Jean-Sébastien Massicotte

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    Journaliste sportif au SOLEIL, Jean-Sébastien Massicotte signe la chronique Plein Air de ce quotidien. Quand il ne court pas en vue de son prochain marathon — ou après ses filles à la maison! —, il cherche l'aventure au grand air, aussi bien en montagne sur des skis, qu'au rythme des marées en kayak de mer.

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    Archive de la catégorie ‘À la montagne’

    Certains diront que c’est de la pure folie. D’autres crieront au génie.

    Mais qu’importe maintenant, car le grimpeur Alex Honnold l’a fait.

    Il est devenu samedi dernier le premier à gravir en solo intégral — sans corde ni autre équipement pour assurer sa sécurité — l’imposante paroi du El Capitan, au parc national de Yosemite, en Californie.

    Et il y a fort à parier que l’exploit extraordinaire ne sera pas répété de sitôt.

    Près de 1000 mètres de granite vertigineux défiés pendant 3h56 d’escalade libre sans aucune forme de protection.

    Un faux-pas, un malaise, une hésitation et c’était la mort assurée.

    Le tout sur la voie Freerider, présentant un niveau de difficulté que peu de grimpeurs, même encordés, atteignent un jour dans leur carrière.

    Y aller sans corde? Un cauchemar certain. Le rêve d’une vie pour Honnold.

    Trente-trois longueurs avec un délicat passage qui atteint 5.13a dans l’échelle de difficulté… à plus de 500 mètres du sol.

    Une ascension qui se compte d’ordinaire en jours pour des grimpeurs aguerris.

    C’est à croire qu’Alex Honnold, 31 ans, n’est pas de ce monde…

    Au petit matin samedi, armé seulement de son sac de magnésie et de ses chaussons d’escalade, l’athlète du Dream Team The North Face s’est engagé dans la voie de sa vie.

    Car difficile d’imaginer ce qu’il est possible de faire après pareille réalisation.

    Couvert en exclusivité par une équipe du National Geographic, l’ascension défie l’imagination.

    «C’est le voyage sur la Lune du solo en libre», a imagé au National Geographic le grimpeur Tommy Caldwell.

    Partenaire d’aventure fréquent de Honnold en montagne et très familier avec El Cap, Caldwell s’est notamment illustré en 2015 quand il a réalisé avec Kevin Jorgeson la première ascension en libre du Dawn Wall, la voie la plus difficile du massif.

    Pour Peter Croft, 58 ans, qui s’est lui-même fait un nom en complétant dans les années 80 quelques-uns des plus improbables solos à Yosemite notamment, il était certain que quelqu’un, un jour, arriverait à gravir El Cap sans filet.

    «Ç’a toujours été le prochain plateau évident», a commenté Croft à National Geographic. «Mais après ça, je ne vois vraiment pas la suite. C’est un grand pas.»

    Avec une vingtaine d’années d’escalade sous les semelles et après s’être bâti la réputation d’être certainement le meilleur grimpeur en solo au monde, Honnold préparait depuis un moment cette ascension.

    Depuis un dizaine d’années il a repoussé les limites du possible en solo. Puis, depuis deux ans, il a multiplié les ascensions variées pour — on le comprend aujourd’hui — se préparer discrètement à réaliser son rêve.

    Même sa mère ignorait qu’il allait s’attaquer samedi à El Cap en solitaire.

    Pour tous les détails de l’exploit et de ses dessous, il faut lire le récit de National Geographic et l’entrevue exclusive avec Honnold.

    Sur place pour témoigner de l’histoire, le photographe Jimmy Chin et son équipe préparent maintenant un documentaire. En attendant, les premières photos (comme celle ci-dessus) sont complètement hallucinantes.

    Autre vision de l’ascension, celle de Tom Evans, l’homme derrière le site spécialisé Elcapreport.com. C’est aussi à voir.

    Une fois extirpé des dangers de la gravité sur El Cap, Honnold a assuré qu’il était si énergisé par l’expérience qu’il était prêt… à y retourner pour un deuxième tour!

    Maintenant, Honnold se dit soulagé de mettre ce projet derrière lui.

    Prochain défi? Atteindre la frontière maximale de la difficulté en escalade.

    Mais cette fois avec une corde.


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    Jeudi 11 mai 2017 | Mise en ligne à 11h26 | Commenter Commentaires (4)

    Un «voleur de sommet» expulsé de l’Everest

    Ryan Sean Davy — Photo tirée de Facebook

    Ryan Sean Davy — Photo tirée de Facebook

    C’est une histoire complètement folle.

