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Montréal, 29 mai 2012 Photo Olivier Pontbriand, La Presse
Montréal est-elle assez poreuse ? Ou plutôt, son sol est-il assez absorbant ?
La question peut sembler bizarre, mais elle est importante.
Surtout au lendemain de pluies diluviennes comme celles qu’on a connues hier.
Il est bien connu maintenant, depuis de nombreuses années, qu’il faut encourager la construction urbaine qui prône les terrains poreux. Rues, jardins, allées… Il faut essayer de laisser tomber le plus possible les bétons, asphaltes traditionnels et autres grandes surfaces imperméables où l’eau ruisselle, pour encourager plutôt les pavés, terre-pleins, nouveaux matériaux perméables et surfaces caillouteuses qui permettent à l’eau d’entrer dans le sol. Qui nous permettent de gérer nos eaux pluviales différemment.
C’est mieux pour toutes sortes de raisons.
D’abord, quand l’eau entre dans le sol elle ne va pas dans les égouts, ce qui est utile lorsqu’il y a beaucoup de pluie d’un coup sec. On l’a vu hier: nos tuyaux ne pouvaient pas canaliser tout en même temps. C’est ce qui donne les refoulements qu’on a vus, les “geysers” dans les rues et compagnie. Aussi, quand il y a trop d’eau en même temps, même les bassins de rétention de nos canalisations ne fournissent pas à la tâche, ce qui peut entraîner des déversements directs dans les cours d’eau, sans passage par les usines de filtration. Dans certains cas, dépendant de la topographie, l’eau ruisselante peut aussi aller directement dans des cours d’eau, avec leurs saletés, sans passer par les tuyaux.
Aussi, les sols poreux filtrent l’eau et gardent les éléments polluants sur place. Lorsque l’eau ruisselle, elle déplace les saletés avec elle.
De plus, les sols poreux sont plus frais et les sols totalement minéralisés gardent la chaleur.
Plusieurs villes ont une réglementation très stricte concernant la porosité des sols, dont Seattle, notamment, où il pleut beaucoup. Chicago aussi a un plan de transformation de ses ruelles avec des matériaux poreux. Portland, elle aussi sujette aux pluies diluviennes, est souvent citée en exemple pour ses politiques anti-ruissellement.
À Montréal, en fait-on assez ?
Une thèse de maîtrise fort intéressante aborde ici plusieurs de ces questions.