Marie-Claude Lortie

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  • Marie-Claude Lortie

    Journaliste à La Presse depuis 20 ans où elle est chroniqueuse et critique gastronomique, Marie-Claude Lortie commente l'actualité, entre deux brassées de lavage et un match de soccer.
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    Mardi 12 juin 2012 | Mise en ligne à 18h50 | Commenter Commentaires (13)

    Éloge de la transparence

    Pour assurer un débat respectueux, seuls les commentaires signés sont publiés, merci.

    Capture d’écran 2012-06-12 à 18.13.46

    Image Delf Bergeron. Portrait de l’accusé dans cette affaire,  Amir Pourasadi, 56 ans

    Ce matin, je chronique sur une histoire qui m’a inquiétée. Un garçon agressé sexuellement dans un autobus, une mère qui cherche l’agresseur, des policiers qui mènent enquête et une école qui choisit de ne pas dire aux parents qu’un de ses écoliers a été victime d’un tel acte et que ça s’est passé dans le bus, tout près de l’établissement.

    Je vous dis la fin: l’agresseur a été arrêté. Il avait un casier judiciaire. La police et la mère, surtout, ont fait leur travail. L’école ? A attendu cinq mois avant de prononcer les mots “agressions sexuelles” et d’informer les parents du crime et de la réapparition du suspect, près de l’école, peu avant l’arrestation.

    Je vous laisse lire.

    Tout ça aurait pu arriver à bien des écoles. Le silence, le déni, le non-dit, la cachette sont partout.

    Il faut lever les tabous. Parler de ces affaires. Confirmer aux victimes que ce qui est arrivé est bien un crime. Ça devient, ainsi, plus facile à digérer.


    • Je suis d’accord qu’il ne devrait pas y avoir de cachette. Seul problème, maintes fois relevé : ce projecteur braqué sur les pédophiles déjà identifiés fait perdre de vue qu’il y a une certaine proportion de pédophiles parmi nous, qui eux, ont le visage de Monsieur tout le monde.

      Le vieux monsieur en imperméable est largement un mythe. Les pédophiles sont votre troisième voisin, votre cousin, l’adjoint de votre gérant de caisse, votre collègue huit cubicules plus loin.

      Chaque fois qu’un quartier se mobilise pour rendre la vie difficile à un pédophile libéré ou identifié, il ne voit que lui, laissant parfois plus de marge de manoeuvre aux autres.

      Il faut tout simplement continuer d’éduquer les jeunes concernant les adultes et leurs divers trucs. Gros problème : ils ciblent les jeunes des familles défavorisées. Assez souvent, ils deviennet amis avec une partie de la famille. Pire encore, le pédophile ciblent souvent des enfants de leur propre famille, immédiate ou non.

      Ca ne veut pas dire qu’il faut laisser faire quand un pédophile connu est dans le quartier. Mais pour bien combattre la pédophilie, il faut comprendre le portrait robot des pédophiles qui sont déjà passés par la prison est trompeur. La plupart du temps, le pédophile a un visage plus familier et rassurant, malheureusement. Il faut en tenir compte quand on éduque les jeunes.

      M. P. A. Paquin

    • Il se dit plein de niaiseries sur Facebook, mais il faut taire la vérité “tout d’un coup, ça serait pas vrai”, “pour ne pas partir de panique”, ” inventez ce que vous voulez comme niaiserie “. Y’en a pas de bonnes raisons à mettre entre parenthèses. En autant que ça soit la vérité.

      Alain Lajoie

    • Mme Lortie, vous demandez:
      - Pourquoi, si souvent, ce terrible ingrédient: le silence?

      Pour sauver l’image, la réputation de l’école…..
      Surtout une école privée c’est beaucoup de $$$$$$$$$$$$.
      Parce que ça ne se passe pas sur le territoire de l’école(espace école)
      Dès que vous êtes sur le trottoir, le problème est ailleurs.

      Un exemple:
      1994, dans le nord de Montréal, une école secondaire (au public).
      Problèmes de drogue TRÈS présent.
      Problèmes de drogue connu des professeurs et de la direction.
      ” Dealers ” de drogues connus et localisés dans un parc à côté de l’école.
      Problèmes de violence accrus et absentéisme scolaire constaté.

      Réaction de la direction de 1994: 1 directeur et son adjoint.
      “Ça se passe au parc, c’est en dehors de l’école, on peut pas rien faire”

      Imaginez, la colère des parents.
      Imaginez un peu, le désarroi des professeurs et du personnel de soutien,
      qui eux subissaient toute la journée…les conséquences…du RIEN FAIRE.

