Marie-Claude Lortie

Archive de la catégorie ‘La vie de la cité (genre)’

Mardi 3 juin 2014 | Mise en ligne à 19h26 | Commenter Commentaires (225)

Mariés, pas mariés…

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Après avoir eu un bébé, Kim et Kanye ont choisi de se marier… Combien on parie qu’ils sont passés chez le notaire pour régler les questions financières.

Après des années de discussions sur le sujet, dans la foulée de l’affaire Lola et Éric, et après une analyse méticuleuse du dossier, le Conseil du statut de la femme propose au gouvernement de réformer le droit sur la famille pour que la protection offerte aux conjoints de fait soit la même que celle fournie aux couples mariés. À moins, et le “à moins” ici est très important, que le couple décide de se soustraire à cette protection.
En d’autres termes, le CSF propose qu’au lieu que les couples de fait n’aient aucune des protections légales du mariage (à moins d’aller chercher un acte notarié pour encadrer leurs responsabilités mutuelles comme c’est la nécessité actuellement), ce soit plutôt la protection qui soit accordé aux couples de fait automatiquement, alors que la soustraction aux droits et responsabilités légales du mariage, devrait se faire devant notaire. ( Julie Miville-Dechêne, présidente du CSF, explique tout ça ici)

On renverse les obligations. Le régime par défaut changerait.

Donc on ne retirerait pas aux conjoints de fait leur liberté de ne rien se devoir l’un l’autre, mais on leur dirait que c’est cette liberté qui devrait être notariée et non la responsabilité mutuelle, incluant le partage du patrimoine acquis durant l’union.

Mon avis sur l’avis ? Excellent avis. Comme le conseil, je crois qu’il faut s’enligner sur la jurisprudence de plusieurs autres pays et provinces et considérer que le couple a responsabilités et des droits — parce que être considéré comme “marié” cela ouvre aussi toutes sortes d’accès aux rentes, protections d’assurance, assurances-vie etc. — dès qu’il vit ensemble depuis un certain temps. Le CSF propose deux ans — et s’il y a enfant.

Pourquoi faut-il renverser le cas “par défaut” ? Parce que vivre en union libre est trop peu souvent une décision “éclairée”

« La théorie voulant que la décision de vivre en union libre soit un choix éclairé ne tient pas la route, croit Julie Miville-Dechêne, présidente du Conseil du statut de la femme. Il se peut que ce choix soit celui d’un seul des deux partenaires ou encore que le couple manque d’information sur les conséquences financières de leur mode de vie », a souligné la présidente du Conseil, Mme Julie Miville-Dechêne.

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Jeudi 24 avril 2014 | Mise en ligne à 8h10 | Commenter Commentaires (48)

L’hiver et les mauvaises excuses

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Stockholm.

En cherchant autre chose — le nom de la boulangerie de Daniel Lindeberg à Gamla Stan à Stockholm, avant qu’il n’ouvre son restaurant et qu’il ne le quitte, où j’ai mangé la meilleure brioche à la cardamome de ma vie — je suis tombée sur ce texte que je re-publierais demain matin sans en changer une virgule. Au cas où vous l’auriez manqué…. Parue en 2009.

La mauvaise excuse
Lortie, Marie-Claude
Il est 22h et le soleil est en train de se coucher avec cette lumière typique, orangée, qui donne à tout des allures de star. Il fait frais. Un petit samedi soir de fin de mai relax à Stockholm.

Pour rentrer à l’hôtel, après le souper, je considère mes options. Je suis sur l’équivalent de l’île Sainte-Hélène (à Djurgården) et je dois me rendre à l’équivalent de Sherbrooke-Saint-Laurent, (près de Sturplan). Soit j’enfourche un Citybike (le Bixi local) et je rentre en prenant le pont et les pistes cyclables. Soit je prends le chemin des écoliers et je saute sur un petit bateau qui m’amène, disons, au quai des Éclusiers (Gamla Stan) et de là, je termine mon chemin en roulant jusqu’à l’hôtel.

Pour le plaisir de la balade sur l’eau, je décide d’embarquer sur le ferry et de voguer au bercail.

Sur le pont du petit navire, programmée comme tous les Montréalais à envier ces villes qui n’ont pas à subir des hivers violents, avec glaces et tempêtes, je contemple le paysage avec jalousie, en me disant que les Suédois sont donc chanceux, eux, de pouvoir se permettre ces navettes flottantes…

Quand je raconte mon expérience à une Stockholmoise, “Ah! que vous en avez du pot, vous, blablabla…”, elle me coupe brusquement la parole. “Attendez! Il y a de la glace partout l’hiver ici. Les bateaux arrêtent. Quand il fait trop froid. C’est fini. On range tout.”

Quoi? Vous voulez dire que l’hiver est dur, mais ne vous fige pas le cerveau toute l’année durant?

Quand la dame m’a dit ça, j’ai pensé à un responsable de la Ville de Montréal. Personne en particulier. Juste ce fonctionnaire/politicien classique et interchangeable qui nous répète depuis toujours, en toutes circonstances, que peu importe le projet, ce n’est pas possible, parce que… Parce que l’hiver.

