Marie-Claude Lortie

Archive de la catégorie ‘course’

Mardi 16 avril 2013 | Mise en ligne à 11h54 | Commenter Commentaires (62)

Dimanche on court

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C’est mon collègue Marc Cassivi qui a lancé l’idée.

Elle semble avoir été reprise un peu partout au Québec.

Une course silencieuse, dimanche, 11h, en mémoire aux victimes des attentats de Boston.

Le départ se fait à la statue de George-Étienne Cartier, au pied du chemin Olmstead, à côté des tams-tams.

(Je n’y serai pas. Je me suis inscrite à une course ailleurs, déjà. Mais j’y serai en pensée, c’est clair !)

Ma chronique ce matin sur les événements d’hier.

Je n’en suis pas encore revenue. N’en reviendrai jamais.

Ce matin, 7h, chaussures aux pieds je suis partie courir en me disant f*** les nuls qui tuent des gens au lieu de faire avancer le monde. C’est quoi l’idée ? C’est quoi, pouvez-vous me le dire ?

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Dimanche 25 septembre 2011 | Mise en ligne à 17h22 | Commenter Commentaires (33)

La ville est course

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Photo Robert Skinner, La Presse.

Je reviens du parc Maisonneuve où j’ai couru comme 24 000 autres Montréalais. Suis-je déçue de ma course ? Oui. Comme à chaque fois que ma carcasse me refuse un record personnel. Aurais-je voulu être ailleurs aujourd’hui ? Non. J’avais promis à mes copines de courir un demi-marathon avec elles. Je ne pouvais pas les laisser tomber. On a embarqué toutes nos familles. Je suis contente de ma journée. Mon fils a gagné une médaille. Juste pour cela, ça valait la peine de se lever à 6h30 ce matin, de prendre le métro, de monter Viau en courant pour ne pas manquer le départ.

Vais-je me réinscrire l’an prochain ? Je ne sais pas.

Pourquoi l’ambivalence ? D’une part parce que certains facteurs sont franchement déplaisants et mériteraient, à eux seuls, de délaisser cet événement pour d’autres. D’autre part parce que, comme l’expliquait mon collègue Yves Boisvert dans sa chronique hier l’organisation du marathon et de toutes les courses qui ont lieu dans le même cadre vient d’être achetée en partie par un groupe américain. Ceci signifie peut-être un coup de barre et peut-être que l’an prochain, les corrections nécessaires auront été apportées à l’organisation de l’événement.

Donc je réserve ma décision.

Mais tel quel, il y a trop de “moins” et pas assez de “plus” .

Les plus: On est à Montréal, dans votre ville. Gros gros plus d’encourager un tel événement et tout l’enthousiasme sportif que cela génère dans toute la métropole. Autre plus: il y a beaucoup de courses pour tous les niveaux et tous les âges, donc on peut y aller en gang. Cela devient un vrai happening, un moment rassembleur. Aussi, le temps de l’année est agréable (sauf quand la météo décide de nous servir de l’été en plein automne).

Les moins: Je n’ai jamais couru le marathon de Montréal, mais je peux dire maintenant que le parcours du demi-marathon est franchement déplaisant, peu importe ce qu’en dit le président directeur général Bernard Arsenault. Toute la première partie est en montée, remplie de faux plats. Ensuite, à 10-11 km on a une petite pause, et c’est quand on est vraiment en train de bucher, au 16e km, qu’arrive la rue Pie-IX, avec sa montée encore. J’ai couru un demi à Granby l’an dernier, lui aussi rempli de côtes, et je cours régulièrement sur la montagne. Les pentes, je connais. Mais l’impression d’en grimper sans arrêt pendant 18 km sur 21km, non merci. Ce que je connais aussi ce sont les courses sur terrain plat. Beaucoup mieux. La meilleure distance à Montréal, avec les parcours tels qu’ils sont là, est à mon avis le 10km. La seule où les montées et les descentes sont équilibrées.

Un autre gros moins: l’organisation de la course de 1km. Une course avec des tout-petits, il faut faire ça en boucle. Pas avec un point de départ et un point d’arrivée différents. Sinon, on se perd. Et c’est ce qui est arrivé à des dizaines d’enfants et de parents ce matin.

Vu la foule et ces circonstances, la solution était de courir à côté du plus petit et de ne jamais lui lâcher la main. Mais imaginez une course déjà archi-pleine d’enfants qui se remplie d’autant de parents. Et  on fait quoi quand on a plus d’un enfant qui courent à des vitesses différentes  ? On amène toute la famille élargie pour que chacun s’occupe d’un enfant ? Ceci ajoute encore plus de monde. L’autre option, c’est de se dire qu’on va tous se retrouver à la fin. Mais c’était extrêmement difficile. J’ai brièvement cherché un de mes enfants — il avait en fait été mis dans une sorte d’enclos pour les gagnants — et d’abord longuement cherché, en vain, quelqu’un qui pouvait m’aider  à le retrouver. Ce faisant, j’ai croisé des parents en larmes, en quête de leurs petits. Au moment de la remise des médailles, une mère et un père totalement au bord de la crise de nerf sont venus prendre le micro pour implorer la foule de les aider à retrouver leurs fils et filles, dont un frère et soeur de 3 et 5 ans. C’était horrible. Même quand tout le monde finit par se retrouver, des expériences comme ça sont tellement traumatisantes qu’il faut tout faire pour les éviter. Donc grosses grosses lacunes à corriger. Meilleur parcours, meilleurs systèmes pour diriger les enfants seuls dans un lieu commun à l’arrivée, plus de bénévoles informés avec talkie-walkie. Encourager les enfants à courir ainsi est une excellente initiative. Mais l’événement est rendu tellement gros qu’il faut changer les façons de faire.

