Jean-Sébastien Massicotte

Archive de la catégorie ‘Expéditions’

Jeudi 12 juin 2014 | Mise en ligne à 17h50 | Commenter Un commentaire

Le sommet du McKinley en moins de 12 heures

Si vous êtes un (ou une) habitué(e) du blogue plein air, vous connaissez déjà le coureur-montagnard-skieur-extraterrestre Kilian Jornet.

Pour les autres, l’Espagnol est un coureur en sentier aux capacités exceptionnelles, un alpiniste et un skieur de premier plan capable de progresser à une vitesse exceptionnelle sur des terrains difficiles. Autant de qualités qui font de lui un véritable extraterrestre — c’est son surnom.

Sur sa carte de visite, il faudra bientôt ajouter «légende vivante», s’il continue à ce rythme dans sa quête de records avec son projet Summits of my life.

Les infos commencent à peine à transpirer sur le Web, mais le phénomène espagnol vient d’ajouter à son palmarès le record pour l’ascension la plus rapide du mont McKinley (ou Denali, 6194 m), en Alaska, plus haut sommet en Amérique du nord.

L’athlète de 26 ans aurait en effet pris seulement 11 heures 40 minutes pour faire l’aller-retour sur la populaire voie West Buttress. Le temps pour l’ascension uniquement n’était pas encore officiel.

Mais qu’importe, car il fracasse du coup la marque qui était détenue jusqu’ici par l’Américain Ed Warren (vidéo-ci dessus). En 2013, Warren avait gravi le glacial géant en 12h29, pour faire le voyage aller-retour en 16h46.

Un itinéraire qui prend d’ordinaire plusieurs jours à réaliser. Habituellement, les grimpeurs prévoient de deux à trois semaines sur la montagne pour compléter leur expédition.

En skis et en crampons, Kilian Jornet a parcouru les quelques 27 km entre le camp de base et le sommet, avant de revenir sur ses pas pour plus d’une cinquantaine de kilomètres sur la montagne.

La fusée espagnole a ainsi affronté près de 4000 mètres de dénivelé positif en route vers le sommet, y compris un mur à 55º aux environs de 4700 mètres d’altitude.

Rapporté sur Facebook par le site iRunFar.com, le record aurait été confirmé par la responsable des communications pour la station des rangers du Parc national Denali, à Talkeetna, Maureen McLaughlin.

Fidèle à ses habitudes, Kilian Jornet devrait rapidement fournir des images spectaculaires de sa brève aventure en Alaska. À surveiller!

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L’histoire est à peine croyable.

La semaine dernière, par les hasards qu’entraînent les détours du Web, j’aboutis sur la page Facebook de l’American Climber Science Program, un organisme qui réunit scientifiques et grimpeurs pour la sauvegarde des milieux alpins.

Un message (en anglais) m’intrigue…

S’il vous plaît, appelez Global Rescue. John a un bras et des côtes cassés, une hémorragie interne. Il est tombé de 70 pieds dans une crevasse. Il en est ressorti en grimpant. Camp 2 du Himlung. S’il vous plaît, faites vite.

Sous le message, un inquiétant commentaire d’un internaute: «Quelqu’un lit ceci?»

Heureusement, c’était le cas.

Puis en direct ou presque, le sauvetage de John All, le blessé en question, est décrit et commenté sur Facebook.

Au coeur de l’action sur les flancs de la montagne népalaise, le scientifique mal en point donne lui-même de ses nouvelles (il s’est même filmé dans la crevasse, dans les instants qui ont suivi sa chute), alors que son équipe tente de trouver un hélicoptère pour l’évacuer vers Katmandou.

GR [Global Rescue] n’arrive pas à trouver un hélicoptère, alors je vais tenter de survivre à la nuit. Je suis retourné me coucher dans la tente. À moins que l’hémorragie interne ne m’achève, je devrais vivre.

Durant la nuit et jusqu’à ce que la cavalerie arrive le lendemain, John All a continué a envoyer des messages à partir de sa balise satellitaire DeLorme inReach, liée à la page Facebook de l’organisme.

Le communicateur bidirectionnel lui a permis de connaître les efforts en cours pour lui venir en aide. Idem pour les mots d’encouragement.

John All en était plus que reconnaissant à sa sortie de l’hôpital, deux jours après l’accident.

