Marie-Claude Lortie

Marie-Claude Lortie - Auteur
  • Marie-Claude Lortie

    Journaliste à La Presse depuis 20 ans où elle est chroniqueuse et critique gastronomique, Marie-Claude Lortie commente l'actualité, entre deux brassées de lavage et un match de soccer.
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    Lundi 28 février 2011 | Mise en ligne à 0h31 | Commenter Commentaires (10)

    Histoire de pêche

    Capture d’écran 2011-02-28 à 00.26.07

    Photo Ivanoh Demers. La Presse.

    Jeudi dernier, j’ai rencontré à Montréal un pêcheur des îles de la Madeleine qui m’a parlé de la situation pour les petits pêcheurs indépendants, ceux qui essaient de fournir du poisson de qualité aux restaurants et aux gens de l’île.

    Ça a donné cette chronique.

    Beaucoup de questions, comme vous verrez. Des questions importantes pour l’avenir de notre pêche et sur notre capacité d’agir comme société pour nous assurer une avenir alimentaire de qualité.

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    • Marie-Claude,votre blog est fantastique !
      Dommage que peu de lecteurs laissent leurs émotions ici !
      Vous avez la gastronomie pour passion et vous avez tellement l’art de nous donner le goût !
      J’ai lu votre avant dernier blog qui était vraiment du bonbon “le festival gourmand”.Cela me rappellait la lecture du célébre Brillat-Savarin dans ses voyages culinaires autour de la France,dans l’Art du Bien Manger,LaCuisine Francaise du XIV éme au XX éme siécle.
      Pour en revenir à ce blog ci,j’ai pris conscience l’autre jour,de ce que vous dites ici.
      Quelle fut ma surprise aprés avoir acheté du saumon congelé,que mon épouse me fasse remarquer qu’il était écrit sur l’emballage “Produit de Chine ” !
      Pourtant je suis toujours vigilant mais jamais je n’aurai cru que mon super marché me ferait bouffer du saumon venant de Chine !
      Au Lac St Jean nous sommes confrontés comme les pêcheurs au mêmes phénoménes : on vend des millions de livres de bleuets au Japon,mais on est incapable d’en trouver à bon prix dans les magasins si ce n’est les gros bleuets cultivés aux USA.
      J’ai déja vu un panier de bleuets d’ici ,en vente à 50 $ au bord de la route.
      De quoi faire fuir les touristes.
      A bientôt le plaisir de vous lire longtemps ?.

    • Faisant partie d’une famille d’ancien pêcheur côtier (Baie-Trinité) je comprends parfaitement bien le désarroi des pêcheurs Madelinot.

      J’ai le cœur gros quand j’entends dire que la ressource s’épuise.
      Dans les années 70, pendant les vacances, je pêchais à la ligne à deux ou trois milles au large dans une simple chaloupe, j’attrapais facilement 50 à 100 morues, de la sole et du flétan. Je fournissais les restaurants locaux et la poissonnerie.

      Un jour, le gouvernement acheta tous les permis de pêche côtier pour pouvoir refiler la ressource aux chalutiers, ceux qui traines leurs filets dans le fond, entrainant ainsi la destruction des œufs et les autres espèces non commerciale.

      Vous les montréalais, vous capotez quand vous apercevez une baleine de loin, moi je devais les repousser parfois avec une rame quand elle m’approchait d’un peut trop près à mon goût.
      J’habite sur la rive-sud de MTL maintenant, ça me fend le cœur quand j’entends mes neveux me demander (est-ce vrais qu’on pouvait capturer de la morue à la ligne auparavant?)

      Les pêcheurs côtier savaient eux que la pêche à grande échèle épuiserait rapidement la ressource, ils le disaient au ministère, mais personne ne les écoutait, aujourd’hui, il est trop tard, que dire de plus…

      Je me fournis en bourgôt à La poissonnerie Fortier de Sept-Îles madame Lortie, ils sont simplement marinés dans la saumure, mais il fournisse aussi les restaurants de la région. Le restaurant chez Omer à son propre chalutier et à la poissonnerie du Havre ST-Pierre j’ai trouvé des pétoncles grosse comme une balle de golf, tout dépendant du moment de la saison, votre copain peut peut-être se renseigner auprès d,eux?

