Marie-Claude Lortie

Archive, septembre 2010

Jeudi 30 septembre 2010 | Mise en ligne à 13h39 | Commenter Commentaires (26)

Contador a-t-il trop mangé de molécules ?

kit el bulli

Si j’étais scénariste pour David Letterman, je crois qu’aujourd’hui je ferais des blagues combinant le supposé dopage “alimentaire”  de l’Espagnol Alberto Contador et la popularité de la cuisine moléculaire en Espagne, où est né ce mouvement gastronomique sous la houlette du chef Ferran Adria.  ”Trop mangé chez ElBulli mon Alberto ? ” “C’est ton steak qui était passé par le labo ?”

Molécules, chimie, dopage… Y’a une blague là, non ?

Photo: Kit de cuisine moléculaire commercialisé par les frères Adria d’ElBulli

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Mercredi 29 septembre 2010 | Mise en ligne à 23h31 | Commenter Commentaires (22)

Rencontre avec Madame foie gras

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Ariane Daguin. Photo D’Artagnan.

Rencontre aujourd”hui à Montréal avec Ariane Daguin, Madame foie gras.

Fondatrice et propriétaire de D’Artagnan, une société de distribution de produits alimentaires fins, toujours aussi gasconne malgré ses 40 ans passés aux États-Unis, Mme Daguin a été une des pionnières de la commercialisation du foie gras américain. Son entreprise, fondée il y a 25 ans, fournit tous les grands étoilés new-yorkais. Ses 30 camions sillonnent les États-Unis, livrant poulets fermiers de grain bios, foie gras de la vallée de l’Hudson et du Québec, bison ontarien, porc de Saint-Canut et autres viandes de qualité un peu partout,en commençant évidemment par les grandes tables et les petites boucheries fines…

Pour ses 25 ans, Mme Daguin a écrit un livre qui raconte sa vie, son arrivée aux États-Unis comme étudiante de second cycle en journalisme, la naissance de son entreprise, mais c’est aussi un plaidoyer en faveur de la bonne alimentation. La bonne alimentation de l’omnivore qui mange de tout incluant de la viande bien élevée, mais qu’il a fallu nécessairement engraisser et tuer…

Car Daguin, vous l’aurez compris, est la cible de tous les organismes de défense de droits des animaux, puisqu’elle vend du foie gras. Dans un pays qui se gave lui-même de Doritos et de boisson gazeuses fluos, on l’accuse de tous les maux parce qu’elle distribue un produit provenant de mignons petits animaux que l’on doit gaver pour qu’ils produisent leur fameux foie crémeux. Peu importe qu’elle soit aussi avocate de l’élevage “humain”, du bio, du naturel, du petit et du non-industriel…

Son livre, D’Artagnan à New York, vient de paraître chez Grasset. À lire, comme dirait Désautels, avec un verre de Sauternes.

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Mardi 28 septembre 2010 | Mise en ligne à 12h18 | Commenter Commentaires (69)

Voilà où va l’argent

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Photo Ivanoh Demers. La Presse.

En 2007, j’ai fait deux séries sur la situation dans les hôpitaux. Deux séjours où j’accompagnais des médecins, en secret, dans leur quotidien. Une fois des chirurgiens, une autre fois un urgentiste. À chaque fois, je suis tombée sur des gens dévoués travaillant dans des conditions hyper difficiles. À chaque fois, on m’a dit deux choses.

1- Le vrai drame, c’est la banalisation de la médiocrité de nos moyens. En d’autres mots, le fait que tout le personnel hospitalier finisse par s’habituer à ses ressources toujours plus limitées.

2- De l’argent, dans le système, peut-être qu’il y en a, mais nous, on ne le voit pas.

Eh bien voilà.
Voilà enfin les chiffres qui confirment ce dont on se doute depuis des lustres. Tous les millions pour ne pas dire milliards injectés en santé ne vont pas là où ils devraient aller. Au lieu d’aller dans les soins, directement aux patients, ils vont dans l’administration. À lire dans le dossier de ma collègue Ariane Lacoursière.

En gros:

Depuis 2000, le personnel administratif a crû de près de 52% et les cadres de 30% dans le réseau de la santé québécois. Pendant ce temps, le personnel soignant n’a augmenté que de 6%, révèlent des données gouvernementales compilées par la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ).

Si bien que, actuellement, environ 108 000 employés du réseau de la santé se consacrent aux soins alors que 100 000 occupent des fonctions de gestion ou d’administration. «C’est quasiment un ratio de un pour un! On est actuellement surencadré, dans le réseau, affirme le président de la FMSQ, le Dr Gaétan Barrette. On sabre toujours du côté des soins aux patients. Il y a beaucoup de confort administratif.»

On le voit bien que ça ne marche pas. Il était temps que les données viennent étayer les impressions, intuitions, observations empiriques anecdotiques que le public et les journalistes et les professionnels récoltent depuis des années, alors que les ministres, les uns après les autres, annoncent des injections en santé qui ne semblent jamais se rendre dans les urgences, dans les officines, dans les labos, dans les blocs opératoires…

Les chiffres viennent dire ce que l’on savait. Mais qu’on ne voulait pas croire.

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