Jean-Sébastien Massicotte

Archive de la catégorie ‘Actualités’

Mardi 30 septembre 2014 | Mise en ligne à 18h44 | Commenter Commentaires (2)

Le skieur JP Auclair décédé dans une avalanche en Patagonie

JP Auclair mène ses amis suédois Bjarne Salén et Daniel Rönnbäck durant une sortie d'entraînement en vue de leur aventure en Patagonie baptisée #apogeeskiing. Photo tirée du fil Instagram d'Andreas Fransson

JP Auclair mène ses amis suédois Bjarne Salén et Daniel Rönnbäck durant une sortie d'entraînement sur un sommet en Norvège, en vue de leur aventure en Patagonie baptisée #apogeeskiing. Photo tirée du fil Instagram d'Andreas Fransson

Bien triste nouvelle qui arrive de l’autre bout du monde aujourd’hui, alors que des informations en provenance du Chili indiquent que les skieurs d’aventure JP Auclair et Andreas Fransson sont décédés dans une avalanche dans une région éloignée de la Patagonie.

Le Québécois et le Suédois comptaient parmi les skieurs les plus talentueux et créatifs de leur génération.

Selon des journaux locaux cités par le site spécialisé Skipass, Auclair et Fransson étaient portés disparus depuis lundi après-midi. Ils auraient été emportés durant l’ascension du mont San Lorenzo, un sommet de 3706 mètres à la frontière du Chili et de l’Argentine.

La tragédie seraient survenue dans une région reculée, apparemment à plus de 18h de la ville la plus proche. C’est cela qui expliquerait que les nouvelles de la tragédie soient arrivées au compte-goutte et sur le tard, après une alerte par téléphone satellite.

L’avalanche aurait entraîné les skieurs sur 700 mètres.

JP Auclair (au centre) était à l'entraînement récemment du côté de la Norvège en compagnie de Bjarne Salén et de Daniel Rönnbäck. Photo tirée du fil Instagram d'Andreas Fransson

JP Auclair (au centre) était à l'entraînement récemment du côté de la Norvège en compagnie de Bjarne Salén et de Daniel Rönnbäck. Photo tirée du fil Instagram d'Andreas Fransson

Les deux amis était là-bas pour un projet de film en compagnie des skieurs suédois Bjarne Salén et Daniel Rönnbäck.

Salén et Rönnbäck, respectivement un cinéaste et un photographe, ont été épargnés dans l’accident.

Sous le mot-clic #apogeeskiing, le quatuor partageait sur les médias sociaux l’aventure de deux semaines dans les Andes, de même que les préparatifs.

Les dernières publications datent d’il y a quatre jours, au moment où les aventuriers s’apprêtaient à partir en montagne dans l’arrière-pays.

Auclair, 37 ans, un natif de Cap-Rouge, était considéré par plusieurs comme l’un des pères du freeski, ou si vous préférez, le ski libre. Il était notamment le cofondateur de la populaire marque de skis Armada.

L’automne dernier, Auclair avait reçu l’immense honneur de faire partie de la prestigieuse liste du National Geographic comme Aventurier de l’année.

Le skieur et guide en montagne suédois Andreas Fransson. Photo tirée du fil Instagram d'Andreas Fransson

Le skieur et guide en montagne suédois Andreas Fransson. Photo tirée du fil Instagram d'Andreas Fransson

Quant à Fransson, il s’était fait une renommée internationale en défiant les pentes les plus insensées de la planète.

À quel point? Disons qu’il avait dépassé la frontière entre ce qui se descend en ski et ce qui se grimpe…

Il faut visionner le court film Reaching my Limit – Episode 2, tourné en Patagonie par Salén, pour constater le courage et le talent de Fransson dans la zone verticale extrême.

Tandis que Fransson, 31 ans, était reconnu comme skieur-alpiniste d’expérience, Auclair s’était tourné plus récemment vers cette spécialité de son sport. Depuis quelques saisons, il faisait son apprentissage, notamment avec Fransson.

Dans une vidéo sur la chaîne YouTube du fabricant Haglöfs, Auclair et Fransson parlaient justement de leur passion pour le ski en montagne et de leur collaboration, tandis que le Québécois faisait ses classes avec le Suédois.

Tous les deux précisaient l’importance d’être prudents en montagne.

Ils n’ont malheureusement pas eu de chance.

Nos plus sincères condoléances aux proches et aux nombreux amis des deux disparus.

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Jeudi 25 septembre 2014 | Mise en ligne à 15h16 | Commenter Aucun commentaire

L’aventure à l’ère de Facebook: extraits inédits

Des appareils de communication par satellites comme le inReach SE permettent désormais pour le commun des mortels d'alimenter les réseaux sociaux peu importe où il se trouve. Photo Jean-Sébastien Massicotte

Des appareils de communication par satellites comme le inReach SE permettent désormais pour le commun des mortels d'alimenter les réseaux sociaux peu importe où il se trouve. Photo Jean-Sébastien Massicotte

Appelés à réfléchir sur leur utilisation des médias sociaux en voyages d’aventure dans le cadre de la chronique plein air publiée mercredi dans nos pages, les aventuriers contactés ont été particulièrement inspirés par le sujet.

