Jean-Sébastien Massicotte

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    Journaliste sportif au SOLEIL, Jean-Sébastien Massicotte signe la chronique Plein Air de ce quotidien. Quand il ne court pas en vue de son prochain marathon — ou après ses filles à la maison! —, il cherche l'aventure au grand air, aussi bien en montagne sur des skis, qu'au rythme des marées en kayak de mer.

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    Archive de la catégorie ‘À la montagne’

    Jeudi 7 septembre 2017 | Mise en ligne à 18h05 | Commenter Aucun commentaire

    UTHC: en course pour une «folie» de 65 km

    Qu’importe la course, le rituel est le même. Une fois commis, on inscrit en rouge la date au calendrier et le compte à rebours démarre.

    Sauf que cette fois, le trait est un peu plus gros. C’est que le défi est de taille alors que la «folie» à compléter est le 65 km (2000 m de dénivelé positif) de l’Ultra-Trail Harricana (UTHC). Une course en sentier à travers Charlevoix, la seule compétition canadienne à faire partie du prestigieux circuit international de l’Ultra-Trail World Tour.

    Sortie d'entraînement au mont Wright, à Stoneham — Photo Jean-Sébastien Massicotte

    Sortie d'entraînement au mont Wright, à Stoneham — Photo Jean-Sébastien Massicotte

    À quelques heures du départ — samedi 7h — de ma première course en sentier officielle à vie, mes sentiments fluctuent donc entre l’excitation qui m’a motivé à l’entraînement depuis le printemps, et une certaine intimidation face à l’inconnu qui m’attend durant cette très longue journée au bureau.

    Car si j’ai deux marathons (42,2 km) et plusieurs demi-marathons (21,1 km) sous les semelles depuis mes débuts en course à pied, le passage de la route au sentier change bien des choses. Le rythme cassé, les obstacles, l’isolement en forêt, la météo en montagne, le dénivelé important… Un tout nouvel univers à apprivoiser et c’est bien là le grand attrait de cette aventure.

    Un périple où il ne faudra pas oublier de s’amuser, malgré l’effort. Profiter de cette chance unique de parcourir de la sorte l’arrière-pays de Charlevoix. Mais à 65 km, la distance «ultra» amène son lot de doutes. Jamais je n’ai parcouru un aussi long trajet à pied d’un seul trait.

    Heureusement, je ne serai pas seul dans cette aventure. Y compris quelques copains, nous serons 281 coureurs — dont 75 coureuses — au départ de l’épreuve samedi matin au parc national des Hautes-Gorges-de-la-rivière-Malbaie. Si tout va comme prévu, ma «balade» à travers Charlevoix devrait se faire sous la barre des 10 heures.

    Dire que les premiers arriveront à destination en moins de six! Quant aux derniers, il doivent impérativement rejoindre le fil d’arrivée à la base de la station de ski Mont Grand-Fonds avant 19h15.

    Sur le parcours forestier, cinq zones de ravitaillement où les organisateurs nous attendent. Des oasis où il sera possible de refaire le plein d’énergie, de souffler un peu et au besoin de recevoir les soins de l’équipe de physios en place.

    Au total, environ 1400 coureurs de tous horizons et âges seront en course samedi dans les différentes épreuves au programme. Du 1 km pour les enfants jusqu’au 125 km (4000 m de dénivelé positif), épreuve reine de l’UTHC.

    Une course qui s’annonce d’ailleurs fort relevée, tandis que les meilleurs «traileurs» québécois comme Florent Bouguin et David Jeker — recordman il y a deux ans du 125 km en 12h53! —, se mesureront notamment aux Français Vivien Laporte et Kevin Vermeulen dans cette longue chevauchée, baptisée le Transcharlevoix.

    Tiens donc, le 65 km semble soudainement moins long…

    Soyez dans la course

    Dès vendredi, il sera possible de découvrir l’ambiance de l’UTHC et les derniers préparatifs grâce à la magie des médias sociaux. Retrouvez-moi donc sur Facebook pour vivre l’expérience. Durant l’épreuve, il sera possible de suivre en temps réel ma progression grâce à la carte interactive liée à ma balise satellite inReach.

    Sur ce, je vous laisse… Charlevoix m’attend!

