Marie-Claude Lortie

Marie-Claude Lortie - Auteur
  • Marie-Claude Lortie

    Journaliste à La Presse depuis 20 ans où elle est chroniqueuse et critique gastronomique, Marie-Claude Lortie commente l'actualité, entre deux brassées de lavage et un match de soccer.
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    Mardi 24 septembre 2013 | Mise en ligne à 22h24 | Commenter Commentaires (14)

    On oublie les légumes

    pois

    J’adoooooore les légumes. Mais adoré aussi cet article paru dans le magazine britannique Food Observer.
    Enfin, tranquillement, les médias parlent de plus en plus d’alimentation en s’intéressant non pas aux calories, lipides, vitamines et je ne sais quoi, mais plutôt aux questions qui déterminent réellement si on mange trop ou pas (et donc si on est à risque de surpoids ou pas): notre relation avec la nourriture. Nos comportements face aux aliments.

    Dans cet article, un journaliste explique comment il a lâché prise en cessant de stresser sur la consommation de légumes d’une de ses filles, ces racines et plantes qu’on s’obstine souvent à vouloir faire manger aux enfants même s’ils n’en veulent pas. On s’imagine les aider en les encourageant à apprendre à aimer la verdure — plein de vitamines ! plein de fibres ! pas beaucoup de calories ! — mais on risque tellement, en chemin, de leur montrer la nourriture sous un jour utilitaire, fonctionnel, rationnel, qui ne les sert pas. Manger doit être instinctif, lié au plaisir et répondre à nos besoins nutritionnels sans qu’on ait à se prendre la tête. Sans qu’on ait à se demander autre chose que: “Ai-je faim ? Ai-je encore faim ?” et “Qu’ai-je envie de manger ?”

    Ceux qui me connaissent savent que je prêche cette approche depuis des années. J’ai écrit deux livres avec la nutritionniste Guylaine Guevremont sur la question. Mangez ! et Manger, un jeu d’enfant, où il est question justement d’éducation alimentaire. Comment, y explique-t-on, peut-on amener nos enfants à avoir une alimentation diversifiée, sans leur transmettre notre bagage d’obsessions et de tortures mentales liées à l’alimentation ? Comment peut-on les éduquer tout en leur laissant leurs réflexes naturels, ceux du bébé qui tête et lâche le sein quand il n’a plus faim, celui du bambin qui laisse la moitié de son gâteau au chocolat dans l’assiette: “Plus faim maman.” Parfait mon chéri.

    Et les légumes ? On en parle. On explique comment il est normal que les enfants redoutent les verdures. Nous sommes génétiquement programmés à nous méfier de tout ce qui est amer, potentielle source de poison. Manger des légumes est une chose qui s’apprend. Qui n’est pas spontanée. Si nos enfants veulent prendre leur temps pour les aimer, qu’on les laisse relaxer. Et je vous promets que même s’ils ne finissent pas leur brocoli ou qu’ils ne touchent pas à leurs asperges, ils n’auront quand même pas le scorbut.


    • Tout à fait d’accord. Beaucoup trop de stress avec la nourriture et le «bien manger». Je mange quand j’ai faim, je mange bien et je me permets des folies. Je ne tourne jamais le dos à une bonne frite. Je ne me force plus à manger des choses que je n’aime pas juste parce que c’est bon pour la santé. La vie est trop courte pour m’imposer ces trucs. Je suis en santé et mon poids est équilibré. Je jeûne aussi à l’occasion et ça me fait un grand bien. Surtout, je ne connais plus les rages de faim où je perdais patience. J’ai changé mon attitude par rapport à la bouffe et je m’en porte mieux. …Et j’aimerais qu’on cesse la surveillance des lunches dans les écoles… Beaucoup trop de contrôle et de Germaine à mon avis….

    • Je comprends ce que vous dites. Mais si ça commençait avant, pendant la grossesse ? Ma femme mangeait des tonnes de légumes, du poisson, de l’ail, du fromage au lait cru (les restrictions concernant le fromage au lait cru sont complètement infondées). Maintenant, notre fille a 4 ans, et elle aime exactement tout ce que sa mère mangeait lorsqu’elle était enceinte. Kale, roquette, foie, choux de Bruxelles, asperges, saumon, fruits de mer, ail, Roquefort (n’importe quel fromage goûteux, en fait). Soit exactement tout ce que les enfants n’aiment pas à l’accoutumée.
      Ce n’est qu’une expérience personnelle, et ça n’a pas valeur d’argument. Mais après examen, il me semble bien que les études démontrent que le goût se forme dès avant la naissance.

