Jean-Sébastien Massicotte

Archive de la catégorie ‘Expéditions’

Mercredi 15 mai 2013 | Mise en ligne à 13h46 | Commenter Commentaires (14)

Seule sur l’Appalachian Trail… à 14 ans

Neva «Chipmunk» Warren, 14 ans. Photo Twitter.com/ridethenation

Neva «Chipmunk» Warren, 14 ans. Photo Twitter.com/ridethenation

Déjà, s’attaquer au quelque 3500 km de l’Appalachian Trail est un défi de taille. Le faire en solitaire, ajoute à la difficulté. Que dire alors quand on est une adolescente de 14 ans?

Actuellement, la jeune Floridienne Neva Warren est en marche sur le sentier. Elle tente de devenir la plus jeune à compléter le parcours pédestre qui va de Springer Mountain, en Géorgie, au mont Katahdin, dans le Maine.

Issue d’une famille qui aime l’action et le plein air — des amateurs de vélo, en particulier de BMX —, celle que ses proches surnomment «Chipmunk» est sur la route depuis le début d’avril. Actuellement, elle a complété un peu plus de 690 km. Une bonne moyenne!

Si elle se retrouve seule sur le sentier, la jeune femme est très bien entourée alors que ses parents veillent sur elle. Ils la suivent en effet grâce à une balise GPS SPOT qu’elle transporte. Mais il y a plus.

Après avoir laissé derrière maison et travail, ils suivent à distance leur fille, à bord d’un petit motorisé. Car si Neva transporte tout le matériel de camping nécessaire à son autonomie, normalement, elle rejoint les siens le soir venu. La famille se donne rendez-vous aux endroits où l’Appalachian Trail donne un point d’accès à une route.

Maintenant qu’une bonne portion du sentier est derrière Neva, ses parents sont convaincus que la petite a ce qu’il faut pour aller jusqu’au bout. Plutôt discrets jusque-là, ils n’hésitent plus à partager l’aventure.

Sur le site Web de la famille, un blogue journalier est tenu pour raconter les péripéties des Warren, autant ce qui se passe sur le sentier que sur la route.

Envie d’encourager la famille? Il est possible de suivre sur Twitter la jeune randonneuse, de même que les parents.

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Vendredi 10 mai 2013 | Mise en ligne à 14h36 | Commenter Aucun commentaire

Entrez dans Le Piège blanc du Groenland

Ma rencontre il y a quelques mois avec l’aventurier des glaces, Vincent Berthet, m’avait permis de découvrir — et par le fait même de vous faire découvrir — la fabuleuse expédition de kayak de mer et de plongée qu’il avait réalisée sur la côte isolée de l’Est du Groenland, à la fin de l’été 2012, en compagnie de son ami Alban Michon.

Le grand moment est maintenant arrivé, soit la diffusion du film de ce périple hors norme.

J’ai d’ailleurs eu la chance de renouer mercredi soir dernier avec le Français d’origine établi à Québec, à l’occasion de la projection privée du documentaire Le Piège blanc. Une quarantaine de proches de l’aventurier étaient réunis au cinéma Cartier pour l’occasion.

À l’écran, une possibilité de revivre cette longue aventure sauvage de presque deux mois, de partager le quotidien du duo et de découvrir la grande beauté de l’endroit. Il faut voir ça!

Surtout qu’en plus des images tournées par Berthet et Michon, une équipe de la prestigieuse émission Thalassa était sur place durant deux portions de l’expédition. C’est d’ailleurs ce soir, vendredi, que la diffusion à TV5 débute. Thalassa est présentée à 20h. Sinon, deux rediffusions sont prévues pour le dimanche 12 mai (13h) et le jeudi 16 mai (23h35).

Trouvez-vous une télé de bonne taille et appréciez le moment en haute définition, si possible. Le récit de l’aventure est exceptionnel. Pratiquement comme si vous y étiez. L’humour entre les deux comparses et le montage bien ficelé ajoutent aux nombreuses qualités du film.

Grâce à l’équipe de production de Thalassa, les moyens mis en place pour arriver à rendre à l’écran les joies et les misères du voyage de 1000 km étaient colossaux. Une situation qui aurait très bien pu dénaturer la beauté sauvage de l’aventure. Mais de la prise de vue à la post-production du Piège blanc, cela n’est jamais le cas.

