Chaque fois qu’un député en exercice fait défection à son parti pour en rejoindre un autre, le débat reprend: faut-il légiférer pour interdire les transfuges?
Lorsque deux députés le font la même journée, l’ardeur du débat est évidemment amplifiée.
La loi permet aux députés de changer d’allégeance, de devenir indépendant ou de démissionner en cours de mandat. Le NPD a déposé à Ottawa un projet de loi obligeant les transfuges à démissionner et à se représenter sous leur nouvelle bannière, mais ce projet de loi ne passera pas, évidemment. Pour plus de détails sur le projet de loi du NPD: C-306
Interdire les transfuges s’apparente, quant à moi, à une atteinte à la liberté d’expression. Dans notre système, on élit d’abord un individu, individu qui peut changer d’allégeance pour diverses raisons. Pensez, notamment, à Lucien Bouchard en 1990 au fédéral ou à Pierre Curzi, Louise Beaudoin et Lisette Lapointe l’été dernier ou encore à l’ancien député libéral Blair Wilson (Colombie-Britannique), qui avait joint en 2008 le Parti vert d’Elisabeth May.
J’exècre moi aussi les députés qui changent de parti par pur opportunisme (David Emerson et Belinda Stronach étant de loin les pires cas de mémoire récente), mais on ne peut accepter un principe à moitié. Les électeurs sont libres (et ont même le devoir) de punir ou d’approuver le geste de leur député aux prochaines élections et, généralement, ils sont durs envers les transfuges.
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