L’hiver et le déneigement, l’hiver et son froid, l’hiver et sa neige. L’hiver et le sort qu’il jette sur la Ville.

Des bateaux sur le fleuve pour faire la traversée de la Rive-Sud vers Montréal? Ben non! L’hiver!

Des cafés-terrasses sur le bord de l’eau? Mais non, l’hiver!

Des immeubles avant-gardistes, des toits verts, des esplanades plantées de marronniers, des restaurants et des jardins suspendus? Mais non, l’hiver!

Des ralentisseurs dans nos rues? Mais non, l’hiver! Des fleurs dans les parcs? Du mobilier urbain allumé? Des passerelles et autres folies architecturales? Ben voyons, l’hiver!

En revenant à Montréal, j’ai appelé l’urbaniste Gérard Beaudet pour lui parler de ce vaste blâme, de cette immense responsabilité pétrifiante que tout le monde fait porter sur la saison froide. “Oui, c’est une contrainte, lance-t-il, une contrainte biogéographique. Mais une contrainte comme toutes les villes en ont. Pensez à celles qui doivent vivre avec les pluies de la mousson ou du désert à leurs portes.”

Cette dynamique antihiver ne date pas d’hier, dit-il. Dès que les colons sont arrivés – il n’y a pas si longtemps que ça, historiquement parlant – avec leurs modèles urbains issus de leur climat européen, la lutte pour imposer coûte que coûte des façons de faire non adaptées a commencé. Et cet esprit de bataille et de déni s’est installé. “Et en fait, dit-il, on ne s’en est jamais remis.”

Et comme les cultures autochtones étaient plutôt campagnardes, explique l’urbaniste, les colons n’ont pas su tirer de leur savoir des connaissances utiles au développement de nouveaux modèles citadins. De plus, assez rapidement, la technologie – pétrole, électricité, etc. – est venue donner les moyens de poursuivre la lutte contre l’hiver.

Les Scandinaves, eux, ont toujours évolué avec l’hiver. Au Moyen-Âge, ils n’avaient pas le choix que de composer avec l’hiver. Pas de chauffage central. Pas de souffleuses. Et de la même façon que, par exemple, les Méditerranéens ont su concevoir des villes adaptées à la chaleur de leur climat, ils ont su développer des modèles urbains en symbiose avec le temps.

Aujourd’hui, les Scandinaves s’adaptent de différentes façons au froid. Parfois ils le mettent de leur côté, en troquant le vélo contre le ski de fond pour se déplacer. Parfois, ils le côtoient avec réalisme, en ajoutant par exemple des couvertures et des radiateurs sur les terrasses pour permettre à tous de profiter de la lumière même quand le fond de l’air est frais.

Parfois, ils ferment boutique durant les mois les plus froids – en arrêtant les ferrys, par exemple -, mais ne laissent pas cela définir tout le restant de l’année. Et c’est ainsi que, dès que le temps se réchauffe, les cafés et les buvettes temporaires apparaissent sur les places et les parcs et les quais.

Certains répondront sûrement que notre climat et le leur ne sont pas comparables. Que l’hiver de Stockholm, par exemple, n’est pas aussi froid ni aussi enneigé qu’ici. C’est vrai. Mais la différence n’est pas gigantesque. Et le fait est que, là-bas, comme ici, le thermomètre descend au-dessous de zéro en hiver et qu’il y a de la neige dans les rues et parfois des tempêtes en avril.

Un proverbe suédois dit qu’il n’y a pas de mauvais temps, seulement de mauvais vêtements. J’ajouterais: et de mauvaises excuses.

Espérons que les candidats à l’hôtel de ville aux élections de l’automne prendront le temps de parler de tout cela.

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Mardi 18 février 2014 | Mise en ligne à 12h15 | Commenter Commentaires (21)

Toronto, House of Cards et les Soprano

TORONTO — Je dois regarder trop de télévision ces jours-ci. Tout me semble explicable par des comparaisons avec des personnages ou des scénarios. La semaine dernière, par exemple, les audiences de la Commission Charbonneau nous donnaient l’impression d’être plongé dans un épisode des Soprano avec ces histoires de travailleurs payés à ne rien faire mais qui devaient quand même se présenter au travail. Exactement comme les employés de Tony.

Cette semaine, à Toronto, j’ai l’impression d’être au coeur d’une version modifiée de House of Cards. Je ne sais pas quel personnage de la vraie vie est quel personnage de cette formidable fiction, mais il y a de l’alcoolisme, de la drogue, une jeune journaliste ambitieuse qui déterre des histoires, des cols bleus en colère contre la classe politique, des guerres de coulisses à la pelletée. Ce matin, en entrevue, quand le téléphone de l’élu municipal que j’interviewais a sonné, avec la sonnerie de Blackberry, celle de Francis Underwood, celle qu’on entend constamment dans la série, j’ai failli éclater de rire.

En tout cas. Je n’écris pas pour Slugline, mais voici mon papier de ce matin

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