Jean-Sébastien Massicotte

Archive de la catégorie ‘Survie’

Vendredi 18 avril 2014 | Mise en ligne à 12h54 | Commenter Commentaires (2)

(Autre) tragédie à l’Everest

De nos jours, achalandage et voyages commerciaux obligent, on en finit presque par oublier les dangers que représente l’ascension de l’Everest (8848 m).

Ce matin, la nature a fait un rappel brutal des risques de s’attaquer au toit du monde. Une avalanche qui a balayé le glacier Khumbu à environ 5800 mètres a fait au moins 13 morts, tous des travailleurs sherpas.

De l’histoire de l’Everest, c’est le plus grand nombre de décès en un seul événement.

Des grimpeurs ont également été blessés et d’autres sont portés disparus. Le nombre précis reste encore à déterminer. Des alpinistes, une centaine, auraient par ailleurs été coincés au-dessus de la zone d’avalanche.

À travers le monde, les médias généralistes comme spécialisés rapportent les détails de la tragédie, qui souligne à grands traits les dangers énormes du travail des Sherpas sur la montagne.

Évidemment, alpinistes et spécialistes de la montagne ont partagé leurs impressions et informations sur le Web.

Petit tour d’horizon…

Sur Facebook, Conrad Anker a réagi à la mort de son collègue et ami Ang Kaji Sherpa. L’Américain, qui a foulé le sommet de l’Everest à plus d’une occasion (1999, 2007 et 2012), a rappelé les dangers qui guettent les travailleurs népalais, eux qui préparent la route pour les clients commerciaux.

L’escalade dans l’Himalaya est un sport dangereux et aucun groupe ne porte un plus grand fardeau que les Sherpas népalais. Pour approvisionner les camps en altitude avec de la nourriture, du carburant et de l’oxygène, les Sherpas vont faire de multiples transports à travers le glacier Khumbu. [...] Les Sherpas y feront quatre fois plus de voyages que leurs clients, s’exposant bien plus aux dangers de celui-ci.

Anker a également partagé une vidéo (ci-dessous) en hommage à son ami disparu.

Summiter en 2011 et observateur averti de l’action qui se déroule sur l’Everest, l’Américain Alan Arnette présente un suivi quasiment en direct de ce qui s’y passe depuis plusieurs années.

Arnette explique que la zone crevassée à proximité des camps 1 et 2 rend les sauvetages encore plus difficiles. L’accident serait survenu sous le camp 1.

Il souligne également que les groupes sur la montagne portent rarement des détecteurs de victimes d’avalanches. S’il est trop tard pour les disparus, la tragédie pourrait peut-être changer les façons de faire dans l’avenir, précise-t-il.

Arnette émet également l’hypothèse que ce serait un préoccupant sérac sur l’épaule ouest de l’Everest qui serait le responsable de la tragédie. La masse de neige et de glace en suspens qui se formait à cet endroit inquiétait déjà depuis quelques saisons les alpinistes.

Enfin, autre lecture à faire, le résumé de Steve Casimiro, du blogue Adventure Journal.

Casimiro rapporte notamment le récit d’un grimpeur australien, Gavin Turner. Ce dernier escaladait l’Everest pour la première fois.

Je grimpais à travers la cascade de glace ce matin vers 6h quand une très grosse avalanche a frappé quelques centaines de mètres au-dessus de nous. J’étais avec mon incroyable Sherpa, Phu Tsering. Nous avons observé l’énorme nuage de neige de l’avalanche s’approcher de nous et nous étions tous les deux couverts par la poudrerie. Après un moment d’inquiétude, nous savions que nous étions en sécurité et essentiellement hors de la zone de danger. Phu Tsering s’est mis à réciter des prières bouddhistes et a fait une offrande à la montagne…

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Lundi 3 mars 2014 | Mise en ligne à 16h36 | Commenter Un commentaire

Escalade de glace: la vie en moins de John Freeman

Si le grimpeur John Freeman était un chat, il aurait certainement aujourd’hui une vie en moins.

Il y a plus de deux ans, le guide en escalade et superviseur en travaux en hauteur de métier s’est attaqué à une délicate voie de glace dans l’Ouest canadien. Au programme, un superbe pilier givré vertical qui descendait d’une paroi rocheuse surplombante.

Un défi éphémère qu’il faut savoir cueillir à point avant qu’il ne disparaisse. De quoi faire rêver tous les amoureux d’escalade qui apprécient jouer des piolets et des crampons l’hiver venu.

