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Une manif, encore. Photo Édouard Plante-Fréchette. La Presse.
“F*** off”
J’étais en train de regarder l’interaction entre des policiers à cheval et la fin de la vague de manifestants remontant la rue Saint-Denis, quand j’ai vu l’un des agents en selle lancer cette phrase choc. Évidemment, ce n’était pas gratuit. Il était en train de se faire houspiller par des grévistes au langage à peine plus élégant.
La phrase m’a néanmoins choquée. De la même façon que la décision de la ministre de l’éducation Line Beauchamp d’expulser un des groupes étudiants de la négociation m’a choquée.
Où sont les adultes, coudonc ?
Où sont les policiers neutres, sages, effectuant sans broncher leur rôle de protecteur de la loi et de l’ordre en parlant poliment, même pour exprimer une certaine colère ? Où sont les politiques adultes et responsables, sachant que leur rôle est de maintenir la paix sociale au-delà des calculs politiciens ?
Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a dit aujourd’hui que les Montréalais étaient “écoeurés” de ce qui se passe chaque soir maintenant. Je crois effectivement que les Montréalais sont écoeurés. Mais de plus en plus de ces Montréalais sont écoeurés autant de l’incapacité du gouvernement à régler le conflit qu’ils le sont des étudiants avec leurs demandes de gel à tout prix et leurs manifs qui finissent pratiquement toujours mal.
Je reviens de la manifestation de ce soir, jeudi soir. Il pleuvait. Il faisait froid. Il y avait des voitures et des voitures de police partout. Des tas d’agents en vélo, à cheval, la SQ en bus… l’hélico. Bref, la totale. Il y avait même un petit côté Blade Runner à tout ça, probablement à cause du reflet de touts ces gyrophares dans les flaques d’eau.
Et malgré ça, malgré ces conditions détestables, des centaines de manifestants sont partis vers 20h45. Ils n’avaient pas fait trois pas qu’on leur bloquait la rue Sainte-Catherine. Ils ont descendus par Berri, ils ont tourné sur René-Lévesque et rendus à Saint-Denis, la manif était déclarée illégale. Ça s’est passé tellement rapidement que j’ai ironisé sur Twitter. J’avais l’impression d’avoir tout raté, cinq minutes après avoir commencé à marcher. De toute évidence, la police en a marre. Et son écoeurement est à peu près égal à la la détermination des étudiants. Cette danse en rond n’a pas de raison de cesser.
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