Marie-Claude Lortie

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  • Marie-Claude Lortie

    Journaliste à La Presse depuis 20 ans où elle est chroniqueuse et critique gastronomique, Marie-Claude Lortie commente l'actualité, entre deux brassées de lavage et un match de soccer.
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    Jeudi 16 février 2012 | Mise en ligne à 22h51 | Commenter Commentaires (22)

    Cauchemar en cuisine

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    Gordon Ramsay. Photo Martin Chamberland, La Presse.

    Vous vous rappelez du Laurier Gordon Ramsay ? Eh bien ce sera seulement Le Laurier maintenant. Ou plutôt le Laurier 1936, 1936 étant la date de sa fondation.

    Après tout le brouhaha, on retourne à la case départ. Le chef britannique étoilé connu pour son attitude de casse-pied grossier ne fait plus partie de l’équipe. Retour à la case départ du Laurier sans Gordon. Une case départ rénovée, relancée, à nouveau bien fréquentée, mais une case départ où on mange encore et toujours du poulet grillé, des frites et du gâteau aux carottes sans que la présence d’une vedette y ait changé quoi que ce soit.

    La nouvelle est sortie mercredi soir. Un des propriétaires, Danny Lavy, a expliqué grosso modo à The Gazette que l’alliance n’avait jamais prise, que l’Écossais aux multiples restaurants et multiples émissions de télé — le titre de ce texte est une référence à une de ses émissions — n’était jamais à Montréal et que finalement, ils n’avaient pas besoin de lui. Six mois après son arrivée en grande pompe, le voilà donc à la porte.

    Suis-je étonnée ? Pas du tout. Cette rencontre était tout simplement trop improbable. Ramsay à Montréal aurait pu marcher s’il s’était mis dans la tête de relancer une adresse jadis flamboyante puis un peu tombée dans l’oubli ou la non-pertinence. Je l’aurais vu au sommet de la place Ville-Marie, sur le boulevard Saint-Laurent ou rue Crescent. Pas dans un établissement de quartier où tout le marketing est essentiellement basé sur le bouche à oreille, les traditions, la continuité de génération en génération d’un lieu qui accueille tout le monde.

    D’ailleurs, dès qu’il a été annoncé que le Laurier avait été vendu et qu’il y avait possibilité de fermeture, les foules ont recommencé à affluer et l’affection pour cette institution à se manifester. Le Laurier n’a jamais eu besoin de Ramsay pour redémarrer, juste d’un coup de peinture et d’un petit rajeunissement en cuisine et hop, il était relancé.

    J’y suis allée à plusieurs occasions depuis la réouverture. À chaque fois le poulet m’a satisfaite, comme jadis. Ai-je vu dans mon assiette le signe évident du passage d’un chef étoilé Michelin ? Non, jamais.

    Je crois aussi que la personnalité de M. Ramsay ne convenait pas à Montréal. On a peut-être bien des défauts ici, mais l’arrogance n’en fait pas partie et n’y a pas sa place. Je vous ai raconté que lors de son passage en août, M. Ramsay s’est plu à insulter les clients du Laurier, ceux qui continuaient à y aller malgré tout. Ce manque total de diplomatie, d’empathie et de générosité fait sûrement partie des éléments qui ont empêché la chimie de prendre entre le chef britannique et l’institution montréalaise.

    Ramsay est donc parti. Le Laurier continue comme avant. Au risque de me répéter: tout ça pour ça…


    • Je ne peux pas supporter Gordon Ramsay, mais vous sous-estimez sans doute à quel point toute cette couverture (y compris aujourd’hui) a aidé le Laurier. Des entreprises dépensent des millions pour avoir une fraction de cette attention, donc même si Ramsay est un insupportable tyran à l’égo boursoufflé à l’air chaud, c’est néanmoins un “nom” et ça vaut son pesant d’or — le temps de relancer l’établissement. Et comme il n’a pas été à la hauteur de ses propres prétentions, le restaurant a bien raison de se défaire de lui dans son enseigne. Reste que peu d’entre nous auraient même lu une ligne d’un article consacré à un coup de pinceau au Laurier, donc ce rebranding manqué a quand même été salutaire. Si Ramsay avait vraiment tenté de transformer l’établissement avec son “charme” habituel, sur place, moi j’y aurais réservé une banquette avec du popcorn, juste au cas où une courageuse serveuse aurait l’excellente idée de lui écraser un dessert dans la figure, Montreal-style.

      M. P.A. Paquin

    • (grrrr, j’ai écrit une superbe dissertation de 3 pages et j’ai clické sur le mauvais piton et j’ai tout perdu!!, non, c’est une blague sur les 3 pages, juste 2 phrases)

      GR n’était, essentiellement, qu’un prête-non, il apportait une touche d’exotisme et de célébrité à la ré-ouverture du Laurier BBQ.

