
À chaque fois qu’une SAQ ferme, les résidents du quartier, totalement démunis, s’inquiètent (lisez cet article de Masson.com paru en 2010). Dans ce cas, la succursale a réouvert un peu plus loin. Photo David Bruneau/RueMasson.com
La Société des alcools du Québec détient le monopole de la vente d’alcool. À quelques détails près — la permission spéciale qu’ont les épiceries de vendre certains vins, généralement médiocres — on ne peut acheter de bonnes bouteilles ailleurs. On a appelle ça avoir une clientèle captive. D’un point de vue marketing, c’est du bonbon. On attire nécessairement des clients quand on en offre: il n’y en n’a pas ailleurs. On les attire dans un commerce, dans une rue, dans un quartier….
Société d’état, cette entreprise cherche toutefois constamment à augmenter ses profits. Et cette considération est primordiale. Donc elle prend ses décisions avec la même logique que Walmart. Si, pour accroitre sa rentabilité, il est plus efficace d’aller s’installer en banlieue, dans un centre commercial, entre un ceci-Dépôt et un celà-Dépôt, elle va le faire. Et si, pour cela, vaut mieux fermer des petites succursales modestes de rues commerciales de quartiers urbains, rentables mais jamais aussi spectaculaires que les succursales géantes, peu importe.
Sauf que cette stratégie — fermer les petites succursales de quartier et ouvrir d’énormes succursales dans les “power centers” de banlieue, va à l’encontre des politiques de lutte contre l’étalement urbain du gouvernement. Rien de moins. La main droite de l’État défait ce qu’essaie d’accomplir la main gauche, avec beaucoup d’efforts. Pendant qu’on essaie de promouvoir la densification, les déplacements sans voitures, le développement commercial de proximité, la SAQ, elle, se comporte comme si on habitait tous à Phoenix AZ, prêt à tout faire en VUS.
Pas logique.
Ma chronique sur la question.