Jean-Sébastien Massicotte

Archive de la catégorie ‘À lire’

Jeudi 25 septembre 2014 | Mise en ligne à 15h16 | Commenter Aucun commentaire

L’aventure à l’ère de Facebook: extraits inédits

Des appareils de communication par satellites comme le inReach SE permet désormais pour le commun des mortels d'alimenter les réseaux sociaux peu importe où il se trouve. Photo Jean-Sébastien Massicotte

Des appareils de communication par satellites comme le inReach SE permettent désormais pour le commun des mortels d'alimenter les réseaux sociaux peu importe où il se trouve. Photo Jean-Sébastien Massicotte


Appelés à réfléchir sur leur utilisation des médias sociaux en voyages d’aventure dans le cadre de la chronique plein air publiée mercredi dans nos pages, les aventuriers contactés ont été particulièrement inspirés par le sujet.

Question d’espace dans le papier, il a fallu se limiter quand est venu le temps de partager le fruit de leur pertinente réflexion.

Voici donc en complément quelques extraits inédits des entretiens avec certains des acteurs des aventures plein air que je vous ai présentées au fil des mois.

Sébastien Dugas. Photo Jean-Sébastien Massicotte

Sébastien Dugas. Photo Jean-Sébastien Massicotte

D’abord Sébastien Dugas, du Projet Karibu. Le Rimouskois d’origine l’admet lui-même: il a peu contribué à alimenter les médias sociaux durant leur traversée du Québec en ski de fond… mais il a appris beaucoup!

Rejoint par Facebook alors qu’il se trouvait en Espagne pour guider un voyage de vélo, Dugas affirme néanmoins ne pas être un grand amateur des réseaux sociaux. Mais quand même…

Je dois d’abord reconnaître qu’ils permettent de nombreux avantages comme celui de partager les moments de voyage ou de plein air, de faire connaître des régions, de promouvoir des idéaux, etc. Et ce, autant par les commentaires écrits ou oraux que par des photos ou des vidéos. Et, à l’ère de la technologie, on s’attend le plus souvent à ce qu’on utilise FB et Cie même en plein air, même en expédition. Surtout en expédition je dirais d’ailleurs! Pour représenter et remercier ceux qui supportent les projets.

[...]

En trop grandes quantités par contre, les médias sociaux peuvent être intrusifs, brimer ce retrait volontaire du monde civilisé, devenir une tâche dont on doit s’acquitter!

Jacob Racine. Photo Jean-Sébastien Massicotte

Jacob Racine. Photo Jean-Sébastien Massicotte

Pour son coéquipier Jacob Racine, les médias sociaux étaient incontournables pour la mise en place du Projet Karibu. Mais il y avait tout de même un prix à payer.

Par téléphone en direct de l’Italie où il était lui aussi à vélo pour faire du repérage en prévision d’un voyage guidé, le sportif a précisé sa pensée.

Il y avait cet aura invisible au-dessus de nous. Un poids mental supplémentaire. Quelque chose que je n’avais jamais vécu auparavant.

Pourtant habitué aux contraintes «techniques» durant de longues expéditions — il a participé à Destination Nor’Ouest II, un périple historique à TVA, et collaboré à sa suite, La ruée vers l’or —, Racine s’est retrouvé face à un nouveau défi.

Je me croyais naïvement au-dessus de ça. Là [durant Karibu], j’étais membre d’une l’expédition, en plus de faire partie de l’équipe technique…

Pour la fille des Karibu, Marie-Andrée Fortin, l’usage des médias sociaux n’est pas une obligation en expédition, mais il est un «soleil virtuel». Un moment de réconfort quand le groupe avait des nouvelles et découvrait les commentaires et questions laissées par les amis, le public.

Marie-Andrée Fortin. Photo Jean-Sébastien Massicotte

Marie-Andrée Fortin. Photo Jean-Sébastien Massicotte

D’un autre côté, je suis le type de personne qui n’aime pas laisser de commentaires ou de questions sans réponse, ce qui a amené à toutes les étapes en ville un moment intense d’informatique, ce qui faisait un très grand écart avec l’expé.

Nous avions un engagement auprès de Géo Plein Air, se rapporter au moins trois fois par mois pour leur page Web. Pour moi, ça m’a replongé dans l’écriture, un côté de moi que j’avais un peu délaissé depuis mon changement de carrière [d'enseignante à guide en plein air]. Je me suis mise à écrire avec beaucoup de plaisir.

Jointe elle aussi par Facebook alors qu’elle se trouvait en Espagne, également en repérage pour Vélo Québec, Marie-Andrée se questionne encore sur la place qu’elle veut accorder aux médias sociaux dans ses prochaines aventures.

Je suis en dilemme quant à l’utilisation des réseaux sociaux. D’un côté, je pense à partir une page Web ou un blogue perso. La piqûre de l’écriture est revenue. Celle de la photo aussi. J’aime bien pouvoir partager ces moments privilégiés avec parents et amis. Et d’un autre, après avoir partagé autant, j’ai parfois un certain questionnement. Ça fait beaucoup de temps passé devant l’écran, parfois du temps de qualité pour rencontrer des gens, se reposer ou bien lire un bouquin.

