Marie-Claude Lortie

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  • Marie-Claude Lortie

    Journaliste à La Presse depuis 20 ans où elle est chroniqueuse et critique gastronomique, Marie-Claude Lortie commente l'actualité, entre deux brassées de lavage et un match de soccer.
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    Mercredi 2 mai 2012 | Mise en ligne à 12h48 | Commenter Commentaires (25)

    Où est Montréal sur la planète resto ?

    Pour assurer un débat respectueux, seuls les commentaires signés sont publiés.

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    Alex Atala, chef du D.O.M. à Sao Paulo, no4 sur la liste des meilleurs restaurants au monde. (Oui, c’est le chef Ferran Adrià en arrière. Et oui, c’est la folie façon tapis rouge au dévoilement de la liste à chaque année, à Londres) Photo Marie-Claude Lortie. La Presse.

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    De g. à d.: Elena Arzak, de Arzak à San Sebastian, consacrée meilleure femme chef au monde, Juan Mari Arzak, son père, avec qui elle travaille et à droite, Ferran Adrià, de Taller elBulli. Photo Marie-Claude Lortie. La Presse.

    LONDRES — Si vous vous demandez pourquoi je ne suis pas ultra-rapide sur la couverture des manifs et la mise à jour du blogue, c’est parce que je n’étais pas au travail ces derniers jours. Si vous vous demandez pourquoi j’ai quand même écrit une chronique sur le dévoilement de la liste des 50 meilleurs restaurants au monde, c’est parce que je profite de mes vacances pour travailler ! J’étais effectivement au Guildhall lundi, à la cérémonie où ont été annoncés les membres de cette sélection publiée chaque année par le magazine britannique Restaurant.

    Bilan: Noma le Danois encore au sommet de la liste, suivi du Celler de Can Roca dont je vous ai déjà parlé. Il est à Girone, en Catalogne. En troisième place, un Basque, Mugaritz. En quatrième place, le Brésilien D.O.M. est ainsi consacré meilleur restaurant des Amériques, suivi de l’Italienne Osteria Francescana de Modène.

    Non, sur la liste, il n’y a aucun Montréalais, aucun Québécois et aucun Canadien sur la liste des 50 meilleurs. Même sur la liste étendue des 100 meilleurs restaurants au monde.

    En fait, à ma connaissance, il n’y avait même pas d’autres Montréalais dans la salle lundi soir, à part la journaliste gastronomique canado-brésilienne Alexandra Forbes. Et le seul accent québécois que j’ai entendu de toute la soirée fut celui de Clément Vachon, qui veille aux relations internationales chez San Pellegrino, à Milan, principal commanditaire de l’activité. Vachon, un ancien Beauceron, vit à Milan depuis des lunes.

    Bref, les Montréalais n’étaient juste pas là. Pas reconnus, pas intéressés ? “Où sont-ils”, a demandé d’entrée de jeu Daniel Boulud, le grand chef franco-new-yorkais qui ouvre bientôt un restaurant rue Sherbrooke, quand je l’ai approché pour lui poser quelques questions. Je n’ai pas su quoi lui répondre.

    Plus loin, il y avait des Danois, des Brésiliens, des Chinois, des Japonais, des Australiens, des Suédois, Péruviens, Mexicains… La représentante de la délégation commerciale de Singapour à Londres était présente. Et des centaines d’autres personnes venues de partout au monde. Journalistes, chefs, commanditaires, relationnistes, gens d’affaires oeuvrant dans le monde du tourisme…

    Plus de 800 professionnels liés à la restaurants — chefs, restaurateurs, journalistes — sont sondés pour établir la liste (dont moi). Et une bonne partie se retrouve à Londres pour la cérémonie. Est-ce nécessaire de dire que les joueurs du monde du tourisme et de la restauration s’organisent pour aller passer quelques jours dans la capitale britannique à ce moment-là de l’année ? (D’ailleurs, si vous voulez être sûr que les chefs des meilleurs restaurants seront bel et bien dans leur cuisine de Londres, c’est le moment d’y aller !) Et le réseautage va bon train sur le parvis du GuildHall de Londres avant le début de la cérémonie ! Une mention dans liste fait exploser la fréquentation du restaurant et apporte ainsi tout un nouveau tourisme dans la ville. Et nul besoin d’être le premier sur la liste faisaient remarquer les chefs à qui j’ai parlé. Ce palmarès fascine les touristes gastronomiques qui savent que même le 50e restaurant a des chances d’être exceptionnel.