    • J’ai un petit garçon de 2 ans et nous lui avons présenté légumes à un très jeune âge. Aujourd’hui son légume favori est le brocoli, et adore la salade avec petite vinaigrette maison. Pour ce qui est du reste, suggestion à tous les parents, le temps froid arrive, c’est le temps des soupes. Tous les enfants en raffolent, incorporez y tous les légumes nécessaires, il y développeront les goûts. Vous en bénéficierai aussi

    • “Nous sommes génétiquement programmés à nous méfier de tout ce qui est amer, potentielle source de poison.”
      C’est pourtant simple: faites leur manger des légumes non-amers. Introduisez le panais et autres légumes amers plus tard.
      Mes parents n’étaient pas riches quand j’étais jeune et le choix des légumes était relativement limité et pas amer. J’en ai mangé et je les ai tous aimés.

      @navybu
      “Et j’aimerais qu’on cesse la surveillance des lunches dans les écoles”
      Alors on va laisser passer les élèves de maternelle qui ont des thermos de cafés ? de la pizza froide ? une canne de Redbull ?

    • Il faut regarder comment la nature fonctionne. Il y a les carnivores et les herbivores. Si vous vous souvenez votre court de biologie au secondaire, les carnivores mangent moins souvent, sont plus agiles et la viande leur permet une efficacte superieure de vitamines car concentree. L’herbivore est lourd, a 8 estomacs et mangent 85% du temps. Nous sommes qulequepart entre les deux.

      J’ai decouvert les aliments concentres comme le foie de boeuf, les coeurs de poulet et la sardine. Le choux est excellent.

      De plus, ces aliments ne sont pas fabriques alors vous perdrez automatiquement du poids. Les produits fabriques sont mauvais pour la sante, sffecte votre foie et ils font grossir. Il faut alors evite le fromage de type processed cheese le pain et gateaux.

      Ralentissez sur les fruits car ils contiennent du fructose. Les legumes sont meilleurs que les fruits et beaucoup n’ont pas besoin d’etre cuits. Don.c les gens en surpoid n’ont pas besoin de fructose. Le fructose va direct dans le gras. C’est pas mauvais mais seulement le gens maigres devraient en consommer.

      Avec tout ca, vous allez aussi remarque que votre sensation de faim va devenir normale. Il y aura aussi une baisse du cout de votre epicerie.

    • @mh188888
      Le fructose ne “va pas direct dans le gras”. Il y va juste s’il y en a trop. Je vous l’ai dit l’autre jour.
      Et pour les aliments fabriqués, il ne faut pas exagérer. C’est l’excès qui fait engraisser. “Automatiquement” c’est un peu de la pensée magique.

    • J’ai lu votre livre il y a quelques années déjà. Ma soeur en était devenu accro et elle a réussi à implanter ça dans sa famille. Ses enfants ne sont jamais forcé à finir leurs assiettes s’ils n’ont plus faim et on même droit au dessert. Les 3 petits mangent super bien, ils mangent de tout et surtout à leur faim. Je vais le relire car j’ai arrêté de faire comme le livre nous l’apprend soit manger à notre faim, c’est plus dur quand on a pas grandi ainsi, mais je crois vraiment que c’est la clé!

    • Mince alors, je me suis trompé de débat, je pensais que l’on avait accordé une toute petite place dans la charte pour les légumes. Faites attention aux grands titres…

      NM

    • Je me pose toujours la question, pourquoi imposer un légume à des enfants? C’est un aliment comme un autre. Pourquoi interdire des bonbons ou les desserts? Un dessert, ça peut avoir un sens large. Une verrine de yogourt et fraises est un dessert,

      Chez nous, les légumes sont dans l’assiette au même titre que le riz ou les patates, les pâtes et la viande. C’est un tout. Des fois mes enfants ne mangent pas toute leur viande, des fois ce sont les patates, des fois ce sont les légumes. Des fois aussi c’est l’assiette entière qui est engloutie.

      En élevant les légumes au rang de presque Dieu ou encore en démonisant les sucreries nous faisons plus de tord que de bien. Les légumes sont des aliments comme les autres, point final.
      Plus les parents feront de chichi, plus les enfants en feront.

    • “Alors on va laisser passer les élèves de maternelle qui ont des thermos de cafés ? de la pizza froide ? une canne de Redbull ?”