    Dans l’Himalaya, un homme qui serait originaire d’Afrique du Sud s’est lancé à l’assaut de l’Everest (8848 m) en solitaire.

    Jusque-là, ça peut aller.

    Sauf que plus on en apprend sur les réels plans de Ryan Sean Davy, plus son projet paraît celui d’un original en mal de sensations fortes.

    Avec tous les risques et les conséquences que cela comporte.

    En particulier dans un environnement aussi exigeant et dangereux que celui des pentes qui mènent au toit du monde.

    Alors voilà, Ryan Sean Davy, qui serait un réalisateur de profession âgé de 43 ans, débarque au camp de base, après avoir raconté à ses proches et autres «supporteurs» qu’il s’attaquait à l’Everest.

    Un détail: il n’a selon toutes vraisemblances, aucune expérience en montagne.

    Et il part sans encadrement!

    Entraîné (voir vidéo ci-dessous), peut-être, mais pour le reste, on peut en douter…

    Toujours est-il qu’une fois au camp de base, Davy aurait refusé — évité! — de payer les 11 000 $ pour le permis solo.

    «Il était évident que je n’avais pas assez d’argent pour un permis solo à cause de tous les coûts cachés. Et même si ç’avait été le cas, ils [les autorités] auraient refusé à cause du fait que je n’ai pas d’expérience reconnue en alpinisme», a écrit l’apprenti-aventurier sur sa page Facebook lundi.

    Puis l’homme poursuit ses explications et demande qu’on le pardonne.

    Car Ryan Sean Davy s’est fait prendre au camp de base.

    Les agents responsables des permis ont voulu l’intercepter et il se serait sauvé.

    Ils l’ont finalement retracé dans une sorte de grotte à proximité du camp de base, caché.

    Le Sud-Africain dénonce le traitement qui lui a été réservé sur place.

    Que les entreprises commerciales qui guident là-bas l’auraient dénoncé sans scrupule…

    «J’ai honnêtement cru que j’allais être lapidé sur place. J’ai été traité comme un meurtrier», ajoute-t-il sur Facebook.

    Ryan Sean Davy aurait eu le temps de faire deux passages sur le périlleux glacier du Khumbu avant de se faire prendre. — Photo tirée de Facebook

    Ryan Sean Davy aurait eu le temps de faire deux passages sur le périlleux glacier du Khumbu avant de se faire prendre. — Photo tirée de Facebook

    Il décrit le fait que «l’argent est désormais plus important que la décence».

    Ryan Sean Davy avait tout de même déjà eu le temps de faire deux trajets sur la montagne, se rendant même jusqu’à 7300 mètres selon son récit.

    Son passeport confisqué, il a été expulsé du camp de base et renvoyé à Katmandou… avec une amende à payer de 22 000$.

    Aux dernières nouvelles, il était encore en chemin, malade et ralenti.

    Pendant ce temps, des amis cherchaient à mettre en place une campagne de sociofinancement pour lui venir en aide.

    Preuve du manque de sérieux de la démarche de Ryan Sean Davy à l’Everest, il s’est vanté sur Facebook avant son interception d’avoir progressé pratiquement seul sur la montagne, tandis que toutes les autres expéditions retraitaient… à cause de la météo qui s’annonçait trop dangereuse.

    Et plus encore.

    Pour expliquer sa présence «furtive» à l’Everest, Ryan Sean Davy a même été jusqu’à justifier sa façon de faire par un désir «d’aider n’importe qui en difficulté, puisqu’à chaque année il y a tant de décès».

    C’est dire sa connaissance limitée de l’Everest, basée sur les faits spectaculaires et ponctuels. Et non sur la réalité.

    «Si j’avais pu au moins aider une personne, ça aurait fait une différence. Ça aurait été mon sommet», a-t-il expliqué sur Facebook.

    Mais qu’il se console. Car en se faisant prendre, Ryan Sean Davy a certainement sauvé quelqu’un de très important.

    Lui-même.


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    Dimanche 30 avril 2017 | Mise en ligne à 10h51 | Commenter Un commentaire

    Décès du légendaire alpiniste Ueli Steck dans l’Himalaya

    Steck durant sa période d'acclimatation à l'Everest. — Photo Facebook

    Steck durant sa période d'acclimatation à l'Everest. — Photo Facebook

    Huilée au quart de tour, la «Machine suisse» qu’était l’alpiniste Ueli Steck n’était pas à l’abri de la tragédie.

