Marie-Claude Lortie

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  • Marie-Claude Lortie

    Journaliste à La Presse depuis 20 ans où elle est chroniqueuse et critique gastronomique, Marie-Claude Lortie commente l'actualité, entre deux brassées de lavage et un match de soccer.
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    Lundi 6 juin 2011 | Mise en ligne à 21h34 | Commenter Commentaires (38)

    Le E.coli et nos pratique agricoles

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    Des scientifiques allemands cherchent la source de la contamination. Photo AFP

    Vingt-trois mort. Treize pays européens touchés. La crise du E. coli qui secoue outremer a de quoi faire peur à tout le monde.

    Parce qu’on n’arrive pas à trouver la source de la contamination. Parce qu’on sait que ces contaminations, autrefois réservées aux mangeurs de viande pas assez cuite, peuvent maintenant toucher tout le monde, incluant les végétariens amateurs de légumes. Et parce que ces apparitions du E. coli peuvent être associées à l’omniprésente industrialisation de l’agro-alimentaire. Des études montrent en effet que c’est l’alimentation des bêtes au maïs — plutôt qu’au foin. moins intensif — qui rend leur système digestif plus accueillant pour cette bactérie, qui aboutit éventuellement en plus grande proportion qu’avant dans le fumier dont on se sert pour engraisser les champs de légumes. Et que c’est l’abattage industriel qui cause le transfert  plus fréquent de la bactérie du système digestif des mêmes bêtes vers la viande (oui, c’est la crotte possiblement en contact avec ce qui aboutit dans la “viande hachée” qui nous oblige à faire surcuire nos boulettes pour les rendre innoffensives…) qui peut être contaminée et qu’il faut donc bien faire cuire pour ne pas attraper la “maladie du hamburger”.

    Bref, ces apparitions de E. coli nous obligent à court terme à tout faire cuire. Mais elles devraient surtout nous faire réfléchir, à moyen et à long terme, sur nos pratiques agricoles.

    Pour en savoir plus, articles ici, ici et ici. Ici aussi.

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    • Ce n’est pas les pratiques agricoles qui sont a revoir. Le consomateur a mener au changement des pratiques agricoles comme toute autre chose que nous consomons avec le beau, bon, pas cher.
      Avec souvraineter alimentaire complete et des consommateurs qui sont prêt a payer le prix pour pour des aliments produits moins intensivement. Soit-dit en passant vous pouvez vous compter chanceux de pouvoir manger des produits du Québec qui reponde a des normes très sévère au niveau de la qualité et de l’environnement.
      Bref, arreter taper sur le clou des agriculteurs et regarder vous donc dans le miroir avant parler!

      Effectivement. Vous posez une excellente question. Quand va-t-on se rendre compte que c’est notre obsession pour les bas prix qui mène vers ce genre de situation. mcl

    • Annuellement il y a une bactérie qui fait son chemin et fait en sorte que tout soit remis en question. La remise en question n est jamais mauvaise en soi et il faut toujours revoir si on ne peut pas faire mieux et autrement.

      Mais a mon sens là s arrête l exercice. Ce qu on ne dit jamais dans ce genre de nouvelles c est l incidence de d autres bactéries semblables les années précédentes. On ne parle pas non plus de l hécatombe quotidienne du sida en Afrique mais on fait un cas d espece d une nouvelle bactérie, on écrit les lettres OMS et la meche est allumée , on en fait une panique mondiale. Me semblait que l expérience AH1N1 aurait dû porter ses fruits mais non. On nous dit ce qu on veut bien nous dire et on seme la panique histoire de faire monter les encheres pour quelle compagnie pharma au juste cette fois ?

      Le pire de tout cela c est que ce ne sont même pas des propos sarcastiques. En Syrie aujourd hui 100 policiers sont morts dans un attentat mais il n y a pas d argent a faire là…

    • La question que je me pose personnellement, c’est comment ce fait-il que ces éclosions ne soient pas plus fréquentes. Est-ce que les fruits et légumes qui traversent les frontières de l’U.E. ne sont pas irradiés? Elle est peut-être juste là la solution… De cette façon, on pourrait circonscrir rapidement les éclosions, et chercher à l’intérieur de son propre pays la source avant d’accuser de pauvres agriculteurs étrangers.