Question d’espace dans le papier, il a fallu se limiter quand est venu le temps de partager le fruit de leur pertinente réflexion.

Voici donc en complément quelques extraits inédits des entretiens avec certains des acteurs des aventures plein air que je vous ai présentées au fil des mois.

Sébastien Dugas. Photo Jean-Sébastien Massicotte

Sébastien Dugas. Photo Jean-Sébastien Massicotte

D’abord Sébastien Dugas, du Projet Karibu. Le Rimouskois d’origine l’admet lui-même: il a peu contribué à alimenter les médias sociaux durant leur traversée du Québec en ski de fond… mais il a appris beaucoup!

Rejoint par Facebook alors qu’il se trouvait en Espagne pour guider un voyage de vélo, Dugas affirme néanmoins ne pas être un grand amateur des réseaux sociaux. Mais quand même…

Je dois d’abord reconnaître qu’ils permettent de nombreux avantages comme celui de partager les moments de voyage ou de plein air, de faire connaître des régions, de promouvoir des idéaux, etc. Et ce, autant par les commentaires écrits ou oraux que par des photos ou des vidéos. Et, à l’ère de la technologie, on s’attend le plus souvent à ce qu’on utilise FB et Cie même en plein air, même en expédition. Surtout en expédition je dirais d’ailleurs! Pour représenter et remercier ceux qui supportent les projets.

[...]

En trop grandes quantités par contre, les médias sociaux peuvent être intrusifs, brimer ce retrait volontaire du monde civilisé, devenir une tâche dont on doit s’acquitter!

Jacob Racine. Photo Jean-Sébastien Massicotte

Jacob Racine. Photo Jean-Sébastien Massicotte

Pour son coéquipier Jacob Racine, les médias sociaux étaient incontournables pour la mise en place du Projet Karibu. Mais il y avait tout de même un prix à payer.

Par téléphone en direct de l’Italie où il était lui aussi à vélo pour faire du repérage en prévision d’un voyage guidé, le sportif a précisé sa pensée.

Il y avait cet aura invisible au-dessus de nous. Un poids mental supplémentaire. Quelque chose que je n’avais jamais vécu auparavant.

Pourtant habitué aux contraintes «techniques» durant de longues expéditions — il a participé à Destination Nor’Ouest II, un périple historique à TVA, et collaboré à sa suite, La ruée vers l’or —, Racine s’est retrouvé face à un nouveau défi.

Je me croyais naïvement au-dessus de ça. Là [durant Karibu], j’étais membre d’une l’expédition, en plus de faire partie de l’équipe technique…

Pour la fille des Karibu, Marie-Andrée Fortin, l’usage des médias sociaux n’est pas une obligation en expédition, mais il est un «soleil virtuel». Un moment de réconfort quand le groupe avait des nouvelles et découvrait les commentaires et questions laissées par les amis, le public.

Marie-Andrée Fortin. Photo Jean-Sébastien Massicotte

Marie-Andrée Fortin. Photo Jean-Sébastien Massicotte

D’un autre côté, je suis le type de personne qui n’aime pas laisser de commentaires ou de questions sans réponse, ce qui a amené à toutes les étapes en ville un moment intense d’informatique, ce qui faisait un très grand écart avec l’expé.

Nous avions un engagement auprès de Géo Plein Air, se rapporter au moins trois fois par mois pour leur page Web. Pour moi, ça m’a replongé dans l’écriture, un côté de moi que j’avais un peu délaissé depuis mon changement de carrière [d'enseignante à guide en plein air]. Je me suis mise à écrire avec beaucoup de plaisir.

Jointe elle aussi par Facebook alors qu’elle se trouvait en Espagne, également en repérage pour Vélo Québec, Marie-Andrée se questionne encore sur la place qu’elle veut accorder aux médias sociaux dans ses prochaines aventures.

Je suis en dilemme quant à l’utilisation des réseaux sociaux. D’un côté, je pense à partir une page Web ou un blogue perso. La piqûre de l’écriture est revenue. Celle de la photo aussi. J’aime bien pouvoir partager ces moments privilégiés avec parents et amis. Et d’un autre, après avoir partagé autant, j’ai parfois un certain questionnement. Ça fait beaucoup de temps passé devant l’écran, parfois du temps de qualité pour rencontrer des gens, se reposer ou bien lire un bouquin.

Déreck Pigeon durant la deuxième partie de sa traversée du Canada en canot et en kayak. Photo Facebook.com/canot2013

Déreck Pigeon durant la deuxième partie de sa traversée du Canada en canot et en kayak. Photo Facebook.com/canot2013

Déreck Pigeon, qui a fait la traversée du Canada en canot et en kayak avec son ami Guillaume Normandin, a raconté avoir découvert avec étonnement un usage différent des médias sociaux.