    Le légendaire alpiniste de 40 ans a connu en effet une fin tragique dimanche matin. Il aurait fait une longue chute sur les pentes du Nuptse (7861 m), un sommet satellite du mont Everest (8848 m), à proximité du camp un, dans la combe ouest.

    En préparation pour une traverse inédite entre l’Everest et le Lhotse (8516 m), Steck était en période d’acclimatation en attendant une fenêtre météo propice à sa tentative.

    Selon The Himalayan Times, plusieurs grimpeurs sur place ont observé un alpiniste en ascension sur le Nuptse, seul, vers 4h30 dimanche matin.

    Commentateur bien renseigné qui suit attentivement les expéditions à l’Everest depuis plusieurs années sur son blogue, l’Américain Alan Arnette a reçu la confirmation du décès de Steck par Larry Daugherty, un grimpeur à l’Everest avec Adventure Ascents.

    «Corps trouvé à la base du Nuptse ouest, le grimpeur est apparemment tombé seul et sans protection. Initialement, on suspectait que ce soit Ueli à partir des vêtements et de son plan d’acclimatation… et puis la confirmation avec mon équipe est arrivée 10 minutes plus tard que c’était bien lui», a écrit Daugherty à Arnette.

    La femme de Steck aurait été avisée rapidement de la tragédie.

    Selon le blogueur américain, des grimpeurs au camp 1 auraient vu quelqu’un chuter de la face du Nuptse.

    Les premières observations laissent croire que Steck aurait fait un faux pas sur la pente glacée.

    Une erreur en solo qui ne pardonne malheureusement pas.

    Dépêchée sur les lieux, une équipe de six sauveteurs a fini par récupérer les restes du grimpeur suisse.

    Dans un communiqué officiel publié sur la page Facebook du grimpeur, le porte-parole de Steck, Andreas Bantel, a écrit:

    «Ueli Steck est décédé durant sa tentative d’ascension de l’Everest et du Lhotse. Sa famille a appris son décès ce jour. Les circonstances exactes sont encore inconnues. La famille est infiniment triste et demande aux médias de s’abstenir de toutes spéculations concernant les circonstances de sa mort, par respect pour la mémoire d’Ueli.
    Dès que nous aurons de plus amples informations à vous communiquer sur les causes du décès, nous tiendrons les médias informés. La famille espère que chacun comprendra qu’ils ne puissent donner plus d’informations pour le moment.»

    Alors que les détails sur l’accident restent à connaître, on sait que Steck était au sommet de son art et qu’il se sentait bien récemment sur la montagne.

    Sur Facebook, dans sa dernière publication, le Suisse avait évoqué le 26 avril à quel point il appréciait son périple, tandis que tout semblait se dérouler rondement.

    «Rapide journée du camp de base jusqu’à 7000 mètres aller-retour. J’adore, c’est tellement un endroit super ici. Je crois encore à l’acclimatation active. C’est plus efficace que de passer la nuit là-haut en altitude!»

    Ueli Steck en action récemment sur les pentes de l'Everest. — Photo Instagram.com/steckueli

    Ueli Steck en action récemment sur les pentes de l'Everest. — Photo Instagram.com/steckueli

    Dans les photos récentes sur les médias sociaux, on voit Ueli Steck en action sur la montagne, équipé légèrement, comme à ses habitudes de sprinteur des cimes.

    Sans vouloir présumer des circonstances de la tragédie, il faut remarquer le type de chaussures aux pieds du grimpeur sur ses dernières images publiées.

    Un modèle ultraléger, semblable à une espadrille de trail, à des années lumières des grosses bottes à crampons que l’on observe d’ordinaire aux pieds des grimpeurs sur les géants de l’Himalaya.

    «Des ballerines?» questionne d’ailleurs un internaute sous une photo de Steck sur Instagram. «On dirait que tu portes des bas et des sandales», suggère un autre sur Facebook.

    Mais la «Machine suisse» était un grimpeur d’exception et si quelqu’un pouvait évoluer à cette vitesse aussi peu équipé sur l’Everest, c’était bien lui.

    Car pour Ueli Steck, la rapidité en montagne était synonyme de sécurité.

    Et à ce niveau, il était l’un des meilleurs.

    Tristement, voilà encore un douloureux rappel qu’à repousser les limites du possible, la tragédie n’est jamais bien loin.

    Même pour un surhomme.

    Adieu Ueli.


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