Jean-Sébastien Massicotte

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    Journaliste sportif au SOLEIL, Jean-Sébastien Massicotte signe la chronique Plein Air de ce quotidien. Quand il ne court pas en vue de son prochain marathon — ou après ses filles à la maison! —, il cherche l'aventure au grand air, aussi bien en montagne sur des skis, qu'au rythme des marées en kayak de mer.

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    Jeudi 11 mai 2017 | Mise en ligne à 11h26 | Commenter Commentaires (4)

    Un «voleur de sommet» expulsé de l’Everest

    Ryan Sean Davy — Photo tirée de Facebook

    Ryan Sean Davy — Photo tirée de Facebook

    C’est une histoire complètement folle.

    Dans l’Himalaya, un homme qui serait originaire d’Afrique du Sud s’est lancé à l’assaut de l’Everest (8848 m) en solitaire.

    Jusque-là, ça peut aller.

    Sauf que plus on en apprend sur les réels plans de Ryan Sean Davy, plus son projet paraît celui d’un original en mal de sensations fortes.

    Avec tous les risques et les conséquences que cela comporte.

    En particulier dans un environnement aussi exigeant et dangereux que celui des pentes qui mènent au toit du monde.

    Alors voilà, Ryan Sean Davy, qui serait un réalisateur de profession âgé de 43 ans, débarque au camp de base, après avoir raconté à ses proches et autres «supporteurs» qu’il s’attaquait à l’Everest.

    Un détail: il n’a selon toutes vraisemblances, aucune expérience en montagne.

    Et il part sans encadrement!

    Entraîné (voir vidéo ci-dessous), peut-être, mais pour le reste, on peut en douter…

    Toujours est-il qu’une fois au camp de base, Davy aurait refusé — évité! — de payer les 11 000 $ pour le permis solo.

    «Il était évident que je n’avais pas assez d’argent pour un permis solo à cause de tous les coûts cachés. Et même si ç’avait été le cas, ils [les autorités] auraient refusé à cause du fait que je n’ai pas d’expérience reconnue en alpinisme», a écrit l’apprenti-aventurier sur sa page Facebook lundi.

    Puis l’homme poursuit ses explications et demande qu’on le pardonne.

    Car Ryan Sean Davy s’est fait prendre au camp de base.

    Les agents responsables des permis ont voulu l’intercepter et il se serait sauvé.

    Ils l’ont finalement retracé dans une sorte de grotte à proximité du camp de base, caché.

    Le Sud-Africain dénonce le traitement qui lui a été réservé sur place.

    Que les entreprises commerciales qui guident là-bas l’auraient dénoncé sans scrupule…

    «J’ai honnêtement cru que j’allais être lapidé sur place. J’ai été traité comme un meurtrier», ajoute-t-il sur Facebook.

    Ryan Sean Davy aurait eu le temps de faire deux passages sur le périlleux glacier du Khumbu avant de se faire prendre. — Photo tirée de Facebook

    Ryan Sean Davy aurait eu le temps de faire deux passages sur le périlleux glacier du Khumbu avant de se faire prendre. — Photo tirée de Facebook

    Il décrit le fait que «l’argent est désormais plus important que la décence».

    Ryan Sean Davy avait tout de même déjà eu le temps de faire deux trajets sur la montagne, se rendant même jusqu’à 7300 mètres selon son récit.

    Son passeport confisqué, il a été expulsé du camp de base et renvoyé à Katmandou… avec une amende à payer de 22 000$.

    Aux dernières nouvelles, il était encore en chemin, malade et ralenti.

    Pendant ce temps, des amis cherchaient à mettre en place une campagne de sociofinancement pour lui venir en aide.

    Preuve du manque de sérieux de la démarche de Ryan Sean Davy à l’Everest, il s’est vanté sur Facebook avant son interception d’avoir progressé pratiquement seul sur la montagne, tandis que toutes les autres expéditions retraitaient… à cause de la météo qui s’annonçait trop dangereuse.

    Et plus encore.

    Pour expliquer sa présence «furtive» à l’Everest, Ryan Sean Davy a même été jusqu’à justifier sa façon de faire par un désir «d’aider n’importe qui en difficulté, puisqu’à chaque année il y a tant de décès».

    C’est dire sa connaissance limitée de l’Everest, basée sur les faits spectaculaires et ponctuels. Et non sur la réalité.

    «Si j’avais pu au moins aider une personne, ça aurait fait une différence. Ça aurait été mon sommet», a-t-il expliqué sur Facebook.

    Mais qu’il se console. Car en se faisant prendre, Ryan Sean Davy a certainement sauvé quelqu’un de très important.

    Lui-même.



    • L’Everest n’est donc pas un territoire libre pour y circuler, soit. Il a donc circulé sur un « terrain privé » gouvernemental, et ce sans permis. Sans geste été un peu (beaucoup) fou, mais il mettait sa personne en danger, pas celle d’un étranger.

      Cette maladie de vouloir protéger les gens d’eux-mêmes et de priver tous et chacun de ses libertés au nom de “on te protège de toi-même” (même si ces libertés mettent sa propre personnes à risque) me donne la nausée.

    • @m.rustik
      Lorsqu’une personne est en danger, ce sont les autres qui se mettent en danger pour aller le secourir, sans parler des couts inhérent à une telle opération.

      Si on le lissait mourir sur place, il aurait tout les droits de faire ce qu’il veut, mais comme nous avons l’obligation de porter secours à quiconque en détresse, il n’est pas seul. Doit-on le laisser mourir parce qu’il a eu une très mauvaise idée? Non, alors sachant inévitablement ce qui va arriver, c’est tout à fait correct de l’empècher de le constater par lui-même.

    • Sauf tout le respect qui vous est du, le gars a atteint son objectif. Rien de plus qu’un 15 minutes de gloire auquel vous avez, a votre humble façon, contribué. C est l ‘essence meme du sport extreme. Je suis le meilleur, plus capoté que les autres, dussé-je mourir ou me peter la gueule quite a me pitcher en bas d’ un édifice pas de parachute..

    • @kelvinator,
      Je crois aux “Darwin awards” pour ce genre de personne. Cruel? À drette? Sur ce sujet, certainement.

      Aider une personne déficiente à ne pas se faire du mal, je suis présent. Aller secourir ce mor… heu… individu, tout autant que de l’empêcher de faire une imbécilité qu’il veut faire, la je ne comprends pas pourquoi on intervient. J’oublais on veut une société totalement beige (on médicamente nos enfants, etc, etc). Sur ce point on ne se rejoint vraiment pas!

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