Jean-Sébastien Massicotte

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    Journaliste sportif au SOLEIL, Jean-Sébastien Massicotte signe la chronique Plein Air de ce quotidien. Quand il ne court pas en vue de son prochain marathon — ou après ses filles à la maison! —, il cherche l'aventure au grand air, aussi bien en montagne sur des skis, qu'au rythme des marées en kayak de mer.

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    Vendredi 24 août 2012 | Mise en ligne à 12h07 | Commenter Aucun commentaire

    Pagayer pour sa vie au Congo

    Un cours d’eau complètement monstrueux. De funestes dangers qui se cachent à chaque détour. Un pays loin d’être recommandé aux touristes en mal d’aventures…

    Bref, un cauchemar pour le commun des mortels. C’était pourtant le rêve de quatre des meilleurs kayakistes de la planète, prêts à tout risquer pour réaliser la toute première descente des terribles rapides Inga sur la rivière Congo, en Afrique.

    L’eau vive la plus imposante au monde, où des sections coulent à près de 50 km/h et forment des vagues de plus de 12 mètres de haut.

    Reste que le Sud Africain Steve Fischer, le Canadien Ben Marr et les Américains Rush Sturges et Tyler Bradt ont quand même hésité à se jeter dans la gueule du monstre.

    Mais après des années d’une préparation excessivement complexe, ils ont tenté le défi à l’automne passé, bien conscients qu’ils pourraient ne pas en revenir. Quatre jours sur l’eau qu’ils ont documenté avec des moyens imposants, malgré la difficulté de la mission à tous les niveaux.

    Athlète Red Bull, Fischer a réalisé le film Congo – The Grand Inga Project, sorti récemment, et que l’on peut notamment visionner sur iTunes.

    À regarder l’extrait ci-dessus, on comprend instantanément le sérieux de l’affaire. On ne doute pas un moment de la réputation de tueur du puissant cours d’eau.

    Au magazine Canoe & Kayak, Bradt a d’ailleurs bien résumé les dangers de l’aventure. «Je vous dirais que la rivière Congo, c’est sans l’ombre d’un doute la chose la plus épeurante, la plus dangereuse que j’ai faite en kayak.»

    Ah oui, il est bon de savoir que le gars qui parle détient le record pour le saut de chute en kayak le plus élevé! Un record de 57 mètres (187 pieds).

    «J’avais l’impression que la rivière tentait littéralement de nous tuer à chacun de ses détours», a ajouté l’Américain.

    Il a donc fallu planifier chaque portion sur l’eau avec une minutie à peine croyable. Souvent, le choix de la ligne à prendre dès la mise à l’eau était déterminé par les dangers à éviter… des kilomètres plus en aval. Un genre de Plinko ou le grand prix est d’avoir la vie sauve.

    Fisher a d’ailleurs failli perdre au jeu durant une descente d’entraînement en amont des rapides Inga, dans une portion au volume pourtant beaucoup moins imposant. Après une nage d’une trentaine de minutes sur 2,8 km et un passage sous l’eau d’environ 60 secondes, Fisher a été sorti du pétrin in extremis.

    Une autre fois, c’est Marr qui a été sauvé, cette fois par l’hélicoptère de l’équipe qui lui a donné un coup de main en le «poussant» avec le vent du rotor pour lui permettre d’atteindre une île où il a pu être récupéré.

    Pour l’expédition, Marr avait d’ailleurs fabriqué des ceintures spéciales pour empêcher les jupettes «d’imploser» sous la force de l’eau. Les kayaks étaient également équipés de systèmes de flottaison supplémentaires gonflants.

    En plus, les quatre kayakistes portaient une petite bonbonne d’oxygène au cas où. Un dispositif qui a assurément sauvé la vie de Fisher durant sa périlleuse nage.


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