
Gabriel Nadeau-Dubois, de la CLASSE
Le conflit entre les associations étudiantes et le gouvernement Charest s’est envenimé encore un peu plus ces derniers jours, au point où une solution pour sauver la présente session semble maintenant bien improbable.
Depuis le début, la personnalisation des débats entre la ministre et les représentants des associations étudiantes a contribué à pourrir ce débat. Rappelez-vous, notamment, de la déclaration de Line Beauchamp qui disait refuser de s’asseoir avec Gabriel Nadeau-Dubois, parce que celui-ci avait participé à une occupation de son bureau. Susceptible, la ministre. Les anglais ont une expression qui s’applique bien ici: Si tu ne supportes pas la chaleur, sors de la cuisine!
L’attitude du gouvernement suinte le paternalisme et on fait beaucoup plus d’effort pour personnaliser le débat que pour trouver une solution. Depuis des semaines, Gabriel Nadeau-Dubois doit s’excuser pour ceci, condamner cela, confesser ses péchés, ceux des casseurs et demandez pardon Matante…
Le gouvernement ne fait pas tant de chichi quand vient le temps de s’asseoir avec des chefs syndicaux qui ne se sont pourtant pas empressés de condamner la violence lors des «actions spontanées» sur les chantiers, l’automne dernier.
La place qu’occupe le porte-parole de la CLASSE dans les déclarations et décisions de la ministre est devenue totalement disproportionnée.
C’est à croire que c’est le gouvernement du Québec contre Gabriel Dubois-Nadeau! C’est à croire que les libéraux veulent en faire l’enjeu de la prochaine élection! C’est à croire que le gouvernement se cherche un vilain et tente d’y associer tous ceux qui le soutiennent, le Parti québécois au premier chef.
Jeudi matin, à l’Assemblée nationale, le premier ministre a dit que son gouvernement refuse de négocier avec des gens (la CLASSE de GND) qui ne partagent pas ses valeurs. Du coup, il a lié Pauline Marois aux radicaux parce que celle-ci porte le carré rouge. Je devrais peut-être me méfier des très nombreux parents, dans la cour d’école de mes enfants, qui portent le carré rouge en signe de solidarité au mouvement étudiant. Sont-ce de dangereux radicaux qui véhiculent des valeurs antidémocratiques jusqu’aux portes de la maternelle?
Cette personnalisation est grotesque, puérile et, surtout, ça ne sert rien ni personne, sinon, peut-être les intérêts électoralistes de Jean Charest. Gabriel Nadeau-Dubois prend de la place, vrai, mais ce n’est tout de même pas Ben Laden! Les membres du gouvernement libéral acceptent régulièrement de s’asseoir avec des gens aux valeurs passablement plus toxiques, mais il est vrai que ceux-ci laissent parfois un chèque…
On irait vraiment en élections au Québec sur le dos des associations étudiantes? Jean Charest contre Gabriel Nadeau-Dubois? Soyons sérieux! Ce gouvernement usé irait vraiment en élection pour défendre une hausse de droits de scolarité? Méchant projet de société!
Remarquez, Jean Charest ne peut tout de même pas affronter l’électorat en défendant son bilan. La confrontation avec les leaders étudiants lui permettrait d’avoir l’air «tough» contre le PQ sympathiques aux associations étudiantes et, en prime, cela ferait écran de fumée devant les problèmes de corruption qui plombent le PLQ.
Jean Charest ne peut pas, non plus, refaire une campagne sur la crise économique. Et il a tout intérêt à y aller avant que certains n’aillent déballer leur sac devant la Commission Charbonneau.
Au point où il en est, il n’a pas grand chose à perdre. Le Québec, par contre…