Marie-Claude Lortie

Archive de la catégorie ‘Le bord de la mère’

Mercredi 15 mai 2013 | Mise en ligne à 20h19 | Commenter Commentaires (22)

Angelina, les seins et les hommes

Capture d’écran 2013-05-15 à 20.17.53

Photo AFP. Angelina Jolie et Brad Pitt à Cannes, quand elle était enceinte de ses jumeaux.

Vous avez tous entendu parler d’Angelina Jolie qui s’est fait faire une double mastectomie préventive pour ne pas mourir d’un cancer du sein, espère-t-elle. Angelina porte le gène associé à un risque très élevé de cancer du sein et des ovaires, cancer dont sa mère est morte à 56 ans. Elle se fera aussi enlever les ovaires. L’actrice a décidé de retirer de son corps les organes susceptibles d’être envahis par la maladie. C’est son choix. On en parle depuis deux jours. J’ai d’ailleurs écrit une chronique sur le sujet ici.

Est arrivée dans mon courriel une lettre d’un lecteur que j’ai connu dans une autre vie. Un voisin d’enfance, qui raconte une histoire parallèle plutôt surprenante: celle d’un homme qui s’est fait lui aussi enlever les seins, les têtons devrait-on peut-être dire, puisque les hommes n’ont pas vraiment de vrais seins, n’est-ce pas ?

La voici.

“Pour moi, oui oui tu lis bien, pour un homme je me suis aussi posé la même question à l’âge de 38 ans. Selon les statistiques 1% des personnes touchées par le cancer du sein sont des hommes !

À l’âge de 36 ans, j’avais mal aux seins et je croyais que je faisais trop d’exercice. Finalement après quelques mois de compresses chaudes et d’exercices prescrits par  une physiothérapeute la douleur était toujours présente. Finalement, une mammographie (ici je te passe les commentaires des femmes présentes dans la clinique pour femmes au sujet d’un intrus mâle) et les résultats arrivent: “Monsieur on décèle des anomalies dans les deux seins et celui de droite est plus gros que celui de gauche et il semble se développer.”

– De quoi je souffre docteur ?

– Non non pas du cancer du sein, mais vos seins poussent comme un adolescent et nous devons arrêter cette poussée.

Ok, alors voilà le Tamoxifen qui entre en jeu. Je me présente à la pharmacie pour remplir l’ordonnance et la pharmacienne sans gant blanc me dit fort: « Vous savez monsieur, il doit y avoir erreur, c’est un médicament pour le cancer du sein. » Je veux fondre devant tout le monde qui me regarde et du tac au tac je lui dis « Madame, j’ai présentement un problème aux seins et mon docteur doit savoir ce qu’il me prescrit, mais je vous demanderais d’être professionnelle et de lui téléphoner immédiatement pour confirmer ».

Le Tamoxifen n’a pas eu le résultat escompté, après plusieurs mois de traitements.  Je me suis donc retrouvé après plusieurs rendez-vous chez le médecin avec le diagnostic qu’à l’âge de 50 ou 60 ans je me retrouverais avec un risque de 80% à 90 % d’avoir un cancer du sein ?!?!! « Qu’est-ce que je fais maintenant ? »

– Vous attendez ou vous faites enlever !

– Hey là, vous voulez me mutiler le corps ?  Comment je ferai moi pour aller à la plage ou à la piscine avec de gros trous à la place des seins ?

Ai-je le choix ?  Oui. Mais je ne veux pas mourir non plus alors je décide de tout faire ôter.  Premier rendez-vous chez un chirurgien et je lui exprime mes craintes. « Monsieur, vous êtes un homme, on n’a pas à faire attention »  Merci, bonjour j’en ai choisi un autre qui a été sensible à ma requête et a compris. Malgré tout, j’ai pu repousser cette opération à trois reprises… J’ai été chanceux !  Le matin de l’intervention, le docteur me demande: « Je fais un aujourd’hui et je vous ferai l’autre dans quelques mois? »  Non non, les deux aujourd’hui. J’ai le courage aujourd’hui alors vas-y avec ton bistouri puis coupe mon homme.   Bref tout est parti et une semaine plus tard de retour chez le chirurgien. Il me confirme qu’il n’y avait pas de tumeur ni de trace de cancer. Ouf !  Vient l’étape d’enlever les pansements… J’ai peur de regarder ! Le médecin est fier de sa job. Je regarde et les cicatrices sont minimes et il me dit « qu’il a trimé dur pour pas trop maganer ». J’en reviens pas de voir les petites cicatrices et qu’il a été retirer toutes mes glandes mammaires par ces petites incisions et ce jusqu’en dessous des aisselles !

