
Je lunchais l’autre jour avec une gastronome quand la discussion a bifurqué vers le poulet. Celui de Saint-Hubert, plus précisément, qu’elle me reprochait d’avoir malmené dans de précédents textes. “Leurs poulets ne mangent que très peu de farines animales”, m’a-t-elle expliqué. Pas de quoi fouetter un chat. “Le vrai problème avec le poulet de toute façon, a-t-elle ensuite continué, c’est surtout les hormones.”
– Les hormones, es-tu certaine ? ai-je rétorqué, plus qu’incrédule.
– Oui.
– Tu ne veux pas plutôt dire les antibiotiques ?
– Peut-être…
Des hormones, il n’y en a plus dans le poulet depuis les années 60. Le poulet de Saint-Hubert n’en contient pas, c’est sûr. Des antibiotiques, par contre, il y en a dans tous les poulets, à moins que cela ne soit spécifié sur l’étiquette.
Une fois de plus, donc, je me retrouvais face à une grande confusion. Étonnant ? Pas du tout. Tout le monde est mélangé. On n’a aucune idée de ce que l’on mange. OGM, antibiotiques, hormones, grains, bio, nature… Même les fins gourmets se perdent dans ces notions.
Au fait, saviez-vous que contrairement à ce que les étiquettes “100 % végétal” laissent entendre, les poulets ne sont pas végétariens ? Laissés libres dans une ferme, ils s’empiffrent d’insectes et de vers.
Et saviez-vous que tous les poulets sont “de grain” mais que même étiquettés ainsi ils peuvent consommer jusqu’à 20 % de farines animales ? Et saviez-vous qu’il n’y a pas de vertus nutritives particulières aux légumes bio, juste des défauts aux légumes qui ne le sont pas ? Et qu’une calorie, c’est une calorie, qu’elle provienne de sucre blanc ou d’une poire ou d’un radis et que c’est donc tout ce que le sucre blanc ne contient pas qui rend le produit moins intéressant que les autres ? La liste des idées préconçues à corriger est longue. Très longue.
En attendant, voici un premier texte de ma collègue Marie Allard, qui explique bien l’importance de rechercher non pas des poulets de grain — ils en mangent tous, je le répète — ni sans hormone — même les poulets les plus industriels n’en ont pas — mais bien des poulets sans antibiotique.
Oh, et dernière chose: on y apprend que… Saint-Hubert s’intéresse aux poulets sans antibiotiques.