
Ça fait trois mois que ça dure (Photo: Le Devoir)
On l’oublie, mais derrière les étudiants en grève, il y a bien souvent des parents impuissants, frustrés et inquiets devant ce conflit qui s’éternise.
J’ai voulu partager avec vous le courriel reçu mercredi d’un papa qui désespère devant cette situation pourrie. Il met en relief les absurdités d’un processus démocratiques défectueux dans les cégeps et les universités.
Le voici (j’ai volontairement retiré le nom de mon correspondant):
Lundi matin, j’ai téléphoné à ma fille à 7h00. Elle fréquente le Cegep Marie-Victorin et est en première année de technique.
Fille : Allo ?
Moi : Allo mon coeur! Désolé de te réveiller mais y’a un vote ce matin à 9h00. C’est sur l’entente pour mettre fin à la grève. Il faut que tu y ailles.
Fille : Pourquoi ?
Moi : Pourquoi!
Fille : C’est même pas un vote sur la fin de la grève.
Moi : C’est sur l’entente. Si vous acceptez l’entente, c’est pour mettre fin à la grève. C’est important de voter!
Fille : Tu comprends pas. C’est plus compliqué que ça. Là, ils vont voter mais ça va prendre un autre vote qui devra passer aux deux tiers pour que la grève se termine.
Moi : Ben là si tout le monde se dit ça, ça va finir quand ? Tu vas pas laisser des enragés décider à ta place ?
Fille : Ça pas rapport!
Moi : Bon là je te laisse parce que je vais dire des naiseries. Je suis fâché. Bye.
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En soirée, ma fille m’a dit qu’elle était allée voté en faveur de l’entente mais que ça ne servait pas à grand chose puiqu’elle
avait été refusée à 95%. Je lui exprimais mon incompréhension face au fait qu’ils n’avaient été que 15% à se déplacer pour aller voter. Comment se fait-il que 3000 étudiants restent muets après 3 mois de grève ?
Sans me donner de réponse, elle me disait que la plupart des personnes de sa technique, étaient contre la grève mais ne voulaient pas voter pour un retour en classe car ils ne veulent pas d’une session à raison de 6 jours/semaine dont les journées vont s’étirer jusqu’en soirée. Ils pensent que ça va les conduire vers un échec. Ils attendent donc tranquillement que le gouvernement annule la session! Ils s’imaginent qu’ensuite tout va redémarrer normalement à l’automne…
Je voulais partager mon désarroi. Merci d’avoir pris le temps de me lire.