L’idée circule depuis quelques semaines: nommer un «émissaire», un «ambassadeur spécial» ou un «envoyé spécial» du Canada pour Haïti.
Plusieurs noms ont circulé, les libéraux suggérant même Brian Mulroney. L’ONU a nommé Bill Clinton à ce poste.
La candidate idéale, toutefois, semble toute trouvée: Michaëlle Jean, fille d’Haïti, qui termine prochainement son mandat de gouverneure générale et qui vient d’arriver dans son pays d’origine pour une courte visite protocolaire.
Pour l’avoir constaté de mes yeux sur place, je vous confirme que Mme Jean est une véritable superstar en Haïti. Un véritable chef d’État, au même titre que Barack Obama!
Ne pariez toutefois pas vos économies sur cette nomination par Stephen Harper. Ni sur aucune autre nomination, d’ailleurs, pour Haïti.
«Les émissaires ou envoyés spéciaux, c’est pas notre truc. Nous fonctionnons avec notre ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon et notre ambassadeur à Port-au-Prince et cela nous convient parfaitement», m’a confié un proche conseiller de M. Harper ces derniers jours.
Voilà qui règle la question d’une éventuelle nomination de Michaëlle Jean dans un poste particulier pour Haïti.
Cela ne règle pas, toutefois, la question cruciale du suivi des centaines de millions que nous verserons pour la reconstruciton de ce pays rongé par des problèmes endémiques de corruption.
Le regard distrait d’un ministre débordé par ses tâches courantes suffira-t-il à nous assurer que nous ne sommes pas, encore une fois, en train de verser de l’eau dans une chaudière percée?
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