Aujourd’hui, 17 ans plus tard, personne ne regarde mes seins attentivement à la piscine ou à la plage et personne ne me dit « dekessé que t’as eu ? » Pas plus qu’à  l’été 95 !  Et je n’ai pas le cancer, même si je sais que j’ai encore 5% de risque de l’avoir malgré tout. Non, je n’ai pas le risque d’avoir le cancer des ovaires, mais chez l’homme ce sont les risques d’avoir le cancer de la prostate qui sont associés au cancer du sein.  Je me surveille et je fais confiance à mon docteur !

Voilà, chère Marie-Claude, mon histoire à moi un homme avec une décision à la Angelina.”

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Vendredi 10 mai 2013 | Mise en ligne à 16h18 | Commenter Commentaires (139)

Avortement. Liberté. Alerte

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La Marche pour la Vie hier à Ottawa. Photo Canadian Press.

L’ancien chef de cabinet de Brian Mulroney, Norman Spector, a tenté de me rassurer ce matin sur Twitter en affirmant ” Il n’y a pas de loi et il n’y aura pas de loi.” Reste que je suis inquiète pour la liberté en matière d’accès à l’avortement quand j’apprends que des députés fédéraux conservateurs travaillent assidument, petit à petit, à rouvrir le débat sur cette question.

Capture d’écran 2013-05-10 à 14.37.19

La nouvelle était à la une du Post ce matin. Dans le Globe aussi. Une trentaine de députés et sénateurs ont participé hier à la marche contre la liberté en matière d’avortement qui se tenait à Ottawa.  Leur but cette année: alerter l’opinion publique à l’avortement de foetus féminins, pratique totalement marginale au Canada mais répandue en Asie, notamment en Inde.

Comme ce gouvernement sait comment fonctionner discrètement, sous les radars, sans déclencher de grands éclats, l’approche à petit pas que semblent préconiser les militants dits pro-vie a de quoi semer le doute. Ce n’est pas le gouvernement qui manoeuvre. Mais ses députés d’arrière-banc. Les élèves pourraient-ils dépasser le maître ?

Les militants pro-choix ont raison d’être sur le qui-vive.

Mais quel gâchis.

Quel gâchis parce qu’il y a de vraies questions pointues troublantes touchant les avortements dont on devrait pouvoir parler et donc on ne parle pas et dont on ne parlera pas tant que les soit-disants Pro-Vie seront aussi braqués, immuables dans leurs positions, menaçants. Les avortements systématiques de foetus féminins ? Les avortements ultra-tardifs ? Pas des questions inintéressantes.

Même la présidente du Conseil du statut de la femme, Julie Miville Dechêne, pro-choix s’il en est une, admet qu’il y a de microzones de questionnements. (Bien qu’au Québec, il y ait moins de 200 avortements tardifs — quand les mères sont enceintes de plus de deux trimestres — et que les études qui semblent indiquer qu’il y ait un problème d’avortements destinés à éliminer les filles sont minuscules et donc statistiquement peu fiables. )

Mais comment avoir une discussion sérieuse, songée, équilibrée, sereine, avec des intégristes ? Laisser entrer le loup dans le poulailler ? Jamais de la vie.

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Mardi 29 janvier 2013 | Mise en ligne à 12h16 | Commenter Commentaires (134)

Lola, parlons-en

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Image tirée du film Scènes de la vie conjugale d’Ingmar Bergman.

À voir le nombre de courriels reçus depuis lundi et le nombre de commentaires sur Twitter, je crois pouvoir constater que vous avez légèrement envie de discuter du cas Lola.

Alors parlons-en ici.

Voici ma chronique sur le sujet.

Voici celle de ma collègue Stéphanie Grammond.

Voici celle de mon collègue Yves Boisvert.

Texte intéressant ici d’une étudiante en droit qui essaie de nous faire comprendre l’injustice subie par Lola, en renversant les rôles.

Alors je vous invite à discuter ici dans le calme, en espérant qu’on y entende toutes sortes de voix qui ne soient pas dominées par des ex en colère, pas exactement des modèles de sérénité pour discuter de ces questions. (Cas qui nous rappellent pourquoi c’est au moment où on y pense le moins et où on veut le moins y penser qu’il faut parler de comment on veut s’organiser en cas de séparation: quand ça va bien.)

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