Marie-Claude Lortie

Archive, mai 2012

Mercredi 30 mai 2012 | Mise en ligne à 12h51 | Commenter Commentaires (26)

Montréal est-elle assez poreuse ?

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Montréal, 29 mai 2012 Photo Olivier Pontbriand, La Presse

Montréal est-elle assez poreuse ? Ou plutôt, son sol est-il assez absorbant ?

La question peut sembler bizarre, mais elle est importante.

Surtout au lendemain de pluies diluviennes comme celles qu’on a connues hier.

Il est bien connu maintenant, depuis de nombreuses années, qu’il faut encourager la construction urbaine qui prône les terrains poreux. Rues, jardins, allées… Il faut essayer de laisser tomber le plus possible les bétons, asphaltes traditionnels et autres grandes surfaces imperméables où l’eau ruisselle, pour encourager plutôt les pavés, terre-pleins, nouveaux matériaux perméables et surfaces caillouteuses qui permettent à l’eau d’entrer dans le sol. Qui nous permettent de gérer nos eaux pluviales différemment.

C’est mieux pour toutes sortes de raisons.

D’abord, quand l’eau entre dans le sol elle ne va pas dans les égouts, ce qui est utile lorsqu’il y a beaucoup de pluie d’un coup sec. On l’a vu hier: nos tuyaux ne pouvaient pas canaliser tout en même temps. C’est ce qui donne les refoulements qu’on a vus, les “geysers” dans les rues et compagnie. Aussi, quand il y a trop d’eau en même temps, même les bassins de rétention de nos canalisations ne fournissent pas à la tâche, ce qui peut entraîner des déversements directs dans les cours d’eau, sans passage par les usines de filtration. Dans certains cas, dépendant de la topographie, l’eau ruisselante peut aussi aller directement dans des cours d’eau, avec leurs saletés, sans passer par les tuyaux.

Aussi, les sols poreux filtrent l’eau et gardent les éléments polluants sur place. Lorsque l’eau ruisselle, elle déplace les saletés avec elle.

De plus, les sols poreux sont plus frais et les sols totalement minéralisés gardent la chaleur.

Plusieurs villes ont une réglementation très stricte concernant la porosité des sols, dont Seattle, notamment, où il pleut beaucoup. Chicago aussi a un plan de transformation de ses ruelles avec des matériaux poreux. Portland, elle aussi sujette aux pluies diluviennes, est souvent citée en exemple pour ses politiques anti-ruissellement.

À Montréal, en fait-on assez ?

Une thèse de maîtrise fort intéressante aborde ici plusieurs de ces questions.

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Lundi 28 mai 2012 | Mise en ligne à 11h24 | Commenter Commentaires (57)

L’image de Montréal

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Photo Édouard Plante-Fréchette, La Presse

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Photo David Boily, La Presse

Si on passe aux nouvelles, en boucle, des images de Montréal en feu comme ce fut le cas la semaine dernière, avant que les casseroles ne canalisent la colère provoquée par l’adoption de la loi 78 à l’Assemblée nationale, on ne donne pas envie aux touristes de venir ici. C’est sûr.

Mais plus je parle aux gens de l’extérieur au sujet de ces manifs et de leur impact sur la ville, plus on me dit que ce sont surtout les images des policiers en grand nombre qui inquiètent. Que c’est l’image de la répression qui est la plus forte, la plus dérangeante. Vu de bien des pays, avec chacun leur Histoire plus ou moins marquée par les rôles joués à travers les décennies par  la police et l’armée, plusieurs vous diront qu’il y a de quoi être pas mal plus craintif devant une rangée d’agents des forces de l’ordre sur un pied d’alerte, que devant des hipsters à pancartes.

D’ailleurs, allez vous promener le soir autour du parc Émilie-Gamelin, et vous le verrez: ce qui donne à la ville un air grave, c’est la quantité remarquable de policiers, partout. Ce sont eux qui nous signalent qu’il se passe quelque chose dont on conclura que c’est effrayant avant même d’avoir aperçu le panda et ses amis frappeurs de marmites et de friteuses.

Bien sûr, la présence policière est nécessaire. Mais en si grand nombre, tout le temps, vraiment ? Des dizaines et des dizaines de policiers autour de manifestations bruyantes, certes, créatrices de bouchons, aussi. Mais violentes à ce point ?

Encore hier, en passant près des marcheurs, la présence policière m’a frappée et a frappé ceux qui étaient avec moi et qui n’avaient pas encore côtoyé les manifestants. “Pourquoi les chevaux ?” “Pourquoi tant de policiers ?” Jeudi, quand j’ai interviewé un participant de C2-MTL au sujet des grèves, c’est une des choses qu’il m’a décrite. Belge vivant en Suisse, de passage à Montréal, il a été frappé par la brutalité d’une arrestation qui s’est passée sous ses yeux et par  tous les agents, partout, avec leur équipement anti-émeute. “It seemed overwhelming”, m’a-t-il dit en anglais. En d’autre mots, cela lui a semblé exagéré, trop.

Et on ne parle même pas du bruit de l’hélicoptère, parce qu’avec ça c’est la totale…

Si on veut se préoccuper de l’image de Montréal à l’étranger, pensons aussi à l’image que cette imposante, et je crois aussi parfois démesurée, présence policière envoie au reste du monde.

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Vendredi 25 mai 2012 | Mise en ligne à 15h36 | Commenter Commentaires (4)

La créativité et la rue

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Jean-François Bouchard, président de SidLee et des images de C2-MTL. Photos Édouard Plante-Fréchette, La Presse.

Il n’y avait pas que les manifestations et les casseroles cette semaine à Montréal.

Il y avait aussi un grand symposium sur la créativité et le commerce appelée C2-MTL, dont le but était de convier tout le monde à réfléchir “hors de la boîte” quand vient le temps de faire des affaires.

On y a parlé de créativité technologique, d’imagination côté produits. On y a aussi parlé de l’art de faire éclater les missions sociales des sociétés, en liant business et actions communautaires. On pense aux chaussures Oliberté ou Tom’s et compagnie.

La liste des invités était impressionnante: Arianna Huffington, Michael Eisner, Francis Ford Coppola. Guy Laliberté est venu faire un tour. Hier soir, Moment Factory et Moby se sont produits en spectacle.

L’organisation de la conférence elle-même était super originale: kiosques de cuisine de rue, lounges design et confortables, écrans partout…

Première chose qui m’est venue à l’esprit en arrivant: il serait intéressant que la créativité de la rue — cette créativité qui déroute le gouvernement depuis le début du conflit, que ce soit les manifs nues ou les casseroles — se retrouve aussi dans les réflexions ici. Parce qu’on ne peut plus faire des affaires sans penser environnement et justice sociale. Sinon, on court à notre perte.

J’ai donc essayé de faire un pont entre les deux univers. Ça a donné cette chronique, où on apprend que les créatifs venus en visite n’ont pas été choqué ni repoussé par la vivacité des manifestations quotidiennes. Au contraire.

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