Il y a un peu plus de trois ans, Pauline Marois quittait se brève retraite et prenait la tête du PQ, à la demande de militants repentants et encore sous le choc de l’épisode André Boisclair.
Le PQ, tel un malade qui avait frôlé la mort, acceptait sans rechigner la prescription de sa nouvelle chef: fini l’obsession sur la date référendaire, ménage dans les structures et le discours du PQ et nouveau programme axé sur la création de la richesse.
Depuis, le PQ a pris du mieux… et a repris ses mauvaises habitudes, comme le malade qui se croit guéri et qui se remet à fumer, à manger de grans trans et à prendre un coup.
Mme Marois a beau affirmer qu’il n’y a pas de problème de leadership au PQ, le contraire crève les yeux.
Résumons:
- d’anciens gros canons du PQ, dont François Legault et Joseph Facal, mijotent un plan pour créer un nouveau parti
- Jacques Parizeau ressort de l’ombre pour critiquer la stratégie Marois et vanter l’approche Duceppe
- Bernard Landry dénonce aussi le manque de détermination à tenir un référendum de Mme Marois
- Idem pour la députée Lisette Lapointe (femme de Jacques Parizeau)
- Gilles Duceppe va vendre le projet de souveranité à Washington, prenant le rôle de figure dominante du mouvement souverainiste
- trois députés (Bernard Drainville, Nicolas Girard et Nicolas Marceau) court-circuitent leur chef et proposent d’abaisser à 100 $ le plafond des dons aux partis politiques (la position officielle du PQ est de 500 $)
- plusieurs députés et militants parlent du «malaise Marois» décelé dans les sondages, notamment du fait qu’elle fait à peine mieux que Jean Charest à la question «quel chef ferait le meilleur premier ministre»
Tout ça en moins de deux semaines. Voilà qui augure mal pour le congrès et le vote de confiance d’avril.
Pauline Marois m’avait dit, peu de temps après son retour triomphal au PQ, qu’elle revenait pour changer des choses et non pas pour subir les mêmes vieilles querelles intestines de son parti. Elle n’est pas revenue, avait-elle ajouté, pour se taper les mêmes vieux débats.
J’avais retenu de cette conversation que Pauline Marois pourrait repartir aussi vite qu’elle était revenue si son parti se mettait à la «picosser».
Le PQ est-il en train de mettre la table pour manger un autre chef?
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