    Singapour a tellement compris la chose qu’elle a décidé de s’offrir une liste asiatique. C’est là qu’aura lieu l’an prochain la cérémonie pour le dévoilement de la première liste des 50 meilleurs restaurants en Asie.

    Il faut que Montréal se réveille. La ville, les chefs, les restaurateurs. Il faut qu’elle embarque dans ce grand manège. Qu’elle cherche des portes d’entrée. Peu importe ce qu’on en pense, c’est un outil extrêmement efficace, actuellement, pour mettre en valeur la gastronomie d’une ville, fut-elle au Pérou, en Australie ou en Autriche. Et en plus, les pays du nord — et cela va de l’Allemagne à la Suède, en passant par la Belgique et les Pays-Bas — y sont de mieux en mieux représentés. On attend quoi ?


    • Y ont-tu de la poutine au Danemark? Non? Ben c’est 1 à 1.

      M. Boily

    • Je suis certain d’avoir déjà écris qqchose à ce sujet l’année dernière (ou bedon c’était au sujet des étoiles Michelin).

      Anyway.

      Je crois qu’on commence à sortir de notre ile (montréal/québec/canada).

      Patrice Demers (400 coups), Derek Dammann (DNA) faisaient des classes de maitres à Paris pour Omnivore au mois de mars.

      Ce qui est un peu bizarre, c’est que les “god-fathers” de la cuisine québécoise ne sont pas là (Laprise, … )

      Mais ou sont les innovateurs ? aucune réponse pour vous! pourquoi Noma réussi alors que personne uci n’est capable de faire une cuisine québecoise moderne sans virer poutine/pulled-pork/foie-gras?

      Est-il possible que malgré que le Dannemark soit un petit pays, il soit plus riche et surtout plus proche d’une plus grande densité de population que montreal ou le québec peut l’être ?

      Maximilien Lincourt.

      “pourquoi Noma réussit alors que personne ici n’est capable de faire une cuisine québecoise moderne sans virer poutine/pulled-pork/foie-gras?” Bonne question ! Mcl

    • On attend quoi ?

      Le manque d’intérêt pour l’art (car la cuisine en est un) est flagrant au Québec.
      Nos dirigeants les méprisent (les artistes) et les citoyens n’en ont rien à…… et les considèrent comme des parasites.

      Dommage mais c’est la réalité brute.

      Robert Duquette

    • Il y a la géographie, ce qui pousse et grouille là-bas et bien sûr la spécificité culinaire. Pas surpris que le Pérou ait à offrir quelque chose de plus original que le Québec, par exemple. Ni le Danemark, la Belgique et les autres pays européens où la tradition est beaucoup plus longue qu’ici et a bénéficié de la présence d’une élite plus longtemps.

      Le Québecois ont longtemps été une nation de paysans soumis, ça ne fait pas si longtemps qu’il a une véritable élite financière francophone. Notre cuisine traditionnelle est très fonctionnelle et simple, faite pour nourir beaucoup pour pas cher sans trop de flafla. Le diversité biologique n’est pas de notre bord non plus, à commencer par le fait que notre population n’est pas un peuple très proche de la mer ni d’un environnement très différent de l’environnement européen.

      Ajoutez le fait que souvent nos artisans vont ailleurs, là où on apprécie plus l’invention et la fantaisie, et vous avez une partie de la réponse.

      Je crois aussi que le fait que notre élite a été si petite si longtemps et que l’essor du Québec est historiquement très récent influe sur notre approche d’autres choses, comme l’éducation. J’ai 49 ans et la plupart des Québécois de mon âge n’ont pas de grands parents qui ont fait des études post-secondaires et une minorité ont des parents diplômés. De génération en génération, on developpe des choses et des traditions, et il y a encore du chemin à faire pour notre jeune nation, reconnue ou pas.

