Jean-Sébastien Massicotte

Jean-Sébastien Massicotte - Auteur
  • Jean-Sébastien Massicotte

    Journaliste sportif au SOLEIL, Jean-Sébastien Massicotte signe la chronique Plein Air de ce quotidien. Quand il ne court pas en vue de son prochain marathon — ou après ses filles à la maison! —, il cherche l'aventure au grand air, aussi bien en montagne sur des skis, qu'au rythme des marées en kayak de mer.

  • Lire la suite »

    Archive, avril 2013

    Lundi 29 avril 2013 | Mise en ligne à 12h28 | Commenter Commentaires (9)

    Attaques et menaces de mort à plus de 7200 mètres

    L’intense saison de grimpe sur le toit du monde vient à peine de commencer que déjà des problèmes surviennent. Et pas les moindres…

    Cette fois, ce n’est pas pas l’achalandage croissant sur les pentes de l’Everest (8848 mètres) qui fait jaser, mais plutôt un rare et étrange épisode de violence à plus de 7200 mètres entre des sherpas et des grimpeurs occidentaux.

    Beaucoup reste encore à éclaircir et une enquête de la police est en cours, mais d’après les informations disponibles, les réputés grimpeurs Ueli Steck, Simone Moro et Jonathan Griffith, de l’expédition NO2, ont littéralement été chassés de la montagne par une centaine de sherpas, après un accrochage samedi avec certains d’entre-eux durant leur ascension.

    La situation était suffisamment grave pour que le trio s’inquiète pour sa vie au camp 2, où ils avaient retraité. Sur place, l’important groupe de sherpas aurait menacé de mort les Occidentaux, et lancé des pierres en leur direction. Le message était clair: ils devaient quitter rapidement l’Everest où ils allaient le payer cher.

    Steck, un Suisse, aurait été blessé à une lèvre après avoir reçu une roche au visage, tandis que Moro, un Italien, et Griffith, un Anglais, auraient été frappés à coups de pieds et de poings.

    Dans un communiqué officiel sur son site Web, Moro raconte le fil des événements. Tout aurait commencé quand le trio, qui tentait de réaliser une ascension de l’Everest sans oxygène supplémentaire par une nouvelle voie, s’est retrouvé à proximité des cordes fixes qu’installaient un groupe de sherpas, embauchés par des expéditions commerciales.

    Les trois hommes progressaient en solo intégral à plus de 7200 m quand ils ont dû croiser la ligne que fixaient les Népalais, pour rejoindre un camp avancé. Un passage que les gars de NO2 assurent avoir fait avec la politesse et l’éthique d’usage.

    Sauf qu’apparemment, le chef des sherpas qui était au-dessus d’eux à sécuriser un passage sur la pente raide pour de futurs clients, ne l’a pas perçu ainsi. De la glace aurait été envoyé sur ses hommes en dessous à cause des Occidentaux. Steck aurait été ensuite obligé de repousser l’homme qui est descendu en rappel, en criant après lui.

    Malgré des offres répétées de Steck pour aider les sherpas à fixer le passage, histoire de calme le jeu, rien n’y a fait. Au contraire.

    Une fois tout le monde de retour plus bas au camp 2, la pagaille a repris. La menace aurait été telle que Moro, Steck et Griffith remercient maintenant les autres grimpeurs qui leur ont «sauvé la vie» au campement, en s’interposant entre le trio et la foule en colère.

    Je vous ai parlé récemment de Steck. Mais il est encore bon de préciser qu’il est, en compagnie de Moro et Griffith, parmi les meilleurs grimpeurs sur la planète. Un statut qui rend cette situation sur la montagne encore plus troublante. Reste à démêler toute cette histoire pour mieux comprendre les torts de chacun.

    L’expédition semble maintenant terminée, alors que Steck et Griffith, qui agissait comme photographe, devaient quitter le camp de base pour de bon, si ce n’est déjà fait, selon ce que rapporte le magazine Climbing.

    Dans une récente vidéo (ci-dessous), Steck et Moro expliquent leur progression, et partagent le plaisir qu’ils ont à collaborer sur la montagne. Difficile d’imaginer l’étrange incident qui les attendait plus haut sur l’Everest…

    Lire les commentaires (9)  |  Commenter cet article






    Vendredi 26 avril 2013 | Mise en ligne à 13h48 | Commenter Aucun commentaire

    Bonne époque pour surmonter la perte d’un membre

    C’est étrange à dire, mais c’est une bonne époque pour surmonter la perte d’un membre. Ça n’enlève rien à la gravité de devoir faire le deuil d’une partie de soi, mais jamais les amputés n’ont eu autant de possibilités pour retrouver leur autonomie.

    À la suite des explosions au Marathon de Boston, de nombreux blessés se retrouvent actuellement à devoir apprendre à vivre avec un membre (souvent une partie d’une jambe dans ces cas-ci) en moins.

    Triste conséquence des guerres en Irak et en Afghanistan, les différents corps de l’Armée américaine se sont retrouvés avec de nombreux soldats ayant aussi subi des amputations. Résultat positif de tout ça, le développement des prothèses s’est accéléré et la qualité des produits s’est grandement améliorée dans la dernière décennie.

