Marie-Claude Lortie

Archive de la catégorie ‘Un peu de tout’

Jeudi 20 février 2014 | Mise en ligne à 18h30 | Commenter Commentaires (73)

Hockey, femmes, or, larmes, blablabla

Capture d’écran 2014-02-20 à 18.24.59

Marie-Philip Poulin, dont le but crucial a permis aux femmes canadiennes de remporter l’or au hockey à Sotchi. Photo Bernard Brault.

TORONTO — Ici, à Toronto, ça parle de business. Gros cliché. Je précise: dans la salle d’attente de l’aéroport Billy-Bishop, ça parle business. Sujet de l’heure ? L’achat de Whatsapp par Facebook pour 19 milliards. Oui, 19 milliards. Dément.
Le seul article qui m’a permis de comprendre le pourquoi de cette folie est ici, dans le New Yorker.

L’autre chose dont tout le monde parle et franchement c’est une grosse nouvelle, c’est de la victoire du Canada au hockey féminin à Sotchi.Que je n’entende personne dire que ce n’est pas si hot que ça parce qu’elles dominent leur sport, blablabla. (Entendu tellement souvent, plus capable). Ces filles-là sont hallucinantes. Percer, persévérer, poursuivre un rêve contre vents et marées, avec une fraction minime de l’intérêt et de l’argent que les hommes reçoivent… Le tout dans un sport qui est fondamentalement culturellement masculin.
Les filles, vous méritez plus que nos applaudissements. Je suis ici dans la salle d’attente de l’aéroport et je me prosterne en admiration, larmes aux yeux, je vous jure. Bravo.

L’autre nouvelle qui a l’air grosse mais qui ne l’est pas tant que ça parce qu’on s’y attendait — et ici personne n’en parle, du moins pas dans mon coin de la salle d’attente — c’est l’annonce budgétaire de l’augmentation des frais de garderies à 8 $. Étonnant pour un budget pré-électoral. Est-ce que le PQ croit aller chercher des électeurs de la CAQ en faisant ainsi ? Il y a un côté “faisons le ménage dans les finances” qui a l’air fiscalement responsable puisqu’il s’agit d’une hausse ciblée vers les usagers, donc différente, conceptuellement, d’une hausse de taxe généralisée.
En tout cas, j’ai écrit là-dessus pendant la campagne électorale de 2012 et le PQ m’avait dit, à l’époque, être contre toute hausse des tarifs…. Parlant de blablablabla….

Dans la catégorie nouvelles des derniers jours concernant les femmes, impossible de passer à côté de la flagellation des membres de Pussy Riot en Russie. Et de cette nouvelle provenant de Syrie, qui rappelle que le hidjab est politique. Je ne vous mettrai pas huit liens vers mes chroniques au sujet de la Charte mais quand des femmes musulmanes comme Fatima Houda-Pepin ou Djemila Benhabib disent qu’il faut interdire le voile dans la fonction publique parce que c’est un symbole politique plus que religieux, et bien voilà un bon exemple de cette utilisation fondamentalement politique du voile pour imposer un nouveau rapport de force dans la société, un rapport de force où les femmes sont inférieures aux hommes, point à la ligne.

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Mardi 11 février 2014 | Mise en ligne à 17h01 | Commenter Commentaires (22)

Sexe, course, mode et restaurant

Capture d’écran 2014-02-11 à 17.00.10

Saisie d’écran du blogue Man Repeller de Leandra Medina.

Qu’est-ce qu’un blogue, dans un quotidien, à l’heure de Twitter et de Facebook ?

Que peut-on y écrire, si on diffuse déjà des textes d’opinions travaillés dans le journal et de petites réflexions sur l’actualité et autres faits insolites sur Twitter ou Facebook. Personnellement, je n’écris pratiquement rien sur Facebook — ce n’est pas privé seulement pour les copains ni public et ainsi ouvert à tous les lecteurs, donc je ne vois pas l’intérêt — pour me consacrer plutôt à Twitter quand vient le temps de partager un article intéressant ou de commenter légèrement — ou avec une blague incisive bien sentie — les nouvelles.

Mais la question demeure: que reste-t-il pour le blogue ? Surtout sachant qu’on risque d’y récolter un commentaire intelligent pour parfois une dizaine de commentaires sans intérêt voire méchants ou/et diffamatoires… (Vous ne les voyez pas tous, d’où la proportion qui pourrait vous surprendre.)

