Marie-Claude Lortie

Marie-Claude Lortie - Auteur
  • Marie-Claude Lortie

    Journaliste à La Presse depuis 20 ans où elle est chroniqueuse et critique gastronomique, Marie-Claude Lortie commente l'actualité, entre deux brassées de lavage et un match de soccer.
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    Lundi 23 avril 2012 | Mise en ligne à 13h33 | Commenter Commentaires (19)

    La juste façon

    Pour encourager un débat respectueux, seuls les commentaires signés sont publiés.

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    Photo Robert Skinner, La Presse.

    Étiez-vous à la grande marche hier ?
    Rarement vu autant de gens dans un manif ou même un événement extérieur, point. Très paisible d’ailleurs.
    Ma chronique de ce matin sur ce gigantesque rassemblement, son lien avec la révolte étudiante des derniers mois et l’état d’esprit actuel de la société québécoise.
    Et voici un lien sur un discours de Jean Lesage où il est question de ce dont je parle à la fin. C’est un grand classique. Le collègue Jean-François Lisée de l’Actualité l’a mis sur son blogue récemment.


    • …Mon père était libéral à une époque où il n’était pas bon de se mettre à dos les affidés de Duplessis surtout si on était commerçant. À l’élection de Jean Lesage, quoiqu’à peine sorti de l’enfance, j’étais assez vieux pour comprendre les enjeux et me réjouir des résultats.

      J’ai suivi avec intérêt ses trois campagnes électorales et inutile de dire ma déception lors de sa défaite de 1966. Heureusement, et malgré nos appréhensions, Daniel Johnson père a bien pris la mesure de sa fonction et s’est toujours comporté en chef d’État. Malheureusement, son départ précipité nous a jetés entre les mains d’un successeur inepte.

      J’ai, bien entendu, continué à suvre la politique et je m’y suis même engagé activement à une certaine époque. Or, ce que je retiens de mes observations, c’est que la situation actuelle ressemble de plus en plus à une fin de régime du type de celle que nous avons vécue en 1976.

      Allons-nous assister d’une part à l’arrivée d’un nouveau parti, suivi d’un autre exil en Belgique, question de se refaire une virginité, le tout suivi d’un retour prophétique une fois le «nouveau» devenu à son tour «ancien»? Mais je ne vois cependant pas de discours à la Lesage à l’horizon et pas non plus de Jean Lesage.

      Ne riez pas, en politique il n’y a rien d’impossible. Et parfois l’histoire se répète, ou, pire encore, elle bégaie.

      J-F. Couture.

    • Non, je n’y étais point. Car bien que je trouve la démarche louable, faire 3 heures d’automobile pour aller à Montréal n’est peut-être pas dans l’esprit de cette journée. De plus, j’ai tendance à trouver que ce genre de rassemblement n’est qu’un prétexte à tous les gauchistes de ce monde pour aller s’amuser ensemble, surtout au niveau des discours. De plus, je ne crois pas que cela change le monde. Croyez-vous vraiment qu’une personne qui se fiche de l’environnement va soudainement virer verte à cause qu’elle a vu 100 000 personne défiler?

      J’aime la Terre et j’essaie de lui faire attention chaque jour à mon petit niveau. Récupération, compostage, tenter de diminuer mes consommations, pleins de petits gestes. Collectivement, si tout le monde fait cela, je crois que ce sera une amélioration.

      Bill Buckner

    • J’y étais mais je me demande comment vous avez fait pour tisser un lien entre ma présence et le débat sur la hausse ……
      J’y étais pour la planète et non pour me joindre à la contestation étudiante. J’espère que tous ne pensent pas comme vous

    • Oooops: P-Y Lebel

    • Je ne sens pas le besoin d’aller marcher dans la foule pour respecter mon environnement. Ce sont des petits gestes de tous les jours qui confirment notre apport au bien-être de la planète et de l’univers. Nul besoin des artistes non plus pour que je me comporte comme un citoyen respectueux de la nature, de mes semblables et des lois qui nous régissent.

    • J’y étais en famille et entre amis. Nous avons marché jusque là car tous les autobus étaient pleins. Nous avons marché pour démontrer notre volonté de changer la donne. Comme a dit Dominic Champagne “vivons dans des sociétés et non dans des économies”. C’était une expérience de solidarité. Ma fille aînée de 16 ans était surprise de voir tous ces gens converger comme nous vers un point, tous motivés par des objectifs communs. Je déteste les foules, j’avais mal au genou (toutes les raisons sont bonnes…), mais j’ai senti que c’était un devoir de citoyenne d’être là et un devoir de mère que d’y amener mes enfants.
      Ce sentiment est trop rare aujourd’hui pour l’ignorer.
      Jasmine Colizza

    • C’est encore un très beau texte que vous signez là, Madame Lortie! Je parle de ce blogue et de votre chronique de ce matin. Et quelle excellente idée d’y associer le discours de Jean Lesage. J’avais 7 ans en 1960 quand l’Équipe du Tonnerre a pris le pouvoir et même à cet âge,je pouvais ressentir la fébrilité du petit peuple qui pouvait enfin parler sans crainte de se faire rabrouer par les partisans moroses du dogmatisme duplessiste. Les Libéraux de Jean Charest auraient tout intérêt à lire ce discours de 1962, ne serait-ce que pour qu’ils se rappellent de quelle sève leur parti a été nourri il y a de cela cinquante ans. Le parti Libéral n’est plus un grand parti. Il ne ressemble même plus à ce qu’il fut à l’époque du “Maîtres chez nous”. Il a pris, sous Jean Charest en particulier, une vilaine teinte de vieux parti aveuglé par de fausses certitudes et je pense qu’il ui faudra plusieurs années de purgatoire loin du pouvoir pour se reprendre.
      R.Ducharme

    • J’apprécie – nous apprécions – la modération et la bonne foi dont vous faites preuve, Madame Lortie, vous m’apparaissez être encore un des rares exemples de journalistes qui soit réellement sincère lorsqu’ils écrivent. Le mépris que vous témoigne certains lecteurs sur pratiquement chacune de vos chroniques m’apparaît d’autant plus injustifié aujourd’hui…

      Marc-André Pelletier

    • Oui. Avec tout ce qui se passe en ce moment c’était un devoir d’y être pour montrer au gouvernement que l’on n’est pas juste des moutons qui se font tondre sans rien dire. Ce que j’ai vu me fait penser, comme peuple, qu’on n’a pas encore dit notre dernier mot.