      Café dans un thermos à la maternelle? Même avant l’avènement de la police des boîtes à lunch, je n’avais jamais vu ça. Une bière non plus. Les parents qui donnent du RedBull à leurs enfants en bas de 16 ans: pas fort et pas fort pour les jeunes qui boivent cette décoction qui goûte le sirop pour la toux non plus.

      Ma pizza froide à moi? Du pain (hon!) du fromage: un produit LAITIER, des champignons, des tomates, des poivrons, de l’oignon donc des LÉGUMES. Pepperoni? On ne meurt pas d’en manger. Je n’ai pas de cas de conscience à donner ça à un enfant.

      Ce qui me fait suer moi, c’est pas de poires parce que c’est coulant et collant, pas de ceci et cela pour les “risques” d’allergie même si personne n’est allergique, rien à réchauffer on n’a pas le temps, pas de petits gâteaux ou autres cochonneries: le rôle de l’école est d’apprendre aux jeunes à lire, écrire, compter et je n’ai rien contre le fait qu’on leur donne des notions sur l’alimentation. Mais le contenu de la boîte à lunch, c’est pas de leurs affaires. Ce qui est interdit est hautement désirable, les SS de la boîte à lunch devraient se mettre ça dans le crâne. Il y a des enfants difficiles qui se ramassent pour toute l’année scolaire à ne manger que des sandwichs au fromage en tranches parce que la police se mêle de ce qui ne la regarde pas.

      J’aimerais une preuve que la police de la boîte à lunch ne mange JAMAIS d’aliments “interdits” (la bouffe interdite est ce qui fait foirer 100% des régimes pour maigrir qui foirent), qu’ils ne boivent jamais de jus sucrés ou de boisson gazeuse, jamais le moindre bonbon ou aliment gras.

      Quand c’est rendu qu’une école annule les bonbons pour Halloween, c’est parce qu’il y a un gros bobo quelque part, et qu’on fait de l’excès de zèle. Ce que les parents donnent à manger aux enfants ne regardent qu’eux.

      Le père d’un grand gaillard sportif de 6 pieds à 14 ans a déjà dit: “drôle de voir qu’il s’est rendu là à manger des pizzas-pochette (beurk!), des patates frites et des hot-dogs.

      Drôle en effet….

      Ceci m’amène au sujet du jour: enfant, je ne mangeais vraiment pas grand-chose. Deux ou 3 fruits, 1 ou 2 légumes, pas de viande, du pain, mon repas favori était du spaghetti sur lequel on versait une boîte de soupe aux tomates! Un médecin voulant bien faire avait dit à ma mère de s’installer à mes côtés et de me forcer à manger du foie, du poisson et du boudin. Hauts-le-coeur, 3 heures en larmes à la table du souper, ma mère exaspérée: 50 ans plus tard, je vous mets au défi de me faire manger l’une de ces trois abominations pour moi.

      Par contre de moi-même, je me suis mise à consommer toute la gamme des légumes, je ne capote toujours pas sur les fruits, et la viande, ça va en modération.

      Je pense que les enfants ont des papilles immatures et que des goûts (et dégouts) se développent avec l’âge. Souvenez-vous juste de la méga-grimace de votre bébé quand vous lui avez donné des carottes pour la première fois. Il en mange probablement avec plaisir aujourd’hui.

      Une très ancienne étude suisse dans une clinique pour “enfants qui ne mangent pas” se passait comme suit: une longue table basse avec tous les aliments contenant tout ce dont on a besoin pour être en santé. On notait silencieusement les choix des enfants. Ils étaient invités à entrer dans la pièce sans plus. On ne leur demandait pas de manger et on ne dirigeait pas leurs choix non plus. On a vu des enfants se nourrir exclusivement d’œufs durs pendant un moment et choisir autre chose plus tard, pour se rendre compte que si on calculait tout ce que les enfants avaient inconsciemment choisi sur une base d’un mois, ils ne manquaient d’aucune vitamine ou oligo-élément nécessaires à leur survie, leur croissance, leur santé.

    • @gl000001

      Malheureusement, je ne peux retrouver l’article dont j’avais lu qui decrivait l’utilisation des differents types de sucres (glucose et fructose) par le corps humain.

      Mais le fructose etait transforme en gras plutot qu’en energie direct comme le glucose.
      C’est le principe des boissons energisantes. Different types de sucres, diferents resultats. Alors vu que l’on mange beaucoup aussi bien eviter le fructose.

      Mon doc m’a recommande de faire attention aux fruits car il y a beaucoup de sucre. En passant, le raisins est assez bas en sucre a comparer a d’autres fruits.

