Jean-Sébastien Massicotte

Archive de la catégorie ‘Aventure extrême’

Dimanche 30 avril 2017 | Mise en ligne à 10h51 | Commenter Un commentaire

Décès du légendaire alpiniste Ueli Steck dans l’Himalaya

Steck durant sa période d'acclimatation à l'Everest. — Photo Facebook

Steck durant sa période d'acclimatation à l'Everest. — Photo Facebook

Huilée au quart de tour, la «Machine suisse» qu’était l’alpiniste Ueli Steck n’était pas à l’abri de la tragédie.

Le légendaire alpiniste de 40 ans a connu en effet une fin tragique dimanche matin. Il aurait fait une longue chute sur les pentes du Nuptse (7861 m), un sommet satellite du mont Everest (8848 m), à proximité du camp un, dans la combe ouest.

En préparation pour une traverse inédite entre l’Everest et le Lhotse (8516 m), Steck était en période d’acclimatation en attendant une fenêtre météo propice à sa tentative.

Selon The Himalayan Times, plusieurs grimpeurs sur place ont observé un alpiniste en ascension sur le Nuptse, seul, vers 4h30 dimanche matin.

Commentateur bien renseigné qui suit attentivement les expéditions à l’Everest depuis plusieurs années sur son blogue, l’Américain Alan Arnette a reçu la confirmation du décès de Steck par Larry Daugherty, un grimpeur à l’Everest avec Adventure Ascents.

«Corps trouvé à la base du Nuptse ouest, le grimpeur est apparemment tombé seul et sans protection. Initialement, on suspectait que ce soit Ueli à partir des vêtements et de son plan d’acclimatation… et puis la confirmation avec mon équipe est arrivée 10 minutes plus tard que c’était bien lui», a écrit Daugherty à Arnette.

La femme de Steck aurait été avisée rapidement de la tragédie.

Selon le blogueur américain, des grimpeurs au camp 1 auraient vu quelqu’un chuter de la face du Nuptse.

Les premières observations laissent croire que Steck aurait fait un faux pas sur la pente glacée.

Une erreur en solo qui ne pardonne malheureusement pas.

Dépêchée sur les lieux, une équipe de six sauveteurs a fini par récupérer les restes du grimpeur suisse.

Dans un communiqué officiel publié sur la page Facebook du grimpeur, le porte-parole de Steck, Andreas Bantel, a écrit:

«Ueli Steck est décédé durant sa tentative d’ascension de l’Everest et du Lhotse. Sa famille a appris son décès ce jour. Les circonstances exactes sont encore inconnues. La famille est infiniment triste et demande aux médias de s’abstenir de toutes spéculations concernant les circonstances de sa mort, par respect pour la mémoire d’Ueli.
Dès que nous aurons de plus amples informations à vous communiquer sur les causes du décès, nous tiendrons les médias informés. La famille espère que chacun comprendra qu’ils ne puissent donner plus d’informations pour le moment.»

Alors que les détails sur l’accident restent à connaître, on sait que Steck était au sommet de son art et qu’il se sentait bien récemment sur la montagne.

Sur Facebook, dans sa dernière publication, le Suisse avait évoqué le 26 avril à quel point il appréciait son périple, tandis que tout semblait se dérouler rondement.

«Rapide journée du camp de base jusqu’à 7000 mètres aller-retour. J’adore, c’est tellement un endroit super ici. Je crois encore à l’acclimatation active. C’est plus efficace que de passer la nuit là-haut en altitude!»

Ueli Steck en action récemment sur les pentes de l'Everest. — Photo Instagram.com/steckueli

Ueli Steck en action récemment sur les pentes de l'Everest. — Photo Instagram.com/steckueli

Dans les photos récentes sur les médias sociaux, on voit Ueli Steck en action sur la montagne, équipé légèrement, comme à ses habitudes de sprinteur des cimes.

Sans vouloir présumer des circonstances de la tragédie, il faut remarquer le type de chaussures aux pieds du grimpeur sur ses dernières images publiées.

Un modèle ultraléger, semblable à une espadrille de trail, à des années lumières des grosses bottes à crampons que l’on observe d’ordinaire aux pieds des grimpeurs sur les géants de l’Himalaya.

«Des ballerines?» questionne d’ailleurs un internaute sous une photo de Steck sur Instagram. «On dirait que tu portes des bas et des sandales», suggère un autre sur Facebook.

