Marie-Claude Lortie

Archive, février 2012

Lundi 27 février 2012 | Mise en ligne à 22h49 | Commenter Commentaires (14)

Montréal, festival gourmand, le bilan

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Yves Mattagne, président d’honneur du volet gourmand du festival Montréal en lumière.

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Les chicons belges revisités par la Brasserie T !

gaufres

Les gaufres liégeoises, place des Festival

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Le soufflé à l’orange de Éric et Tristan Martin, à La Porte. Photo Alexandra Forbes.

burger festival

Burger au porc effiloché sur la place des Festivals

Me voilà enfin posée après une semaine de voyage à côté de chez moi. C’était en effet le festival Montréal en lumière, qui nous a apporté sa fournée de découvertes annuelles. Je me suis promenée à Montréal toute la semaine d’un repas à l’autre. Les thèmes cette année: Belgique, Seattle et vins de Washington, Outaouais… Le tout a commencé au dîner du président d’honneur, Yves Mattagne, chez Toqué ! vendredi soir il y a 10 jours. Terminé ma semaine samedi sur la place des Festivals, sous la neige, à manger des gaufres brûlantes, des burgers de porc effiloché et des frites en écoutant les P’tits Tounes en spectacle dehors. Ce fut probablement d’ailleurs, un de mes moments préférés.

Mon repas coup de coeur: la cuisine de Nicolas Darnauguilhem. Ce chef français installé à Bruxelles est arrivé à Montréal sans idée préconçu de ce qu’il allait cuisiner, préférant plutôt bâtir un menu à partir de ce qu’il trouverait sur place. L’approche a donné un repas tout en finesse et en surprises, clairement inédit, audacieux. Sa clé: l’utilisation de produits sauvages venus d’ici mais que l’on connaît peu: aulne crispé, bois sent-bon… Il fallait bien au Franco-Belge pour nous faire découvrir ce qui pousse dans notre cour arrière. Adoré notamment la salade de betterave, ponctuée par des tranches cuites au sel et des morceaux carrément cru, relevée par une vinaigrette à la farine de gourgane. Juste assez avant-gardiste.

Mon plat coup de coeur: la boîte de caviar en trompe l’oeil d’Yves Mattagne chez Toqué. (photo sur ce blogue) Le chef du Sea Grill à Bruxelles a en effet préparé pour le repas chez son collègue Normand Laprise une jolie et douce petite boîte de caviar, remplie d’une onctueuse préparation à la crevette sauvage de Colombie-Britannique. Le tout était accompagnée d’une parfaitement croustillante gaufre de Bruxelles aux algues et au citron. Parfait équilibre et parfaite exécution. Sans nommer personne, on se rappelle de certains repas du président d’honneur depuis le début du festival où les chefs se sont très peu investis dans la soirée. Ce n’était pas du tout le cas cette année où le chef Matagne a fait preuve d’un professionnalisme exemplaire, salué en cuisine.

Mon produit coup de coeur On mange peu la perdrix ici, pourtant il y en a beaucoup dans nos forêts. Le chef Clément Petitjean, en visite au Laurie Raphaël, nous a appris comment l’apprêter: en filets fumés presque crus, servie avec un consommé infusé au kale, coulis d’épinards au beurre noisette et salicorne. Wow. Je parie que même Martin Picard aimerait ça.

Moment coup de coeur: la cuisine de rue sous la neige, sur la place des Festivals, le dernier samedi. Surtout les burgers de porc effiloché de la Brasserie T !, les gaufres liégeoises de La Gaufre Belge, les cornets de frites du petit kiosque de Frites Alors. Manqué les tacos de Grumman78 durant le premier weekend mais je sais qu’ils sont bons pour en avoir mangé à quelques occasions… Bravo aux organisateurs du festival d’avoir relancé le volet extérieur, notamment pour la cuisine. C’est vraiment très chouette.

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Mardi 21 février 2012 | Mise en ligne à 23h09 | Commenter Commentaires (66)

Lettre à un chiot jamais né

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Un reportage sur l’abandon des animaux fait par Enquête à Radio-Canada qui a secoué la population l’an dernier.

Ce soir, mon chien a un gros col élisabéthain qui l’empêche de gruger son os et de se coucher comme elle le voudrait. Elle vient d’être opérée. Pas de bébé pour elle. Jamais.

Elle fait un peu pitié avec son accoutrement mais la question de faire ou de ne pas faire cette intervention ne s’est jamais posée. Montréal bat des records d’abandons d’animaux. L’idée de participer à la mise au monde de chiots supplémentaires nous a toujours semblé mauvaise. Très mauvaise. Et encore plus depuis qu’on s’intéresse au monde des chiens et qu’on comprend tous les enjeux de la reproduction canine. Une chienne qui accouche de chiots naturellement, c’est simple. Mais encore faut-il que le maître sache comment encadrer tout ce processus. Savoir avec qui elle devrait avoir des bébés pour ne pas perpétuer des déficiences génétiques, savoir comment accompagner la mère après la naissance, savoir suivre la croissance des petits, amorcer le dressage, comprendre les personnalités des chiots pour bien les préparer à l’adoption, savoir identifier les problèmes de santé potentiels…

Laisser sa chienne avoir des chiots, c’est simple. Le faire de façon éthique et responsable, c’est énormément de travail et d’efforts qui, selon moi, valent mieux être laissés aux éleveurs professionnels.