      PS: Je profiterais de cette nouvelle éclosion pour un peu de pédagogie, et expliquer aux gens qu’ils ont des millions de E.Coli dans leur propre tube digestif! Eh oui, tous les mammifères en ont. Par contre, certaines souches produisent des protéines dont les produits sont toxiques pour les humains. Il faudrait donc à mon avis spécifier le nom de la souche d’Escherichia coli au lieu d’en parler très vaguement.

    • Pathétique madame Lortie, comme à chaque fois que vous écrivez sur l’agriculture. Bien sûr que la situation est grave, qu’il faut prendre la chose très au sérieux. Mais associer les producteurs de viande à cette crise est un raccourci intellectuel absolument navrant. Je doute fort qu’il y ait un seul producteur maraîcher au Québec qui ”engraisse” ses champs avec du fumier (je suis un agriculteur de la région des Jardins-de-Napierville, je crois donc que j’en connais un ti-peu plus que vous là-dessus.) Les producteurs de légumes sont de formidables consommateurs d’engrais synthétiques, mais je n’en connais pas un qui a le temps nécessaire pour étendre et incorporer le fumier sur ses terres noires, puis attendre que ça sèche avant de resemer son champ.

      De plus, personne ne va me faire croire que nourrir les animaux au foin plutôt qu’au maïs va éliminer les risques de contamination au e.coli. Du fumier, c’est du fumier. Ça contient toujours un paquet de pathogènes, peu importe sa composition. Quant à la salubrité des abattoirs, j’imagine qu’il y a toujours place à amélioration. Cependant, entre le gros abattoir ”industriel” hyper surveillé par les agents du gouvernement et nettoyé environ 22 fois par jour, et le petit abattoir du coin qui n’est pas soumis aux mêmes règlements et dont parfois la propreté laisse à désirer… disons qu’on ne place pas nos inquiétudes au même endroit.

      Votre commentaire incarne bien la pensée magique qui occupe l’esprit des pseudo-fermiers du centre-ville de Montréal, qui ont visionné deux-trois documentaires polémistes et qui en ont conclu que tout allait mal en agriculture. Les gens de votre espèce sont prompts à critiquer les moindres aspects de l’agriculture moderne, mais je ne les ai jamais entendu une seule fois me fournir un plan alternatif crédible pour nourrir une planète qui comptera 9 milliards d’habitants en 2050 (non, élever des poules en ville n’est pas la solution.) Quand je pense qu’on se fend en quatre, qu’on travaille des heures de fou et qu’on brave une température exécrable pour fournir des aliments de qualité à un prix abordable aux Québécois… lire des conneries comme ça. c’est foutrement décourageant.

      Si le E. coli se retrouve sur les épinards ou la laitue, et il y a de tels cas récents de rappels de produits aux États-Unis, ce n’est pas par magie. Vous ne le faites peut-être pas chez vous. Tant mieux. Ou pas tant mieux parce que les engrais chimiques, est-ce idéal ? mcl

    • @Mc Lortie

      Merci Madame Lortie d’avoir commencé à creuser cette question de la bactérie E coli et de l’agriculture industrielle!

      Mes beaux-parents ont une ferme laitière biologique (que nous espérons bien reprendre!) et nous nous demandions justement si l’agriculture biologique est aussi souvent sujette à ce genre de problèmes. Je sais que c’est déjà le cas pour le lait (quoique je ne sache pas dans quelle mesure), mais pour la viande (et le fumier) de vaches engraissées au foin biologique? À voir.

      Jean-François Vincent
      Montréal

    • Merci madame Lortie de remettre les pendules à l’heure en ce qui concerne la viande haché. Trop de gens pensent encore que si la viande est fraîche, il n’y a pas de danger alors que cela n’a rien à voir. La contamination au E. coli se fait durant le dépeçage. Même chose pour la salmonelle dans le cas du poulet.