Déreck Pigeon durant la deuxième partie de sa traversée du Canada en canot et en kayak. Photo Facebook.com/canot2013

Déreck Pigeon durant la deuxième partie de sa traversée du Canada en canot et en kayak. Photo Facebook.com/canot2013

Déreck Pigeon, qui a fait la traversée du Canada en canot et en kayak avec son ami Guillaume Normandin, a raconté avoir découvert avec étonnement un usage différent des médias sociaux.

À un moment dans la première partie de leur périple, tandis que le duo touchait le fond de ses réserves financières, ils ont fait un simple appel à tous sur Facebook, pour une contribution volontaire. Une seule fois.

On n’avait plus d’argent. Les gens ne savaient pas qu’on en avait vraiment besoin…

Finalement, 1000$ plus tard, l’aventure était sauvée.

Manu Simon. Photo Richard Mardens

Manu Simon. Photo Richard Mardens

Pour Manu Simon, de l’expédition Un coup de pagaie pour le Saint-Laurent, l’usage des médias sociaux est une forme de pacte avec le diable pour arriver à faire passer le message.

En particulier pour une aventure à teneur environnementale comme celle imaginée par son ami Richard Mardens.

Il y a une contradiction dans l’usage des médias sociaux, quand on sait que Facebook est un des plus grands consommateurs d’électricité avec ses immenses parcs de serveurs…

Par contre, les kayakistes comprennent bien l’importance de ces réseaux de communication pour diffuser efficacement leurs messages.

Puis quand le groupe s’est fait voler pour 7000$ d’équipements en cours de voyage, c’est notamment grâce aux médias sociaux que la communauté s’est mobilisée. La générosité du public et d’entreprises a permis au quatuor de reprendre son expédition sans trop perdre de temps.

Enfin, selon François-Xavier Delemotte de Rêve Nomade, le fait de se «rapporter» ajoute une forme de pression durant son aventure familiale à vélo.

François-Xavier Delemotte voyage à vélo à travers le monde avec sa fille Emma (7 ans) et sa femme Cécile. Photo Facebook.com/revenomade

François-Xavier Delemotte voyage à vélo à travers le monde avec sa fille Emma (7 ans) et sa femme Cécile. Photo Facebook.com/revenomade

C’est le piège des médias sociaux: savoir être présent sans en être dépendant. On revient à la nature du voyage que l’on veut faire: si le but est d’être visible le plus possible, afin d’en vivre et d’être par exemple un blogueur professionnel de voyage, on n’a pas le choix.

Mais si le but est d’abord de voyager (c’est notre cas), alors il faut savoir prendre du recul avec les médias sociaux et ne pas trop en être dépendant, de peur de devoir nourrir un monstre. Il faut prendre la mesure entre alimenter peu, voire trop peu, au risque de perdre son lectorat. Ou alimenter trop et ne passer son temps qu’à faire ça. Au risque, aussi, de perdre certains lecteurs qui reçoivent trop souvent de nos nouvelles.

Il faut savoir se détacher des médias sociaux. La bonne nouvelle, c’est que cela se fait tout seul, au fil du voyage: plus on voyage longtemps, plus on a tendance à se déconnecter…

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Mercredi 10 septembre 2014 | Mise en ligne à 18h13 | Commenter Commentaires (2)

Les Chic-Chocs dans le magazine Powder

Non, vous n’avez pas rêvé si vous avez l’impression de reconnaître certaines pentes de la Gaspésie dans la plus récente parution du réputé magazine Powder.

Véritable référence pour les amateurs de ski qui rêvent de descentes vertigineuses et de poudreuse vierge, la prestigieuse publication américaine était de passage en mars dernier dans les Chic-Chocs.

L'édition de septembre 2014 du magazine Powder

L'édition de septembre 2014 du magazine Powder

Six mois plus tard, l’équipe qui a exploré les sommets de la Gaspésie présente donc sa virée dans un dossier qui s’annonce fort spectaculaire.

Le titre est assez évocateur sur l’expérience vécue, tandis que l’on présente la destination comme étant du ski dans de la poudreuse digne des Rocheuses, à 12 heures au nord de Boston — The Big East: Rocky Mountain powder 12 hours north of Boston.

Une comparaison plutôt flatteuse!

Le moment de parution tombe particulièrement bien pour le ski gaspésien et ses principaux acteurs, soit un peu avant le début de la saison et surtout dans le numéro qui renferme le populaire guide d’achat annuel.

Reste à voir l’impact d’une telle publicité sur l’achalandage dans les Chic-Chocs, mais assurément le reportage en inspirera certains à passer la frontière pour venir s’amuser en montagne.

Et est-ce à croire que les Chic-Chocs ont davantage la cote par les temps qui courent?

L’hiver dernier, c’était notamment Ski Canada qui publiait l’intéressant récit d’un froid séjour en Gaspésie, sous la plume du journaliste Iain MacMillan.