      Nathalie Callaghan

    • En effet, c’est la juste façon. Se retrouver ensemble pour une même cause, aussi vague soit-elle, est en soi thérapeutique. Qui exactement est “contre” la planète? Au 21e siècle,, ce serait un peu comme être contre la vertu. Tout le monde est pour la vertu — donc, très rassembleur!

      Quant au lieu que vous tissez avec la manif étudiante et avec le retour de la Révolution tranquille, ce serait beau, ce serait même formidable! Mais ou bien vous êtes passée par un smoke in bien aromatisé, ou bien vous rêvez d’un printemps québécois, c’est plus fort que vous. Sauf qu’au lieu d’avoir comme préoccupations des prisonniers torturés par un régime sadique, nous avons de pauvres étudiants forcés de payer un peu plus cher . Je sais, il ne faudrait pas oublier qu’ils sont “pour” la Terre.

      Dans cinq ans, jurez-vous que les événements des derniers jours auront été aussi empreints de signification? L’Histoire le dira, mais en attendant il s’agit d’une cause auxquelles même les grandes multinationales se rallient alliée à une autre qui fait très peu pleurer dans les chaumières. C’est vrai qu’elle a fait rire dans un palais des congrès, mais quant à savoir si l’humour douteux du premier ministre a porté les gens à participer à l’événement, disons que ça me surprendrait qu’autant l’aient si détestée qu’ils se sont joints à la foule. Vous faites toutes sortes de liens et interrogez des chanteuses qui tripent comme vous, est-ce du journalisme ou du militantisme? Vous étiez même avec nul autre que Jacques Languirand.

      Un petit peu plus, et j’irais voir au sous-sol voir si mon père est encore vivant et veut écouter Pauline Julien.

      M. P.A. Paquin

    • J’y étais aussi avec ma fille de 14 ans et des amis. Quelle belle occasion pour montrer à nos jeunes qu’ensemble il est possible de communiquer des objectifs communs et de se faire entendre. Je partage entierement votre point de vue Jasmine. Moi aussi je me sentais responsable de manifester une solidarité sociale et j’ai ressentie une chaleur humaine et un esprit communautaire que je n’ai pas vu depuis les années des référendums et des St-Jean des années 80.

    • Je m’accroche aux messages de rocko_gambiani, p-y-au-japon et pierreshefford – ils ont exprimé exactement ma pensée.

      J. Lincourt

    • J’ai rarement vu une aussi belle foule hétéroclite et joyeuse. De 0 à 86 ans comme ils disent, des plus pauvres aux plus riches, vraiment représentative de la vraie population du Québec.

      Seul bémol, quelqu’un aurais du avertir les gens de la STM que ce ne serais pas un petit dimanche tranquille comme les autres: il y avait 1 heure d’attente au métro Montmorency pour acheter un billet et à partir de Beaubien les gens ne pouvaient pas embarquer dans les métro archi pleins.

      Robert Gauthier

    • Je n’y étais pas pourtant je suis une fervente de la protection de l’environnement. Comme plusieurs je pense que les changements passent par les petits gestes de chacun.

      Combien de marcheurs avaient dans leur sac a dos de l’eau embouteillée, des collations en petits formats, des vetements griffés et qui se sont rendus a Montréal avec leur Econoline …

      Quant aux artistes, on marche l’apres midi et on assiste le soir a un gala super energivore affichant la surconsommation dans sa plus grande splendeur.

      Pour moi une telle marche n’est que couverture pour se donner bonne conscience, on est encore bien loin de la protection de notre planete.

    • oups… Jacqueline Lavallée

    • Je n’ai malheureusement pu assister à la rencontre, je travaillais, mais j’ai été agréablement surprise du nombre de québécois qui se sont déplacés. Que de grande joie de voir à la télé cette belle tranquilité et cette belle sérénité qui entouraient la foule; c’est comme si tous les gens se donnaient une grande accolade, du petit au grand, du pauvre au riche, du malade au guéri.
      J’ai relu le discours de Jean Lesage, celui qui nous a aidé à faire un grand pas, celui qui a su faire face à la tempête et réveiller notre peuple. Mais les décennies se suivent et ne se ressemblent pas.

    • Je m’excuse je n’ai pas signé
      Monique V DesLauriers

    • C’était une manifestation pour le Jour de la terre, pour l’environnement. Certaines personnes font vraiment des liens tirés par les cheveux. Le Plan Nord, l’environnement, ça n’a tellement rien à voir avec la grève étudiante.

      Est-ce qu’on peut faire un lien avec la politique de Charest qui se contre-fout de l’environnement? Évidemment! Mais d’après moi, le lien s’arrête là. Faut cesser de mêler les choux et les carottes.

      Marie-Eve Landry

    • Après cette mobilisation, j’espère que le gouvernement comprendras qu’il faut un moratoire sur le projet du plan Nord. Aucune analyse sérieuse n’a été produite et tout ce passe à la va vite, un peu comme les gaz de shit …

      J tremblay

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