      Je ne peux parler pour l’ensemble des pays européens mais je peux affirmer qu’en France, le steak haché se mange principalement saignant (sauf dans les fast-food). Commander une boulette bien cuite dans un restaurant est pour eux une demande plutôt inusité.

      En 2007, dans une cafétéria en Normandie, j’avais retourné une boulette (totalement crue au milieu) en leur disant que je la voulais plus cuite. Ils me l’ont redonné un peu plus brune sur le dessus mais tout aussi rouge au milieu. Une de mes amies qui vivait là-bas depuis un bout de temps m’a dit qu’il aurait fallut que je spécifie que je la voulais cuite jusqu’au centre car dans ce pays, c’est loin d’être une pratique courante.

      Autre exemple: lors du même séjour en France, j’achetais régulièrement des boulettes de steak haché congelées. La boite ne coutait presque rien et une fois cuite, il était presque impossible de faire la différence avec de la viande fraiche, contrairement à la viande surgelée qu’on nous vend en Amérique du Nord (onéreuse et totalement immangeable). Mais si j’avais suivi les instructions sur la boite, les boulettes auraient à peine eu le temps de dégeler avant d’être “prêtes” à manger. C’est à dire brunies sur le dessus mais totalement crues au centre. Pour les cuire comme il faut, je devais quadrupler le temps de cuisson indiqué sur l’emballage.

      Si cette pratique est aussi courante dans les autres pays européens et qu’on y ajoute une augmentation drastique de l’élevage industriel sur ce continent, ce n’est pas étonnant qu’une telle épidémie se produise. J’avoue que ce n’est que pure spéculation de ma part mais selon ce que j’ai pu lire, personne ne sait encore exactement d’où provient la source de l’infection.

    • La satisfaction du consommateur est une conséquence accidentelle de la poursuite du profit! CQFD.

    • Vous accusez l’agriculture sois disant industrielle de tous les maux et vous citez vous même un article démontrant que la source du problème en Europe proviendrait d’une ferme bio. C’est sans doute un complot ourdi par les méchants empoisonneurs industriels…

      Cette hypothèse a été rejetée mais si c’était le cas, il faudrait se poser des questions quand même sur la provenance de la bactérie et sur les pratiques “bio” de la ferme en question. mcl

    • Marie-Claude, vous m’excuserez d’être aussi prosaïque mais… pourquoi le fait de laver le légume ne règle-t-il pas le cas? La E coli est DANS le légume?
      Paul Laurendeau

    • Que d’échanges intéressants! Ça m’amène à me questionner sur mes propres pratiques de jardinière de banlieue. Merci à tous les blogueurs et à vous Marie-Claude.

    • @ysengrimus
      E. coli peux avoir la capacité de pénétrer les tissus des laitue. Ça avais causé du trouble avec de la laitue provenant de la Californie il y a quelques années. Pour les autres légumes je sais pas, mais je dirais qu’un légume contaminé sera dangereux s’il n’est pas cuit.
      C’est une bonne raison pour acheter local car nos producteurs, conventionnelles ou non, sont capable de nous offrir des produits sécuritaires.

    • Ça heurte l’image de pureté de l’agriculture bio versus la méchante agriculture «chimique» mais assurément l’utilisation de fertilisant brute est plus risqué que l’utilisation de fertilisant de synthèse pour ce type de problème.

    • Toujours surpris de voir les gens astiquer un gazon anonyme au lie d’un petit lit de salade…

    • Le fumier utilisé comme engrais, ça existe depuis le début de l’agriculture, et quand c’est bien fait (pas quand il pleut entre autre) ça libère pas mal moins de phosphore dans l’environnement que les engrais chimique.

      Mais il est vrai que ça augmente le risque de contamination, sauf que des précautions de base suffisent à éviter les problèmes. S’il y a contamination, c’est en surface du légume, là où il peut y avoir de la terre. Éplucher et rincer les légumes, ça limite fortement les risque de contamination.

      Mais le risque ne peut pas être nul, dans les cuisines d’hôpitaux, on ne sert jamais de crudité à une personne dont le système immunitaire est affaiblit, même légèrement, dans ces cas là les légumes sont cuit.

