Marie-Claude Lortie

Marie-Claude Lortie - Auteur
  • Marie-Claude Lortie

    Journaliste à La Presse depuis 20 ans où elle est chroniqueuse et critique gastronomique, Marie-Claude Lortie commente l'actualité, entre deux brassées de lavage et un match de soccer.
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    Mardi 11 février 2014 | Mise en ligne à 17h01 | Commenter Commentaires (22)

    Sexe, course, mode et restaurant

    Capture d’écran 2014-02-11 à 17.00.10

    Saisie d’écran du blogue Man Repeller de Leandra Medina.

    Qu’est-ce qu’un blogue, dans un quotidien, à l’heure de Twitter et de Facebook ?

    Que peut-on y écrire, si on diffuse déjà des textes d’opinions travaillés dans le journal et de petites réflexions sur l’actualité et autres faits insolites sur Twitter ou Facebook. Personnellement, je n’écris pratiquement rien sur Facebook — ce n’est pas privé seulement pour les copains ni public et ainsi ouvert à tous les lecteurs, donc je ne vois pas l’intérêt — pour me consacrer plutôt à Twitter quand vient le temps de partager un article intéressant ou de commenter légèrement — ou avec une blague incisive bien sentie — les nouvelles.

    Mais la question demeure: que reste-t-il pour le blogue ? Surtout sachant qu’on risque d’y récolter un commentaire intelligent pour parfois une dizaine de commentaires sans intérêt voire méchants ou/et diffamatoires… (Vous ne les voyez pas tous, d’où la proportion qui pourrait vous surprendre.)

    Il reste pour le blogue, j’imagine, des réflexions plus longues que les 140 frappes de Twitter mais qui ne méritent pas nécessairement toute une chronique dans le journal.
    Ou est-ce que le blogue devrait être une sorte de portail à liens ou un journaliste trie — en anglais on dirait “curate” — des articles choisis et les suggère aux lecteurs dans un espace plus volumineux que les 140 frappes de Twitter ? (Le blogue devient alors une sorte de Colette journalistique — avis aux abonnés du premier degré: ceci est de l’humour)

    Aujourd’hui, donc, je vous propose quelques liens inspirés par le moment.

    D’abord, un peu de sexe, pour attirer les clics. Pour cela, je recommande la lecture de cet article du New York Times qui fait pas mal jaser et pose des questions intéressantes… L’égalité dans le couple a-t-il massacré le sexe digne de ce nom ? Avouez que ça déménage.

    Ensuite, je ne reviendrai pas sur les Olympiques, amplement couverts par mes collègues mais je vous suggère cet article écrit par bibi sur une coureuse championne vraiment extraordinaire, qui a trois records du monde en sprint. Si vous n’êtes pas inspiré par cette dame et que vous continuez à râler, je vous suggère d’aller gravir l’Everest ou de courir un marathon, ça fait des miracles pour les endorphines et l’attitude de grognon. (Avis au gars qui a rouspété au sujet de mon chien lundi matin pendant une course au mont Royal, c’est bon pour vous aussi ce conseil.)

    Je poursuis. En ce moment, tout le monde suit les Olympiques. C’est émouvant, fascinant, intéressant, etc. Mais il y a aussi un événement qui se déroule à New York: la Fashion Week, la semaine de mode qui dure plus qu’une semaine. J’adore la mode mais il y a longtemps que je ne suis plus l’actualité de la mode. Ça doit remonter à quand j’étais encore rédactrice du cahier Mode (Actuel) de La Presse dans les années 40. (NDLR: ceci est une autre blague) Bref, j’avais arrêté de lire sur la mode depuis plusieurs années jusqu’à ce que je tombe sur un blogue qui s’appelle The Man Repeller. C’est en anglais. C’est très drôle. Plein d’autodérision et de vérité. Et la vision de la mode qui est proposée est sympathique. On part de l’hypothèse bien connue voulant qu’il y ait deux modes: celle pour plaire aux gars (je vous laisse deviner que ça inclut les décolletés, le moulant, les dessous Agent Provocateur, etc, etc.) et celle pour plaire aux femmes — jupe et Doc Martens et col claudine et pull ample en mohair caca d’oie — qui est en même temps une mode qui chasse le regard masculin, bref, chasse-gars ou encore, dans la langue de Cyndi Lauper: man-repeller.