À un moment dans la première partie de leur périple, tandis que le duo touchait le fond de ses réserves financières, ils ont fait un simple appel à tous sur Facebook, pour une contribution volontaire. Une seule fois.

On n’avait plus d’argent. Les gens ne savaient pas qu’on en avait vraiment besoin…

Finalement, 1000$ plus tard, l’aventure était sauvée.

Manu Simon. Photo Richard Mardens

Manu Simon. Photo Richard Mardens

Pour Manu Simon, de l’expédition Un coup de pagaie pour le Saint-Laurent, l’usage des médias sociaux est une forme de pacte avec le diable pour arriver à faire passer le message.

En particulier pour une aventure à teneur environnementale comme celle imaginée par son ami Richard Mardens.

Il y a une contradiction dans l’usage des médias sociaux, quand on sait que Facebook est un des plus grands consommateurs d’électricité avec ses immenses parcs de serveurs…

Par contre, les kayakistes comprennent bien l’importance de ces réseaux de communication pour diffuser efficacement leurs messages.

Puis quand le groupe s’est fait voler pour 7000$ d’équipements en cours de voyage, c’est notamment grâce aux médias sociaux que la communauté s’est mobilisée. La générosité du public et d’entreprises a permis au quatuor de reprendre son expédition sans trop perdre de temps.

Enfin, selon François-Xavier Delemotte de Rêve Nomade, le fait de se «rapporter» ajoute une forme de pression durant son aventure familiale à vélo.

François-Xavier Delemotte voyage à vélo à travers le monde avec sa fille Emma (7 ans) et sa femme Cécile. Photo Facebook.com/revenomade

François-Xavier Delemotte voyage à vélo à travers le monde avec sa fille Emma (7 ans) et sa femme Cécile. Photo Facebook.com/revenomade

C’est le piège des médias sociaux: savoir être présent sans en être dépendant. On revient à la nature du voyage que l’on veut faire: si le but est d’être visible le plus possible, afin d’en vivre et d’être par exemple un blogueur professionnel de voyage, on n’a pas le choix.

Mais si le but est d’abord de voyager (c’est notre cas), alors il faut savoir prendre du recul avec les médias sociaux et ne pas trop en être dépendant, de peur de devoir nourrir un monstre. Il faut prendre la mesure entre alimenter peu, voire trop peu, au risque de perdre son lectorat. Ou alimenter trop et ne passer son temps qu’à faire ça. Au risque, aussi, de perdre certains lecteurs qui reçoivent trop souvent de nos nouvelles.

Il faut savoir se détacher des médias sociaux. La bonne nouvelle, c’est que cela se fait tout seul, au fil du voyage: plus on voyage longtemps, plus on a tendance à se déconnecter…

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Mercredi 17 septembre 2014 | Mise en ligne à 14h10 | Commenter Aucun commentaire

Une jambe en moins, il grimpe avec les meilleurs

Il y a de ces gens qui ne baissent jamais les bras, peu importe ce que la vie leur réserve. Le grimpeur Urko Carmona Barandiaran est de ceux-là.

À la puissance 10…

L’Espagnol a perdu sa jambe droite au-dessus du genou à l’âge de 16 ans à la suite d’un accident.

Loin de se laisser abattre, Carmona Barandiaran a repris une vie active avec l’intention de refaire tout ce qu’il faisait avant. À commencer par l’escalade de rocher, qu’il venait de commencer.

On devine rapidement les défis supplémentaires qui attendent le sportif handicapé, dans l’univers vertical.

Urko Carmona Barandiaran en action. Photo urkocb.blogspot.ca

Urko Carmona Barandiaran en action. Photo urkocb.blogspot.ca

Des années plus tard, le paragrimpeur est pourtant un compétiteur de premier ordre, avec notamment quelques titres mondiaux à son harnais, dont le dernier qui a été accroché devant ses partisans à Gijón, il y a à peine quelques jours.

Mis en ligne il y a quelques mois déjà, le court film Live your Dreams (ci-dessus) raconte en moins de cinq minutes le parcours de grimpeur du Barcelonais et le montre à l’oeuvre dans une première tentative sur La Der des Ders, un 5.13b très surplombant.

À la fin du mois d’août, Urko Carmona Barandiaran a remporté le prix La Sportiva Competition, au Arco Rock Legends 2014, l’équivalent des Oscars dans le domaine de la grimpe.

Le prestigieux honneur est attribué au meilleur compétiteur de la saison, tous genres confondus.

Le jury international a décerné le prix au paragrimpeur pour «son esprit, son style, sa force et son sourire avec lesquels il s’attaque aux compétitions et à la vie en général, inspirant au passage tout le monde à devenir de meilleures personnes».

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