    • @ ysengrimus:

      J’ignore si la bactérie est sur ou dans le légume, mais le laver ne serait pas suffisant de toute façon. Pour tuer une bacterie, ça prend du savon. Moi, je ne me voit pas trop laver ma salade avec du savon…

    • *vois, désolée de la faute

    • Madame Lortie,

      Je vais vous écrire sur un sujet que je connais assez bien. La bactérie E. coli existe certainement depuis des millions d’années, mais elle subit constamment des mutations. Il est ici question du sérotype O104, en Allemagne, disons le petit frère du sérotype O157:H7 qui entraîne communément ce que l’on appelle la maladie du hamburger. Ces deux sérotypes font partie du groupe des bactéries E. coli dites entérohémorragiques, qui peuvent entraîner divers problèmes, dans certains cas la mort comme on l’a vu en Allemagne. Le O157:H7 est presque toujours mis en cause lors d’empoisonnement par le boeuf haché. Cette bactérie a été associée au boeuf pour la première fois en 1982, mais on l’avait déjà isolée chez des humains quelques années plus tôt. Son origine est inconnu et on ne sait pas pourquoi elle est devenue un hôte des bovins, en fait de leurs matières fécales.

      La souche O104, mis en cause en Allemagne, n’est habituellement pas relié au boeuf, mais c’est bel et bien une bactérie d’origine fécale. Vrai que plusieurs fruits et légumes peuvent être contaminés par des E. coli. C’est habituellement le résultat de l’utilisation d’eau souillée pour l’irrigation. Dans les pays dits émergents, de l’eau usée (lire eau d’égout) est parfois utilisée pour irriguer les champs agricoles. Au Québec, cette pratique est en principe interdite et strictement régulée. À noter par ailleurs que des pousses de luzerne ou d’autres légumes destinées aux consommateurs peuvent être contaminées par des bactéries. Ces pousses ne sont pas cultivées dans de l’eau souillée et il n’est pas toujours possible de savoir d’ou vient la contamination.

      Donc, pour résumer, l’intoxication alimentaire en Allemagne n’a rien à voir avec l’élevage bovin et le type d’alimentation des bêtes. La cause la plus vraisemblable est la contamination de légumes ou de fruits par une eau souillée par des matières fécales. Ce qui diffère d’autres épisodes de contamination semblables est sa durée, son intensité et l’impossibilité d’en trouver l’origine spécifique. Ce n’est cependant pas exceptionnel de ne pas identifier la cause, c’est une situation qui se voit au Québec où le ministère de l’Agriculture se butte souvent à une telle impossibilité lors de certains empoisonnements.

      Pour terminer, est-ce que cette situation est liée au mode de production industrielle de notre époque? Oui et non. Oui, parce que ce mode est axé sur la production de masse, ce qui entraîne plus de probabilités d’erreurs. Non, parce que nous connaissont mieux le comportement des micro-organismes, qu’il y a cent ans, et que des mesures d’hygiène plus strictes existent maintenant. Il faut toutefois se souvenir d’une phrase de Louis Pasteur, prononcée vers 1885 devant des académiciens à Paris: “Messieurs, ce sont les microbes qui auront le dernier mot”.

    • L’Escherichia coli est présent dans l’intestin de presque tous les mammifères. Les variétés les plus pathogènes pour l’humain sont celles qui se retrouvent dans la lumière intestinale humaine car elles sont le plus adaptées au corps humain. C’est pourquoi on n’engraisse pas les champs avec des excréments humains.

      Comme les autres gram négatifs, il est assez résistant hors de l’hôte. C’est pourquoi on recommande de laver les fruits et surtout les légumes qui poussent près du sol. Pas juste à cause des terrifiants produits chimiques (comme l’épouvantable acide hydroxylique, principal produit chimique employé en agriculture et qu’on a retrouvé dans toutes les tumeurs cancéreuses), mais les engrais naturels aussi.

      Sauf qu’on a un surplus d’engrais naturels alors on doit les étendre.

      Solutions : bouffer moins de viande mais de meilleure qualité. Réduire la pression de production en gaspillant moins et en faisant plus de potagers.

