Jean-Sébastien Massicotte

Jean-Sébastien Massicotte - Auteur
  • Jean-Sébastien Massicotte

    Journaliste sportif au SOLEIL, Jean-Sébastien Massicotte signe la chronique Plein Air de ce quotidien. Quand il ne court pas en vue de son prochain marathon — ou après ses filles à la maison! —, il cherche l'aventure au grand air, aussi bien en montagne sur des skis, qu'au rythme des marées en kayak de mer.

  • Lire la suite »

    Archive de la catégorie ‘À lire’

    Photo Jean-Sébastien Massicotte

    Photo Jean-Sébastien Massicotte

    La semaine dernière, une banale sortie en vélo entre Québec et Sainte-Anne-de-Beaupré a bien failli être ma dernière.

    L’imprudence d’un conducteur d’autobus au moment de me dépasser sur la Véloroute Marie-Hélène Prémont a bien failli m’envoyer dans le décor, si ce n’est sous ses roues.

    Le soir même, je dénonçais sur ma page Facebook ce comportement dangereux en interpellant le transporteur collectif impliqué et ses partenaires.

    Je vous laisse lire la mise en contexte et le rappel des faits. La suite après.

    Comme il est possible de le constater dans les commentaires, dans les minutes après ma publication, le coordonnateur de PLUMobile me contactait pour un entretien par téléphone le lendemain.

    Marc-André Avoine voulait savoir ce qui s’était passé exactement.

    «On prend ça très au sérieux», m’a assuré 24h après l’événement le responsable de PLUMobile, lui-même un cycliste.

    Loin de chercher à m’offrir de plates excuses qui ne changeraient plus rien au fond, Marc-André Avoine était visiblement préoccupé par le comportement de ses conducteurs, des sous-traitants de PLUMobile.

    Surtout que mon incident ne semble pas isolé…

    Le coordonnateur était donc à la recherche de solutions pour que ça ne se reproduise plus.

    Il est encore ouvert aux suggestions.

    Autrement, je vous épargne les détails disciplinaires qui attendent le conducteur impliqué.

    Souhaitons surtout que le rappel à l’ordre n’aura pas l’effet contraire et qu’il ne verra pas chez les cyclistes des emmerdeurs de première.

    Une rencontre, un avertissement, une lettre à son dossier… Espérons simplement que le conducteur d’autobus a compris que de renverser un cycliste ça scrappe la journée — au minimum — de bien du monde.

    Lui y compris.

    J’ai reparlé cet après-midi avec M. Avoine.

    Il m’a assuré que le message allait être fait auprès de tous ses conducteurs pour que la prudence soit renforcée.

    Un rappel à l’ordre nécessaire de manière périodique, soupire-t-il.

    Car si la situation ne change pas, Marc-André Avoine envisage même de ne plus desservir cette étroite et sinueuse portion du trajet.

    Il ne veut risquer un malheureux incident.

    Car il a beau agir de la manière la plus responsable et respectueuse possible comme administrateur, M. Avoine n’est malheureusement pas celui qui est derrière le volant.

    C’est donc pour cela qu’il invite les cyclistes à faire connaître les comportements dangereux lorsqu’ils se produisent.

    «Si c’est généralisé, il faut le savoir», dit le coordonnateur de PLUMobile.

    S’il y a certaines compagnies de transport qui font peu de cas des plaintes à leur endroit, qui se «cachent derrière un répondeur», ce ne sera jamais le cas chez PLUMobile, assure Marc-André Avoine.

    Une façon d’agir qui fait honneur au transporteur collectif et qui, espérons-le, est la façon de se comporter de la majorité.

    Sinon comment amener le changement?

    Fournir tous les détails rapidement, de manière polie et précise fera une différence, explique Marc-André Avoine.

    Ici, il est question de la région de Québec et d’un transporteur précis. Mais la façon de faire s’applique plus largement.

    D’un côté comme de l’autre, il faut apprendre à dénoncer poliment quand des comportements sont risqués.

    Car les cyclistes ne sont pas parfaits eux non plus.

    L’essentiel, c’est de mettre d’abord de côté la guerre entre automobilistes et cyclistes. Nous valons tous mieux que cela.