Il reste pour le blogue, j’imagine, des réflexions plus longues que les 140 frappes de Twitter mais qui ne méritent pas nécessairement toute une chronique dans le journal.
Ou est-ce que le blogue devrait être une sorte de portail à liens ou un journaliste trie — en anglais on dirait “curate” — des articles choisis et les suggère aux lecteurs dans un espace plus volumineux que les 140 frappes de Twitter ? (Le blogue devient alors une sorte de Colette journalistique — avis aux abonnés du premier degré: ceci est de l’humour)

Aujourd’hui, donc, je vous propose quelques liens inspirés par le moment.

D’abord, un peu de sexe, pour attirer les clics. Pour cela, je recommande la lecture de cet article du New York Times qui fait pas mal jaser et pose des questions intéressantes… L’égalité dans le couple a-t-il massacré le sexe digne de ce nom ? Avouez que ça déménage.

Ensuite, je ne reviendrai pas sur les Olympiques, amplement couverts par mes collègues mais je vous suggère cet article écrit par bibi sur une coureuse championne vraiment extraordinaire, qui a trois records du monde en sprint. Si vous n’êtes pas inspiré par cette dame et que vous continuez à râler, je vous suggère d’aller gravir l’Everest ou de courir un marathon, ça fait des miracles pour les endorphines et l’attitude de grognon. (Avis au gars qui a rouspété au sujet de mon chien lundi matin pendant une course au mont Royal, c’est bon pour vous aussi ce conseil.)

Je poursuis. En ce moment, tout le monde suit les Olympiques. C’est émouvant, fascinant, intéressant, etc. Mais il y a aussi un événement qui se déroule à New York: la Fashion Week, la semaine de mode qui dure plus qu’une semaine. J’adore la mode mais il y a longtemps que je ne suis plus l’actualité de la mode. Ça doit remonter à quand j’étais encore rédactrice du cahier Mode (Actuel) de La Presse dans les années 40. (NDLR: ceci est une autre blague) Bref, j’avais arrêté de lire sur la mode depuis plusieurs années jusqu’à ce que je tombe sur un blogue qui s’appelle The Man Repeller. C’est en anglais. C’est très drôle. Plein d’autodérision et de vérité. Et la vision de la mode qui est proposée est sympathique. On part de l’hypothèse bien connue voulant qu’il y ait deux modes: celle pour plaire aux gars (je vous laisse deviner que ça inclut les décolletés, le moulant, les dessous Agent Provocateur, etc, etc.) et celle pour plaire aux femmes — jupe et Doc Martens et col claudine et pull ample en mohair caca d’oie — qui est en même temps une mode qui chasse le regard masculin, bref, chasse-gars ou encore, dans la langue de Cyndi Lauper: man-repeller.

Je terminerai avec un autre texte paru ce weekend au sujet d’un restaurant chinois de Montréal que j’ai bien aimé. Une lectrice m’a rappelé sur Twitter que quand je dis ambiance so-so, je pense notamment à la musique, du Richard Clayderman m’a-t-elle spécifié. Oh. Une chance que les ravioles au bouillon étaient divines.

Sur ce, comme je dis sur toutes mes dédicaces de livre: bonne lecture et surtout…. bon appétit !

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Mercredi 30 octobre 2013 | Mise en ligne à 16h13 | Commenter Commentaires (25)

Le super Italien et le sirop d’érable

massimo cabane
Massimo Bottura à la Cabane à sucre du Pied de cochon. Photo Marie-Claude Lortie. La Presse.

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Martin Picard prend une photo de Bottura, debout sur le comptoir… Photo Alexandra Forbes.

Massimo Bottura n’est pas un chef comme les autres.

Si vous avez jeté un coup d’oeil au New Yorker cette semaine — sinon je vous invite à le faire car le magazine publie un excellent numéro spécial sur l’alimentation et il est actuellement en kiosque — vous savez qu’il fait partie de la grande avant-garde culinaire mondiale. Son Osteria Francescana à Modène, est triple étoilée Michelin, troisième meilleur restaurant au monde selon la fameuse liste des 50Best du magazine Restaurant.

Vous saurez aussi, en lisant le portrait signé par Jane Kramer, qu’il a appris à cuisiner d’abord avec sa mère — “Massimo’s cooking is fantastic, but I cook better” dit-elle — et sa grand-mère, ensuite chez Ducasse et Adria… Et que son cerveau fonctionne à 100 à l’heure, toujours avide de nouvelles expériences, de nouvelles idées, de nouveaux buzz créatifs. Il adore, notamment l’art contemporain, et peut très bien créer un plat en s’inspirant d’un Damian Hirst autant que d’un pêcheur d’anguilles sur le Po.

Ce que l’article ne dit pas, cependant, c’est que Bottura adore la Brasserie T, est un ami de Normand Laprise, est fou de sirop d’érable. Et qu’il voue presque un culte à la Cabane à sucre du Pied de cochon.

