Jean-Sébastien Massicotte

Archive de la catégorie ‘Expéditions’

Samedi 6 septembre 2014 | Mise en ligne à 12h00 | Commenter Aucun commentaire

Descendre la rivière Colorado… sans la voir

Imaginez votre pire cauchemar.

Se retrouver plongé dans le noir, à la merci des pièges d’un torrent démentiel qui ne veut faire qu’une bouchée de vous.

Un combat de tous les instants tandis que vous ne pouvez que réagir d’instinct à la puissante force du courant qui cherche à vous renverser.

Par défi, c’est ce que souhaitent les kayakistes Erik Weihenmayer et Lonnie Bedwell, qui s’apprêtent à descendre la rivière Colorado à travers le Grand Canyon sur plus de 445 km.

Car aussi difficile que cela puisse paraître, l’aventure sera réalisée par… deux aveugles!

Une périple peu ordinaire qui se préparait depuis un moment déjà et dont je vous avais parlé il y a presque deux ans.

Weihenmayer est devenu complètement aveugle à l’âge de 13 ans, à la suite d’une maladie congénitale dégénérative qui a attaqué sa rétine.

Bien qu’il admette que le kayak soit la chose la plus effrayante qu’il ait faite, Weihenmayer n’en est pas à son premier exploit.

Il n’y a pas grand-chose qui peut l’arrêter.

Il est notamment le seul non-voyant à ce jour à avoir atteint la cime de l’Everest (en 2001), en plus d’avoir complété la quête des Sept sommets.

Quant à Bedwell, il est un vétéran de la Navy, blessé dans un accident de chasse qui l’a rendu aveugle.

Dès lundi, les deux kayakistes seront à l’eau pour amorcer avec leur équipe la descente entre Lee’s Ferry et Pierce Ferry, en Arizona. Une expédition prévue pour 21 jours.

Évidemment, pour s’attaquer à pareil défi sans y voir, Weihenmayer et Bedwell pourront compter sur l’aide d’une équipe de talent, notamment 10 kayakistes, 5 guides de raft et 3 cinéastes/photographes.

Sur l’eau, les deux pagayeurs seront guidés auditivement par des accompagnateurs qui dicteront les lignes à suivre et aviseront des dangers à venir.

Un système de communication sophistiqué à l’épreuve de l’eau permettra aux équipiers de s’entendre à travers le bruit fracassant de la Colorado.

En organisant le No Barriers Grand Canyon Kayaking Expedition, Weihenmayer et Cie souhaitent encourager plus d’un million de personnes à prendre l’engagement de dépasser leurs propres limites, quelles qu’elles soient.

Pour réaliser pleinement la difficulté du kayak pour un non-voyant, le court film Sensory Overload, réalisé par Rob Raker sur Weihenmayer, est à voir.

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Guillaume Normandin et Déreck Pigeon terminent aujourd'hui à Québec leur traversée du Canada à la rame et à la pagaie. Photo Facebook.com/canot2013

Guillaume Normandin et Déreck Pigeon terminent aujourd'hui à Québec leur traversée du Canada à la rame et à la pagaie. Photo Facebook.com/canot2013

Déreck Pigeon et Guillaume Normandin arrivent de loin. Très loin.

Ils complèteront en tout début d’après-midi leur parcours de près de 1900 km en kayak de mer — en 51 jours — entre Thunder Bay et Québec.

Mais ceci n’est pourtant qu’une portion de leur aventure!

Les deux coureurs des bois des temps modernes avaient en effet amorcé leur traversée du Canada — en canot au départ — l’an passé. Près de 5500 km en 179 jours en partance de Prince-Rupert.

Stoppés à Thunder Bay par le froid automnal, Déreck et Guillaume avaient dû suspendre leur expédition avec l’espoir de repartir cet été.

De retour à l’action le 1er juillet, le duo a maintenu une excellente cadence pour rentrer à la maison. «Ç’a super bien été. On était super bien rodés», a raconté Déreck, le temps d’une conversation téléphonique hier soir.

«L’objectif était Montréal, le reste c’était du boni», a-t-il poursuivi, alors que les deux kayakistes en étaient à leur dernière soirée d’expédition.

Comme Déreck vient de la région de Trois-Rivières et Guillaume de Lévis, dépasser Montréal allait de soi.

Hier, ils étaient accueillis par un ami à Donnacona. «Comme on se fait inviter, on pousse alors un peu plus…»

Et comment. Après une journée de 95 km plus tôt cette semaine, les gars étaient pas mal brûlés avec un 75 km hier. «On fait deux à trois fois nos journées habituelles.»

Heureusement, le vent leur a été particulièrement favorable jusqu’ici. Mais quand même, ça fait de très longues journées à pagayer.

Une envie de rentrer enfin à bon port qui se comprend donc bien après tous ces kilomètres. Sans compter un épisode d’herbe à puce plutôt inconfortable…

«Je pensais continuer encore une autre semaine, mais là, c’est assez», a dit Déreck. «Je pense qu’il va falloir des antibiotiques…»

Car malgré leurs précautions, les gars ont été en contact avec la terrible plante dans le coin de Montebello. Et après une semaine, ça ne semble pas s’estomper.

«Je pense que l’eau salé, ce n’est pas trop bon», arrivait pourtant encore à rigoler Déreck.

Ce qui fait qu’après plus de 7300 km en 230 jours au total, les gars débarquent aujourd’hui à Québec aux alentours de 13h. Ils toucheront terre pour de bon à proximité des ponts, au Quai des Cageux.

À vous de venir les rencontrer!

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Sarah Outen durant l'une des délicates traversées à travers les îles Aléoutiennes, en route vers Homer, en Alaska. Photo Twitter.com/sarahouten

Sarah Outen durant l'une des délicates traversées à travers les îles Aléoutiennes, en route vers Homer, en Alaska. Photo Twitter.com/sarahouten

Après 101 jours à dompter en kayak le vent et les marées du Pacifique nord dans l’un des secteurs les plus reculés et difficiles à naviquer au monde, l’aventurière Sarah Outen vient de compléter une autre importante étape de son tour du monde non-motorisé.

L’Anglaise de 29 ans — qui prévoit rentrer à la maison en septembre 2015 dans le cadre de son expédition London2London: via the world — a en effet touché terre pour de bon vendredi à Homer, en Alaska.

Elle et sa partenaire d’aventure venait de compléter une délicate traversée d’environ 50 km pour rejoindre la civilisation.

Sarah Outen et sa partenaire d'expédition Justin Curgenven en Alaska. Photo Twitter.com/cackleTV

Sarah Outen et sa partenaire d'expédition Justin Curgenven en Alaska. Photo Twitter.com/cackleTV

Partie d’Adak le 5 mai, Outen pagayait en effet en compagnie de son amie et mentor en kayak, sa compatriote Justine Curgenven.

Au total, c’est un voyage de plus de 2180 km que le duo aura effectué dans une région très isolée, peu peuplé, aux conditions climatiques extrêmes et où la navigation est très peu documentée.

L’enchaînement d’un bout à l’autre des îles Aléoutiennes réalisé par les deux kayakistes serait d’ailleurs le premier connu.

Désormais, Outen poursuivra seule son aventure à vélo. Après l’Alaska, une traversée du Canada jusque dans l’Est est au programme.

Puis, de New York, Outen retrouvera la rame océanique pour rentrer en Angleterre.

Pour suivre l’aventure: www.sarahouten.com

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