Marie-Claude Lortie

Marie-Claude Lortie - Auteur
  • Marie-Claude Lortie

    Journaliste à La Presse depuis 20 ans où elle est chroniqueuse et critique gastronomique, Marie-Claude Lortie commente l'actualité, entre deux brassées de lavage et un match de soccer.
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    Dimanche 18 décembre 2011 | Mise en ligne à 10h11 | Commenter Commentaires (19)

    Les échappés

    Afin d’encourager un débat respectueux, seuls les commentaires signés sont publiés. Merci

    Capture d’écran 2011-12-18 à 10.10.00

    Le nom d’un chef qui ne se retrouve pas dans un article, de l’architecte dont on vante les constructions, une statistique qui aurait tellement mieux appuyé un argument, une date qui aurait clairement mis les choses en contexte, une statistique… Depuis que je suis journaliste, combien de fois ai-je « échappé » des éléments qui auraient été vraiment cruciaux pour mes articles ?

    Des petites et moins petites erreurs achalantes, qui nous suivent ensuite pendant des semaines. « Maudit, comment j’ai pu oublier… »

    Je me rappelle encore de la couverture de la partielle dans Mercier en 2001, où le PQ a perdu pour la première fois le comté de feu Gérald Godin : oublié d’écrire le pourcentage d’électeurs qui sont allés voter ! Dans ce temps-là, il n’y avait pas lapresse.ca où corriger au moins partiellement nos oublis… Misère. « Vous ne trouvez pas ça important, vous, dans une partielle, le taux de participation », m’avait dit mon patron, Marcel Desjardins. « Ben oui c’est important, boss, je l’ai échappé… »

    L’autre soir, je rencontre par hasard dans un concert, le gens de la “conserverie gastronomique” Naked Lunch. Vous savez ceux qui préparent des conserves de produits québécois, qui avaient autrefois un café à Verdun. Pas contents contre moi. Oh, plutôt fâchés. Quand j’ai parlé l’autre jour de leur conserve de pigeonneau spéciale à 50 $, édition spéciale pour la Guignolée, j’ai oublié d’écrire que c’était pour… La Guignolée. « Vous n’avez pas dit que sur le prix, 40 $ va à la cause et 10 $ aux producteurs. Nous on a donné notre temps. » La bonne nouvelle pour ceux qui veulent manger du pigeonneau et donner à une bonne cause, c’est qu’il en reste, des conserves en question, au Marché des Saveurs du Québec au marché Jean-Talon, à la Fromagerie Atwater et à l’épicerie Chez Latina, dans le Mile-End.

    Je continue. Hier, on me parle d’un architecte jeune et dynamique. Aouch. Mais oui je le connais ! L’an dernier, c’est celui qui m’a envoyé un courriel pour me dire que même si j’étais madame-valorisons-l’architecture-et-les-architectes, j’ai dit grand bien de son aménagement du restaurant Fabergé, dans le Mile-End, sans le nommer. Pas fort. Je vous le dis : il s’appelle Maxime Gagné. Mais dans son cas à lui, je m’étais réchappée dans mon blogue…

    Qu’ai-je échappé d’autre en 2011 ?

    Des tas de trucs.

    Le Réservoir, tiens, cette superbe petite micro-brasserie de la rue Duluth. Pouvez-vous me dire comment ça se fait que même si je m’étais fait une note de l’inclure dans mon guide Restos Montréal 2012, elle n’y est pas ? Elle devrait. En attendant le 2013, allez tous y prendre le brunch ou pour le 5 à 7, la bière est bonne et la cuisine très sympathique. Et les boutiques Olive et Olives, à St-Lambert, sur Masson et compagnie, voilà des mois que je me dis qu’il faut que je vous dise comme je les aime et comment leurs produits sont intéressants et que la qualité ne se perd pas même si la chaîne est en pleine expansion… La chaîne vend notamment une huile d’olive tunisienne appelée Médoléa provenant d’un petit producteur indépendant de cette nouvelle Tunisie qui venait de défaire son dictateur et qui travaille particulièrement avec des femmes cueilleuses. Jamais trouvé l’occasion d’en parler, pourtant un chic projet. Il en reste peut-être encore…

    En fait, je pourrais vous entretenir longuement de tous les produits d’épicerie que j’ai découverts cette année et dont je me suis dit que je vous les présenterais… Mais je vais leur faire une entrée de blogue différente, il y en a trop. Et en plus, ça va vous aider dans vos petits achats de Noël.

    Je profite de l’occasion pour remercier tous les correcteurs et journalistes du pupitre de La Presse qui m’aident, eux, à me réchapper. « Marie-Claude, es-tu certaine que tu veux mettre béton au pluriel dans ton titre ? » Merci Lucie, ce s n’aurait jamais dû être là ! Bons mots aussi tout particuliers à ceux qui répondent à mes appels angoissés, à deux minutes de l’heure de tombée : « Peux-tu ajouter ça dans mon texte, peux-tu enlever ce bout de phrase. » Croyez-moi, ces gens sont d’une patience incroyable. Merci et joyeuses Fêtes à vous tous.


    • Belle réflexion auto-critique, Marie Claude. Elle enrichit quiconque écrit dans l’espace public. Merci de nous rappeller à la prudence du texte bien fait, qui cite correctement et fournit le détail qui compte. Et je me fais un plaisir de signer, comme je le fais depuis toujours:
      Paul Laurendeau

    • C’est tout à votre honneur ce mea culpa !
      Je me demande souvent comment vous pouvez penser à tout dans ce boulot !
      Un travail d’équipe ! Cela va de soi.
      Que l’on soit d’accord ou pas avec vos idées, on apprend toujours quelque chose et c’est toujours un plaisir de vous lire.
      Bonne fêtes de fin d’année à vous également madame Lortie.
      Robert Duquette
      Saint-Luc-de-Bellechasse

    • Parlant de la conserverie Naked lunch, vous pouvez leur faire le message que si je n’ai pas acheté leur produit, qu’il ait été à 50$ ou 5$, c’est parce que je considère que pour des concepteurs vantant leurs produits du terroir, ils auraient pu donner l’exemple et donner un nom de label francophone! On est au Québec! Bon, o.k Le Festin nu, si je traduis, n’aurait pas été la trouvaille du siècle, mais ils auraient pu faire preuve de créativité en cherchant bien.