      Y’a un problème quand on cherche à s’alimenter à rabais mais qu’on est prêt à mettre de l’essence super dans sa voiture.

    • Si le problème vient de l’engrais, il me semble que le légume sera contaminé de l’intérieur puisque la plante se nourrit de la terre par les racines. Avez-vous vu l’émission Notre poison quotidien dimanche soir à Télé-Québec? (http://www.arte.tv/fr/3673748.html). http://www.naturalnews.com/032623_ecoli_fresh_vegetables.html
      http://www.thedailygreen.com/healthy-eating/eat-safe/Dirty-Dozen-Foods
      http://www.thedailygreen.com/healthy-eating/eat-safe/Save-on-Sustainable-Gallery-44032808

    • Le biologique ne rend pas les aliments à l’abris des bactérie. En fait, c’est probablement un le contraire car il y a des engrais de source “vivante” qui doivent être utilisés dans ces types de cultures. À l’opposé, les engrais chimiques n’ont aucune chance de propager des bactéries. Ils ont probablement un impact différent sur notre santé cependant mais je me demande si cela a déjà été prouvé.

      En attendant, parler des pratiques agricoles du Québec par rapport à un cas de contamination en Europe ou aux États-Unis est un raccourci facile qui démontre une mauvaise connaissance de votre part face aux normes de qualités particulièrement élevées au Canada. En fait, nous avons probablement les normes en matière agricoles les plus strictes en Amérique et comparativement aux pays d’Europe. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que les rares cas de contamination alimentaire viennent d’aliments transformés et contaminés à l’usine, ou venant d’autres pays. Quand avez-vous entendu parlé d’aliments du Québec (restons au Québec car il est toujours préférable au niveau économique et environnemental de manger local) qui comportaient des risques pour la santé des consommateurs?

      Soyez honnête avec les agriculteurs d’ici. Ne les attaquez pas sans raison, c’est trop facile. Il est nécessaire de continuer à penser à notre façon de faire l’agriculture au Québec. Mais je crois que la première source de problème vient de la demande constante des consommateurs pour des produits agréable à voir mais pas cher. Du beau, bon, pas cher. Quand les aliments produits ailleurs avec des normes beaucoup moins strictes rentrent au pays et concurrence la production locale, les producteurs d’ici pourraient être tenté de changer leur façon de faire pour diminuer leurs coûts. Ils n’en sont pas encore là par chance.

      Saviez-vous que les fermes du Québec sont parmi les plus petites dans tous le Canada. C’est de l’agriculture familiale qui se fait ici, pas industrielle. Je viens d’un coin de la Montérégie dominé par la culture maraîchère et je peux vous dire que les exemples de ferme industrielle sont très rare (je n’en connais qu’une sur plusieurs centaines de fermes et elle est malgré tout pas si énorme que cela). Bref, l’agriculture industrielle ne se fait pas au Québec madame Lortie.

      Attaquez les bonnes cibles et renseignez-vous je vous prie.

      Mais sinon, le fait de rester aux aguets, de demander un suivit de ce qui se fait en matière de production agricole ne peut qu’être bénéfique au Québec. On mangera mieux et, ayant déjà des normes très strictes, on finira par avoir un avantage sur les pays exportateurs qui produisent à grand coup de produits chimiques dans des entrepôts très mal entretenus.

      Cordialement.
      Philippe

    • “La satisfaction du consommateur est une conséquence accidentelle de la poursuite du profit! CQFD.”

      Toi ta vie a doit être plate en sacrament

      “Cette hypothèse a été rejetée mais si c’était le cas, il faudrait se poser des questions quand même sur la provenance de la bactérie et sur les pratiques “bio” de la ferme en question. mcl”

      Bio ça veut dire naturel. Mon tas de marde dans la toilette est très très naturel… pourtant il est aussi plein de bactéries. Une contamination bactérienne n’a rien à voir avec bio ou pas…

      On dit bio… pas béni et sanctifié!

    • @jlnap: tout à fait d’accord avec vous.

      J’aimerais que Mme Lortie fasse la démonstration que les aliments “industriels” sont plus susceptibles de cause des toxi-infections alimentaires que les aliments “bio”.