      M. P.A. Paquin

    • Je ne comprends pas très bien comment est établi le palmarès. Parmi les électeurs, combien sont venus à Montréal? Pourquoi Montréal devrait-il se «réveiller»? Faut-il qu’un lobby soit constitué? Si le mode de fonctionnement de ce concours se rapproche de celui des Oscars où la qualité des films compte souvent moins dans les résultats que les campagnes de séduction organisées auprès des proverbiaux «membres de l’académie», il me semble que cela discrédite un peu le palmarès.

      Ceci dit, il est très difficile, pour le commun des mortels, de se prononcer sur des restaurants que l’on ne connaît que par le nom, et encore! Pour ma part, je connais quelques établissements de cette liste et je voyage quand même assez souvent. Aussi, il ne fait aucun doute pour moi que des restaurants comme le Club Chasse et Pêche, le Toqué ou le DNA, par exemple, mériteraient amplement leur place dans un tel palmarès.

      Quant aux «innovateurs» qui manqueraient à Montréal, je tiens à préciser que les restaurants de la liste ne sont pas tous des Noma ou des Arzak, loin s’en faut. Comparer les chefs montréalais avec ceux dans le monde qui ont bâti parmi les oeuvres culinaires les plus singulières qui soient ne me semble ni très juste, ni très pertinent.

      Lucien Jutras

    • C’est pas le gastronome qui vient une fois en 5 ans a Montreal qui fait vivre le resto, mais les locaux eux meme. Et puis les listes, les listes, il y en a toujours plein une apres l’autre.

      Anthony Bourdain etait a Montreal recemment pour faire une emmission sur les meilleurs places au monde. Montreal etait la seule ville au Canada …

      Alors les listes, les premiers ci, les premiers ca … faut arreter de vouloir etre les premiers toujours et partout, surtout quand on ne fait rien de son cote (c’est facile ecrire hein ?).

      On sera les premiers dans je ne sais pas quel liste la semaine prochaine …

      D Cormier

    • J’habite en Scandinavie depuis 2008 et je me suis souvent posée la question sans jamais arriver à y répondre clairement. Il y a une multitude de facteurs qui, ensemble, forment une réponse vague et complexe.

      C’est facile d’être tenté de comparer le Québec et la Scandinavie parce que les populations, les climats et la géographie sont semblables, donc on a à peu près les mêmes ingrédients à notre disposition et un marché de la même grosseur. Sauf qu’à mon avis, les ressemblances s’arrêtent là.

      En Scandinavie, on retrouve une poignée de chefs de très haut niveau (plusieurs ont été formés dans les meilleures cuisines d’Europe et du monde) qui font quelque chose d’unique et d’exceptionnel avec les ingrédients du terroir. Oui, c’est étonnant de retrouver une si grande proportion des meilleurs restaurants au monde dans deux des pays les moins peuplés d’Europe, mais ce qui est encore plus étonnant, c’est de constater à quel point la cuisine et la nourriture de qualité est inaccessible et élitiste dans cette région du monde célèbre pour son souci de l’équité.

      Si dans le haut de gamme on retrouve ce qu’il y a de mieux, la situation est bien différente dans le milieu et le bas de l’échelle. Contrairement au Québec, les bonnes tables pas trop chères sont rares en Scandinavie. Est-ce parce que la main d’oeuvre et les aliments sont trop dispendieux? Ou est-ce parce que de toute façon, le Scandinave moyen ne vas pas si souvent que ça au restaurant et lorsqu’il y va, c’est souvent pour ”déguster” un sandwich, un kébab, un burger, un hot-dog ou une pizza? Je n’ai normalement rien contre ces cinq options lorsqu’elles sont bien faites avec des ingrédients de qualité, mais ce n’est pas le cas. Il suffit de goûter à une Grandiosa, la pizza congelée la plus vendue en Scandinavie, pour comprendre.

