagne par une centaine de sherpas, après un accrochage samedi avec certains d’entre-eux durant leur ascension.

La situation était suffisamment grave pour que le trio s’inquiète pour sa vie au camp 2, où ils avaient retraité. Sur place, l’important groupe de sherpas aurait menacé de mort les Occidentaux, et lancé des pierres en leur direction. Le message était clair: ils devaient quitter rapidement l’Everest où ils allaient le payer cher.

Steck, un Suisse, aurait été blessé à une lèvre après avoir reçu une roche au visage, tandis que Moro, un Italien, et Griffith, un Anglais, auraient été frappés à coups de pieds et de poings.

Dans un communiqué officiel sur son site Web, Moro raconte le fil des événements. Tout aurait commencé quand le trio, qui tentait de réaliser une ascension de l’Everest sans oxygène supplémentaire par une nouvelle voie, s’est retrouvé à proximité des cordes fixes qu’installaient un groupe de sherpas, embauchés par des expéditions commerciales.

Les trois hommes progressaient en solo intégral à plus de 7200 m quand ils ont dû croiser la ligne que fixaient les Népalais, pour rejoindre un camp avancé. Un passage que les gars de NO2 assurent avoir fait avec la politesse et l’éthique d’usage.

Sauf qu’apparemment, le chef des sherpas qui était au-dessus d’eux à sécuriser un passage sur la pente raide pour de futurs clients, ne l’a pas perçu ainsi. De la glace aurait été envoyé sur ses hommes en dessous à cause des Occidentaux. Steck aurait été ensuite obligé de repousser l’homme qui est descendu en rappel, en criant après lui.

Malgré des offres répétées de Steck pour aider les sherpas à fixer le passage, histoire de calme le jeu, rien n’y a fait. Au contraire.

Une fois tout le monde de retour plus bas au camp 2, la pagaille a repris. La menace aurait été telle que Moro, Steck et Griffith remercient maintenant les autres grimpeurs qui leur ont «sauvé la vie» au campement, en s’interposant entre le trio et la foule en colère.

Je vous ai parlé récemment de Steck. Mais il est encore bon de préciser qu’il est, en compagnie de Moro et Griffith, parmi les meilleurs grimpeurs sur la planète. Un statut qui rend cette situation sur la montagne encore plus troublante. Reste à démêler toute cette histoire pour mieux comprendre les torts de chacun.

L’expédition semble maintenant terminée, alors que Steck et Griffith, qui agissait comme photographe, devaient quitter le camp de base pour de bon, si ce n’est déjà fait, selon ce que rapporte le magazine Climbing.

Dans une récente vidéo (ci-dessous), Steck et Moro expliquent leur progression, et partagent le plaisir qu’ils ont à collaborer sur la montagne. Difficile d’imaginer l’étrange incident qui les attendait plus haut sur l’Everest…

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Vendredi 26 avril 2013 | Mise en ligne à 13h48 | Commenter Aucun commentaire

Bonne époque pour surmonter la perte d’un membre

C’est étrange à dire, mais c’est une bonne époque pour surmonter la perte d’un membre. Ça n’enlève rien à la gravité de devoir faire le deuil d’une partie de soi, mais jamais les amputés n’ont eu autant de possibilités pour retrouver leur autonomie.

À la suite des explosions au Marathon de Boston, de nombreux blessés se retrouvent actuellement à devoir apprendre à vivre avec un membre (souvent une partie d’une jambe dans ces cas-ci) en moins.

Triste conséquence des guerres en Irak et en Afghanistan, les différents corps de l’Armée américaine se sont retrouvés avec de nombreux soldats ayant aussi subi des amputations. Résultat positif de tout ça, le développement des prothèses s’est accéléré et la qualité des produits s’est grandement améliorée dans la dernière décennie.

Comme l’expliquait récemment le New York Times dans un de ses reportages, ce sont la guerre et le sport qui font avancer le développement des prothèses.

Matériaux de l’ère spatial, moteurs et capteurs électroniques embarqués, modularité de membre pour plus de polyvalence… on est loin de la vulgaire jambe de bois!

Ce qui fait que les blessés de Boston pourront bénéficier de ces avancées pour reprendre le plus rapidement possible leur vie active. Et leurs loisirs! Les fabricants ont désormais le savoir-faire pour répondre à la plupart des besoins sportifs dans amputés. Et le progrès est constant.

Comme pour Adrianne Haslet-Davis, qui envisage déjà un retour à la danse après avoir perdu son pied gauche dans l’attentat. Elle espère avoir une prothèse en juin. La route vers le plancher de danse est encore longue, mais elle aura de l’aide. Un spécialiste s’intéresse notamment à lui fabriquer une prothèse spéciale pour reprendre son activité préférée.

Pour d’autres, ce sera peut-être l’escalade, la randonnée, le vélo, le ski… ou même le surf! Dans la vidéo ci-dessus, on peut en effet découvrir le prototype de la prothèse amphibie Murr-ma. Le membre artificiel unique est destiné aux activités de plage et doit être aussi efficace pour courir sur le sable, que pour nager dans l’eau.

Évidemment, toutes ces nouvelles prothèses issues de la technologie coûtent cher. Il faut souvent compter quelques dizaines de milliers de dollars pour des membres de la nouvelle génération.

D’où l’importance d’appuyer des Fondations et autres organismes qui soutiennent les amputés, comme le fait chez-nous notamment les Amputés de guerre.

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