    Je terminerai avec un autre texte paru ce weekend au sujet d’un restaurant chinois de Montréal que j’ai bien aimé. Une lectrice m’a rappelé sur Twitter que quand je dis ambiance so-so, je pense notamment à la musique, du Richard Clayderman m’a-t-elle spécifié. Oh. Une chance que les ravioles au bouillon étaient divines.

    Sur ce, comme je dis sur toutes mes dédicaces de livre: bonne lecture et surtout…. bon appétit !


    • “Qu’est-ce qu’un blogue, dans un quotidien, à l’heure de Twitter et de Facebook ?”

      Le blogue scientifique hyper intéressant de Jean-François Cliche ne pourrait pas paraître sur Twitter, tout comme ceux de vos collègues Brunet, Hétu, Cardinal et Siroka pour ne nommer que ceux-là. Remarquez qu’ils ne donnent pas dans l’humeur du jour et qu’ils se concentrent sur des sujets particuliers (science, musique, politique américaine, cinéma).

      Bref, vous avez plein d’exemples dans votre propre journal (!) qui répondent à votre question, des blogs avec des thématiques claires où les échanges respectueux semblent être la norme
      ( aux dernière nouvelles, celui d’Alain Brunet n’a même pas de modérateur ).

    • Merci pour le pot-pourri !

      À mon humble avis, la palme Man Repeller revient aux chaussettes vert pomme Granny Smith fourrées dans des talons aiguilles. Retour aux années ‘50.

      Quant aux blogues, ils jouent bien leur rôle.

    • mme Lortie, j’aimerais savoir si le fait de discuter de la pertinence des blogues a un rapport pour vous avec le fait que la presse.ca est en train tranquillement pas vite d’abandonner les blogues, a part quelque un. nous lecteurs, ne sommes pas dupe même si je sais très bien que ce n’est pas vous qui dirigé le site.
      Tony Thibault

    • Quand je fais des recherches précises via Google, je tombe souvent sur des blogues.
      Mais jamais sur tweets ou des status facebook.

      Le blogue est référencé et a donc une longue durée de vie dans le temps puor la consultation future.
      Pas de gros avantages en effet vs twitter pour commenter birèvement l’actualité – mis-à-part rejoindre les 97% de non-twitteux québécois ;)

      Dans votre cas, je vois la praticité du blogue puor vos posts concernant vos voyages ou découvertes culinaires. Quelqu’un qui cherche une recette dans 4 ans et qui tombe sur votre blogue, ça peut lui être pertinent.

    • J’aime beaucoup Twitter…

      Ça met tout le monde au niveau d’un ado de 14 ans!!

    • Ce que je retiens du texte du New York Times:

      Le mari qui obéit à la thèse féministe du partage 50-50 dans tout et tout le temps est récompensé par une vie sexuelle médiocre, une femme frustrée (et peut-être infidèle) et au bout du compte un marriage morose qui finira probablement en divorce.

      P.S.La meilleure partie du texte: la femme émancipée qui ordonne à son mari soumis “je veux que tu me domine”. Belle oxymore.

    • @M-C. L: Merci pour les liens, il y a du matériel intéressant là dedans.

      Je précise que j’avais lu votre superbe «Alice» très tôt ce matin avec mon café au lait et mes toasts «Première Moisson». Eh oui! Je suis encore un lecteur papier et même si nous avons tout ce dont nous avons besoin en matière d’ordis et de téléphones, nous n’avons pas encore de iChose malgré les exhortations de votre grand patron pour que nous l’aidions à se débarrasser de cet encombrant (et coûteux??) papier.

      Bon, revenons au sujet: «Qu’est-ce qu’un blogue, dans un quotidien, à l’heure de Twitter et de Facebook ?»

