Jean-Sébastien Massicotte

Archive de la catégorie ‘À la montagne’

Lundi 13 mai 2013 | Mise en ligne à 15h02 | Commenter Commentaires (13)

Le mont Blanc en 32 minutes!

Certains sportifs ne manquent pas d’imagination pour relever de nouveaux défis.

Sur le massif du Mont-Blanc, où l’on pourrait parfois croire qu’il n’y plus de records à prendre, un groupe de 20 skieurs s’est donné récemment comme mission de descendre le plus rapidement possible du point culminant, pour atteindre le coeur de Chamonix.

Un trajet accidenté et dangereux de 14 km que le plus rapide du groupe, le Français Nicolas Anthonioz, à complété en ski, en vélo et à la course à pied… en 32 minutes! Une descente peu ordinaire que nous fait revivre en partie Epic TV dans la vidéo ci-dessus.

Pas mal comme record, surtout quand on sait qu’Anthonioz s’est perdu en chemin vers le fil d’arrivée!

Le groupe a d’abord dû se taper neuf heures d’ascension, de nuit, pour atteindre la cime du plus haut sommet des Alpes (4810 mètres).

À la descente, les gars ont dû se méfier des crevasses qui se cachaient sur leur trajet, avant de faire une randonnée en forêt loin de tout sentier, pour finalement rejoindre la route qui mène à Chamonix.

Des portions à pied et en vélo que les sportifs ont complétées… bottes de ski aux pieds!

Et pour ceux qui se posent le question après avoir observé le passage de la vidéo où les gars quittent la neige à la limite forestière: oui, des skis ont été maltraités durant ce record alpin!

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Je ne sais pas trop s’il faut déjà parler de phénomène, mais il semble se passer quelque chose de coloré dans l’univers sportif.

Ce matin, ma collègue Valérie Gaudreau présentait aux lecteurs du Soleil les séries de courses Color Me Rad et Run or Dye, qui s’amènent maintenant à Québec cet été.

Des occasions de faire cinq kilomètres de jogging en bande durant des épreuves structurées, mais surtout la chance de s’éclater en couleurs et de se salir bien comme il le faut, alors que des «bombes» à pigments seront éparpillées sur les différents parcours.

Un plaisir de se salir qui n’est pas unique à la course à pied, si l’on se fie au récent travail des frères Nicolas et Loris Falquet, accompagnés de Jérémie Heitz. Les skieurs ont en effet expérimenté cet hiver avec le jeu des couleurs pour le premier épisode de leur série Web baptisée trip., diffusé récemment.

Après avoir testé différentes techniques pour appliquer des pigments colorés sur la neige — on suppose qu’il s’agit là-encore de fécule de maïs —, le trio a réussi à donner un nouveau relief à la poudreuse. Un effet qui est saisissant à la caméra, en particulier avec les plans au ralenti, mais qui semble drôlement complexe à obtenir!

Pour le court extrait de deux minutes ci-dessus, les frères Falquet, qui agissaient autant devant que derrière la caméra, ont eu besoin de 15 jours pour préparer les pentes et tourner les séquences. Ce délire coloré était organisé à la station de Les Marécottes, en Suisse.

Du gros plaisir sale à «peinturer» la neige avec un pulvérisateur à pesticide, avant d’attaquer pour une seule prise le canevas ainsi créé.

Dans la vidéo ci-dessous, le trio explique le processus et les difficultés rencontrées avant d’en arriver au but recherché.

Mais malgré les contraintes, gageons que ce n’est pas la dernière fois que l’on voit cette technique utilisée dans un film de ski.

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Mercredi 1 mai 2013 | Mise en ligne à 14h31 | Commenter Commentaires (3)

Bagarre à l’Everest: un traité de paix sans conviction

Le traité de paix rédigé à la main (première page seulement) a été signé au camp de base de l'Everest par les différents acteurs et témoins de la désormais célèbre bagarre sur les pentes du toit du monde. Photo www.alanarnette.com

Le traité de paix rédigé à la main (première page seulement) a été signé au camp de base de l'Everest par les différents acteurs et témoins de la désormais célèbre bagarre sur les pentes du toit du monde. Photo www.alanarnette.com

Difficile de ne pas revenir sur les suites de la bagarre inusitée qui est survenue à l’Everest samedi dernier. La situation est un peu moins trouble au fur et à mesure que les témoignages en provenance du camp de base nous arrivent.

Des efforts ont été faits en début de semaine pour calmer le jeu et tenter de rétablir les ponts entre les partis impliqués. Sur son blogue, le grimpeur américain Alan Arnette offre une fenêtre sur les derniers événements, fort de son expérience (quatre fois le sommets depuis 2002) et de ses contacts dans le milieu.

Il partage des images du traité de paix entre les grimpeurs et les sherpas, incluant le texte qu’une multitude d’acteurs et de témoins des incidents ont signé, dont Ueli Steck, Simone Moro et Jonathan Griffith, les Occidentaux au coeur de l’incident.

Un extrait traduit:

«Tous ceux qui sont présents sont d’accord et s’engagent que de tels gestes ne doivent jamais être répétés par quiconque dans les domaines de l’alpinisme ou du tourisme. Si un parti est insatisfait des actions d’un autre parti, tous s’engagent à ne pas entrer en conflit ou utiliser la violence contre l’autre.»

Arnette a aussi mis en évidence une version qui n’a pas encore trouvé écho dans les médias, celle des sherpas. Dans un courriel, Garrett Madison, chef d’expédition sur la montagne pour Alpine Ascents, résume la situation du point de vue des travailleurs Népalais.

Essentiellement, l’histoire est la même que celle rapportée jusqu’ici par Steck, Moro et Griffith. Sauf que le rôle de Moro dans l’affaire est un peu plus clair dans le récit que fait Madison. L’Italien aurait notamment été passablement agressif verbalement durant les événements. En particulier sur les ondes radios, où il aurait annoncé aux sherpas qui avaient un problème avec la façon de faire de sa cordée — ils étaient 16, représentant 8 compagnies commerciales —, qu’il allait redescendre au camp 2 «pour se battre» s’il le fallait. Des paroles qui auraient enflammé la situation…

Quoi qu’il en soit, le traité de paix signée lundi ne semble pas avoir changé grand-chose à la situation, si ce n’est que les apparences. C’est en tout cas ce qu’on comprend en lisant l’entrevue que Steck a accordé à l’agence Swissinfo.

«Ma confiance est envolée. Je ne pourrai plus revenir à cette montagne», a commenté le Suisse avant son départ du camp de base. «Je ne pourrai revenir. Qui peut m’assurer qu’une foule hostile ne viendra pas couper ma corde ou brûler ma tente?»

Dans toute cette triste affaire qui n’a pas fini de faire couler de l’encre, une héroïne ressort. En effet, divers récits, dont celui de Steck donné à Swissinfo, met en évidence le rôle important de l’Américaine Melissa Arnot, 29 ans. Celle qui détient le record du monde chez les femmes pour le plus grand nombre d’ascensions de l’Everest (quatre) était au camp deux quand la pagaille a pris.

Elle n’aurait pas hésité à s’interposer entre les sherpas enragés et Steck. Arnot aurait ainsi réussi à donner l’espace nécessaire au Suisse, blessé, pour qu’il puisse se réfugier dans sa tente avant de négocier sa fuite. Les Népalais ne voulaient pas frapper une femme.

Aujourd’hui, Steck n’hésite pas à dire qu’elle lui a véritablement sauvé la vie.

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