John All dans un état stable à l'hôpital au lendemain de sa chute dans une crevasse dans l'Himalaya. Photo tirée de Facebook

John All dans un état stable à l'hôpital au lendemain de sa chute dans une crevasse dans l'Himalaya. Photo tirée de Facebook

Merci tout le monde pour votre amour et votre soutien. Quand je grelottais et que je saignais en attendant l’hélico, les trucs que je recevais en provenance du lien satellite m’ont permis de continuer. Je viens de quitter les soins intensifs après une nuit miraculeuse de guérison — je ne suis pas un gars d’hôpital. J’ai de nombreuses blessures sur tout le corps, mais aucune ne va me tuer. Le pire a été d’avoir une épaule disloquée pour 32 heures avant qu’ils ne puissent la remettre en place. La pire douleur que j’ai jamais ressentie. [...] Merci encore pour votre merveilleux et crucial soutien. Je n’aurais pas survécu sans cela.
John

Montagnard d’expérience, John All devait normalement mener une équipe de chercheurs jusqu’au sommet du monde ce printemps. Malheureusement, la récente tragédie à l’Everest a chamboulé les plans quand la montagne a été «fermée» aux grimpeurs.

C’est de cette manière que All et Cie se sont retrouvés à gravir le mont Himlung, un sommet de 7200 mètres à la frontière du Tibet et du Népal.

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Mercredi 23 avril 2014 | Mise en ligne à 16h58 | Commenter Commentaires (7)

Tragédie à l’Everest: la réalité des Sherpas

Pour ceux qui s’intéressent aux suites de la récente tragédie à l’Everest où 16 Sherpas ont perdu la vie, un texte de Mark Jenkins de National Geographic est à lire.

Il revient notamment sur la pétition de 13 demandes lancée par un groupe de Sherpas, qui menacent de faire la grève et du coup mettre en péril la saison d’alpinisme sur le toit du monde, qui avait à peine commencé.

Mais qui leur en voudrait?

Les travailleurs népalais souhaitent notamment une meilleure couverture en cas de décès et des dédommagements pour leur famille. Le gouvernement aurait déjà accepté d’améliorer les assurances des Sherpas en action sur la montagne, de même que de payer l’éducation des enfants des montagnards décédés.

Pendant ce temps, les responsables des entreprises commerciales qui guident à l’Everest ont pour la plupart mis fin, ou prévoient mettre fin, à leurs tentatives pour cette année. Jenkins donne l’exemple de Alpine Ascents International, qui a perdu cinq membres de son équipe dans la tragédie et qui plie bagages.

L’affaire est qu’une fois les grandes entreprises parties, il ne devrait pas rester assez de Sherpas sur place pour préparer la voie sur la montagne dans le but d’une quelconque tentative d’ascension commerciale sur le toit du monde.

D’après le récit de Jenkins, les occidentaux sont prêts à se plier à la décision des Sherpas, quelle qu’elle soit. La date ultime pour qu’il y ait une entente entre les Sherpas et le gouvernement népalais est fixée au 28 avril.

D’ailleurs, parmi les 25 signataires de la pétition, on compterait des guides de renom, dont Dave Hahn, de Rainier Mountaineering. L’Américain détient le record pour le nombre d’ascension de l’Everest pour un non-Sherpa, avec 15 sommets.

La situation des Sherpas et leurs revendications met également en lumière la pénible bureaucratie et la corruption qui écrasent leur travail au Népal.

Collaborateur de National Geographic et trois fois summiter, l’Américain Conrad Anker croit même que des quelques 3 millions $ amassés en permis par année, «moins de 1% doit retourner à la montagne».

Enfin, Jenkins revient sur le salaire — suffisant ou non — versé aux Sherpas pour les grands risques qu’ils doivent prendre.

Pour deux à trois mois sur la montagne, un Sherpa toucherait en moyenne 5000$. En comparaison, un guide occidentaux peut faire entre 50 0000$ et 100 000$.

Le journaliste appelle cependant à la prudence avant de sauter trop vite aux conclusions et de croire qu’il y a nécessairement abus.

Il précise qu’un Sherpa à l’Everest gagne environ cinq fois le salaire moyen au Népal, ce qui fait que toutes proportions gardées, il se retrouve chez lui avec un pouvoir d’achat comparable à un collègue occidental.

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