      D’abord, justement, un bon blogue, bien écrit et bien fréquenté, ça n’est surtout pas FB ou Twitter. Surtout Twitter qui est à la communication ce que la poutine est à la gastronomie. Mais il illustre bien cet aphorisme de Cioran qui a un jour écrit: «On n’écrit pas parce qu’on a quelque chose à dire mais parce qu’on a envie de dire quelque chose.» Vouys ne trouvez pas cela frustrant vous de lire une très, très longue chronique sur la communication, laquelle se termine par: Réagissez @mrChose (sur Twitter.) Ben sûr, Chose, tu as écrit un machin compliqué d’au moins 2000 mots et tu me demandes ma réaction en 140 espaces/caractères. . Tu comprendras que je passe mon tour, n’est-ce pas?

      Et cette «Colette journalistique», si je vous ai bien compris, vous ne parlez que de la Colette cybernétique et non du magasin-concept sur Saint-Honoré, magasin concept qui m’a rappelé ce que Paul Delage-Roberge avait tenté de faire avec ses « Ailes de la mode-Concept» sur Sainte-Catherine. Ce fut malheureusement le premier pas de sa descente aux enfers, Montréal n’ayant pas les reins assez solides pour soutenir pareille aventure, alors que Paris, ou L.A., c’est autre chose. Et si on se base sur les prix pratiqués dans ce magasin, «Colette» ne ferait guère mieux que les «Ailes» si d’aventure elle se risquait à venir poser sa plume à Montréal.

      Et, je conclurai en état d’accord avec toleto à 17h44 sur cet abandon progressif des blogues par La Presse tellement il y en a qui sommeillent depuis un sacré bout. Et c’est dommage. Mais il n’y a pas que La Presse à blâmer. Il y a tous les malappris qui les parasitent en les inondant de leur prose insipide, injurieuse, indigeste contribuant ainsi à la désaffection des titulaires comme vous et d’autres qui ont autre chose à faire que jouer au censeur.

      C’est sans doute ce qu’on appelle le progrès. Il faut que ça aille vite, que ça rapporte, et tant pis pour la nuance et la dialectique, n’est-ce pas?

      Bonne fin d’hiver.

    • Il y a peut-être 5 ou 10% des blogues qui sont bien entretenus, y compris les blogues ”pro” de Lapresse.ca…

      Effectivement, Alain Brunet et Jozef Siroka sont des modèles de ”bons” blogues où il n’y a pas le filtre de modération qui casse la dynamique. Et pourtant c’est très respectueux et efficace.

    • Par définition, un blogue implique qu’il y ait une interaction entre l’auteur et les commentateurs. Malheureusement, la plupart des chroniqueurs (sauf exceptions comme Cardinal, Hétu et quelques autres) utilise leur blogue pour passer des articles bâclés et faire de la propagande, et ce sans jamais répondre aux commentaires. C’est tout à fait déplorable.

      La situation des blogues de La Presse fait de plus en plus pitié. Je suspecte un conflit entre le syndicat et l’employeur à ce sujet.

    • Tous les blogues ou il y a de la controverse vont déraper. C’est normal. Et comme il y a beaucoup de misogynes ici. Ca dérape encore plus.

      Votre article sur la vénérable coureuse me fait penser à un reportage de Thalassa récemment. Ca se passait à Dunkerque et les gens font une nouvelle activité sportive, le “longe-côte”. En wetsuit, ils marchent dans l’eau en longeant la côte avec de l’eau aux aisselles. Il y avait quelques vénérables dames dans le groupe.

    • “La situation des blogues de La Presse fait de plus en plus pitié.”

      Sans compter la modération des *cousins*… spécialement celui du *weekend*!

      ((rires))

    • Bonsoir madame Lortie. Votre titre me fait penser au film; Planes trains and automobiles.

      Twitter a pris un serieux coup en bourse. A part les medias, les accros aux medias et les gens qui on besoin des medias pour le marketing aou la politique twitter n’a pas d’attrait. Il y a beaucoup d’actrices porno aussi, ben des acteurs en general. Au final c’est un media social pour des je-m’a-tu-vue. Une clientelle restreinte.

      Un blogueur serieux qui relate de sujet de facons neutre et intelligente ne se fera pas bitcher dans les message. Un blogue d’etats d’ames et de prise de positions politique sera sujet a beaucoup de bitchage. Pas sorcier.

    • @gl00001

      Votre histoire de longe-côte me fait penser à un groupe d’amis en Andorre qui glissent sur les pentes enneigées habillés eux aussi en wetsuit.

