Vincent Marissal

Archive, mai 2011

Vendredi 27 mai 2011 | Mise en ligne à 10h05 | Commenter Commentaires (135)

La masse, la mouche et le bâillon

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Pauline Marois m’a appelé jeudi matin pour me dire que j’étais «à côté de mes pompes» en écrivant, dans ma chronique du jour, que «si Mme Marois, ex-ministre de la Santé, et son gouvernement avaient manifesté le même empressement pour le nouveau CHUM au début des années 2000, on y soignerait des patients depuis quatre ou cinq ans déjà».

De fort bonne humeur (c’est elle-même qui le dit!), la chef du PQ m’a rappelé, ce qui est vrai, qu’elle a beaucoup poussé pour que le CHUM soit construit au site original du 6000 Saint-Denis, contredisant même son chef Bernard Landry et ses collègues. Vrai aussi, Mme Marois ne peut être tenue responsable des décisions (ou, plutôt, de l’indécision) du gouvernement Charest dans le dossier à partir de 2003.

Cela dit, Mme Marois convient que son gouvernement, qui avait lancé le projet du CHUM en 2000, n’a pas livré la marchandise.

Ce que je retiens surtout de cet appel matinal, c’est que Mme Marois ne voulait pas parler du dossier chaud de l’heure: le futur amphithéâtre de Québec (et les contorsions juridico-politiques de son parti pour accommoder le maire Labeaume).

«Je comprends que nous ne sommes pas du même avis sur la question, et je respecte votre opinion», m’a simplement dit Pauline Marois, ajoutant que Denis de Belleval s’agite autant simplement parce qu’«il est contre le projet».

Voilà mon point, justement: M. De Belleval,  comme n’importe quel citoyen, a parfaitement le droit d’être contre et il existe des recours légaux pour faire valoir son opposition (une requête en nullité), recours dont le PQ, le gouvernement libéral, l’ADQ et le maire Labeaume veulent le priver.

Si le «deal» est légal, solide et justifié, pourquoi craindre une contestation? Pourquoi une loi spéciale? N’utilise-t-on pas ici une masse pour tuer une mouche?

Selon Mme Marois, il n’est pas inusité, pour l’Assemblée nationale, de légiférer pour «rendre légal ce qui est illégal». Elle ajoute que l’Assemblée nationale l’a fait au moins 25 fois, dossiers à l’appui.

Je veux bien que les députés permettent, de façon exceptionnelle, à un village d’enterrer ses déchets dans le village d’à côté, même si cela est illégal en principe, mais il me semble que l’affaire qui nous préoccupe ici est d’une toute autre envergure, non?

Pour mieux comprendre, d’ailleurs, les tenants et aboutissants juridiques, je vous suggère la chronique de mon collègue Yves Boisvert.

Quant au droit au recours juridiques de Denis de Belleval (ou de quiconque), voyez la jurisprudence relevée par le professeur de droit constitutionnel et administratif de l’Université de Montréal, Frédéric Bérard, dans ma chronique de jeudi.

Mais de ça, Pauline Marois ne voulait pas vraiment parler. Je la comprends, parce que la suite de l’histoire s’annonce encore plus gênante que l’épisode du projet de loi spéciale.

Le PQ, opposition officielle à l’Assemblée nationale, s’apprête en effet à appuyer le recours au bâillon, pour faire passer la loi spéciale bétonnant le deal Labeaume-Quebecor.

Ben coudonc, la fin justifie les moyens, apparemment. Surtout quand cette fin est purement électoraliste.


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Mercredi 25 mai 2011 | Mise en ligne à 23h15 | Commenter Commentaires (53)

Un milliard ici, 28 millions en France

Souvenir du G20, à Toronto, en 2010 (Le Devoir)

Souvenir du G20, à Toronto, en 2010 (Le Devoir)

La vérificatrice générale, Sheila Fraser quitte ses fonctions lundi, au terme de son mandat de dix ans non-renouvelable.

Elle quitte, mais elle laisse derrière elle un dernier rapport, très attendu, sur le coût des sommets du G8 et du G20, l’été dernier à Toronto.

On sait déjà que ces réunions des grands de ce monde ont coûté près d’un milliard $ aux Canadiens et des fuites durant la campagne laissent croire qu’une partie des budgets n’a pas été dépensée correctement dans le cadre des sommets.

On aura enfin l’heure juste dans les prochains jours, lorsque les travaux reprendront aux Communes.

En attendant, rappelons que le G8 de Pittsburgh, en 2009, avait coûté quelque 200 millions $. On apprend par ailleurs ces jours-ci que les Français ne payeront que 28 millions $ pour le présent sommet de Deauville.

Une aubaine à côté des folles dépenses de Toronto. Faut dire que le gouvernement français n’a pas fait reproduire une tour Eiffel à Deauville pour plonger les visiteurs dans l’ambiance française…

Le détails des coûts du sommet de Deauville, ici.

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Vendredi 20 mai 2011 | Mise en ligne à 8h22 | Commenter Commentaires (181)

Les Empereurs de Québec

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J’ai une suggestion et deux questions concernant le palpitant dossiers du futur amphithéâtre de Québec.

Suggestion, d’abord: si jamais le pape Gary Bettman daignait redonner une équipe à Québec, celle-ci pourrait s’appeler les Empereurs, en hommage au maire qui travaille si fort pour le développement de la LNH, quitte à écraser tous les importuns qui osent poser une ou deux questions sur l’usage de fonds publics et sur le montage financier de son affaire.

Qu’est-ce qu’ils disent déjà les Américain? Ah oui: no taxation without representation. C’est un principe inaliénable aux États-Unis. À Québec, c’est plutôt: paye tes taxes pis ferme ta gueule.

Deux questions, maintenant:

- Si le projet entre Québec et Quebecor est si bon, si rentable, si fantastique pour Québec, pourquoi alors avoir peur d’une contestation judiciaire (qui est un droit fondamental, en passant)? Ah, c’est vrai, il ne faut pas indisposer le pape Bettman…

- Le Parti libéral de Jean Charest, qui fait semblant de regarder ailleurs pendant que le PQ se déchire à propos d’une loi spéciale interdisant tout recours judiciaire contre le projet (un droit en démocratie, l’ai-je déjà dit?), c’est bien le parti de Robert Bourassa, celui-là même qui a fait adopter la charte des droits et liberté québécoise?

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