    Comme l’expliquait récemment le New York Times dans un de ses reportages, ce sont la guerre et le sport qui font avancer le développement des prothèses.

    Matériaux de l’ère spatial, moteurs et capteurs électroniques embarqués, modularité de membre pour plus de polyvalence… on est loin de la vulgaire jambe de bois!

    Ce qui fait que les blessés de Boston pourront bénéficier de ces avancées pour reprendre le plus rapidement possible leur vie active. Et leurs loisirs! Les fabricants ont désormais le savoir-faire pour répondre à la plupart des besoins sportifs dans amputés. Et le progrès est constant.

    Comme pour Adrianne Haslet-Davis, qui envisage déjà un retour à la danse après avoir perdu son pied gauche dans l’attentat. Elle espère avoir une prothèse en juin. La route vers le plancher de danse est encore longue, mais elle aura de l’aide. Un spécialiste s’intéresse notamment à lui fabriquer une prothèse spéciale pour reprendre son activité préférée.

    Pour d’autres, ce sera peut-être l’escalade, la randonnée, le vélo, le ski… ou même le surf! Dans la vidéo ci-dessus, on peut en effet découvrir le prototype de la prothèse amphibie Murr-ma. Le membre artificiel unique est destiné aux activités de plage et doit être aussi efficace pour courir sur le sable, que pour nager dans l’eau.

    Évidemment, toutes ces nouvelles prothèses issues de la technologie coûtent cher. Il faut souvent compter quelques dizaines de milliers de dollars pour des membres de la nouvelle génération.

    D’où l’importance d’appuyer des Fondations et autres organismes qui soutiennent les amputés, comme le fait chez-nous notamment les Amputés de guerre.

    Aucun commentaire  |  Commenter cet article






    Mercredi 24 avril 2013 | Mise en ligne à 15h08 | Commenter Commentaires (8)

    Dopage à l’Everest

    Dans l’univers de la montagne, c’était un secret de Polichinelle. Mais il aura fallu que le légendaire alpiniste Reinhold Messner ne le dise tout haut pour que le dopage sur les plus hauts sommets du monde ne soit finalement dénoncé.

    Et oui, tandis que les cyclistes ont l’EPO et les corticoïdes, les alpinistes ont aussi accès à une panoplie de produits dans leur petite pharmacie. Et ici, il n’est pas question d’oxygène supplémentaire en bouteille.

    Reinhold Messner. Photo Facebook

    Reinhold Messner. Photo Facebook

    Dans une récente entrevue accordée au magazine espagnol d’escalade Desnivel, Messner avance que jusqu’à 90% des grimpeurs qui passent par le camp de base de l’Everest ont recours à une forme d’aide chimique pour s’attaquer au toit du monde.

    Diamox, Decadron… des produits efficaces pour combattre les maux potentiellement graves liés à des problèmes d’acclimatation à l’altitude. Des substances qui se voulaient à la base destinées à la trousse d’urgence — ce qui est toujours le cas pour la plupart des cordées en expédition —, mais qui sont devenues des moyens d’améliorer les performances dans les conditions extrêmes de l’Everest et sur d’autres vertigineux sommets.

    Ainsi, certains auraient recours au Diamox ou encore au Decadron avant même l’apparition de symptômes. Parfois, avant même l’arrivée au camp de base et dans certains cas pour éviter d’avoir à utiliser de l’oxygène.

    Et c’est sans parler des autres produits… comme le Viagra! La petite pilule bleue serait en effet utilisée pour sa capacité de vasodilatation, qui aiderait la circulation sanguine en altitude. On aura tout vu!

    Entre les soins d’urgence, la prévention et l’amélioration des performances, dans ces lieux aussi extrêmes que les flancs de l’Everest, la ligne est parfois bien mince. De grandes questions d’éthique se posent alors.

    Peut-on comparer des ascensions faites avec ou sans produits dopants? Faudra-t-il en tenir compte dans le palmarès des grimpeurs, un peu comme on le fait actuellement pour les ascensions avec ou sans oxygène supplémentaire?

    Chose certaine, les conséquences de la consommation prolongée de pareilles substances en expédition peuvent être néfastes pour la santé. Un récit publié ce mois-ci dans Outside est particulièrement éloquent à ce sujet. «Tromper» ainsi son organisme sur la montagne à l’aide de produits dopants peut apparemment laisser des séquelles.

    Si des grimpeurs de renom admettent avoir utilisé dans certaines situations des produits dopants, d’autres assurent n’avoir jamais franchi la limite. À commencer par Messner, qui n’aurait jamais utilisé autre chose que des Aspirin en montagne durant ses légendaires premières ascensions dans les années 70 et 80, comme l’Everest en solo.

    À Outside, l’Italien de 68 ans s’est montré clair quant à sa vision de l’affaire. «Ce n’est plus possible désormais de dire qui fait de grandes choses dans l’Himalaya et qui utilise des drogues et triche. C’est clairement une forme de tricherie. Vous trichez contre vous même et contre les autres en utilisant des produits dopants.»

    Lire les commentaires (8)  |  Commenter cet article






    publicité

  • Catégories



  • publicité





  • Calendrier

    avril 2013
    D L Ma Me J V S
    « mar   mai »
     123456
    78910111213
    14151617181920
    21222324252627
    282930  
  • Archives