Jean-Sébastien Massicotte

Jean-Sébastien Massicotte - Auteur
  • Jean-Sébastien Massicotte

    Journaliste sportif au SOLEIL, Jean-Sébastien Massicotte signe la chronique Plein Air de ce quotidien. Quand il ne court pas en vue de son prochain marathon — ou après ses filles à la maison! —, il cherche l'aventure au grand air, aussi bien en montagne sur des skis, qu'au rythme des marées en kayak de mer.

  • Lire la suite »

    Partage

    Lundi 30 septembre 2013 | Mise en ligne à 10h35 | Commenter Commentaires (4)

    Corliss frôle le roc en wingsuit

    Quand le trompe-la-mort Jeb Corliss dit que c’est la chose la plus difficile qu’il a faite de sa vie, ça signifie que c’est complètement insensé.

    Depuis un moment, le spécialise du vol de proximité en wingsuit passe pas mal de temps à explorer les possibilités dans les montagnes de la Chine. De ses voyages là-bas, une vision l’obsédait. Celle de pouvoir passer en vol dans l’étroite fissure qui coupe Langshan Mountain, dans la province du Zhejiang, sur la côte est du pays.

    Aussi bien enfiler un fil dans une aiguille… à 160 km/h!

    Car c’est essentiellement ce que devait faire Corliss vendredi dernier pour réussir son exploit.

    Une fois engagé dans le corridor de roc d’une longueur d’environ trois terrains de football, et dont la largeur varie de 20 mètres à 3,5 mètres de large, le casse-cou n’avait en effet plus vraiment de porte de sortie.

    Plus il avançait dans la traversée, plus l’espace rétrécissait à vitesse grand V. «Dire que le passage est étroit est peu dire!» a écrit sur Twitter le parachutiste de 37 ans après son exploit.

    Au milieu du corridor, il a évalué à un peu plus de 7,5 m la largeur de la fissure, selon la trajectoire empruntée.

    Et comme si le défi n’était pas assez grand comme ça, Corliss devait également atterrir avec précision. À moins de 100 mètres du sol, il a déployé sa voilure pour réussir à se poser — non sans rudesse — sur un sentier à flanc de montagne.

    Le terrain accidenté de la région limitait grandement les options pour l’atterrissage. Corliss devait encore une fois ne pas faire d’erreur.

    Le défi était à ce point difficile et unique qu’avant de s’y frotter, l’Américain a eu recours à des vols en réalité augmentée, une toute nouvelle technique d’entraînement.

    Corliss a raconté au magazine Outside, avant la cascade, qu’il s’était rendu en Hongrie pour faire des vols durant lesquels un modèle en trois dimensions de l’environnement chinois était présenté devant lui.

    «C’était un entraînement intéressant… et je dois avouer que j’ai frappé la paroi une fois sur deux.» Le cascadeur a cependant admis que lors de ces simulations sans danger, il avait repoussé pas mal les limites.

    Quoi qu’il en soit, quand ça comptait réellement, Corliss a su se faufiler et éviter une catastrophe. Il faut voir notamment la séquence filmée de son poignet, dans la vidéo ci-dessus (à partir de 1:57), pour réaliser la folie de l’exploit.

    Un grand frisson pour nous, une autre journée au boulot pour Corliss.


    • Un exploit ? Je ne comprends pas comment on peut qualifier cela d`exploit. C`est de la témérité un point c`est tout.C`est là que la limite se situe. Quand ca prétend être invulnérable et être fier parce qu`on a réussi à ne pas se casser la gueule jusqu`au jour ou…
      Et là on le traitera de précurseur,de génie,de défonceur de portes ouvertes alors que c`est juste un ado qui a pas maturé et qui cherche des sensations à l`infini. L`équivalent du divan attaché en arriere du char…

    • Êtes-vous bien certain qu’il ne s’agit pas d’un montage ? Ça me semble complètement irréaliste, pour ne pas dire farfelu! Aucune prise de vue ne permet de confirmer que c’est bien lui et non un mannequin qui passe dans la fente. À la toute fin, on le voit curieusement tomber, mais pourquoi c’est la seule image de celui qui filmait d’en bas ? Sinon, la prise de vue est très très éloignée.

    • noirod, vous m’avez l’air en beau Corliss …

      Je comprends ce que vous dites et je suis d’accord jusqu’à un certain point.

      Mais il y a tout de même un très grand mérite technique à tous ces exploits et c’est là que se situe l’intérêt. Le saut de Felix Baumgartner est selon moi le Saint Graal de l’exploit sans autre but que repousser une limite, pas seulement de réussir quelque chose de purement spectaculaire.

      C’est la différence, peut-être, entre l’exploit de Corliss et, disons, Baumgartner (record d’élévation) ou de Herbert Nitsch (record de profondeur), Stephane Mifsud (record de temps en apnée), etc. Aucune mesure n’a été franchie. Ce qui le rend peut-être moins “compréhensible”. “Le plus risqué” est tout de même un critère (non quantifiable) bien que moins “acceptable”. “Le plus cool” également. Critères que vous associez aux exploits des ados, et vous avez raison. Mais il est difficile de comparer les exploits entre-eux. Une expédition en solo en Antartic est très risquée, une descente en kayak sur le Nil Blanc, etc.

      Chacun son truc, finalement. S’émerveiller des exploits de ces “Evil Knievel” version GoPro-RedBull sans se sentir coupable est un baume sur la platitude ambiante du métro-boulot-dodo. Moi, en tout cas, ça me fait rêver. Et sûrement que les adeptes de ces disciplines se “crinquent” entre-eux avec de tels images mais ce n’est pas négatif si ça les motive. Mourir de ça ou du cancer du colon, pour certains le choix est facile.

    • «The greatest thing I ever done»
      Ciel, prends une p’tite Red Bull pour te calmer les nerfs !

      C’était le témoignage d’une maturité d’ado avec un ego névrotique.

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    février 2013
    D L Ma Me J V S
    « jan   mar »
     12
    3456789
    10111213141516
    17181920212223
    2425262728  
  • Archives

  • publicité