      Ce que j’ai pu remarquer en parcourant les pays nordiques au cours des cinq dernières années, c’est qu’il semble y avoir un désintéressement général des populations scandinaves par rapport à la cuisine. Les gens cuisinent peu à la maison, leurs connaissances des cuisines du monde sont très limités et l’offre dans les supermarchés, bien qu’elle s’améliore constamment, fait un peu pitié. Vous auriez du voir la face de la madame à la boucherie l’autre jour lorsque je lui ai demandée si ils vendaient du lapin. Vous auriez cru que je venais de demander de la viande d’humain. Et si vous voulez de la vraie saucisse en Norvège ou en Finlande, bonne chance! Par contre, vous trouverez une allée complète de saucisses à hot-dog. Et si je vous disais que de trouver du bon poisson frais en Norvège, ce n’est pas si facile que ça? La grande majorié des gens mangent du saumon et de la morue emballés dans petites boîtes jetables en aluminium remplie d’un gaz nauséabond qui garde le poisson bon pendant un mois. C’est triste.

      Tout ça pour dire que la majorité des gens confondent cuisine nordique et nouvelle cuisine nordique. Personnellement, je trouve que les pays nordiques jouïssent injustement d’une bonne réputation. La nouvelle cuisine nordique de Noma, Mathias Dahlgren, Fäviken, Frantzen/Lindeberg, Chez Dominique et Relæ est une exception. Une belle exception, certes, mais qui n’est pas représentative et difficilement accessible. Peu importe où vous allez au Québec (oui, au Québec), aux États-Unis, en France, au Japon, en Italie, au Liban, etc., c’est possible de très bien manger. En Scandinavie, non. Ou du moins c’est très difficile.

      Alors au Québec, si nous n’avions pas tous ces très bons restaurants qui sont accessibles au Québécois moyen et que nos meilleurs chefs travaillaient ensemble pour créer une gastronomie québécoise et atteindre un niveau jamais atteint auparavant, nous pourrions absolument figurer dans les top 50 de cette fameuse liste. Les ingrédients et les chefs de qualité sont là. Même qu’à mon avis, les ingrédients sont meilleurs au Québec qu’en Scandinavie. Mais qu’est-ce que ça nous apporterais à nous? N’est-ce pas mieux pour le bien général de la population de se concentrer sur le maintien d’un niveau moyen très élevé? De s’assurer que tout le monde puisse s’offrir un repas de qualité à tout moment? Personnellement je suis fière de pouvoir dire aux Scandinaves que je rencontre à tous les jours que d’où je viens, les gens savent encore cuisiner et que non seulement maîtrisent-ils les classiques nationaux, ils sont curieux et ouverts d’esprit et sont capables de marier des saveurs exotiques sans créer des horreurs comme c’est si souvent le cas ici en Scandinavie.

      Et bien sincèrement, je crois que les pays nordiques sont en train d’atteindre la limite de leur potentiel en terme de gastronomie et que ce serait une erreur que d’aller dans la même direction et de vouloir faire la même chose parce que bien que les deux régions présentent des similitudes, les peuples et les cultures sont trop différents. Ce qui est excitant dans tout ça, c’est que le Québec présente un potentiel incroyable et qu’en temps et lieu, quelque chose d’exceptionnel risque d’arriver. Il ne faut pas pousser les choses par simple désir de vouloir rayonner.

      Virginie N.H., Norvège

    • Madame Lortie, pourquoi n’innovez-vous pas aussi? Vous avez sûrement des connexions journalistiques au Québec. Pourquoi ne pas débuter un top 10 des meilleures tables au Québec, qui serait publié annuellement via un site spécialisé ou directement par La Presse? Ce serait, selon moi, un très bon début!

    • Aussi, a chaque fois ue j’achete un vin quelquonque, il a gagne le premier prix de je ne sais quoi. Toujours des concours a donner des medails. Ben c’est la meme chose pour les restos. Donnons qques milliers de dolars pour promouvoir le guide, et voila, on est dans le top 50 …

      J’habite a l’etranger, je voyage beaucoup, et j;ai donc essaye plusieurs types de restaurants dans plusieurs pays. Des super bons, des deceptions, des bonnes surprises, et carremment des mauvaises. Mais la pire chose qu’il puisse arriver a mon resto favori, c’est qu’il fasse la liste des top touristes. Alors la, c’est fini. La clientele change, l’esprit initial change, c’est la fin du resto.

