Un lecteur m’a envoyé cet article où il est question d’un certain Jean Charest demandant à un certain Lucien Bouchard d’honorer sa promesse de geler les droits de scolarité…
J’ajoute aussi celui-ci, dans lequel le premier ministre Lucien Bouchard fait du gel une promesse électorale…
La Presse
Politique, mercredi 2 septembre 1998, p. B1
Bouchard promet de geler les droits de scolarité
Gagnon, Katia
Québec – S’il est réélu, le premier ministre Lucien Bouchard renouvelle la promesse faite en 1994 par son prédécesseur, Jacques Parizeau, et promet de geler les droits de scolarité à l’université pour toute la durée du mandat d’un nouveau gouvernement péquiste.
M. Bouchard s’est engagé en ce sens lors d’une rencontre il y a deux semaines avec les représentants des différentes fédérations étudiantes, a appris La Presse. «M. Bouchard nous a indiqué que s’il avait réussi à maintenir les droits gelés pendant la période de réduction des dépenses qui vient de se terminer, il ne verrait pas pourquoi il ne pourrait pas le faire pour la période de surplus budgétaires qui s’en vient», confirme le président de la Fédération étudiante universitaire du Québec, Nikolas Ducharme.
Les fédérations étudiantes ne se satisferont cependant pas de cet engagement, contracté en privé, et s’attendent à ce que le chef du gouvernement se commette publiquement sur cette question. «On est content, mais on le serait encore plus s’il s’engageait formellement en public», dit M. Ducharme.
Le chef libéral, Jean Charest, s’est de son côté engagé à n’augmenter qu’au minimum les droits de scolarité, en fonction de la hausse du coût de la vie, une promesse qui a déplu aux leaders étudiants qui réclament un gel total.
Depuis quatre ans, le niveau des droits de scolarité est demeuré stable, mais au prix d’intenses pressions de la part des associations étudiantes, qui ont dû sortir dans la rue pour contraindre le gouvernement péquiste, pris à la gorge par son objectif de déficit zéro, à respecter sa promesse de 1994.
Le premier ministre Bouchard ne s’est toutefois pas limité aux droits de scolarité: lors de la même rencontre, il a également promis aux fédérations étudiantes que son gouvernement légiférerait pour interdire les clauses discriminatoires, dites «orphelin», qui désavantagent les jeunes travailleurs en leur imposant un salaire moindre que celui de leurs aînés.
M. Bouchard n’a pas précisé letype de législation auquel son gouvernement aurait recours, mais tout indique que le ministre du Travail, Matthias Rioux, se prépare à élaborer une loi cadre pour limiter le recours à ces clauses discriminatoires, une législation qui pourrait être adoptée dès la prochaine session parlementaire.
Hier, en commission parlementaire, l’Union des municipalités du Québec est pourtant venue avertir le gouvernement de ne pas interdire les clauses discriminatoires sans donner d’autres options aux municipalités pour réduire le niveau de leur masse salariale. Sans quoi, soutient l’organisme, les villes n’auront d’autre choix que d’augmenter les taxes.
Rappelons que le recours aux clauses discriminatoires a grimpé en flèche dans les municipalités depuis le transfert financier de 500 millions de Québec vers les municipalités, qui n’avaient pas le droit, pour respecter ces nouvelles obligations financières, d’abaisser le salaire de leurs employés actuels. Elles ont donc usé d’autres moyens, qui pénalisent les nouveaux employés. «En interdisant les clauses orphelin, on va peut-être créer un problème au lieu d’en régler un. On ne peut pas régler de façon simple un problème complexe», lance le président de l’Union des municipalités, Mario Laframboise, qui croit qu’ajouter au «carcan» qui enserre déjà les relations de travail dans le monde municipal ne pourra conduire qu’à une hausse des taxes.
«Est-ce que c’est possible de penser un instant au contribuable?» s’est-il exclamé.