Vous vous souvenez de cette histoire d’un citoyen de Pierrefonds, Théodore Antonopoulos, qui avait peint le drapeau de son pays d’origine sur sa porte de garage après la victoire de l’équipe nationale grecque de soccer à l’Euro 2004? L’arrondissement de Pierrefonds lui avait alors ordonné d’effacer le drapeau, ce que M. Antonopoulos avait dû faire, à contrecoeur, après avoir perdu sa cause en cour. Le pauvre bougre avait mis 10 semaines à réaliser sa fresque et il avait retenu les services du célèbre avocat Julius Grey pour défendre sa liberté d’expression contre des règlements municipaux qu’il jugeait abusifs.
Cette histoire m’est revenue en tête en entendant que le gouvernement conservateur veut adopter une loi pour interdire à quiconque d’empêcher son prochain d’afficher fièrement le drapeau canadien. Donc, si Théodore Antonopoulos ou quiconque peignait le drapeau canadien sur sa porte de garage après la prochaine victoire de l’équipe canadienne de hockey au championnat du monde ou aux Jeux olympiques, la loi fédérale interdirait qu’on brime sa ferveur patriotique. Idem si votre voisin de palier décide d’accrocher un unifolié sur la rampe de l’escalier extérieur ou sur la devanture de votre superbe immeuble à condos dans le Vieux-port, de planter un mat avec drapeau devant un lac, juste dans votre champ de vision, de peindre un drapeau sur la clôture mitoyenne, etc.
Le ministre du Patrimoine, James Moore, qui défend le projet de loi privé d’un de ses collègues députés, dit s’en remettre au jugement des citoyens pour éviter les situations fâcheuses. Justement, pourquoi une loi du drapeau si on peut s’en remettre au jugement des citoyens?
Je ne sais trop quelle mouche a piqué le gouvernement Harper, mais ils sombre dans un véritable délire patriotique ces temps-ci…
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