À lire aussi en attendant la neige.

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Jeudi 28 août 2014 | Mise en ligne à 7h35 | Commenter Aucun commentaire

Le royaume de VOS princes et princesses

Photo Jean-Sébastien Massicotte

Photo Jean-Sébastien Massicotte

Il semble bien que Le nouveau royaume de la princesse, la chronique plein air publiée hier, vous a interpelés en grand nombre.

Un désir de passer à l’action pour certaines familles, tandis que d’autres m’ont fait le plaisir de me partager leurs propres réflexions et aventures avec leurs petits.

Un ami, m’a également fait découvrir un livre que je me promets de lire bientôt, Last Child in the Woods: Saving Our Children From Nature-Deficit Disorder, de Richard Louv.

Courriels et interactions sur les réseaux sociaux, je me permets de vous partager un peu de tout ça.

D’abord Annie et Daphnée, deux jeunes mamans, ont en tête plus que jamais de filer en randonnée dès que possible avec leur petit prince respectif.

Car le défi du plein air avec des enfants, ce n’est pas qu’une question de châteaux et de couronnes! Sorties mère-fils: vous me raconterez mesdames!

Mario m’a pour sa part écrit pour me parler de la suite, de ce qui arrive quand les princesses — ou les princes, c’est selon — grandissent. Il est passé par là.

Papa de deux filles (dans la vingtaine maintenant), l’ainée était une joyeuse et colorée princesse de “ville” qui détestait les arbres (!) et la cadette une «tomboy» bougonneuse «rurale» qui haïssait au plus haut point les robes.

[...]

Avec les années, mes filles n’ont pas vraiment changé de personnalité. Mais elles ont découvert le plein air et sont «encore» ravies, même adultes, d’accompagner leur vieux père dans ses excursions, quand elles le peuvent bien sûr.

[...] je suis certain que vous vivrez encore très longtemps ces merveilleuses aventures père-fille.

Voilà qui est rassurant et qui démontre bien combien précieux sont ces moments vécus en famille dans la nature.

De son côté, Ariane est une jeune mère pour qui les activités de plein air ne sont pas une finalité en soi. C’est que la petite famille voit grand et s’apprête à partir à l’aventure après leur «entraînement».

Mère de 2 princesses, une grande de 3 ans et demi et une autre en devenir de 4 mois et demi. Nous avons décidé de partir à l’aventure en voyage en combinant les passions de tous. Randonnée pour les parents, châteaux de princesse pour la grande et cave à porto pour la maman.

[...]

Pour la portion de randonnée du voyage, nous avons commencé à nous préparer depuis le début de l’été. Une randonnée par semaine pour habituer les princesses. Au fur et à mesure que l’été avançait, les randonnées étaient de plus en plus longue. La dernière randonnée réalisée avec succès, Les loups jusqu’au deuxième belvédère!

La petite dans le porte bébé ventral sur papa et la grande qui marche maintenant plus de 2 heures entre les roches et racines. Lorsqu’elle est fatiguée ou que la montagne est trop accidentée, elle continue sa randonnée dans le sac sur le dos de papa.

[...]

Nous sommes maintenant prêts à entamer une belle aventure en famille. Au menu le Portugal avec châteaux à Sintra, randonnée de 3 à 4h30 aux Açores, plage à Aveiro et finalement Porto.

J’encourage tout le monde à transmettre leurs passions à leurs enfants. Il suffit d’être bien organisé et de respecter le rythme des enfants.

Ariane et Cie font ainsi la preuve que pour ceux qui s’en donnent les moyens, les possibilités sont quasiment sans limite. Bon voyage!

<em>Last Child in the Woods: Saving Our Children From Nature-Deficit Disorder</em>

Last Child in the Woods: Saving Our Children From Nature-Deficit Disorder

Enfin, le bouquin suggéré par Kaven.

L’hypothèse derrière Last Child in the Woods: Saving Our Children From Nature-Deficit Disorder, c’est que les enfants d’aujourd’hui son en «déficit de la nature» et qu’ils en subissent les conséquences.

Extraits:

«Je préfère jouer à l’intérieur parce que c’est là que se trouve les prises de courant», souligne un élève de quatrième année. Jamais auparavant dans l’histoire les enfants ont été aussi branchés et autant déconnectés de la nature.

Dans cette nouvelle réflexion inédite, le spécialiste de l’enfance Richard Louv relie directement le manque de nature dans la vie des jeunes branchés d’aujourd’hui à quelques-unes des tendances de l’enfance les plus inquiétantes, comme la hausse de l’obésité, le trouble déficitaire de l’attention, et la dépression.

[...]

Les parents ont le pouvoir de s’assurer que leur fille ou leur fils ne sera pas le «dernier enfant dans la forêt». Ce livre se veut le premier pas vers un retour des enfants dans la nature.

Chose certaine, on ne risque certainement pas grand-chose à aller jouer au grand air avec les enfants.

Et il est toujours temps de passez à l’action!

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