      J’aime bien que Montreal soit sur la carte. Crpyez moi, elle l’est, que ca soit en Asie ou en Europe. Je crois que beaucoup de gens avec un sentiment d’inferiorite aimerait que Montreal soir encore plus connue. La plus ci, et la plus ca. Bien Montreal est connue, et par ceux qui meritent de la connaitre. Quand elle va etre connue par ceux qui viennent de lire que Montreal est sur la liste de machin truc, et bien vous allez vous plaindre des touristes qui envhissent vos restaurants favoris …

      Alors debarasser vous de vos sentiments d’inferiorite, soyer fier de vos artistes, et la meilleure facon de le faire est d’aller manger chez eux, pas d’aller se plaindre qu’ils ne sont pas sur une liste qui change a chaque semaine et qui ne peut etre realiste compte tenu du nombre de restaurant dans ce monde …

      D Cormier

      PS un restaurant que je veux essayer depuis longtemps se situe pres de San Sebastien en Espagne. Rien de complique, mais le chef est un ancien metallurgiste qui fait lui meme ses poeles et casseroles pour etre parfaitement adapte a son style de cuisine et ses grillades (ie poele en fil de fer style trailli). Il ne fera probablement jamais aucune liste, ou LA liste, mais sa cuisine, et ses instruments, sortent de l’ordinaire sans avoir ete fait pour autant dans le tape a l’oeil.

    • Il ne faut pas oublier, détail non négligeable, qu’il faut vendre les produits San Pellegrino afin d’être éligible. C’est donc la liste des 50 meilleurs restaurants au monde qui vendent du San Pellegrino… ça met les choses en perspective, non?

      Plusieurs restaurateurs de Montréal, certaines des meilleures tables, ne vendent pas leurs produits. Ils préfèrent, avec raison, les eaux québecoises.

      K. Heinskey

      Je suis une des personnes sondées et il n’a jamais été question d’une telle condition. Mcl

    • Votre commentaire est intéressant mais vous n’avez pas signé… Mcl

    • @supercorm

      Le restaurant en question près de San Sebastian est le “Asador Etxebarri” et il est #31 sur la liste; il fait parti de pas mal toutes les listes de foodies depuis quelques années déjà.

      @MCL, je viens de lire dans un couriel du “Voir” que Boulay à Québec ouvre un nouveau resto pour promouvoir la cuisine nordique.

      Maximilien Lincourt.

    • Je suis tombé sur cette liste l’an dernier (peut-être sur ce blogue, je ne me souviens plus) et comme à l’époque je planifiais un voyage aux Pays-Bas, je me suis servi de la liste pour trouver un bon restaurant dans ce pays, et je me suis donc retrouvé au spectaculaire De Librije, qui a d’ailleurs grimpé de 13 places cette année.

      Je peux vous dire qu’il y a plusieurs très bons restaurants à Montréal et à Toronto (où j’habite) mais je dois dire que les restos de cette liste sont d’une autre trempe et pas du tout comparables même aux meilleures tables canadiennes. Je sais que beaucoup de touristes viennent à Montréal pour manger Au Pied de Cochon, mais pour y avoir mangé moi-même, je crois que c’est plus le côté folklorique que la qualité des mets et du service qui attire les gens. Autrement, je ne crois pas qu’il y ait de “destinations” parmi les restaurants québécois, et c’est dommage.

      Christian Charest

    • @ virginie.n.h

      Merci pour votre excellent commentaire, très bien écrit de surcroît. Vous avez le grand mérite de rétablir un peu la perspective…

      Nous avons cette vilaine habitude au Québec, et particulièrement à Montréal, de porter beaucoup d’attention à ce que nous faisons de pire, tout en nous comparant avec ce que les autres font de mieux. Je suis bien sûr d’avis que nous devons toujours chercher à nous épanouir et à nous améliorer, mais il me semble que cette posture, loin d’être stimulante, est plutôt déprimante. De fait, elle nous entraîne davantage vers un complexe d’infériorité, voire un mépris de soi, et devient ainsi parfaitement improductive . Je suis toujours un peu étonné de constater que Montréal figure toujours en très bonne place dans les palmarès des meilleures villes du monde. Cela cadre tellement peu avec l’image de la métropole que nous renvoient les médias québécois!