Bottura était à Montréal cette semaine pour préparer un repas lundi soir chez Graziella, invité à mettre en valeur les vins du producteur Umberto Cesari d’Émilie-Romagne. Le chef vient de cette région qui produit notamment le parmesan, le balsamique et de l’excellent prosciutto.

Arrivé avec son équipe de Modène, notamment les chefs Davide Di Fabio, Taka Kondo et Enrico Vignoli, il a préparé pour une salle archicomble, des plats signatures. Un amuse bouche à l’espuma de mortadelle, avec foccaccia croquante évoquant les sandwichs de retour d’école de son enfance. Le pasta e fagioli hommage à tous ses mentors — une couche de royale, crème de foie gras, pour honorer Ducasse, un vent de romarin pour parler de Ferran Adria, un centre aux haricots et au parmesan parlant de ses grands-mères… Il a préparé un risotto tout blanc, avec une sorte d’air au poivre, qu’il venait vaporiser personnellement à chaque table sur chaque assiette. Une entrée aux poireaux et aux truffes aussi, ainsi qu’un tiramisu déconstruit pour clore le tout.

Les chefs en déplacement ne préparent jamais une cuisine aussi parfaite que lorsqu’ils sont dans leur cuisine, à la maison. Mais on se rappellera longtemps du plat principal, un boeuf rôti, qui n’en était pas, puisqu’il avait plutôt été cuit sous vide jusqu’à devenir parfaitement tendre au point de le manger quasi à la cuiller, et préparé avec des épices grillées qui donnaient le goût torréfié de la viande sur le gril.

À la fin du repas, alors que les convives partaient, je suis descendue saluer le chef dans le garde-manger, dans le sous-sol du restaurant, où il était en train d’emballer ses ingrédients pour poursuivre sa route au Mexique. Ravi de sa soirée, Bottura a soudainement pris un air contrarié et un ton cinglant.

“Personne ne part ! Je ne trouve pas mon sirop d’érable. On ne quittera pas cet endroit si je n’ai pas mon sirop d’érable ! ”

Bottura avait mis la main, la veille, sur deux gros formats de sirop préparé par la maison Société Orignal, produit dont il est devenu un grand amateur.

Tellement, qu’il l’a intégré dans un plat.

Et plus.

Il y a maintenant un plat hommage au Québec, au sirop d’érable et même à la Cabane à sucre du pied de cochon au menu de l’Osteria Francescana. Les ingrédients: des crêpes, du sirop, du foie gras.

L’idée, m’a-t-il expliqué, lui est venu après un passage délirant à la cabane, en novembre 2012, alors qu’il était ici pour cuisiner pour la Fondation Ataxie Charlevoix-Saguenay. Ses hôtes l’ont emmené à la Cabane et il y a passé des moments fous, grands vins et feux d’artifice inclus, où il s’est amusé, comme il le fait toujours, à reconstruire des plats en les mangeant. C’est là qu’il s’est mis à prendre une crêpe ici, un peu de foie par là, du sirop sur tout ça….

“Maintenant ce que j’aimerais c’est apporter de la tire sur la neige à table au restaurant….”

La première chose que Bottura a voulu faire en arrivant au Québec samedi soir, c’est aller à la Cabane. Il s’y est rendu dimanche, en racontant dans l’auto en chemin des anecdotes sur Lou Reed, qui venait de mourir et était allé plusieurs fois à son restaurant. Rendu là, il devenu comme un enfant. Martin Picard était sur place. Les deux ont parlé longuement. Bottura s’est à nouveau éclaté comme la première fois, en mangeant et en riant, “fantastico, fantastico !”, avec sa tuque fluo de la Cabane sur la tête. “C’est la vibe ici qui est incroyable”, a-t-il expliqué, après être redescendu du comptoir où il venait d’être photographié, debout, devant une oeuvre de Marc Séguin. “J’adore l’énergie.”

Le chef a semblé particulièrement apprécier la tarte aux pommes et au foie gras — dont il prenait des morceaux pour les tremper dans la soupe — les fromages locaux dont un Tentation de Laurier, les charcuteries de la gargantuesque choucroute comme le jambon sur os et les galette de foie, la tire sur la neige qui a été préparée spécialement pour lui….

Avant de repartir, Bottura a finalement retrouvé ses bouteilles de sirop d’érable.
Et promis de revenir.

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Le rôti de boeuf pas rôti, de Bottura, servi chez Graziella. Photo Marie-Claude Lortie. La Presse.

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Le paquet où sont les bouteilles de sirop d’érable est-il assez bien rembourré ? Le chef s’en est occupé perso. Photo Marie-Claude Lortie. La Presse.

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Chez Graziella, le chef termine chaque plat lui-même. Photo Marie-Claude Lortie La Presse.

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