      J’aimerais qu’elle étaye sa preuve parce que tout ce que j’ai appris à l’Université en Sciences et technologie des aliments va dans le sens inverse. Et mon expérience à l’ACIA aussi.

    • Si la piste des haricots germés se confirme, alors je pourrais soulever trois points:

      1) La production et la vente de graines germées est très risquée, parce que ces verdures sont empaquetées avec un support humide très propice au développement de bactéries. Les conditions de transport et de conservation doivent être impeccables. Nos supermarchés ne sont pas particulièrement soucieux de la qualité des légumes vendus. Il faudrait donc revoir toute la chaîne d’approvisionnement pour les germes, qui sont souvent brunâtres, flétris ou en mauvais état dans les étalages.

      2) Les produits déjà épluchés ou transformés, mais non cuits, comme les fruits et légumes coupés, la viande hachée, etc., sont susceptibles d’être contaminés. Lorsqu’ils sont coupés ou transformés sur place (dans le supermarché), il est difficile d’imposer des analyses (un supermarché ou une épicerie ne va quand même pas embaucher un inspecteur à temps plein). Donc on fait quoi… on prépare la viande hachée “sur demande”, on bannit les crudités déjà coupées, on ne vend plus de cubes de melon d’eau? Ou bien, on développe des kits de test bactérien “faciles” pour nos marchands, voire pour la maison?

      3) Le lavage des fruits et légumes, en particulier les cucurbitacés (melon, concombre) et les fines herbes, a été souvent mise en cause. Le problème est exacerbé lorsque ces aliments sont produits dans des pays où l’eau est rare, comme le Mexique. L’eau de lavage est réutilisée constamment et les cuves ne sont pas lavées assez souvent. Les bactéries peuvent pénétrer dans le légume par sa tige coupée et peuvent résister au lavage, à la maison.

    • @ysengrimus,
      Lorsqu’on coupe un légume, le point de coupe est aussi un point d’entrée pour les bactéries et les contaminents (par capillarité). Donc il est extrêmement important de laisser une longue tige au légume, en particulier les cucurbitacés. Évitez les légumes dont la tige a été arrachée. Dans le cas d’herbes comme la coriandre, il faut privilégier les herbes sur une longue tige (idéalement jusqu’à la racine) et couper une partie de la tige avant de les préparer. Évidemment, il faut aussi laver à grande eau. Mais les gens sont paresseux, ils veulent que tout soit déjà coupé, lavé, exempt de terre et paré. Or, l’endroit idéal pour préparer un légume frais devrait être… votre cuisine! Et non une grosse chaîne de production plus ou moins propre dans un pays du tiers-monde…

    • @ysengrimus

      “… pourquoi le fait de laver le légume ne règle-t-il pas le cas? La E coli est DANS le légume?”

      Parce qu’un vague lavage n’équivaut pas à une désinfection. De plus, certains légumes sont difficiles à bien nettoyer (les épinards par exemple). On ne devrait pas avoir à mettre les légumes qu’on ne cuit pas avant de manger dans l’alcool à friction pour pouvoir les consommer sans danger…

    • Désolée, suis-je bête, les épinards on ne les mange pas crus…

    • Vive la mondialisation et vive l’irresponsabilité. C’est comme ça quand un pays n’a plus le contrôle sur son agriculture et qu’il n’a plus d’indépendance alimentaire. On doit se fier sur les autres qui n’ont pas toujours les mêmes lois et les mêmes règlements qu’ici. J’vous dis que c’est de la libâââââté ça.

      Sylvain Pelletier

    • ysengrimus a posé la question qui me tracasse depuis le début de cette histoire : pourquoi laver le légume n’est-il pas suffisant?

      Cela dit, je crois que notre agriculture est malade. Notre panier d’épicerie coûte de plus en plus cher et pourtant, les agriculteurs ne perçoivent pas un sou de plus de ces augmentations. Les fermes de petits agriculteurs font faillites parce qu’ils n’arrivent plus à suivre; on leur demande de produire plus et on leur impose toutes sortes de lois et de règlements, bons ou mauvais, sans pour autant leur donner plus de ressources pour les appliquer. Un pays sain se mesure entre autres par une industrie agricole saine… et on est loin du compte. Nous méritons mieux.