    Parlons-nous donc franchement entre utilisateurs de la route, en nous respectant.

    Des plus petits, aux plus imposants.


    Lire les commentaires (16)  |  Commenter cet article






    Certains diront que c’est de la pure folie. D’autres crieront au génie.

    Mais qu’importe maintenant, car le grimpeur Alex Honnold l’a fait.

    Il est devenu samedi dernier le premier à gravir en solo intégral — sans corde ni autre équipement pour assurer sa sécurité — l’imposante paroi du El Capitan, au parc national de Yosemite, en Californie.

    Et il y a fort à parier que l’exploit extraordinaire ne sera pas répété de sitôt.

    Près de 1000 mètres de granite vertigineux défiés pendant 3h56 d’escalade libre sans aucune forme de protection.

    Un faux-pas, un malaise, une hésitation et c’était la mort assurée.

    Le tout sur la voie Freerider, présentant un niveau de difficulté que peu de grimpeurs, même encordés, atteignent un jour dans leur carrière.

    Y aller sans corde? Un cauchemar certain. Le rêve d’une vie pour Honnold.

    Trente-trois longueurs avec un délicat passage qui atteint 5.13a dans l’échelle de difficulté… à plus de 500 mètres du sol.

    Une ascension qui se compte d’ordinaire en jours pour des grimpeurs aguerris.

    C’est à croire qu’Alex Honnold, 31 ans, n’est pas de ce monde…

    Au petit matin samedi, armé seulement de son sac de magnésie et de ses chaussons d’escalade, l’athlète du Dream Team The North Face s’est engagé dans la voie de sa vie.

    Car difficile d’imaginer ce qu’il est possible de faire après pareille réalisation.

    Couvert en exclusivité par une équipe du National Geographic, l’ascension défie l’imagination.

    «C’est le voyage sur la Lune du solo en libre», a imagé au National Geographic le grimpeur Tommy Caldwell.

    Partenaire d’aventure fréquent de Honnold en montagne et très familier avec El Cap, Caldwell s’est notamment illustré en 2015 quand il a réalisé avec Kevin Jorgeson la première ascension en libre du Dawn Wall, la voie la plus difficile du massif.

    Pour Peter Croft, 58 ans, qui s’est lui-même fait un nom en complétant dans les années 80 quelques-uns des plus improbables solos à Yosemite notamment, il était certain que quelqu’un, un jour, arriverait à gravir El Cap sans filet.

    «Ç’a toujours été le prochain plateau évident», a commenté Croft à National Geographic. «Mais après ça, je ne vois vraiment pas la suite. C’est un grand pas.»

    Avec une vingtaine d’années d’escalade sous les semelles et après s’être bâti la réputation d’être certainement le meilleur grimpeur en solo au monde, Honnold préparait depuis un moment cette ascension.

    Depuis un dizaine d’années il a repoussé les limites du possible en solo. Puis, depuis deux ans, il a multiplié les ascensions variées pour — on le comprend aujourd’hui — se préparer discrètement à réaliser son rêve.

    Même sa mère ignorait qu’il allait s’attaquer samedi à El Cap en solitaire.

    Pour tous les détails de l’exploit et de ses dessous, il faut lire le récit de National Geographic et l’entrevue exclusive avec Honnold.

    Sur place pour témoigner de l’histoire, le photographe Jimmy Chin et son équipe préparent maintenant un documentaire. En attendant, les premières photos (comme celle ci-dessus) sont complètement hallucinantes.

    Autre vision de l’ascension, celle de Tom Evans, l’homme derrière le site spécialisé Elcapreport.com. C’est aussi à voir.

    Une fois extirpé des dangers de la gravité sur El Cap, Honnold a assuré qu’il était si énergisé par l’expérience qu’il était prêt… à y retourner pour un deuxième tour!

    Maintenant, Honnold se dit soulagé de mettre ce projet derrière lui.

    Prochain défi? Atteindre la frontière maximale de la difficulté en escalade.

    Mais cette fois avec une corde.