      Marie Miedou

    • Cette humilité vous honore.

      J’ai déjà été correctrice d’épreuves, pour un hebdo. On les aime bien «nos» journalistes. Ça nous fait plaisir de les soutenir dans un métier tout sauf facile.

      Joyeux Noël!

      Aline Binette

    • Cette humilité vous honore, mais entre vous et moi, je trouve que certains vous ont fait des crisettes de vedette… Enfin! ;)

      I. Cyr

    • Dur métier en effet. On s’y fait plus d’ennemis que d’amis.
      C’est dur, mais normal en même temps.

      http://www.youtube.com/watch?v=-AIetYGI3Z4

      J. Verret

    • Intéressant.

      Ca doit être difficile d’être journaliste et perfectionniste, impossible de retourner en arrière améliorer les choses.

      T Rightman.

    • Bonjour,

      Juste pour vous dire que je suis d’accord avec vous lorsque vous précisez qu’ :

      « [a]fin d’encourager un débat respectueux, seuls les commentaires signés sont publiés. »

      Et avant de l’échapper, vos confrères et consoeurs de travail devraient, me semble-t-il, vous imiter.

      Daniel Verret (nadagami)

    • Eh bien! Je vous lève mon chapeau. Vous faites votre travail avec rigueur et humilité. C’est peut-être un fantasme, mais j’aimerais bien entendre les mea culpa des autres journalistes à la presse: je crois que vous venez d’ouvrir une petite boîte de pandore.

      Tomas Agusto Mileño

    • Sans compter les erreurs de jugement…

      simon picotte

    • Nos vos pardonnons tout cela.

      Joyeuses Fêtes!

      Jean Bosjoli
      St-Lambert

      P.S. …mais, vous pourriez tenter d’être un peu moins “juste 514″?

    • Mme Lortie…….:-)

      Oui, vous avez vos échappés….

      Par contre pour moi, vous avez été de très bon conseil.
      J’ai bien apprécié les restaurants cités dans vos chroniques.

      J’apprécies beaucoup aussi vos écrits gastronomiques ” du monde”.

      Merci beaucoup pour l’excellent travail.

      Meilleurs voeux de saison, santé, bonheur et joies.
      Au plaisir de vous lire encore pour 2012
      Louise April(Laloue)

    • Très drôle à lire. On fait tous des bévues dans notre travail, mieux vaut en rire!

      Joyeuses Fêtes à vous!

      S.Larousse

    • D’accord avec Marie Miedou,

      Quel beau paradoxe que de promouvoir les produits de chez nous dans la langue de la mondialisation. Quand le reniement de soi pour des fins mercantiles est si évident et malhabile, je ne peux qu’ignorer leurs produits la prochaine fois que j’irai chez Latina.

      Raphael PolanskI

    • je désire vous féliciter pour votre mea culpa et je tiens à vous dire que je vous adore quand même!! vous êtes une de mes meilleures journalistes qui est capable de faire en sorte que je m’émerveille à la lecture de vos chroniques. joyeuses fêtes1!!!

      Merci, sauf que je tiens à vous dire que maintenant seuls les commentaires signés sont publiés. Joyeuses fêtes ! mcl

    • Chère Madame Lortie, ce commentaire n’est pas tant relié au sujet de votre blogue, sinon que je me promets chaque fois de vous dire à quel point je suis parfois ébahie des commentaires odieux que les gens osent écrire. (Je ne parle pas ici des opinions divergeantes, que toujours je respecte, mais plutôt des insultes gratuites) Enfin, ce commentaire est un simple ”merci” pour toutes les chroniques et articles que je lis avec entrain… vous rendez notre quotidien agréable. Vos articles sont pertinents, il nous faut le souligner. Joyeux temps des fêtes à vous.

      Merci pour vos gentils mots. Sauf que je tiens à vous dire qu’en 2012, seuls les commentaires signés seront publiés. Meilleurs voeux. mcl

    • Pour ceux qui n’apprécient pas le nom The Naked Lunch. C’est le titre original d’un roman culte de William S. Burroughs et d’un film éponyme de David Cronenberg auxquels, je pense, ils ont voulu rendre hommage. Une oeuvre écrite en anglais, oui, avec un titre suggéré par Jack Kerouac. C’est dire que derrière ce titre, il y a toute une histoire et que de traduire le nom du produit pour adopter Le Festin nu, simplement pour complaire à quelques intégristes, c’est lui faire perdre une partie de son authenticité. Pour une fois qu’une entreprise va chercher une référence littéraire et culturelle pour un nom de produit, est-ce vraiment nécessaire de leur faire un procès d’intentions? C’est bien, les choix de consommation patriotiques, mais faut pas capoter avec ça non plus. C. Rodrigue.

    • Ma signature apparaît toujours dans le coin gauche
      en foncé au dessus de la date…

      Si ça ne fait pas l’affaire, je me contenterai de vous lire…

      Salutations hivernales…

    • @Révolte101,

      Se faire traiter d’intégriste pour si peu…Only in Kwebec.
      Concernant le lien avec le livre de Burroughs, j’avais compris. Vous savez ce que l’on l’on dit, la culture, c’est comme la confiture…

      Raphael Polanski

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