    ______________________________________________
    Pour cette aventure, j’ai le plaisir de pouvoir compter sur de précieux partenaires. Fidèle collaborateur depuis déjà quelques saisons, le fabricant de vêtements Arc’teryx est encore une fois mon habilleur officiel. De son côté, Garmin m’a équipé de sa montre GPS Fenix 5X comme outil d’entraînement. Pour les chaussures et la veste de course, c’est Salomon qui s’occupe de me garder confortable. Merci d’être à mes côtés pour l’UTHC!


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    Certains diront que c’est de la pure folie. D’autres crieront au génie.

    Mais qu’importe maintenant, car le grimpeur Alex Honnold l’a fait.

    Il est devenu samedi dernier le premier à gravir en solo intégral — sans corde ni autre équipement pour assurer sa sécurité — l’imposante paroi du El Capitan, au parc national de Yosemite, en Californie.

    Et il y a fort à parier que l’exploit extraordinaire ne sera pas répété de sitôt.

    Près de 1000 mètres de granite vertigineux défiés pendant 3h56 d’escalade libre sans aucune forme de protection.

    Un faux-pas, un malaise, une hésitation et c’était la mort assurée.

    Le tout sur la voie Freerider, présentant un niveau de difficulté que peu de grimpeurs, même encordés, atteignent un jour dans leur carrière.

    Y aller sans corde? Un cauchemar certain. Le rêve d’une vie pour Honnold.

    Trente-trois longueurs avec un délicat passage qui atteint 5.13a dans l’échelle de difficulté… à plus de 500 mètres du sol.

    Une ascension qui se compte d’ordinaire en jours pour des grimpeurs aguerris.

    C’est à croire qu’Alex Honnold, 31 ans, n’est pas de ce monde…

    Au petit matin samedi, armé seulement de son sac de magnésie et de ses chaussons d’escalade, l’athlète du Dream Team The North Face s’est engagé dans la voie de sa vie.

    Car difficile d’imaginer ce qu’il est possible de faire après pareille réalisation.

    Couvert en exclusivité par une équipe du National Geographic, l’ascension défie l’imagination.

    «C’est le voyage sur la Lune du solo en libre», a imagé au National Geographic le grimpeur Tommy Caldwell.

    Partenaire d’aventure fréquent de Honnold en montagne et très familier avec El Cap, Caldwell s’est notamment illustré en 2015 quand il a réalisé avec Kevin Jorgeson la première ascension en libre du Dawn Wall, la voie la plus difficile du massif.

    Pour Peter Croft, 58 ans, qui s’est lui-même fait un nom en complétant dans les années 80 quelques-uns des plus improbables solos à Yosemite notamment, il était certain que quelqu’un, un jour, arriverait à gravir El Cap sans filet.

    «Ç’a toujours été le prochain plateau évident», a commenté Croft à National Geographic. «Mais après ça, je ne vois vraiment pas la suite. C’est un grand pas.»

    Avec une vingtaine d’années d’escalade sous les semelles et après s’être bâti la réputation d’être certainement le meilleur grimpeur en solo au monde, Honnold préparait depuis un moment cette ascension.

    Depuis un dizaine d’années il a repoussé les limites du possible en solo. Puis, depuis deux ans, il a multiplié les ascensions variées pour — on le comprend aujourd’hui — se préparer discrètement à réaliser son rêve.

    Même sa mère ignorait qu’il allait s’attaquer samedi à El Cap en solitaire.

    Pour tous les détails de l’exploit et de ses dessous, il faut lire le récit de National Geographic et l’entrevue exclusive avec Honnold.

    Sur place pour témoigner de l’histoire, le photographe Jimmy Chin et son équipe préparent maintenant un documentaire. En attendant, les premières photos (comme celle ci-dessus) sont complètement hallucinantes.

    Autre vision de l’ascension, celle de Tom Evans, l’homme derrière le site spécialisé Elcapreport.com. C’est aussi à voir.

    Une fois extirpé des dangers de la gravité sur El Cap, Honnold a assuré qu’il était si énergisé par l’expérience qu’il était prêt… à y retourner pour un deuxième tour!

    Maintenant, Honnold se dit soulagé de mettre ce projet derrière lui.

    Prochain défi? Atteindre la frontière maximale de la difficulté en escalade.

    Mais cette fois avec une corde.


