Marie-Claude Lortie

Marie-Claude Lortie - Auteur
  • Marie-Claude Lortie

    Journaliste à La Presse depuis 20 ans où elle est chroniqueuse et critique gastronomique, Marie-Claude Lortie commente l'actualité, entre deux brassées de lavage et un match de soccer.
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    Lundi 30 juillet 2012 | Mise en ligne à 9h24 | Commenter Commentaires (15)

    La politique devrait entrer dans la cuisine

    Pour assurer un débat respectueux, seuls les commentaires signés sont publiés. Merci.

    Capture d’écran 2012-07-30 à 09.20.41

    Photo Marie-Claude Lortie, La Presse

    OGM, étiquetage, réforme de la gestion de l’offre, problèmes de distribution des produits d’ici, problèmes d’accès aux aliments frais chez certains groupes sociaux, utilisation de pesticides….

    Les sujets alimentaires qui devraient intéresser les politiques sont nombreux. Pourtant, on n’en entend presque jamais parler en temps campagne électorale.

    Je trouve ça pas juste dommage mais carrément grave.

    On va régler les problèmes comment si on n’en parle jamais publiquement, collectivement ?

    Ma chronique sur le sujet, ici.

    Et voici le lien sur la Société Orignal, dont je parle dans mon texte.

    (Cela dit, ce n’est pas tout le monde qui pense comme moi. J’ai discuté de cette question avec le grand chef américain Dan Barber, durant le symposium MAD à Copenhague, au début de l’été. Et lui croit que les changements doivent passer par la base avant d’être discutés dans les arènes électorales…)


    • Le politiciens représentent la collectivité. Ils devraient en parler. C’est logique.
      Ils parlent bien de médicaments et l’alimentation a un effet sur nous comme les médicaments.

      Il faut en parler pour qu’ils fassent cesser les dérives idéologiques des fonctionnaires comme la lutte aux fromages au lait cru. La lutte au cidre de glace dont les pommes ont gelé dans des filets. Ce qui est tout à fait équivalent à les laisser geler sur l’arbre comme les (vrais) experts ont dit.

      Alain Lajoie

    • Bonjour,

      Personnellement, je vous dirais que vous avez plus, si cela est possible d’y aller d’une telle tournure de phrase, que totalement raison. Surtout que si on veut faire d’un territoire un pays, ou à tout le moins pour le rendre plus autonome, la première chose à faire est d’assurer l’accès à la nourriture pour tout un chacun.

      Par ailleurs, j’ajouterais que c’est une, sinon la plus intelligente de toutes les suggestions qu’il m’a été donné de me voir offrir comme sujet de discussion depuis que je m’intéresse à la politique : parler de bouffe au cours d’une campagne électorale.

      Surtout que la population semble toute disposée à en entendre parler : vous avez vu le nombre de casseroles qui sont sorties dans les rues de Montréal au cours des derniers mois?

      Sauf que ces casseroles, elles étaient vides. S’agit de les remplir maintenant. Mais avec quoi :

      - des produits du terroir ou des produits d’ailleurs?

      P.S. : O.K., je niaise un peu ici mais votre suggestion mérite qu’on s’y arrête car elle est vraiment très très très intéressante sauf que je crois que c’est Dan Barber qui a raison en soutenant … « que les changements doivent passer par la base avant d’être discutés dans les arènes électorales… »

      Daniel Verret (Nadagami)