      Danny Mansour

    • On réglemente “nos” pêcheurs à tour de bras. Mais sûrement tout près de la limite territoriale (d’un bord ou de l’autre), il y a sûrement plein de navires-usines qui pêchent tout en râtissant par le fond…

    • Pourquoi ne pas simplement se priver de manger du poisson pendant un certain temps au lieu d’essayer par 36 moyens de contourner le problème?

      Il me semble que ce serait ça, justement, s’assurer un avenir alimentaire de qualité…

    • J’ai justement vu le film de Coline Serreau, Solutions locales pour un désordre global. On y parle justement des problèmes des agriculteurs qui sont aux prises avec l’industrie, mais on nous y montre aussi des solutions simples, économiques et écologiques. Rien pour rapporter de l’argent à l’industrie alimentaire.

      http://www.solutionslocales-lefilm.com/accueil

      D’ailleurs, il parait qu’il y a un projet de loi à la chambre des représentants aux États-Unis. La lois HR 875. Je vous invite à voir l’article de Greenpeace à ce sujet. Je vous laisse faire votre propre avis.

      À lire ici: http://www.greenpeace.org/canada/fr/Blog/hr-875-une-nouvelle-arme-lgislative-de-destru/blog/4735

    • Permettez-moi un gag facile :

      le «catch of the day», au Toqué, est-ce «Laprise» du jour ?

      Excusez-là.

    • @ pikouik

      Moi aussi dans vers la fin des années 60 , pendant les vacances dans un ancien petit village nommé de Shelter bay en train de devenir Port Cartier une ville minière , je pêchais à la ligne à deux ou trois milles au large dans une simple chaloupe, au Jigger on prenait des grosse morue de 2 à 3 pied facilement, nous avons essayé de vendre de belles morues à la Coop locale qui n’offrait que 2 cent la livre pour les étranges que nous étions, soit moins cher que ce que payais l’acheteur en gros. On en a vendu juste une fois après on la mangeait de la belle Morue blanche a souhait tellement bonne je n’en ai pas revu comme ça depuis 40 ans…ben correct au magasin mais jamais comme ça …..Pêcheur c’était un job de pauvre et le poisson aussi.

      Quand on allait à la coop acheter du poisson on nous passait le vieux stock et l’employé nous traitait de bs pas capable de payer, et gueulait contre les gars de la mine qui avaient des chars de l’année et mangeaient du steak de Montréal. Ça le dérangeait de vendre en petite quantité à plusieurs clients il aimait mieux avoir un gros chèque d’un coup en se faisant fourrer par un ‘’pedler’’ qui achetait son poisson en gros ..Pour lui c’était moins d’ouvrage.

      Avec ce genre d’attitude on ne se fidélise pas une clientèle, pas étonnant que maintenant ces anciens clients mangent du Tilapia sans se faire traiter de tous les noms. Ça fait Longtemps que la Coop a pris le bord et que les pêcheurs ont fini à la mine…

      Déjà les stock commençait a baisser, la nuit on voyait des gros bateaux bruyants et éclairés qui vidaient le fond …la semaine d’après difficile de pêcher quoi que ce soit…Tout le monde savait que ça n’avait pas de bon sens, les jeunes plus téméraires tiraient de la 303 sur les bateaux mais ils était trop loin ou faut croire qu’ils ne savaient pas viser … les seuls à ne rien voir étaient les biologiste du Gavarnment on voit juste le tiers de la vraie vie de 9 à 5…

      Pour faire comme les autre les pêcheurs ont acheté des gros bateaux et le fruit de la pêche a servi à payer le fioul et l’hypothèque du bateau le salaire à peine changé et il ont continuer à chialer pour avoir plus mais pour payer les bateaux les radars les gps etc…On a vendu plus loin avec d’la glace payé par le gouvernement on ne s’est pas préoccupé de bâtir un clientèle locale qui maintenant mange du Saumon de Chine et du Tilapia, une sorte de gros Téteux moche …