      Ex:
      Violence physique et verbale directement aux personnes.
      Graffittis vulgaires sur les murs du quartier, concernant certains
      professeurs……ceux qui refusaient les drogués dans la classe.
      Pneus dégonflés, et rayures sur nos voitures.

      Oui la police venait, mais comme la direction refusait de reconnaître
      le problème…dit ” hors zone scolaire ”
      Il n’y avait pas de mesure générale de prise, pour vraiment corriger la situation.

      LA SOLUTION est venue avec un nouveau directeur….près de 3 ans plus tard.
      Un homme extraordinaire, qui LUI considérait que le quartier était partie
      prenante de son école.

      Avec lui, la police était dans l’école.
      Avec lui, les signalements étaient faits tous les jours.
      Avec lui, des suspensions de cours étaient données aux drogués.
      (avec une alternative tant pour le jeune que les parents)
      Avec lui, un travail global s’est mis en place pour régler le problème.

      Le problème avec certaine direction d’école, c’est que l’image a la priorité.

      Genre: C’est pas chez-nous, donc ça ne se passe pas!!!!!

      Par chance, je connais des directeurs qui eux parlent maintenant.
      Par contre, je vous jure qu’ils ne l’ont pas facile avec “certains” parents.
      Louise April(Laloue)

    • Chère Mme. Lortie,
      Je comprends votre étonnement et je le fais mien. Malheureusement, les écoles utilisent trop souvent la non-intervention comme stratégie d’intervention. Pour la plupart des directeurs et directrices d’établissements scolaires, le mot d’ordre est: ne pas faire de vague. Et ceux et celles qui y obéissent sont ceux et celles qui sont les plus appréciés par les directions générales.
      Protéger l’image et la réputation de l’organisation et des établissements est capital si on veut y attirer et y conserver la clientèle. Parce que cette fameuse clientèle est l’unique source de financement pour les écoles. Plus il y a d’élèves, plus on a de budget et meilleur est le salaire de la direction ; plus on a de budget, plus on a de projets et des services à offrir; plus il y a de services et de projets plus l’image et la réputation de l’école se bonifient. En conséquence plus de parents souhaiteront que leurs enfants fréquentent ces écoles donc plus de clientèle…
      Bien entendu, ce n’est pas ce qu’on vous dira pour justifier ce silence. On vous dira probablement que d’informer les parents aurait pu amener une identification de la victime ou susciter la rumeur. Rumeur qui aurait pu être nuisible à d’autres élèves, nullement impliqués, mais dont la personnalité et les attitudes se prêtent à l’étiquette de victime. On vous parlera aussi de possibles gestes d’harcèlement et d’intimidation pour la victime elle-même ou pour les hypothétiques victimes. Voyez-vous la vague grossir?
      Si j’avais été la mère de ce jeune, c’est le Conseil d’établissement de cette école que j’aurais interpelé. Or, pour la plupart, les parents ignorent les réels pouvoirs décisionnels de cette instance. Ce sont des parents élus, des enseignants, des professionnels et des élèves désignés par leurs pairs ainsi que des membres de la communauté invités à y siéger qui le constituent. Et toutes ces personnes votent sur des propositions faites par la direction qui elle n’a pas droit de vote. Le Conseil avait-il été informé du sujet par la direction? J’en doute. Mais s’il l’a été c’est donc que l’assemblée a adopté la proposition de la direction voulant qu’aucune information ne soit divulguée.
      C. Tassé

    • @litchi…..un plaisir de vous lire:-)

      Vous décrivez très bien la situation.

      Concernant le Conseil d’établissement vous soulignez que:
      …….Ce sont des parents élus, des enseignants, des professionnels…..

      D’accord, mais cela ne garantit pas l’intégrité de ces gens et encore moins
      la légitimité de la décision prise.

      Des parents élus…..par un très faible vote…..trop souvent une clique.
      Des enseignants…..qui eux mêmes prônent la tranquillité…..la paix.
      Des professionnels….qui souvent protègent leurs territoires.
      ( en affirmant avoir la solution)

      Imaginez, l’influence que ces gens peuvent avoir sur les élèves désignés.

      Imaginez la difficulté pour les membres de la communauté de s’imposer……

      Pas facile j’en conviens, mais je crois que la solution vient souvent de l’extérieur.

      Besoin de recul, beaucoup de recul….
      Louise April(Laloue)

    • Cette histoire me fait penser à une école qui doit décontaminer le sol sous la cour de récréation parce que le réservoir d’huile à chauffage a coulé … il y a plus de 8 ans. Il ne faut pas dire que c’est de la décontamination parce qu’il faudrait expliquer pourquoi ça a pris 8 ans avant de faire quelque chose.