    • Une bonne hygiène dans les différentes étapes de manutention des légumes n’est jamais mauvaise, même si E. Coli peut pénétrer à l’intérieur de certaines membranes. Donc on continue de laver ses fruits et légumes à l’eau, on lave les surfaces de préparation et les ustensiles.

      Si jamais ça surgit ici. ou lave doublement, on épluche les légumes et/ou on les fait cuire. C’est plate, mais on ne peut pas faire de miracles pour prévenir ça.

      Le local, c’est bien. Dans le pire des cas, ça limite la contamination et ça rend l’identification de l’aliment problème plus rapide.

    • @stephanie2009,7 juin 2011,12h03:«Désolée, suis-je bête, les épinards on ne les mange pas crus…»
      +++++++++

      Mais non, vous n’êtes pas bête. Je mange plein de «bébés épinards» en salade mixte et ils sont, bien entendu, tout à fait crus…..et délicieux avec une bonne petite vinaigrette. Mais plus ça va, moins j’ai confiance dans toute cette bouffe qui nous arrive d’un peu partout et dont on ne connait pas les conditions de production, de manipulation, de transport et d’entreposage.

      Nous essayons d’acheter le plus «local» possible et en saison. Par exemple, les grosses fraises d’hiver, rouges en dehors, blanches en dedans et dures comme des balles de golf, que j’ai surnommées «fraises de Tchernobyl» à cause de leur taille, très peu pour moi. Mais il y a des fois où on n’a pas vraiment le choix pour certaines denrées mais j’essaie de choisir au mieux.

      Et dire que dans ma prime jeunesse sur la terre ancestrale, en Gaspésie, nous mangions comme des riches, c’est à dire «Bio» et sans vraiment le savoir et en plus, nous nous trouvions plutôt pauvres.

      «C’est bien pour dire» dirait ma mère si elle vivait encore.

    • Merci à tous ceux et celles qui m’ont répondu. Seconde trivialité, en m’en excusant toujours. Reprenant l’exemple de stéphanie2009. Je lave mes épinards puis les fait cuire, par ébullition. On fait bouillir en masse, envoye donc.

      Bon, là la bactérie est morte, oui?
      P.L.

    • mprime4 a bien fait de dire que nous sommes tous porteurs d’E. Coli. Mais côté agriculture, il faut aussi songer au fait que certaines des grosses compagnies agricoles (surtout aux USA, ici, je ne sais pas), si je me souviens bien d’un documentaire vu il y a quelques années, se servent du “sludge” des usines de récupération des eaux usées pour épandre sur les terres, donc carrément des résidus de déchets humains: Ouachhhhhhhhhe!
      J’ai cessé de manger des crevettes dont je ne connais pas l’origine au souvenir d’un documentaire où on voyait la culture de la crevette dans un genre de marais en Chine, puis à quelques mètres plus loin il y avait quelqu’un qui aspergeait tout un lopin de culture avec des pesticides/insecticides qui ne pouvaient faire autrement que se retrouver dans l’eau des crevettes. Ça m’a fait lever le coeur…
      Passer en campagne et noter un tas de poteaux avec des affiches “RoundUp Ready”, ça aussi, ça m’écoeure. Un petit déjeuner aux céréales est devenu du sport car éviter des céréales qui ne contiennent aucun maïs demande beaucoup de lecture de liste d’ingrédients.
      Dans son message de 10h56, hdufort a soulevé des points intéressants. À part des fruits en conserve hors saison (ou parce que plus pratique pour certaines occasions), j’ai de la difficulté à comprendre tous ces gens qui achètent à gros prix des salades soi-disant pré-lavées, des fruits pré-coupés, etc. Remettons-nous donc à nos chaudrons et à nous servir de nos beaux couteaux de cuisine!

    • Des « végétariens amateurs de légumes »… Vous y allez fort !

