
Le traité de paix rédigé à la main (première page seulement) a été signé au camp de base de l'Everest par les différents acteurs et témoins de la désormais célèbre bagarre sur les pentes du toit du monde. Photo www.alanarnette.com
Difficile de ne pas revenir sur les suites de la bagarre inusitée qui est survenue à l’Everest samedi dernier. La situation est un peu moins trouble au fur et à mesure que les témoignages en provenance du camp de base nous arrivent.
Des efforts ont été faits en début de semaine pour calmer le jeu et tenter de rétablir les ponts entre les partis impliqués. Sur son blogue, le grimpeur américain Alan Arnette offre une fenêtre sur les derniers événements, fort de son expérience (quatre fois le sommets depuis 2002) et de ses contacts dans le milieu.
Il partage des images du traité de paix entre les grimpeurs et les sherpas, incluant le texte qu’une multitude d’acteurs et de témoins des incidents ont signé, dont Ueli Steck, Simone Moro et Jonathan Griffith, les Occidentaux au coeur de l’incident.
Un extrait traduit:
«Tous ceux qui sont présents sont d’accord et s’engagent que de tels gestes ne doivent jamais être répétés par quiconque dans les domaines de l’alpinisme ou du tourisme. Si un parti est insatisfait des actions d’un autre parti, tous s’engagent à ne pas entrer en conflit ou utiliser la violence contre l’autre.»
Arnette a aussi mis en évidence une version qui n’a pas encore trouvé écho dans les médias, celle des sherpas. Dans un courriel, Garrett Madison, chef d’expédition sur la montagne pour Alpine Ascents, résume la situation du point de vue des travailleurs Népalais.
Essentiellement, l’histoire est la même que celle rapportée jusqu’ici par Steck, Moro et Griffith. Sauf que le rôle de Moro dans l’affaire est un peu plus clair dans le récit que fait Madison. L’Italien aurait notamment été passablement agressif verbalement durant les événements. En particulier sur les ondes radios, où il aurait annoncé aux sherpas qui avaient un problème avec la façon de faire de sa cordée — ils étaient 16, représentant 8 compagnies commerciales —, qu’il allait redescendre au camp 2 «pour se battre» s’il le fallait. Des paroles qui auraient enflammé la situation…
Quoi qu’il en soit, le traité de paix signée lundi ne semble pas avoir changé grand-chose à la situation, si ce n’est que les apparences. C’est en tout cas ce qu’on comprend en lisant l’entrevue que Steck a accordé à l’agence Swissinfo.
«Ma confiance est envolée. Je ne pourrai plus revenir à cette montagne», a commenté le Suisse avant son départ du camp de base. «Je ne pourrai revenir. Qui peut m’assurer qu’une foule hostile ne viendra pas couper ma corde ou brûler ma tente?»
Dans toute cette triste affaire qui n’a pas fini de faire couler de l’encre, une héroïne ressort. En effet, divers récits, dont celui de Steck donné à Swissinfo, met en évidence le rôle important de l’Américaine Melissa Arnot, 29 ans. Celle qui détient le record du monde chez les femmes pour le plus grand nombre d’ascensions de l’Everest (quatre) était au camp deux quand la pagaille a pris.
Elle n’aurait pas hésité à s’interposer entre les sherpas enragés et Steck. Arnot aurait ainsi réussi à donner l’espace nécessaire au Suisse, blessé, pour qu’il puisse se réfugier dans sa tente avant de négocier sa fuite. Les Népalais ne voulaient pas frapper une femme.
Aujourd’hui, Steck n’hésite pas à dire qu’elle lui a véritablement sauvé la vie.
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