    • ”La situation des blogues de La Presse fait de plus en plus pitié. Je suspecte un conflit entre le syndicat et l’employeur à ce sujet.”

      Ce ne sont pas vraiment des blogues. Ce sont des vitrines publicitaire et de marketing politique. Tout les blogue de la presse sont des outils de vente quelconque. Quand vous dites qu’ils font pitie c’est comme si vous aviez une attente de qualite envers eux.

    • @mainstream

      D’accord avec vous pour ce qui est de twiter. Je ne connais personne qui twitte. C’est une affaire de médias et de vedettes.

      Sinon, j’ose espérer qu’il y a encore quelques bons éléments à La Presse, mais c’est vrai que Gesca mise de plus en plus sur le contenant plutôt que sur le contenu. Vous imaginez ce qui aurait été possible de faire si le 40 millions $ investis dans La Presse+ avaient été mis dans des reportages, dossiers, etc.

    • A mon avis, le post precedent “la culture pas tout” est plutot blogue, parce qu’il encourage le debat et le dialogue.

      Ce poste ci “Sexe, course, mode et restaurant”, qui ont ma foi 3 termes variant entre titillant et carrement incitant, est plutot twitter – parce qu’il n’engendre pas de communications entr’interlocuteurs.

    • “la culture N’EXCUSE pas tout”

      bien sur

    • c’est quoi “interlocuteur” quand la communication est ecrite?

    • Les seuls véritables blogueurs de LaPresse.ca sont ceux qui n’ont pas de chroniques. Et depuis que pas mal de chroniques sont suivies d’une section de commentaires, c’est encore pire. D’ailleurs bon nombre de vos billets, par le passé, servaient à ajouter une section Commentaires à vos chroniques, qui n’en avaient pas à l’époque (”Ce matin, je vous parle des enjeux du X. Ma chronique est ici.)

      Vous n’êtes pas obligée d’avoir un blogue. D’ailleurs, comme vous avez toutes sortes d’options, d’intérêts et de sujets, dans votre cas l’approche quantitative est une erreur. Vous êtes déjà éparpillée thématiquement, multiplier les supports et formats n’est pas une bonne idée à moins de réserver l’un d’eux à un sujet précis, ce que vous ne voulez pas faire. Or, quand on touche à tout, comme Nathalie Petrowski par exemple, on a intérêt à faire de chaque texte une véritable occasion d’expression, car le style et le regard posé ont besoin d’un écrin. Les petits billets vite écrits ne font pas le poids, je dirais même qu’une seule chronique de Nathalie vaut bien cinq ou six billets de blogue, parce qu’on sent qu’elle a travaillé le texte. D’ailleurs vous êtes fort capable de l’égaler: quand vous faites vraiment l’effort, votre style peut être superbe.

      Vous avez donc un magnifique problème, mais amplement de solutions à considérer.

    • @pierrea
      Vous n’avez pas encore vu la différence entre un texte dans le journal et le texte d’un blogue ?

    • Ce que m’inspire l’article sur les relations égalitaires: la vie de couple telle que nous la concevons aujourd’hui est une voie sans issue, qui mène inévitablement à la frustration et au malheur, attendu que: 1) nous souhaitons profondément vivre des relations égalitaires, nous ne pouvons même plus souhaiter autre chose (nous regardons Mad Men et sommes déconcertés par l’ampleur des changement civilisationnels qui surviennent en 50 ans); 2) cet état de fait nous mène inévitablement à comptabiliser ce que nous faisons et ce que fait l’autre (et je ne parle pas ici seulement des tâches ménagères). L’être aimé devient un partenaire davantage qu’une source d’érotisme, mais nous ne semblons plus capables d’envisager une vie sans érotisme. Le modèle papa-maman-enfants qui affrontent tous les diktats plates de la vie contemporaine (genre: aller au centre commercial la fin de semaine, amener les enfants au cours de ci et de ça, tondre la pelouse, cuisiner repas après repas, tous bien nutritifs) ne mène tout simplement pas au bonheur. Il nous revient donc de trouver des solutions originales. L’engagement sentimental, et même familial, doit pouvoir passer par d’autres voies…

    • Merci pour les bons mots…. mcl

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