      Lucien Jutras

    • J’aime bine la question de M. Jutras: “Je ne comprends pas très bien comment est établi le palmarès. Parmi les électeurs, combien sont venus à Montréal? Pourquoi Montréal devrait-il se «réveiller»? Faut-il qu’un lobby soit constitué?

      J’aimerais en effet comprendre si le fait de se réveiller réfère aux chefs et leur cuisine en soi, ou au lobby qu’il faudrait créer ? Merci de nous expliquer.

      Michel Ménard

      Tous les acteurs doivent se réveiller. Les chefs, les restaurateurs, les responsables des organismes touristiques et commerciaux… Il faut que les restaurants soient de calibre et il faut qu’on s’organise pour que les personnes-clé le voient. mcl

    • Dur d’être dans les 10 meilleures tables avec de la poutine au foie gras , ou des soles aux fraises ……. you know

      Jean Ouellet

    • Merci de votre réponse. Et du coup il m’en vient d’autres. Vous dites que vous étiez une des critiques à voter pour ce classement. Combien deviez-vous en nommer? 10, 25, 50?
      Y’avait-il un resto Montréalais ou québécois ou canadien dans votre liste? Et si ce n’est pas le cas… combien de restos auraient-ils dû y avoir pour y trouver un resto d’ici? et lequel? :)
      Merci

      Michel Ménard

      Il faut en choisir sept, dont trois doivent nécessairement être de sa région. Mcl

    • Un aspect que je trouve sérieusement négligé dans la restauration haut de gamme au Canada est le service. Si on ne considère que la qualité des mets, je crois qu’au moins une poignée de restaurants d’ici pourraient rivaliser avec les 50 meilleurs au monde pour ce qui est de la créativité et des saveurs. Par contre, ces restaurants ont la fâcheuse habitude de n’engager comme serveurs que des poupounes qui sont là uniquement pour leur look, ou alors des aspirants acteurs qui servent aux tables en attendant de décrocher un gros rôle au cinéma.

      Lorsqu’on dépense entre 500 $ et 800 $ pour un souper pour deux, on s’attent non seulement à des mets exceptionnels mais aussi à un service exceptionnel; une soirée dans un restaurant de cette trempe est une expérience plutôt qu’un simple repas. Et c’est là que les vrais bons restaurants se distinguent. Ca se remarque lorsqu’on est servi par un serveur professionnel de carrière plutôt que par la nièce du propriétaire qui finit ses études en sociologie et qui avait besoin d’une job à temps partiel.

      Tant que les restaurants d’ici ne feront pas le saut pour s’engager vraiment à offrir un service exceptionnel en recherchant des professionnels bien formés en restauration, ces restaurants ne deviendront pas des destinations gastronomiques. C’est vrai qu’on mange bien à Montréal, mais on est loin de faire partie de l’élite.