    • @mh188888
      Il y a plein de références là-dessus. Le sucrose est métaboliés par le foie (contrairement aux autres sucres) et “s’il y en a trop seulement”, il sera transformé en gras.

      Il faut éviter les fruits après les repas alors que le taux de sucre dans le sang est plus élevé. C’est le principe pas trop compris à l’époque que Montignac avait essayé maladroitement faire mieux connaitre. Sinon, prenez-en tant que vous voulez mais en espacant leur ingestion.

      @loubia
      Et pourtant c’est arrivé. Sur 7 groupes de maternelle, il y a au moins une bizarre d’histoire comme ça à chaque année.

      Du foie, du boudin eurk !!!

      Ma mère avait l’obsession de nous faire mettre dans le bouche de tout ce qui avant dans l’assiette. Un morceau de steak, de patate et de fêves tout en même temps. “Ca se mélange dans ton estomac de toute façon”. Oui mais pourquoi tout mélanger les gouts comme ça ? Ils en avaient-tu des drôles d’idées avec la bouffe !!!

      “spaghetti sur lequel on versait une boîte de soupe aux tomates” Comme Elvis Gratton !! Yeah !!! ;-)

    • Je peux très bien m’imaginer une conversation typique entre deux chasseurs de l’âge de pierre, le premier Neandertal dit à l’autre, je ne comprends vraiment pas, notre air est propre, notre eau est limpide, on n’arrête pas de bouger dans la journée, tout ce qu’on bouffe est organique, pis on n’arrive pas à vivre plus vieux que 360 lunes, le Neandertal 2 répond, je n’arrive pas à compter jusque-là mais je pense que l’on devrait essayer d’utiliser ce petit bout très dure qui brille à la place de la pierre. Le premier Neandertal répond, je ne pense pas, c’est risqué, il faut en parler au conseil de tribu, les sages vont se réunir et faire une enquête.
      NM

    • Exactement, Mme Lortie. Ce qui est plate, c’est que la plupart des gens qui pensent comme vous et moi, pensent que cette façon de manger n’est pas applicable pour les grosses personnes, ou alors, si elles le font, elles le font mal car elles devraient perdre du poids. Et bien, j’ai des petites nouvelles pour eux… non. Je pratique cette alimentation intuitive depuis plusieurs années maintenant, avec du sport, et je n’ai perdu que très peu de poids. Par contre, mon éventail de goûts s’est décuplé, ma santé est très bonne, je suis pleine d’énergie, je dors mieux, mes cheveux et mes ongles brillants. Pourtant, tous les médecins que je croise continuent de me tendre automatiquement des dépliants de régimes et de chirurgie bariatrique avant même de prendre mes indicateurs de santé – et je ne porte qu’une taille 18, je n’ose pas penser ce qui arrive aux plus gros que moi… quand la paranoia alimentaire s’apaisera, que les gens respireront par le nez et utiliseront l’approche que vous parlez, sans égard ni commentaire au poids, je suis persuadée que nous verrons la santé globale de tous s’améliorer grandement, et même, l’«épidémie» d’obésité diminuera, car le corps apprendra de moins en moins à faire des réserves et à nous faire vouloir ce que nous nous refusons. Enfin, un souffle de bon sens dans cet mer de conseils de bien-pensants… je suis heureuse de voir que la plupart des commentaires ici vont dans ce sens!

      En ce qui a trait aux fruits: Pour ma part, ma nutritionniste m’assure que les fruits = pas de problème de sucre à moins que je sois diabétique, ce que je ne suis pas. Pas vraiment de moment d’ingestion à respecter.

      Bien sûr, idéalement, plus de légumes, mais ce n’est pas un absolu.

      Par contre, le moins d’aliments transformés possibles, ça, c’est vraiment un conseil en or! Rien ne vaut autant que pouvoir savoir en totalité ce qui est dans notre assiette. Il y a des choses que j’essaie d’éviter car j’ai l’impression que nous connaissons mal leurs effets dans notre corps (OGM, sirop de maïs à haute teneur en fructose, tout ce qui comporte «et/ou …séparé mécaniquement», le shortening…) mais je n’en fais pas une obsession.

      Il n’existe pas de recette universelle d,alimentation qui fonctionne pour tout le monde. Chacun doit explorer ce qui fonctionne pour lui. Merci pour votre article! Connaissez-vous les travaux d’Ellyn Satter? http://www.ellynsatterinstitute.org/ je suis certaine que ça intéresserait beaucoup de parents découragés de l’alimentation de leurs enfants!

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