Vous aurez ainsi l’occasion, en compagnie des deux aventuriers, de plonger sous les icebergs, de naviguer à travers les glaces — et même d’y rester pris une nuit durant —, ou encore d’approcher l’ours polaire…

Prêt pour une pareille aventure?

Alors que Berthet se prépare à repartir pour le Grand Nord, il espère que le documentaire aura une belle vie après Thalassa. À n’en pas douter.

À défaut de pouvoir visionner le documentaire en format télé à TV5, il est possible de le voir ici sur YouTube, en basse résolution.

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Mercredi 1 mai 2013 | Mise en ligne à 14h31 | Commenter Commentaires (3)

Bagarre à l’Everest: un traité de paix sans conviction

Le traité de paix rédigé à la main (première page seulement) a été signé au camp de base de l'Everest par les différents acteurs et témoins de la désormais célèbre bagarre sur les pentes du toit du monde. Photo www.alanarnette.com

Le traité de paix rédigé à la main (première page seulement) a été signé au camp de base de l'Everest par les différents acteurs et témoins de la désormais célèbre bagarre sur les pentes du toit du monde. Photo www.alanarnette.com

Difficile de ne pas revenir sur les suites de la bagarre inusitée qui est survenue à l’Everest samedi dernier. La situation est un peu moins trouble au fur et à mesure que les témoignages en provenance du camp de base nous arrivent.

Des efforts ont été faits en début de semaine pour calmer le jeu et tenter de rétablir les ponts entre les partis impliqués. Sur son blogue, le grimpeur américain Alan Arnette offre une fenêtre sur les derniers événements, fort de son expérience (quatre fois le sommets depuis 2002) et de ses contacts dans le milieu.

Il partage des images du traité de paix entre les grimpeurs et les sherpas, incluant le texte qu’une multitude d’acteurs et de témoins des incidents ont signé, dont Ueli Steck, Simone Moro et Jonathan Griffith, les Occidentaux au coeur de l’incident.

Un extrait traduit:

«Tous ceux qui sont présents sont d’accord et s’engagent que de tels gestes ne doivent jamais être répétés par quiconque dans les domaines de l’alpinisme ou du tourisme. Si un parti est insatisfait des actions d’un autre parti, tous s’engagent à ne pas entrer en conflit ou utiliser la violence contre l’autre.»

Arnette a aussi mis en évidence une version qui n’a pas encore trouvé écho dans les médias, celle des sherpas. Dans un courriel, Garrett Madison, chef d’expédition sur la montagne pour Alpine Ascents, résume la situation du point de vue des travailleurs Népalais.

Essentiellement, l’histoire est la même que celle rapportée jusqu’ici par Steck, Moro et Griffith. Sauf que le rôle de Moro dans l’affaire est un peu plus clair dans le récit que fait Madison. L’Italien aurait notamment été passablement agressif verbalement durant les événements. En particulier sur les ondes radios, où il aurait annoncé aux sherpas qui avaient un problème avec la façon de faire de sa cordée — ils étaient 16, représentant 8 compagnies commerciales —, qu’il allait redescendre au camp 2 «pour se battre» s’il le fallait. Des paroles qui auraient enflammé la situation…

Quoi qu’il en soit, le traité de paix signée lundi ne semble pas avoir changé grand-chose à la situation, si ce n’est que les apparences. C’est en tout cas ce qu’on comprend en lisant l’entrevue que Steck a accordé à l’agence Swissinfo.

«Ma confiance est envolée. Je ne pourrai plus revenir à cette montagne», a commenté le Suisse avant son départ du camp de base. «Je ne pourrai revenir. Qui peut m’assurer qu’une foule hostile ne viendra pas couper ma corde ou brûler ma tente?»

Dans toute cette triste affaire qui n’a pas fini de faire couler de l’encre, une héroïne ressort. En effet, divers récits, dont celui de Steck donné à Swissinfo, met en évidence le rôle important de l’Américaine Melissa Arnot, 29 ans. Celle qui détient le record du monde chez les femmes pour le plus grand nombre d’ascensions de l’Everest (quatre) était au camp deux quand la pagaille a pris.

Elle n’aurait pas hésité à s’interposer entre les sherpas enragés et Steck. Arnot aurait ainsi réussi à donner l’espace nécessaire au Suisse, blessé, pour qu’il puisse se réfugier dans sa tente avant de négocier sa fuite. Les Népalais ne voulaient pas frapper une femme.

Aujourd’hui, Steck n’hésite pas à dire qu’elle lui a véritablement sauvé la vie.

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