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    Jeudi 11 mai 2017 | Mise en ligne à 11h26 | Commenter Commentaires (4)

    Un «voleur de sommet» expulsé de l’Everest

    Ryan Sean Davy — Photo tirée de Facebook

    Ryan Sean Davy — Photo tirée de Facebook

    C’est une histoire complètement folle.

    Dans l’Himalaya, un homme qui serait originaire d’Afrique du Sud s’est lancé à l’assaut de l’Everest (8848 m) en solitaire.

    Jusque-là, ça peut aller.

    Sauf que plus on en apprend sur les réels plans de Ryan Sean Davy, plus son projet paraît celui d’un original en mal de sensations fortes.

    Avec tous les risques et les conséquences que cela comporte.

    En particulier dans un environnement aussi exigeant et dangereux que celui des pentes qui mènent au toit du monde.

    Alors voilà, Ryan Sean Davy, qui serait un réalisateur de profession âgé de 43 ans, débarque au camp de base, après avoir raconté à ses proches et autres «supporteurs» qu’il s’attaquait à l’Everest.

    Un détail: il n’a selon toutes vraisemblances, aucune expérience en montagne.

    Et il part sans encadrement!

    Entraîné (voir vidéo ci-dessous), peut-être, mais pour le reste, on peut en douter…

    Toujours est-il qu’une fois au camp de base, Davy aurait refusé — évité! — de payer les 11 000 $ pour le permis solo.

    «Il était évident que je n’avais pas assez d’argent pour un permis solo à cause de tous les coûts cachés. Et même si ç’avait été le cas, ils [les autorités] auraient refusé à cause du fait que je n’ai pas d’expérience reconnue en alpinisme», a écrit l’apprenti-aventurier sur sa page Facebook lundi.

    Puis l’homme poursuit ses explications et demande qu’on le pardonne.

    Car Ryan Sean Davy s’est fait prendre au camp de base.

    Les agents responsables des permis ont voulu l’intercepter et il se serait sauvé.

    Ils l’ont finalement retracé dans une sorte de grotte à proximité du camp de base, caché.

    Le Sud-Africain dénonce le traitement qui lui a été réservé sur place.

    Que les entreprises commerciales qui guident là-bas l’auraient dénoncé sans scrupule…

    «J’ai honnêtement cru que j’allais être lapidé sur place. J’ai été traité comme un meurtrier», ajoute-t-il sur Facebook.

    Ryan Sean Davy aurait eu le temps de faire deux passages sur le périlleux glacier du Khumbu avant de se faire prendre. — Photo tirée de Facebook

    Ryan Sean Davy aurait eu le temps de faire deux passages sur le périlleux glacier du Khumbu avant de se faire prendre. — Photo tirée de Facebook

    Il décrit le fait que «l’argent est désormais plus important que la décence».

    Ryan Sean Davy avait tout de même déjà eu le temps de faire deux trajets sur la montagne, se rendant même jusqu’à 7300 mètres selon son récit.

    Son passeport confisqué, il a été expulsé du camp de base et renvoyé à Katmandou… avec une amende à payer de 22 000$.

    Aux dernières nouvelles, il était encore en chemin, malade et ralenti.

    Pendant ce temps, des amis cherchaient à mettre en place une campagne de sociofinancement pour lui venir en aide.

    Preuve du manque de sérieux de la démarche de Ryan Sean Davy à l’Everest, il s’est vanté sur Facebook avant son interception d’avoir progressé pratiquement seul sur la montagne, tandis que toutes les autres expéditions retraitaient… à cause de la météo qui s’annonçait trop dangereuse.

    Et plus encore.

    Pour expliquer sa présence «furtive» à l’Everest, Ryan Sean Davy a même été jusqu’à justifier sa façon de faire par un désir «d’aider n’importe qui en difficulté, puisqu’à chaque année il y a tant de décès».

    C’est dire sa connaissance limitée de l’Everest, basée sur les faits spectaculaires et ponctuels. Et non sur la réalité.

    «Si j’avais pu au moins aider une personne, ça aurait fait une différence. Ça aurait été mon sommet», a-t-il expliqué sur Facebook.

    Mais qu’il se console. Car en se faisant prendre, Ryan Sean Davy a certainement sauvé quelqu’un de très important.

    Lui-même.


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