      Christian Charest

    • J’habite dans une petite ville du sud est de la Suède depuis 3 ans. Le commentaire de Virginie N H ressemble beaucoup à ce que j’ai constaté depuis mon arrivée ici. Le québecois moyen n’a pas à rougir en se comparant aux Scandinaves (du moins coté alimentation, pour le reste, oui, un gros oui!!! Mais ca c’est autre chose…). Ici dans les supermarchés, tout ou presque semble venir des serres de Hollande, tomates immangeables, laitues minuscules et radis goutant l’eau. Le rayon des saucisses est immense: fausses merguez, fausses chorizos, quant aux saucisses suédoises, on peut passer son tour! Il semble y avoir ici un engouement pour tout ce qui ressemble aux tacos et autres plats mexicains. Pas de marchés en plein air et meme ici avec la campagne tout autour, il faut vraiment chercher pour acheter directement à la ferme. J’ai bien vu des moutons mais l’agneau que l’on nous vend vient de Nouvelle-Zélande. Ah, j’oubliais, pour aller avec les omniprésentes saucisses et boulettes suédoises, on nous propose des rayons entiers de salades de pomme de terre toutes préparées.
      Ca, c’est pour ce que l’on mange à la maison. Coté restos, il y at 1,2 ou 3 pizzerias dans le moindre petit bled, apparemment les suédois ne peuvent vivre sans au détriment de leur propre cuisnie helas, elles sont tenues en grande majorité par des étrangers qui ont adapté leur cuisine à la mode suédoise (on ne peut les blamer car le suédois moyen est excessivement conservateur coté cuisine) Et cela donne des pizzas au rosbif avec champignons en boite et noyées dans la sauce soit-disant béarnaise. Très populaire…
      Il y a pas très loin d’ici, la jolie ville de Kalmar et son chateau. Nous y avons déniché un excellent restaurant au menu restreint qui sert une excellente cuisine suédoise raffinée. C’est le seul que nous avons trouvé dans un rayon d’environ 100 kilomètres. J’ose espérer que dans les grandes villes, le choix est meilleur, mais je dois dire que d’après mon expérience à Stockholm, il faut payer des additions exhorbitantes pour avoir un certain niveau de qualité.
      Tout cela pour dire que je constate qu’au Québec, depuis disons une vingtaine d’années, nous mangeons beaucoup plus frais, varié, et sain et qu’on est extremement ouverts aux mélanges en apparence étranges. ET que nous ne réalisons pas quelle chance on a d’avoir tant de bons restaurants de moyenne et haute gamme . Pour toutes ces raisons, je trouve comme vous triste et surtout anormal, que si peu soit fait pour promouvoir et mettre en valeur la qualité qui prévaut chez nous; et ce sans le moindre chauvinisme je vous assure.

      Chantal Simoneau

    • ”Lorsqu’on dépense entre 500 $ et 800 $ pour un souper pour deux, on s’attent non seulement à des mets exceptionnels mais aussi à un service exceptionnel”

      euh… Et aussi à un iPhone gratuit ?

      à ma connaissance, y a pas (heureusement) de ce genre d’établissement au Canada. Sauf bien sûr si on se noie dans l’alcool.
      Hors-alcool, tx et service inclus, un souper gastronomique au Canada pour 2 personnes m’a toujours coûté entre 120$ et 350$, environ.

      Bien sûr, y a le over-hyped qui se retrouve dans certaines grandes villes et où les prix prohibitifs et le rapport qualité-prix douteux font loi (j’ai encore le triste souvenir d’un certain Paul Bocuse à Tokyo). C’est comme n’importe quoi, tu finis par payer un gros % pour la réputation…

      Montréal, sans casser des briques au niveau des 5-étoiles, offre énormément de 4 et 4½ à prix très raisonnable. Et pour celui qui aime bien manger, souvent, c’est une excellente nouvelle.

      Si ‘’s’ouvrir” à la planète implique de déranger notre écosystème gastronomique, ayant pour conséquences une surenchère vers l’illusoire (et onéreuse) perfection en plus d’écraser le côté ”casual” qui fait notre marque, je passe mon tour. En ce sens, le parcours de La Montée de Lait devrait être gardée en mémoire.

      Jonathan Ménard

    • Si la liste existe pour attirer des touristes, il faut voir quel sortes de touristes on a ici. La grande majorité est américaine (USA), il faudrait voir quelle variété ? Est-ce surtout la variété “steak de 20 onces et pates en robe des champs avec de la crème sure et du bacon sur le dessus”. Ou la variété plus rare qui est ouverte sur le monde et qui va gouter autre chose.
      Si l’office du tourisme pense comme ça, pourquoi ils investiraient du temps et de l’argent pour une liste ?

      Et pour les américains, même la première variété moins raffinée le sait qu’on mange bien ici même si ils choisissent le hamburger-steak plutot que le foie gras poèlé ou la pieuvre grillée (cas vécu).

      @supercorm @maximilien
      Il est vraiment intéressant ce resto. A 90 minutes de Biarritz. C’est tentant car je serais dans ce coin en aout.

      http://www.asadoretxebarri.com/op7.asp?2

      Alain Lajoie

    • “Il faut en choisir sept, dont trois doivent nécessairement être de sa région. Mcl”

      Ce genre de fomules peut expliquer bien des choses. Je me demande comment les voteurs étaient répartis géographiquement.