      J’ai mangé là 2, 3 fois toujours sans aucune faute du coté de la cuisine; et comme vous, rien n’indiquait dans la cuisine que GR y avait mis son influence.

      anyway, j’ai une question:

      Est-ce que ça va être un peu la même chose pour le restaurant de Daniel Boulud ? Je sais que ça ne va pas être un restaurant de la même catégorie, mais, en fin de compte, il ne va qu’y mettre son nom et proposer un menu, passer 2, 3 jours à l’ouverture; et repartir vers NY, pour peut-être un peu oublier ce restaurant ?
      Après 5, 6 mois, quand on va avoir fait le tour, on va pas être dans la même situation ?

      A moins que je me trompe et que son investissment (autant en argent qu’en temps, ou bedon c’est son empire “Dinex” qui met l’argent) soit plus important et donc l’implique lui plus personellement.

      Maximilien Lincourt.

    • Si les burgers et la crème brûlée à l’érable présents sur le menu de l’époque Ramsay reste, je vais continuer d’y aller… Sinon, je ne me déplacerai pas parce que je trouvais le reste du menu “normal” sans plus.

      Marie-Eve Landry

    • Bonne nouvelle. On va pouvoir retourner à ce resto. Pas question que j’aille à un resto associé à cet affreux personnage qui n’a aucune idée de la signification du mot respect.

      Alain Lajoie

    • Bonjour Mme Lortie,

      Dans votre article initiale vous parliez de “l’étoilé et très télégénique chef Gordon Ramsay”, sans plus … mais vous ajoutez, aujourd’hui, ”connu pour son attitude de casse-pied grossier”…

      Est-ce que c’est votre perception qui a évolué ou est-ce que, tout à coup, Gordon Ramsay vient de perdre en crédibilité à vos yeux juste à cause de son arrogance… que vous n’aviez pas perçue auparavant ? C’est pourtant cette arrogance ‘pleine d’humour’ (à mon avis) qui a fait de Gordon Ramsay un personnage connu dans le monde télévisuelle … mais vous aviez étrangement omis d’en parler en août 2011 !

      André Félix Delisle

    • Je connais un chef qui me mentionne que le monde de la cuisine est souvent un cauchemar. Oui, même à Mtl, il y a de l’arrogance en cuisine….de la jalousie…et que quelques chefs(parfois connus) ont des caractères exécrables et ils sont très désagréables avec leurs sous-chefs et commis de cuisine. Il faudrait que quelques chefs descendre de leur piédestal, ils ne font que la cuisine, ils ne sauvent pas des vies……Isabelle Quevillon

    • Mme Lortie, peut-être que vous pourriez m’informer. Pour moi, la rotisserie de mon enfance, c’était le Chalet Bar.B.Q qui se trouvait sur Décarie, pas loin de Blue Bonnets. Il y avait aussi une autre adresse, aussi sur Décarie, mais à la hauteur de Sherbrooke.

      J’ai tenté d’y aller avec mes enfants l’an dernier mais j’ai constaté que les deux avaient fermés leur portes, à moins que ce soit moi qui avait les yeux dans la “graisse de bine”.

      Est-ce que vous savez depuis quelle année ils sont fermés?

      J. Lefrançois

    • Tout ça était un simple coup de marketing. L’avenir nous dira si le pari va rapporter.
      Bonne chance à l’équipe et bon débarras ; on avait pas besoin de ce clown pour venir nous dire qu’on bouffe mal parfois (on le sait déjà pis on aime ça).

      Pierre Denis

    • Bof, je n’ai jamais compris cet engouement des médias pour le chef Ramsay. Ni pour son partenariat avec le Laurier. Il me semble qu’un chef de cette réputation a mieux à faire que de s’encombrer d’une rôtisserie de quartier situé dans une province peu connue.

      Sonia Larousse

    • Le Chalet BBQ de la rue Sherbrooke est encore ouvert. Il y a une porte rue Sherbrooke et une autre sur le côté sur Décarie pour les commandes à emporter. Bon appétit. mcl

    • Dans mes articles j’ai toujours mentionné qu’il était connu pour son attitude de goujat. C’est ça qui est télégénique aussi. mcl

    • …@MCL. S’agissant du mauvais caractère et des colères de ce Monsieur, comme celles de trop de «grands patrons», le philosophe et éthicien Alain Etchegoyen avait trouvé une fort belle formule pour les qualifier:
      «Sans généraliser le phénomène, il faut bien constater que, parmi les plus grands patrons, certains se font une légende de colères impitoyables, qu’ils prennent pour la colère du Juste alors qu’elles les situent dans la meilleure tradition des tyrans capricieux».

      Ce type de personne me donne de l’urticaire et fait remonter en moi les instincts belliqueux de mes ancêtres irlandais.