    • Très bonne chronique Mme. Lortie.
      @ gl000001 C’est Hippocrate qui disait “Que ton alimentation soit ton seul médicament.”
      Depuis que je cultive mes propres légumes et fruits biologiques, je n’ai plus eu ni rhumes ni grippes.
      Et je ne me fais pas vacciner.
      Le lobby agricole est devenu tellement fort, que les politiciens n’aborderont certainement pas ce sujet. S’il fallait que l’étiquetage indentifie les produits qui contiennent des OGM, on se rendrait peut-être compte qu’on a pas beaucoup de choix sur les tablettes. Et on ne parle pas des céréales, des légumes et des fruits. Lequels ont été produits avec des semences Monsanto?
      Pour contrer la règlementation de la culture des légumes en facade des maisons, moi je la contourne par compagnonnage de fleurs. Ni vu ni connu. Mais ma voisine me trouve tout de même un peu bizarre de faire pousser de l’ail dans ma platebande de tulipes, de la laitue en bordure des hostas, et des concombres et des haricots grimpants sur la structure de l’abri d’auto.
      Quel avantage un politicien obtiendrait-il en encourageant l’autonomie alimentaire de la population? Le vote de ceux et celles qui la visent? Nous ne sommes pour l’instant qu’une poignée. Mieux vaut se taire en remplir sa caisse électorale non?
      Moi j’ai décidé de ne pas attendre après eux. J’ai planté 2 arbres fruitiers en façade de ma maison et au temps de la récolte, je pose un écriteau disant servez-vous pour mes voisins. J’ai déjà réussi à en convaincre quelques-uns à faire un potager en leur offrant mes semences ou quelques plants.
      Cette année, je compte proposer mes services à la garderie du coin pour les aider à démarrer un potager ainsi qu’à un organisme de dépannage alimentaire pour des ateliers sur le jardinage. Il y a bien une ou deux personnes parmi elles qui oseront profiter de parcelles gazonnées, autour de leur bloc, pour faire pousser des tomates.
      C. Tassé

    • « Moi j’aimerais bien, par exemple, que l’argent de mes impôts aide des gens comme Cyril et Alex »

      Rien ne vous empêche, Madame Lortie, d’investir de votre propre argent. Combien avez-vous investi de votre propre argent dans l’aventure de Cyril et Alex? Si vous n’investissez pas de votre propre argent, pourquoi alors insister pour que tout le monde investissent dans ces trucs sans véritable intérêt pour le bien public?

      « Le Québec […] est en train de devenir un univers à deux vitesses, où les riches boivent du nectar bio et les pauvres du Kool-Aid fluo ».

      Qu’est-ce qui empêche les « pauvres » de boire de l’eau, comme je le fais? Pourquoi sont-ils condamnés à boire du Kool-Aid fluo? Quelle injustice y a-t-il à ce que les riches se payent des nectars dont personne n’a véritablement besoin?

      La politique est partout. On devrait la garder hors des endroits où on peut s’en passer.

      - Robert Lemieux

    • Saviez-vous que le Parti Québécois propose justement une politique de souveraineté alimentaire? Au menu:

      - faire passer de 33 à 50 % la proportion des aliments du Québec que nous consommons;
      - faciliter le développement de nouvelles appellations contrôlées;
      - favoriser l’installation de nouvelles productions sur des terres en friche;
      - inciter les grandes chaînes d’alimentation ainsi que les hôtels, restaurants et institutions à adopter et promouvoir une politique d’approvisionnement de proximité;
      - inciter la Société des alcools du Québec à se donner une politique d’achat et de vente de produits du Québec et de proximité, à la faire connaître et à l’appliquer.

      Il était temps qu’on en parle! Plus de détails ici: http://go.pq.org/9d1.

    • Il ya 3 semaines, le PQ présentait sa politique en agriculture qui parle en autre d’AOC, d’inciter les entreprises alimentaires à s’approvisionner local (supermarché, saq, restos, hotel…).

    • En campagne électorale, on fait semblant de donner des cadeaux (et les gagnants feront payer ceux qui les auront élus) et ce que le petit peuple mange, que ce soit en toute connaissance de cause ou à son insu (OGM, mauvais gras, mauvais sucres, sel), on s’en fout complètement à ce niveau de pouvoir.
      Si on oblige les grands supermarchés à s’approvisionner “local”, on ne mangera pas grand chose à part du maïs et du soja transgéniques, mais des bonnes pommes à l’année maintenant, et les agriculteurs ne pourront suffire à combler nos désirs avec trop de monocultures à grande échelle.
      Autant que possible, j’achète au moins “Canada” quand c’est possible, mais c’est rare à part l’été d’en trouver. N’allez que regarder les poissons congelés dans les supermarchés: c’est tout ou presque tout du chinois.
      Vive les marchés pour les emplettes d’été!