Un fragile rideau de glace sur lequel Freeman croyait pouvoir évoluer sans — trop de — danger. Il faut dire que l’homme est un grimpeur d’expérience. Un gars prudent, bien préparé et qui sait calculer les risques.

Probablement l’un des meilleurs à cet égard. Ce n’est pas moi qui le dit, mais bien l’un de ses compagnons de cordée, nul autre que la légende canadienne de l’escalade, Will Gadd.

Bref, malgré autant de savoir-faire et de prudence, comme Freeman et Gadd le racontent dans ce troisième épisode de la série Sub Zero sur Epic TV (vidéo ci-dessus), le pire s’est produit.

Ou presque. Car si le pilier de glace s’est écroulé pendant que Freeman le grimpait, au moins celui-ci a pu survivre à la chute.

«Si vous regardez les images de John qui tombe avec le pilier et que vous êtes un grimpeur en glace, ça vous laissera pas mal sans mot. C’est le cauchemar de tout le monde. Ce sont des tonnes et des tonnes de glace. [...] Qu’il ait pu survivre à ça n’a pas de sens», résume Gadd.

L’incident, filmé notamment par la caméra sur le casque de Freeman, donne le vertige. On voit le grimpeur engagé sur le pilier, pratiquement sur le point de rejoindre l’endroit où celui-ci touche le mur de roc.

Cinq coups de piolet pour prendre ancrage et c’est la catastrophe. La colonne de glace se détache et entraîne avec elle le résident de Canmore, en Alberta.

Heureusement, il n’avait pas placé d’ancrage dans le pilier, justement au cas où ce dernier céderait. Mais il ne pensait pas qu’il serait encore dessus à ce moment!

«Il y avait vraiment des tonnes de glace avec moi. Et je n’ai eu que le souffle coupé. J’ai skié pour le retour. Je suis rentré à la maison. Je crois que j’ai grimpé le lendemain. Ou le jour suivant. Je m’en suis sorti par chance, je pense que définitivement on peut dire ça», raconte John Freeman à la caméra, avec émotion.

Bien conscient qu’en principe, il ne devrait plus être là pour raconter sa mésaventure.

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Vendredi 28 février 2014 | Mise en ligne à 16h29 | Commenter Commentaires (6)

Caméras de casque: dangereuses ou pas?

La question se pose: est-ce que l’ajout d’une caméra de style GoPro ou Contour sur un casque de protection présente un danger supplémentaire de blessures?

Je pense ici notamment aux couvre-chefs plus légers des skieurs et des cyclistes.

Le magazine Velo News s’est intéressé à la question récemment.

Une interrogation qui prend encore plus de sens alors que dans l’enquête sur l’accident de ski du pilote Michael Schumacher, qui s’est heurté la tête sur une roche et s’est retrouvé plongé dans le coma, les enquêteurs se sont penchés sur une défaillance possible du casque où une caméra avait été installée.

Le spécialiste technique pour Velo News, Lennard Zinn, s’est donc adressé à différents manufacturiers pour connaître les risques réels de l’ajout d’une caméra sur un casque.

Ce qu’il faut savoir? C’est que de façon générale, les fabricants de caméras comme GoPro, Contour ou Sony, ont conçu les systèmes de fixation de leurs populaires appareils pour qu’ils se brisent lors d’un impact.

Questionnés par Zinn, les responsables de Giro et de Specialized ont assuré qu’il n’y avait pas de risques supplémentaires à ajouter de telles appareils sur leurs casques. En autant que la caméra soit fixée comme il se doit sur un support fait pour se briser.

Preuve de l’assurance de Giro, le géant américain a même intégré à sa gamme de casques pour le vélo et le ski des modèles avec ancrage pour GoPro (vidéo ci-dessus du Edit).

De son côté, le manufacturier Troy Lee Designs se montre plus prudent dans l’intégration de tels supports. Après des tests sur des prototypes, le fabricant a indiqué à Velo News qu’il demeure incertain quant à l’avenir d’une telle idée dans sa ligne de casques.

En résumé, la prudence et le bon sens doivent primer. Tandis que l’usage des caméras personnelles se répand, les accessoires pour les fixer de manières originales se multiplient. Ce qui ne veut pas dire pour autant que tous sont sécuritaires dans toutes les occasions.

Lennard Zinn fait notamment allusion aux systèmes de fixation en aluminium comme le Sumomoto. Encore plus quand il s’agit de percer le casque pour l’installer.

On peut aussi s’interroger sur les risques de certains systèmes plus encombrants, bien qu’ils donnent des points de vue spectaculaires, comme le GoSpin360 et les autres supports à pivot rotatif.

Alors prudence dans vos tournages!

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