Mais la «Machine suisse» était un grimpeur d’exception et si quelqu’un pouvait évoluer à cette vitesse aussi peu équipé sur l’Everest, c’était bien lui.

Car pour Ueli Steck, la rapidité en montagne était synonyme de sécurité.

Et à ce niveau, il était l’un des meilleurs.

Tristement, voilà encore un douloureux rappel qu’à repousser les limites du possible, la tragédie n’est jamais bien loin.

Même pour un surhomme.

Adieu Ueli.


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Samedi 29 avril 2017 | Mise en ligne à 13h37 | Commenter Aucun commentaire

Grimper El Cap sans jambes et à coup de pull-ups

«Il y avait cet oiseau. Il n’avait qu’une seule patte. J’ai réalisé que personne n’allait lui dire qu’il était handicapé. Il allait continuer à vivre sa vie. Faire ce qu’il a à faire, sans savoir qu’il est différent…»

Ces mots sont de Enock Glidden.

C’est sa façon de percevoir les limitations qu’il a à cause du spina bifida, lui qui est paralysé à partir de la taille depuis sa naissance.

Ou plutôt l’absence de limitation…

Car du haut de son fauteuil roulant, Glidden s’est mis à rêver de gravir le vertigineux El Capitan, dans le parc national Yosemite, en Californie.

Le rêve d’une vie.

Une ascension de plusieurs jours pour dompter les quelques 600 m de la voie Zodiac sur la paroi de granite. Une aventure sérieuse pour des grimpeurs aguerris.

Imaginez quand vous devez le faire sans l’aide de vos jambes.

Bien entouré par l’équipe de Paradox Sports, un organisme qui permet à des gens handicapés de se dépasser par l’aventure, Enock Glidden s’est donc lancé à l’assaut d’El Cap avec enthousiasme.

The North Face a produit un film (ci-dessus) qui relate l’aventure.

À coup de milliers de tractions, centimètre par centimètre, Glidden s’est hissé sur le roc.

Arrivera-t-il au sommet? Je vous laisse le découvrir.

Une histoire de courage, mais aussi d’amitié qui est forgée dans l’effort et les doutes, alors que le défi lancé à soi-même est plus grand que nature.


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Mercredi 19 avril 2017 | Mise en ligne à 17h51 | Commenter Un commentaire

La recette pour un «sprint» au sommet d’un 8000 m

Alors que la saison de grimpe bat son plein dans l’Himalaya, les athlètes professionnels Emily Harrington et Adrian Ballinger reviennent sur leur ascension record du Cho Oyu (8201 m) de l’automne dernier.

Et pour cause, au moment où Ballinger est à l’Everest pour la prise deux de l’expédition #EverestNoFilter diffusée sur Snapchat, lui et sa copine présentent comment ils se sont préparés à leur sprint sur le sixième sommet du monde.

L’automne dernier, le duo a en effet complété l’ascension du Cho Oyu en seulement 14 jours, aller-retour en partance de chez eux, à Lake Tahoe en Californie.

Une expédition qui n’a jamais été complété en moins d’un mois auparavant, précise Ballinger dans la court-métrage documentaire Lightning Ascent, qui vient de sortir et qui est présenté ci-dessus.

Pour le guide et fondateur de la compagnie Alpenglow Expeditions, il s’agit là d’une nouvelle façon de faire express qui pourrait influencer les aventures en montagne à venir.

Grâce à un entraînement au suivi ultra sophistiqué qui utilise notamment une tente hypoxique et autres systèmes simulant l’altitude, Harrington et Ballinger ont pu développer chez eux leur organisme en prévision de leur séjour en accéléré à plus de 8000 mètres.

Une préparation qui ne convient certainement pas à tout le monde, mais qui laisse croire que pour certains athlètes à l’emploi du temps chargé, cette manière pourrait être révolutionnaire.

Une fois dans l’Himalaya, Harrington et Ballinger ont utilisé de l’oxygène supplémentaire durant l’ascension, avant de redescendre à ski.

Ballinger tente actuellement d’atteindre le sommet du monde, l’Everest, pour une septième fois.

En compagnie du photographe Cory Richards, il espère y arriver sans oxygène supplémentaire.

Pour suivre leur progression, c’est par ici.


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