      @laloueapril
      A propos du CE. Les parents sont souvent mal informés par la direction sur leur rôle et responsabilité dans le comité. La direction aime garder son “pouvoir”.
      Et dans les écoles en milieu défavorisés, il y a des agents de milieu et des travailleuses sociales qui visitent les écoles. Mais, ils ne sont présents qu’une journée ou deux par semaine. Ils ont deux ou trois écoles à superviser. La tâche est lourde.

      Alain Lajoie

    • Merci de signaler cet épisode, MCL. Comment ne pas être d’accord vous?

      Bien sûr que oui à la transparence.

      Comment l’enforcer par contre? En faire une loi? Autrement dit: il aurait été illégal pour l’école de ne pas avertir les parents de l’info – c’est ce que vous proposez?

      Il n’est pas très clair ce que vous proposez exactement. Sauf pour dire que le Collège a manqué de jugement. Ce qui ne règle rien, le temps que l’encre de votre article sèche et la nouvelle du jour passera a autres choses…

      Etait-ce veritablement la job du Collège, situé en plein centre-ville, de devoir informer les parents de personnages louches? Il aurait été bien pour eux d’informer les parents, pas de doutes a ce niveau, mais est-ce leur vraie de vraie responsabilité?

      A mon avis, autant que le Collège aurait dû envoyer une note aux parents, il n’est pas de leur responsabilité de le faire.

      On s’entend que le Collège est situé en pleine ville, et qu’on peut facilement presumer qu’un jeune de 13 ans qui prend l’autobus 24 à tous les jours en a vu d’autres. Sans minimiser l’aggression bien sur, mais on s’entend que pour ce qui est de gens ayant un dossier criminel dans les environs, faut pas aller loin. Juste en bas sur Ste-Catherine il y a toujours une troupe qui se tient entre le Square Philips et la rue du Fort. Ces pauvres types sont toujours saouls, on les voit desfois sur Sherbrooke quêter. Pas necessairement des aggresseurs, mais je ne voudrait pas attendre l’autobus a coté de l’un d’eux a l’age de 13 ans. Serait-ce a l’ecole de les signaler?

      Selon moi c’est plutot la responsabilité de la police.

      Il y a beaucoup de construction routière a Montreal aujourd’hui. Souvent, on voit un policier gérer les feux de circulation, decider quand peser sur le petit piton qui change la lumière. A chaque fois me dit qu’un policier armé n’est vraiment pas utilisé a sa pleine valeur pour faire cette tache.

      A la ville de New York, il y a les “traffic cops”. Ce ne sont pas de vrais policiers (payés moins, souvent un peu plus agés qu’un vrai policier, pas besoin d’etre en forme physique top non plus), il ne sont pas armés, ils ne font que gerer le traffic.

      Me semble que le staff policier de Montreal serait mieux utilisé si postés devant une école où un pédophile notoire à ete signalé, plutot que de peser sur le piton des feux de circulation (et textant sur leur cell en attendant de repeser sur le piton).

      C’est ca ma solution: des policiers utilisés comme il faut, où ils sont requis.

      Qu’aurait veritablement fait une “sensilibisation aux parents”? C’est pas parce que tu sais qu’il y a un fou dans les parages que ca l’empeche d’attaquer. En fait, c’aurait peut-etre meme eu l’effet pervers de donner un sens de devoir accompli a la mere, et elle n’aurait peut-etre pas poursuivi l’agresseur avec autant d’insistance.

      Mille fois bravo à la mère qui a pris les choses en main, et qui n’a pas accepté son sort suite au défilage des “autorités”

      proverbe chinois:
      “Si chacun balaie devant sa porte, la ville sera propre”

      F Vachon

    • Sur le thème de la transparence:

      Est-ce que la transparence s’applique aussi aux avocats, médecins, psys et sources journalistiques?

      Comment doivent ils gérer leurs infos prévilégiées?

      Désolé de faire le fin finaud sur un fond d’histoire horrible, mais je suis curieux de savoir ce que ces professionels font avec l’info d’un personnage potentiellement danger public.

      F Vachon

    • Personnellement, je suis très déçue de l’attitude irresponsable de cette école. Il n’y a aucune raisons de ne pas assurer la protection des élèves d’une école. Aucune. Ni la réputation, ni le possible profilage des victimes non plus.

      Que l’école ait choisit de taire l’événement pour assurer à la la victime le respect de sa vie privé est une chose, mais qu’elle n’ait pas informé les parents de cette même école, est tout à fait innaceptable voire irresponsable à mon avis.

      De plus, comme l’agression s’est passée en décembre 2011 et que l’agresseur n’a été arrêté qu’en fin mai 2012, il aurait pû commettre d’autres agressions sur d’autres élèves de ce même collège ainsi qu’ailleurs. Ce qui est inquiétant et laisse perplexe.