Je pourrais continuer avec des commentaires sur le manque de Gatorade ici et là, sur la confusion sur le pont, sur ceci et cela, mais ce sont des détails.

Le marathon a-t-il grossi trop vite, me demandait tout à l’heure le collègue Cassivi sur Twitter ? Peut-être. D’ailleurs il y a de sérieuses questions collectives et personnelles à se poser sur l’hécatombe des deux derniers kilomètres. Un mort, 25 blessés transportés à l’hôpital, 40 interventions. Je n’avais jamais vu ça. Rues Rosemont et Viau on avait l’impression de traverser un champ de bataille. Est-ce la faute du foutu parcours avec sa montée juste avant la fin ? Est-ce la faute d’un engouement trop fou de coureurs mal préparés ?

On se revoit au parc Lafontaine ?

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Mardi 1 février 2011 | Mise en ligne à 12h44 | Commenter Commentaires (20)

Au pays de la truffe et du jogging

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Pre…

EUGENE , Oregon — Bravo à tous ceux qui ont deviné — je crois que le premier qui l’a écrit est Marc Péloquin, alias peloquma, félicitations — je suis en Oregon.

Avouez qu’on aurait vraiment dit l’Italie. Ou le Périgord. Ou même, effectivement, l’Espagne ou la Croatie.

Le chien, un lagotto romagnolo, est effectivement italien. C’est un dresseur du Tennessee, Jim Sanford, un ancien spécialiste des éléphants qui se consacre maintenant au dressage des chiens pour la détection de la truffe, qui les fait venir d’Émilie-Romagne, les prépare et les vend ensuite aux amateurs. Car la culture et la cueillette de la truffe est en train de devenir une nouvelle passion aux États-Unis. Une passion encore bien bien marginale, mais néanmoins en pleine expansion, dont l’épicentre est à Eugene, en Oregon. La truffe que tenait la jeune fille sur la photo et celle déposée sur le plat de pâtes venaient toutes les deux de cette région.

Eugene ?

Eugene, située sur les rives de la Willamette, au sud de Portland, est une petite ville universitaire. Dans le monde de la gastronomie elle est encore très peu connue — ce ne sont pas les restaurants trois étoiles qui abondent, mettons, même si l’Oregon, de façon générale, a d’intéressants restaurants, de bons vins, de bons fromages et d’excellents produits de la ferme, le tout issu d’une culture vaguement post-hippie à la californienne très axée sur le bio et le nature.

Par contre, dans le monde de la course et de l’athlétisme, Eugene, c’est la Mecque.

Eugene est en effet considéré comme le berceau du jogging moderne. Y travaillait, dans les années 50,  60 et 70, à la University of Oregon, un entraîneur appelé Bill Bowerman, qui a écrit sur le jogging dès les années 60. On dit que c’est lui qui a rapporté aux États-Unis cette idée de courir pour se mettre en forme, d’un voyage en Nouvelle-Zélande.

Entraîneur principal du programme d’athlétisme de la UofO — et cofondateur d’une petite compagnie de chaussures de course éventuellement appelée… Nike – il a formé de nombreux athlètes olympiques et de renommée internationale dont le plus célèbre fut sans nul doute Steve Prefontaine.

Figure incontournable de Eugene, Prefontaine était un coureur de fond. Il a déjà détenu les sept records américains en course, du 1500 au 10 000 mètres. Plutôt beau garçon — avec cheveux longs, moustaches et favoris typiques des années 70 — et de caractère fougueux, il était extrêmement populaire auprès des foules et on dit que c’est aussi beaucoup lui qui a participé, dans la foulée de Bowerman, à rendre le jogging populaire chez les Américains en général durant les années 70.

Prefontaine — que tout le monde appelait “Pre” — est mort dans un accident de voiture, à 24 ans, avant d’avoir pu aller aux jeux de Montréal, pour lesquels il s’entraînait. Aujourd’hui, il y a toutes sortes d’événements d’athlétisme en son honneur et à Eugene, la ville a aménagé une piste appelée “Pre’s trail” qui serpente dans un parc boisé non loin de l’université, sur le bord de la rivière. C’est là que “Pre” allait courir.

La piste aujourd’hui est ouverte à tous, évidemment, en commençant par les joggeurs qui y vont en pèlerinage. Et elle est entretenue de façon spectaculaire. Un modèle. J’ai couru dans bien des villes dans ma vie mais jamais je n’ai vu une piste de parc aussi bien conçue. On dirait un long coussin de tourbe, de terre et de copeaux de bois. Ça rebondit, ça ne glisse pas, le pied adhère bien et donc aucune énergie n’est perdue…

On veut la même chose à Montréal. Évidemment. Avec des truffes pas loin.

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