    • Votre texte, MCL, reprend tout à fait le discours des biens-pensants du bio, ceux qui défendent ces pratiques “naturelles” sans trop savoir en quoi ça consiste, et qui pourfendent le reste sans trop se renseigner. Alors que vous vous acharniez à pourfendre les pratiques de l’agriculture industrielle, le texte très informatif de veto36 réduit votre thèse à néant. Parfois ça paie de s’adresser directement à des experts avant de rédiger un texte plutôt que de citer certains articles aux sources possiblement douteuses. D’ailleurs, je me demande bien souvent pourquoi les journalistes, bloggeurs et autres n’ont jamais besoin de révéler leurs sources comme doivent le faire les scientifiques qui comptent publier des articles? Par exemple, j’aimerais bien une source concernant le contact de la crotte avec ce qui sert à faire la viande hâchée. Cette affirmation, c’est le comble du ridicule.

      J’ai travaillé dans un Loblaws au cours de mes études universitaires, question de pouvoir joindre les deux bouts sans être une sangsue des prêts et bourse. J’ai préparé très souvent de la viande hâché de toute sorte, et je vous confirme qu’il n’y a que de la bonne viande (et le gras qui y ait attaché, bien entendu) qui entre dans le broyeur. Bien sûr, il s’agit de morceaux moins tendres, moins en demande auprès des consommateurs, mais il s’agit quand même de muscles et non de boyaux malpropres, comme vous le le laissez sous entendre. Ce qui fait en sorte que cette viande est plus contaminée, Mme Lortie, c’est que les bactéries présentent en surface du morceau de viande, et qui sont normalement éliminées rapidement sur votre BBQ quand vous préparez un steak saignant, se retrouvent bien mélangées avec le reste dans la viande hâché. Non, votre viande hâchée n’a pas trempée dans le fumier.

      Finalement, pour avoir visitée une ferme aux pratiques bio dans le sud de la France… je vous conseille de vous en tenir aux gros méchants élevages industriels qui eux, lorsqu’ils sont en présence d’animaux malades, n’ont pas recours à l’homéopathie (i.e. placebo) pour résoudre le problème. Et si vous aviez pris la peine de consulter quelques sources fiables (ex : un petit coup de fil dans un laboratoire d’épidémiologie pour prendre rendez-vous avec un microbiologiste, un petit coup de fil au supermarché du coin pouvoir comment est fait la viande hâchée, etc…) vous aurait évité de mettre en ligne un autre texte (car ce n’est pas le premier) fort embarassant.

    • @veto36, je ne m’y connais pas autant que vous. Mais je me débrouille assez bien en sciences biologiques et, au contraire, je pense que le texte de Mme Lortie soulève une question fort intéressante. Récemment, j’ai visionné le document Food Inc. Bon, ce n’est pas ultra scientifique, c’est pour le grand public et se veut quelque peu sensationnaliste, mais ma curiosité a été piquée car il est question de l’impact de l’alimentation des vaches sur la composition bactérienne du fumier et de la viande. J’ai fait une mini recherche bibliographique dans pubmed (le moteur de recherche bibliographique du NIH) et suis tombée sur certains articles qui tendent à démontrer que l’alimentation au maïs favorise la présence de la bactérie E coli O157:H7 dans le fumier, plus que l’alimentation au foin. Il n’y a rien de non-scientifique dans l’hypothèse selon laquelle l’alimentation au maïs – qui n’est pas naturelle pour les vaches – puisse modifier la flore et la biochimie du système digestif de l’animal et favoriser le développement de la souche O157:H7.

      L’hypothèse n’est peut-être pas démontrée hors de tout doute mais elle n’a rien de ridicule à la lumière des connaissances actuelles.

    • @albertk,

      Ha, À l’évidence, nul besoin d’y accrocher une enseigne…

    • @veto36

      « Donc, pour résumer, l’intoxication alimentaire en Allemagne n’a rien à voir avec l’élevage bovin et le type d’alimentation des bêtes. La cause la plus vraisemblable est la contamination de légumes ou de fruits par une eau souillée par des matières fécales »

      Des matières fécales de quelle origine? Vous

    • La source de contamination a été trouvée: une ferme BIO(!!!!).
      C’est à mourir de rire.

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