      J-F. Couture.

    • @ maximilien

      tout à fait d’accord avec vous. Il s’agit d’un coup de pub, sachant que Gordon Ramsey, qui est en plus d’être étoilé, connu pour sa cuisine et ses succès en affaires et pas seulement pour «son attitude de casse-pied grossier». Sinon comment expliquer la présence de quelque 70 journalistes à la réouverture (alors que le lendemain seulement une douzaine d’articles ont été publiés, à croire que beaucoup de journalistes étaient là pour autre chose que leur travail)

      Sid Dziri

    • Gordon Ramsay est un spécialiste du “rafraîchissement” de restaurants; il sacre, il engueule tout le monde, il recrache sa nourriture, il fait une face horrifiée devant la saleté dans la cuisine, bref, il jette au visage du propriétaire ou du gérant tout ce qui est moche. Cette approche a fait le succès de sa série télé “Kitchen Nightmares”; ils reviennent même visiter certains établissements un an plus tard pour voir si la transformation extrême tient le coup. Ce qui n’est pas toujours le cas.

      Dans le cas du Laurier, le mieux aurait été de faire appel à Ramsay, mais sans ajouter son nom à l’affiche. La cure de rajeunissement et la réouverture sont des événements suffisamment médiatisés pour assurer un intérêt de la part du grand public et des foodies montréalais. Pourquoi se sont-ils embarqués dans cette galère de branding? Aucune idée.

      H. Dufort

    • Goujat ou pas, c’est lui qui a lancé le nouveau Laurier, sinon on aurait parlé simplement que le Laurier a rafraîchi sa déco et son menu. Alors, même s’il n’était pas présent, il a contribué à relancer la restaurant. C’est du marketing tout simplement. Je suis certaine que des gens y sont allés à cause du nom et n’y retourneront pas. D. Bernier

    • Comme beaucoup de monde, je n’avais jamais entendu parler de Gordon Ramsay avant qu’il n’achète le Laurier BBQ

      Robert Gauthier

    • Bon débarras. Je pense surtout aux pauvres brigades qu’il terrorise.

      Il y a les restaurants d’avant-garde, expérimentaux, flyés (et souvent très chers, mais bon).

      Il y a les restos familiaux, comme le Laurier, je présume. J’aime.

      Et il y a les petits restos innovateurs, pas chers mais dépaysants au possible, où toutes les assiettes sont un trip en soi. Ils peuvent ethniques, végé, déconstruits, j’adore!

      Les premiers sont ceux qui me plaisent le moins comme cliente, quoique je sois fière que nous en ayons ici pour les gens que ça intéresse. Que ce soit nos viandes élevées ici ou nos fromages qui gagnent des prix internationaux, nos vins, je suis fière de la qualité et du raffinement québécois.

      Mais parfois j’ai envie d’une poitrine de poulet avec sauce et salade de chou…

      Aline Binette

    • Mon père, immigrant ici, me parlait souvent de ses poulets à 1 $ sur la rue St-Hubet à Montréal dans les années 50.
      Il a toujours voulu au moins une fois par an, aller manger au St-Hubert BBQ.

      Il me disait : C’est pas les mêmes que ceux à une piastre quand je suis arrivé.

      Tranche de vie !

      Robert Duquette
      (oui oui, il y a des Duquette ailleurs dans le monde) :)

    • Finalement, je n’aurai même eu le temps, de savourer, les augmentations de prix du nouveau Laurier.

      Gordon Ramsay : je crois qu’il lui manque un bardeau…

      M. Notredame

    • Très pathétique, encore une fois, ce volte-face de Madame Lortie, comme l’a fait remarqué hermy. On sent votre frustration face au manque de considération et d’importance que chef Ramsay a démontré face à ce resto et surtout face à votre chère ville de Montréal que vous vous evertuez à essayer de comparer aux autres grandes métropoles internationales. Montréal est nulle, Gordon l’a rapidement compris lui.

      Marc Jalbert

    • J’aimerais savoir où sont tous les défenseurs vertueux qui faisaient les gorges chaudes devant les critiques exprimées à l’égard de Gordon Ramsey au moment de l’ouverture du «nouveau Laurier»? Il ne fallait pas jouer les colonisés, pouvait-on lire!!!
      Et bien voilà, l’étoilé du guide Michelin n’est plus. Et pour avoir goûter au poulet du Laurier-GR, je considère que c’est une très bonne nouvelle: le poulet n’était pas assez cuit, la sauce trop salée et trop épicée, le Moka fade et devenu à un prix astronomique!
      John Normandeau
      Val d’Or

    • @ smarties66 Très pathétique votre commentaire. Si vous n’aimez pas lire les articles de madame Lortie, vous pouvez passer votre tour. Vos commentaires sont tout à fait gratuits et inutiles.

      Stéphane Parent

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