    • Oups! Oublié de signer:
      J. Lincourt

    • Dommage que l’opposition aux OGM ne soit pas une religion, il serait alors très facile de faire accepter une certification “sans OGM” avec un logo qu’on retrouverait partout. Le pourcentage de gens s’opposant aux OGM est beaucoup plus grand que le pourcentage de gens tenant à manger halal ou casher, mais tout ça c’est une question de poids politique j’imagine. Les OGM, contrairement au courroux de Dieu, est quelque chose dont on peut prouver l’existence.

      C.Tremblay

    • @effrontée
      Suggérons aux imams et rabbins de refuser tout OGM pour leurs produits halal et kasher. Notre lobby sera bien plus important.
      En passant, il y a beaucoup de produits kasher qu’on ne soupconne pas.

      Alain Lajoie

    • Je suis un peu d’accord avec rlemieux. L’eau est en principe gratuite et meilleure que le nectar ou le Kool-Aid.

      Mais beaucoup trop n’ont pas accès à de l’eau potable (me semble que c’est fédéral mais quand même), un problème bien plus grave que l’accessibilité des produits de niche comme le syrop d’érable spécial ou même l’étiquetage d’ingrédients OGM. De plus, certains n’ont pas assez à manger aujourd’hui ou s’inquiètent pour demain, sans même avoir le luxe de choisir si c’est bio, terroir ou santé.

      Si on est pour parler d’alimentation, je veux que ces problèmes, qui ne devraient pas exister ici, soient réglés avant qu’on me demande le pourcentage de mon panier qui provient de fermiers du Québec. C’est un “problème” de riches alors qu’on a de vrais problèmes de pauvres.

    • A. Thu

    • “Le Québec, comme toute l’Amérique, est en train de devenir un univers à deux vitesses, où les riches boivent du nectar bio et les pauvres du Kool-Aid fluo.”
      Souvent, le fluo coûte plus cher que le bio, mais les BS, même à prix égal ou moindre, achèteraient du fluo quand même, à cause du + sucré.
      E.Ross

    • Il y a un précédent récent, la cheffe du PQ Pauline Marois a brandi en l’air des casseroles en public. Une tentative maladroite de faire entrer la politique dans la cuisine, mais quand même c’est l’intention qui compte.
      Éros Bibeau

    • Comme je travaille dans le domaine de l’alimentation, cette question me touche personnellement. Dans ma vie privée je tente toujours de favoriser les produits locaux. Cependant ce choix a des coûts. Dans mon travail je dois respecter un budget ce qui fait je dois parfois acheter des produits étrangers même en été (saviez-vous que la semaine dernière, chez plusieurs grands distributeurs, les fraises californiennes coûtaient moins cher que les fraises québécoises?) J’aimerais qu’on m’explique comment des produits venant de très loin puissent être vendus moins chers que des produits locaux.

      Mais la question de l’alimentation est devenue très complexe. Entre choix sociaux, environnementaux, éthiques, économiques et nutritionnels, il y a de quoi perdre son latin. Par exemple, le poisson est bon pour la santé, mais attention à la surpêche et à la polluante pisciculture. Et le consommateur achète ses produits sans réellement savoir d’où il provient et comment il a été produit. On aimerait simplement savoir si le fruit ou légume qu’on achète est OGM mais c’est impossible.

      La question de l’alimentation est hautement politique. Les subventions, la réglementation, l’affichage, etc… Malheureusement, je crains que nous n’en entendions pas parlé durant cette campagne.

      Jean Daniel

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