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Photo Édouard Plante-Fréchette, La Presse

Photo David Boily, La Presse
Si on passe aux nouvelles, en boucle, des images de Montréal en feu comme ce fut le cas la semaine dernière, avant que les casseroles ne canalisent la colère provoquée par l’adoption de la loi 78 à l’Assemblée nationale, on ne donne pas envie aux touristes de venir ici. C’est sûr.
Mais plus je parle aux gens de l’extérieur au sujet de ces manifs et de leur impact sur la ville, plus on me dit que ce sont surtout les images des policiers en grand nombre qui inquiètent. Que c’est l’image de la répression qui est la plus forte, la plus dérangeante. Vu de bien des pays, avec chacun leur Histoire plus ou moins marquée par les rôles joués à travers les décennies par la police et l’armée, plusieurs vous diront qu’il y a de quoi être pas mal plus craintif devant une rangée d’agents des forces de l’ordre sur un pied d’alerte, que devant des hipsters à pancartes.
D’ailleurs, allez vous promener le soir autour du parc Émilie-Gamelin, et vous le verrez: ce qui donne à la ville un air grave, c’est la quantité remarquable de policiers, partout. Ce sont eux qui nous signalent qu’il se passe quelque chose dont on conclura que c’est effrayant avant même d’avoir aperçu le panda et ses amis frappeurs de marmites et de friteuses.
Bien sûr, la présence policière est nécessaire. Mais en si grand nombre, tout le temps, vraiment ? Des dizaines et des dizaines de policiers autour de manifestations bruyantes, certes, créatrices de bouchons, aussi. Mais violentes à ce point ?
Encore hier, en passant près des marcheurs, la présence policière m’a frappée et a frappé ceux qui étaient avec moi et qui n’avaient pas encore côtoyé les manifestants. “Pourquoi les chevaux ?” “Pourquoi tant de policiers ?” Jeudi, quand j’ai interviewé un participant de C2-MTL au sujet des grèves, c’est une des choses qu’il m’a décrite. Belge vivant en Suisse, de passage à Montréal, il a été frappé par la brutalité d’une arrestation qui s’est passée sous ses yeux et par tous les agents, partout, avec leur équipement anti-émeute. “It seemed overwhelming”, m’a-t-il dit en anglais. En d’autre mots, cela lui a semblé exagéré, trop.
Et on ne parle même pas du bruit de l’hélicoptère, parce qu’avec ça c’est la totale…
Si on veut se préoccuper de l’image de Montréal à l’étranger, pensons aussi à l’image que cette imposante, et je crois aussi parfois démesurée, présence policière envoie au reste du monde.