    Lire les commentaires (3)  |  Commenter cet article






    Lundi 3 octobre 2016 | Mise en ligne à 16h39 | Commenter Commentaires (8)

    Attaqué deux fois par un grizzly… il filme le résultat

    «Soyez prudents. Le vaporisateur chasse-ours ne fonctionne pas toujours. Mais c’est mieux que rien…»

    C’est avec ces mots que le chasseur américain Todd Orr, le corps meurtri et grandement ensanglanté, complète sa vidéo diffusée dimanche soir sur Facebook et vue plus de 25 millions de fois en moins de 24 heures.

    Parti le 30 septembre faire du repérage pour une future chasse au Wapiti, le résident de Bozeman, au Montana, a malencontreusement croisé le chemin d’une maman grizzly et de ses deux bébés.

    Bien au courant qu’il était en terrain dangereux avant de quitter son camion dans cette partie du sud-ouest du Montana, le chasseur d’expérience avait pris les précautions nécessaires.

    Selon le récit qu’il a fait de sa malheureuse rencontre, Orr parlait régulièrement pour s’annoncer durant sa randonnée, en plus d’avoir en sa possession une bonbonne de répulsif anti-ours, et un pistolet.

    Sauf que lorsqu’il a débouché dans une clairière sur le trio, à environ 5 km de son point de départ, il n’a pas eu de chance.

    Car après s’être éloignée d’abord à la vue du chasseur, la maman a chargé Orr avec puissance.

    À moins de huit mètres de distance, le randonneur a envoyé un bon jet de répulsif à base de cayenne.

    Sans succès.

    Dans l’élan de sa course mortelle, l’ourse était sur lui malgré le nuage irritant.

    Orr s’est retourné sur le ventre, face contre terre, et a protégé sa nuque avec ses mains.

    Si comme moi vous avez vu l’effrayante scène de l’attaque d’ours dans le film Le Revenant, avec Leonardo DiCaprio, vous avez une idée de l’horreur de la situation…

    Mordu aux mains, aux épaules et au dos, le chasseur était heureusement protégé un tant soit peu par son sac à dos.

    Après de longues minutes, l’ourse a finalement abandonné Orr à son sort.

    Blessé mais en vie, l’homme de 50 ans a amorcé le retour à son camion en joggant et en marchant.

    Pour être en sécurité le plus vite possible, Orr ne s’est pas soigné sur place.

    En chemin, il a commencé à constater l’ampleur de ses blessures, principalement des plaies de perforation.

    Il savait qu’il allait s’en tirer.

    Mais comme dans un film d’horreur, 5 à 10 minutes plus tard, Orr est retombé sur l’ourse!

    «Je ne sais pas si elle m’a suivi ou si en coupant dans les bois elle est tombé sur moi par hasard», a raconté le malheureux chasseur.

    À 10 mètres de lui, elle a attaqué encore.

    Orr s’est encore protégé du mieux qu’il pouvait en faisant le mort pendant que l’ourse le griffait et le mordait. C’est à ce moment qu’elle lui a notamment infligé une impressionnante coupure d’une douzaine de centimètres au dessus de l’oreille.

    Resté calme, Orr a patienté avant de reprendre sa fuite, cette fois en cherchant son revolver — qu’il n’avait pu utiliser plus tôt —, tombé plus loin durant l’attaque.

    Sous le choc et pensant avoir un bras fracturé, Todd Orr a marché ensuite jusqu’à son véhicule, puis roulé jusqu’à l’hôpital le plus près où il soigne ses nombreuses blessures (coeurs sensibles s’abstenir).

    Todd Orr doit sa survie à son calme exemplaire durant les deux attaques.

    Il a su garder la tête froide et faire ce qu’il fallait malgré la peur, la douleur et l’adrénaline.

    Gageons que peu de gens auraient pu faire de même!

    Survivant d’une double attaque de grizzly, il remporte assurément le droit de porter le titre de véritable dur-à-cuire.


    Lire les commentaires (8)  |  Commenter cet article






    publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    juillet 2017
    D L Ma Me J V S
    « juin    
     1
    2345678
    9101112131415
    16171819202122
    23242526272829
    3031  
  • Archives