      C’est facile de faire de la dentelle quand les nôtres ne sont pas concernés, pour ma part un de mes enfants fréquente ce Collège et utilise le même circuit d’autobus où a eu lieu l’agression.

      Et si ça avait été un des miens qui avait été agressé?? Ou le vôtre??

      Arrêtons s.v.p avec les jargons administratifs, car dans un contexte comme celui-ci, on parle de la sécurité d’un millier d’élèves, et la sécurité est un devoir, une responsabilité que l’école se doit de respecter, d’honorer.

      En espérant ma foi que lors de leur prochaine assemblée, ou conseil d’établissement, ce Collège saura mettre ses priorités au bon endroit pour l’avenir.

      Plume38

    • Les écoles doivent appeler un chat un chat et une agression par son nom. Et tous les agresseurs patentés d’enfants devraient être obligés de porter un carré de feutre avec une cible dessinée dessus afin de les reconnaître quand ils se trouvent à moins de 100 kilomètres d’une école. Bon, bon, j’exagère un peu mais le principe est là, qu’on utilise les moyens qu’il faudra, la seule chose importante, c’est la sécurité des enfants et par extension, des femmes, des vieux et de tous les plus vulnérables d’entre nous contre ces lâches qu’on appelle prédateurs.
      R.Ducharme

    • @pierrea

      Il faut faire attention de bien faire la distinction entre le pédophile et le prédateur. La pédophilie est une maladie mentale. Le fait d’avoir une attirance envers les enfants n’est pas criminel en soi (même si c’est franchement dégoûtant). Ce qui est un crime c’est d’agresser un enfant (ou d’agresser n’importe qui d’ailleurs). La majorité des pédophiles sont conscients du mal qu’ils feraient s’ils passaient à l’action et, par conséquent, ne s’y résoudent jamais.

      C’est un peu comme si tu avais le goût d’étrangler qqn que tu hais, mais que tu avais suffisamment de bon sens pour ne jamais le faire, sachant les conséquences pour la victime, son entourage et toi-même. Devrait-on t’arrêter quand même de façon préventive?

      Je tiens à dire que je ne défend pas la pédophilie, mais qu’il faut faire attention de ne pas les traiter systématiquement comme des criminels; la plupart des gens me lancent des pierres pour un tel discours, mais je crois qu’il est important de garder son sang froid et de bien comprendre la situation afin de trouver les solutions adéquates au problème, plutôt que de partir en guerre sans savoir qui est vraiment l’ennemi (je n’aime pas les métaphores de guerre, mais bon, ça illustre bien). Par contre, pour les prédateurs et les agresseurs, je suis d’accord avec votre idée de mieux surveiller les écoles, plutôt que de surveiller la circulation. Le fait d’avertir les parents, dans le cas présent, aurait p-e permis aux policiers de trouver l’individu plus rapidement.

      Le manque de transparence de cette école me laisse pantois. Je comprends la décision de ne pas vouloir affoler tout le monde, mais je crois qu’au moins les parents auraient dû être avisés et rassurés. Qu’on leur fasse part des mesures prises pour mieux encadrer les élèves et les éduquer à ce propos. Au moins, chaque parent aurait pu prendre ses propres initiatives, comme aller porter son enfant directement à l’école.

      M. Kote

    • À mon école primaire, on avait parlé sans détails d’un cas d’agression et qu’il fallait faire attention.

      Par la suite, À chaque fois qu’un homme se trouvait proche de l’école, c’était l’hystérie. On hurlait des accusations, “c’est lui! “, “il est toujours ici!”, ça pleurait, ça partait en criant dans la cour d’école, on ne voulait presque plus jouer, on était paralysé. Apres 2-3 jours, les profs nous disent d’arrêter, que la plupart des gens ne sont pas des agresseurs, qu’il faut juste savoir quoi faire, qu’il ne fallait pas vivre dans la peur et l’hystérie.

      C’est un crime qui me répugne, et qui devrait être sévèrement puni. Mais, la plupart des crimes sont commis par des connaissances d’apparences ordinaires, pas par l’homme louche qui se cache dans les buissons.

      Sans minimiser la gravite de l’acte: le bus 24 passe par le centre-ville. Il s’en passe des choses pas belles du tout. Le mieux est de donner les outils aux enfants pour qu’ils soient prêts en tout temps, pas etre vigilent pour un homme ou un endroit particulier particulier.

      A. Thu

    • Je viens de réaliser que j’avais oublié de signer!
      Heureusement, mes vacances arrivent à grands pas.

      Michel Kote

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