Je suis étonnée de voir à quel point, cependant, j’ai dû expliquer ma décision depuis quelques jours. “C’est mignon des petits chiots, non ?” m’a-t-on dit à plus d’une occasion. Oui, c’est très mignon. Mais ça ne s’envoie pas à l’Armée du salut quand on n’en veut plus. Et un chien ce n’est pas un humain. Émotionnellement parlant, ça ne lui fait rien de ne pas vivre l’expérience de la maternité ou de la paternité. Il ne se plaindra pas de votre décision à son psy plus tard.

Selon la Ville, entre 40 % et 50 % des Montréalais ont un animal domestique, sauf qu’ils le gardent en moyenne 1,7 an, alors que l’espérance de vie d’un chat et d’un chien dépasse habituellement les 10 ans. Ceci signifie qu’il y a beaucoup d’abandons d’animaux. Dans un tel contexte, n’est-il pas essentiel d’un point de vue éthique de veiller à ne pas ajouter d’animaux à la population déjà existante ?

Des chiffres ? Voici ce que dit la SPCA:

“…la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) lance un appel afin de sensibiliser les propriétaires d’animaux, rappelant que, chaque année au Québec, plus d’un demi-million de bêtes sont abandonnées, principalement pendant la période (des déménagements).
Tous les ans, quelque 575 000 animaux domestiques, la plupart des chiens et des chats, sont ainsi «oubliés», soit l’un des plus hauts taux d’abandon en Amérique du Nord. De ce nombre, 80% finissent par être euthanasiés, faute d’un foyer d’adoption où ils pourraient être recueillis.”

Aux États-Unis, plusieurs États — Rhode Island, Massachusetts, Alabama, Arizona, Arkansas, Californie, New York, Texas et plusieurs villes, comme Los Angeles et Las Vegas, ont des lois et règlements qui obligent d’une façon ou d’une autre certains propriétaires de chiens et de chats à faire stériliser leurs animaux après un certain âge. À Montréal, l’arrondissement de Rosemont-Petite-Patrie songe à rendre cela obligatoire aussi.

La stérilisation d’un animal coûte de l’argent. Ce n’est pas donné. Peut-être est-ce pour cette raison que trop de propriétaires ne songent pas à le faire. La Ville devrait-elle subventionner l’intervention ? Peut-être. Elle devrait en tout cas nous dire ce qui coûte le plus cher: aider les propriétaires à faire opérer les animaux ou ramasser, héberger puis recourir à l’euthanasie pour trop d’animaux abandonnés ?

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Lundi 20 février 2012 | Mise en ligne à 23h08 | Commenter Aucun commentaire

Montréal en lumière, c’est commencé

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Le chef Nicolas Darnauguilhem dans son restaurant de Bruxelles. Photo Marco Campanozzi, La Presse.

Je ne vous ai pas beaucoup parlé du festival Montréal en lumière cette année parce que c’est un festival discret. Pas de vedette internationale, pas de coup d’éclat. Seattle, les vins de Washington et la Belgique francophone sont à l’honneur. Le genre d’événement qui peut ouvrir la porte à l’oubli autant qu’aux découvertes. Quand les attentes sont basses, la possibilité de coups de coeur est d’autant plus grande.

C’est ce qui s’est passé ce soir à La Fabrique où j’ai découvert la cuisine de Nicolas Darnauguilhem, un chef français installé à Bruxelles qui cuisine uniquement les produits régionaux dans son petit restaurant, Le Neptune.

Pour le repas à La Fabrique, il a construit un menu tout neuf inspiré par les produits de la Société Orignal, une entreprise québécoise toute jeune qui commercialise non seulement des denrées d’ici mais des choses inédites, originales, qu’on ne connaît pas. Des choses sauvages. Des épices. Des huiles. Bref, des saveurs totalement hors des sentiers connus.

Ainsi, l’huile de colza s’est retrouvée avec du maquereau tandis que de l’aulne crispé ponctuait une sarrasin présenté façon presque risotto sous le poisson. Moutarde sauvage bien forte avec sureau, branches de bois “sent-bon” pour donner vie à une macreuse braisée. “Bravo à tous ces produits, sans eux, le repas n’auraient pas eu ce relief”, confiait le chef après le service. Et je suis d’accord.

Pas trop belge comme menu, ditez-vous ?

Un festival ce n’est pas seulement une occasion de goûter à de la cuisine venue d’ailleurs. C’est aussi une occasion de goûter à des techniques, à des idées. Tant mieux si le chef Darnauguilhem est venu nous en donner quelques unes et porter sur des produits d’ici peu connus son regard extérieur.

Je ne sais pas si le restaurant affiche déjà complet, mais le chef Darnauguilhem cuisine à La Fabrique encore demain mardi et mercredi.

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