Vincent Marissal

Archive, septembre 2012

Samedi 1 septembre 2012 | Mise en ligne à 19h09 | Commenter Commentaires (167)

Le retour des vieux démons

pauline-marois

Il lui en aura fallu du temps, mais le ROC (rest of Canada) vient d’allumer: eh oui, il y a des élections au Québec et le Parti québécois pourrait fort bien reprendre le pouvoir. Du coup, le spectre du référendum revient hanter les Canadiens des autres provinces, dont plusieurs ne se sont toujours pas remis de la quasi victoire du OUI en 1995.

Le réveil est brutal. Les réactions aussi.

Voyez ici cette chronique de Conrad Black, dans le National Post (lisez aussi les commentaires de lecteurs).

Et ici, un commentaire de David Frum, ancien conseiller de George W. Bush (c’est lui qui a inventé la célèbre image de l’«Axe du mal».

Plus modéré, mais néanmoins totalement hostile au Parti québécois, l’éditorial du Globe and Mail, qui en appelle à un gouvernement de coalition PLQ-CAQ.

Le Naitonal Post rejette aussi catégoriquement le PQ, jetant plutôt son dévolu sur la CAQ.

Cette montée aux barricades du Canada anglais a fait dire ces derniers jours à Pauline Marois que François Legault est le choix du Canada et qu’il est l’ami de Stephen Harper.

Certains commentateurs du reste du Canada sont (heureusement) plus nuancés. Pour un son de cloche juste, il y a Chantal Hébert au Toronto Star, Paul Wells au magazine Maclean’s et Jeffrey Simpson, du Globe and Mail, qui signe ici (merci, Jeffrey!) une chronique en forme de mise au point adressée à ses collègues qui parlent du Québec à travers leur chapeau.

L’anxiété ne monte pas qu’à Toronto, les anglophones du Québec aussi s’inquiètent du retour du PQ au pouvoir. L’engagement de Pauline Marois de réécrire la loi 101 pour, notamment, l’étendre au cégep, est mal reçu dans la communauté anglophone. Le quotidien The Gazette mène la charge contre le PQ.

Samedi matin, à Châteauguay, la chef du PQ s’est fait reprocher par des membres de la commission scolaire New Frontiers de vouloir durcir la loi 101. L’échange a été courtois, mais le ton ferme et les positions respectives bien arrêtées.

Quelques instants plus tard, lors d’un point de presse, un collègue de The Gazette a eu du mal à garder le détachement professionnel d’usage et s’est engagé dans une discussion animée (et émotive) sur la question avec Pauline Marois. Quelques personnes qui assistaient à la scène ont même applaudi le collègue lorsqu’il a fait remarquer à la chef du PQ qu’un adulte francophone peut fort bien étudier en anglais au cégep ou à l’université sans perdre son français.

«Pas question que l’État finance l’anglicisation des Québécois», a tranché Mme Marois, qui a été, à son tour, applaudi par ses militants à la fin du point de presse.

L’enthousiasme dans les troupes péquistes atteint aujourd’hui le niveau du milieu des années 90, a dit samedi Mme Marois. On peut dire la même chose de l’anxiété de la communauté anglophone et du ROC, apparemment.

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