      De toute façon, ces listes sont de si peu d’importance. J’adore les listes depuis mon adolescence, et je peux vous dire que depuis 30 ans, on n’a plus les listes qu’on avait, tout simplement parce qu’on en fait beaucoup trop et si mal.

      Bien apprécié les commentaires des gens en Suède, pays qui m’intéresse depuis toujours mais dont je ne m’imaginais pas l’apparente pauvreté alimentaire.

      M. P.A. Paquin

    • Ma fille de 21 ans est presentement chez Noma , a aussi travailler au Fat Duck en Angleterre et chez Alinea a Chicago.

      Je peux vous confirmer que effectivement ses restaurants represente la creme de la creme en terme de bouffe, presentation, service etc… L’experience de bouffer au French Laundry ou chez per se est une experience plutot que un simple repas.

      Malheureusement je ne suis pas certain s’il serait possible d’amener le concept ici au Canada pour des raisons hors de notre controle. Esce qu’un restaurant surviverait a 500 dollars du couvert a Montreal ? Esce que les chefs dans la cuisine serait pret a travailler des journees de 12 a 16 heures par jours sans etre syndiquer?

      Contrairement a ce qu’on peux penser, le niveau d’exellence de ses resaurants est directement relier a la passion de l’equipe de cuisine plutot que de se focusser afaire de l’argent. Bien sur qu’il faut en faire pour survivre mais ils ne sont pas si a l’argent que ca. Parexemple Rene Redzepi Le proprietaire de Noma demeure en appartement parce qu’il ne peux pas se permettre une maison ou un Condo a Copenhague. Il faut le faire non?

      Ma fille est expatrier puisqu’elle est passionner par l’exellence et elle n’a pas le choix de frequenter ce genre de rsto pour satisfaire sa curiosite et son apprentissage eternel. Vous pouvez
      la suivre sur sa page facebook

      Qui sait; un jours si elle decide de retourner a Montreal, elle pourra peux etre devenir une reference pour la haute gastronomie au Quebec. En attendant je penses qu’il faudra continuer a voyager a l’etranger pour vivre une experience de haute gastronomie dans les 50 meilleurs resto au monde

      Vous pouvez la suivre sur sa page facebook
      http://www.facebook.com/pages/Nats-Cuisine/226132837429822#!/ndrosiers

    • Je remarque que dans plusieurs pays occidentaux, la haute cuisine et l’innovation gastronomique s’installent de plus en plus hors des grandes villes, dans des régions au terroir riche. Par exemple el Bulli est/était plutôt loin de Barcelone, The Fat Duck est hors de Londres et The French Laundry est à une bonne heure de San Francisco. Voir grand, en quelque sorte, c’est voir aussi au-delà des limites du centre-ville, et nous aurions tout intérêt à cultiver cette relation entre la ville et les régions qui l’entourent et qui la nourrissent. Pourquoi ce quasi divorce au Québec? Peut-on voir au-delà de nos banlieues, peut-on voir les régions autrement qu’en opposition à la ville?

      Nous avons des établissements de haute qualité hors de Montréal et il faudrait miser aussi sur ceux-ci. Ils ont la chance d’être plus près du terroir et des produits, d’avoir de l’espace pour développer un domaine… mais ils ont de la difficulté à obtenir de la visibilité. Il y a pourtant plusieurs chefs primés dans les cuisines en région! Anne Desjardins, Alain Labrie, Colombe St-Pierre, Dominic Tremblay, Danny St-Pierre, Hugues Massey, etc.

      Mais pour qu’un restaurant vive, à Montréal ou ailleurs, il faut qu’il soit solidement implanté dans son environnement, et il faut que cet environnement soit accueillant. Tant pour les visiteurs que pour les saveurs à développer, à mettre en valeur…

      Cela fait trop souvent défaut. Nos restaurants sont trop souvent orphelins et solitaires…

    • Signé: Hugo Dufort

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