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Si vous avez une ado à la maison, vous savez sûrement ce dont je parle quand je dis One Direction.
Si vous n’en n’avez pas, vous n’avez probablement aucune idée de ce qu’est One Direction. Et ce n’est pas très grave. Soit ce band s’éteindra comme les bien d’autres et ne pas les avoir connus ne changera rien à votre vie. Soit ils progresseront et trouveront une profondeur qui fera d’eux un band sérieux dont on parlera pendant quelques années. Il sera alors temps de s’y intéresser. (Soit, comme les Back Street Boys et les New Kids on the Block, ils continueront, des années après leur création, de remplir le Centre Bell !)
Mais sachez que si vous voyez une foule en délire devant les studios de Musique Plus le 27 mars, il n’y aura que deux mots à dire aux non-avertis perplexes: One Direction.
One Direction, c’est un groupe de cinq beaux gars — adoraaaaaaaables, dira votre ado — qui, il y a deux ans, se sont tous d’abord présentés séparément à l’émission X Factor, l’équivalent d’American Idol chez les Britanniques. Sauf qu’individuellement, personne parmi Niall Horan, Zayn Malik, Liam Payne, Harry Styles ou Louis Tomlinson n’avait assez de talent pour se faire un chemin vers les finales. Une juge leur a toutefois conseillé de se regrouper et de former un “boys band” pour augmenter leur chance de gagner. Et non seulement la recette a marché. Elle a explosé. Les gars sont arrivés en troisième place avec une reprise de Forever Young d’Alphaville. Leur premier tube à eux, What makes you Beautiful s’est ensuite vendu comme des petits pains sur iTunes et compagnie. Les clics sur Internet à leur sujet se sont multipliés par millions. Leur carrière était lancée.
Belles gueules, beau style, chansons romantiques à souhait.
“Don’t need make up
To cover up
Being the way that you are is enoughEveryone else in the room can see it
Everyone else but you
…
You don’t know oh-oh, you don’t know you’re beautiful”
Les adolescentes ont été conquises. On joue dans les mêmes publics que Taylor Swift. On est chez les adolescentes qui vouent à leurs idoles un culte décuplé par les réseaux sociaux et l’hyperaccès à l’information caractéristique de l’ère Internet.
Imaginez les Beatles au temps de Twitter et de Google.
Nos ados connaissent les couleurs des t-shirts des gars de One Direction. Leurs expressions favorites. Elles sont informées à la seconde près de chaque nouveauté dans la vie du groupe. Et leur enthousiasme est judicieusement alimenté par les gars qui parlent et respectent, chérissent leur public avec une générosité et un doigté qui font penser à Céline ou Lady Gaga.
Le mauvais côté du phénomène: il faut écouter du One Direction dans la voiture et à la maison 7 jours par semaine et les ados touchés par le phénomène — des Directionners pour les connaisseurs — ne parlent que de ça.
Le bon côté: soudainement, les ados se mettent à s’intéresser à la culture britannique, à la ville de Londres, à l’histoire et à la géographie de la Grande-Bretagne (les gars viennent de différentes villes) et de l’Irlande (un des membres est Irlandais). Le tout aide aussi l’apprentissage de l’anglais pour celles qui ne le parlent pas encore, tandis que les bilingues enrichiront leur vocabulaire de mots typiquement British (lad, fancy, reckon, rubbish…) L’autre chose aussi, c’est qu’on est dans un univers tout en beige et blanc, façon vaguement preppie, un univers qui évoque pas mal plus l’iconographie bon chic bon genre d’une pub de Tommy Hilfiger que l’univers hypersexualisé et trash, auquel on est habitué quand vient le temps de parler de musique pour ados (pensez Ke$ha, Rihanna ou Lady Gaga). Et ça, c’est reposant.
Bref, il y a du bon là-dedans. Ne vous découragez pas. Et si vous vous surprenez à fredonner “I can love you more than this”, ne vous en faites pas, vous n’êtes pas seul.
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