      Les gouvernements ont suivi.. Les grosse bébelles c’est bon pour les fonctionnaires…la pêche est devenue une industrie et les pêcheurs sont devenus plus truck de l’année sur la finance comme les mineurs. Mais une mine quand c’est fini on ferme et on s’en va ..Murdochville , Gagnonville …
      Gagnon la mine est fermée ils ont déconstruit la ville et les gros chars d’lané sont partis…et comme les pêcheurs se sont comporté en mineurs la mer a été vidée mais dans ce cas on ne peut aller ailleurs pour creuser un autre trou…

      Pendant longtemps la pêche a été faite en exploitant une ressource renouvelable et la pêche côtière permettait de vivre de cette ressource sans l’exterminer. Des études En France particulièrement en Bretagne démontre par comparaison que la pêche côtière est moins énergivore en fioul et tout le st frusquin qu’a tout prendre le pêcheur a proportionnellement à ses coûts un meilleur revenu et qu’elle permet une exploitation de la ressource de manière plus durable. Comment revenir au bon sens le gouvernement ne peuvent reculer modernité oblige….

      La situation que vous décrivez n’as rien de rassurant mais la solution viendra de nous tous.

      A quand le label protégé ‘’Pêché à la mitaine par des Côtiers eco-responsables’’ moi j’achète n’ importe quand…

    • @pikouik…
      des pétoncles grosses comme une balle de golf !
      héhé ca me fait penser à la sardine qui bouchait le port de Marseille !
      héhé !
      Allez,votre commentaire est excellent et instructif,curieusement on ne parle jamais des pecheurs francais de St Pierre et Miquelon qui en arrachent avec les politiques de pêche canadiennes.
      ce sont les plus grands ignorés.

    • @jolico,28 février 2011,16h55: Vous dites: «……… Mais sûrement tout près de la limite territoriale (d’un bord ou de l’autre), il y a sûrement plein de navires-usines qui pêchent tout en râtissant par le fond»
      ++++++++++

      Vous avez absolument raison.

      C’est exactement ce qui s’est passé durant des années jusqu’à ce que la quasi-extinction des stocks entraine le moratoire que l’on sait. Pire encore: Il y avait une partie des Grands Bancs de Terre-Neuve qui débordait juste assez de la zone des 200 milles pour que les navires-usines puissent travailler sans être inquiétés.

      Quant à la pêche à «échelle humaine» que j’ai bien connue puisque je suis d’un village de pêche gaspésien où j’ai même été gérant, l’espace de quelques étés, de l’entreprise locale de pêche, elle a été détruite par ces excès.

      Il s’en trouve pour mettre la faute sur les phoques mais c’est drôle, quand on pêchait «comme du monde», on prenait plein de morue et il en restait pour les phoques qui n’était pas tellement chassé par ailleurs.

      La pêche au chalut a été le commencement de la fin. Dès le milieu des années 60, j’avais écrit un article dans le journal du collège dans lequel je démontrais, chiffres à l’appui, que la surpêche au chalut à petites mailles faisait en sorte que plus le temps passait, plus la taille moyenne des morues capturées diminuait et qu’en conséquence, il fallait davantage de morues pour faire le poids de prise.

      Il était fatal que la cuillette intensive de morues de plus en plus petites allait finir par casser les stocks. À peine vingt-cinq ans plus tard, c’était fait et le premier moratoire entrait en vigueur en 1992.

      Maintenant, en Gaspésie, on fait sécher de la morue venue d’ailleurs et dans les marchés d’alimentation des villes, au rayon des produits de la mer congelés, on trouve du filet de morue de l’Atlantique marqué: «Produit de Chine».

      Quand je me rappelle mes sorties en mer dans le «flat» du paternel suivies d’un retour à la maison avec quelques belles morues pour le souper et que je vois de prétendus filets de morue fraiche marbrés de sillons rouges prouvant que la pauvre bête a passé trop de temps soit dans le chalut, le filet ou les cales du bateau, j’en perds l’appétit.

    • Le gros minet sur la photo ne souffre visiblement d’aucun problème d’approvisionnement…

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